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PIGMENTS RESPIRATOIRES

qui se rapportent à la nutrition comme produits d’excrétion, ou bien des matières colorantes tégumentaires ; il n’en est pas moins intéressant d’étudier directement le liquide circulant dans les interstices des tissus, qui, en définitive, représente chez les animaux invertébrés, le sang, et qui est à la fois un plasma pour les fonctions respiratoires et pour la nutrition.

On sait que, chez les vertébrés, à la seule exception de l’amphioxus et du leptocépbalus (Lankaster), la matière colorante du sang est unique et renfermée dans les éléments cellulaires définis (globules rouges) au contraire l’on rencontre, chez les in vertébrés, des pigments multiples, le plus ordinairement dissous dans le plasma, peut-être unis à certains éléments globulaires insuffisamment étudiés.

Ces pigments respiratoires sont nombreux ; l’on en a trop multiplié les variétés, et il faut espérer qu’il sera possible d’en simplifier l’étude synthétique.

Le plus important et le plus répandu des pigments respiratoires est l’hémocyanine, que l’on retrouve chez un grand nombre de crustacés et de mollusques, et qui représente, en quelque sorte, l’hémoglobine chez les invertébrés.

IIKM0CYAN1NE

Hémocyanine — Frédéricq, en i8-3, a proposé cette dénomination, pour désigner la matière albuminoïde respiratoire et de coloration bleue que l’on rencontre dans le sang des crustacés et des mollusques.

Elle a été décrite pour la première fois en 1817 par Ermann, et Jolyet et Regnard ont les premiers démontré, qu’unie à une substance albuminoïde elle était liée à la fonction respiratoire. Depuis, les recherches de Frédéricq, Lancaster, Krukenberg, Halliburton, Griffith ont complété l’étude de ce pigment si répandu chez les crustacés et les mollusques.

On peut l'isoler au moyen de la dialyse, soit avec le sang de poulpe, comme l’a fait Frédéricq, ou bien avec le sang du homard (Halliburton). Je l’ai également préparée, avec le sang de langouste et le sang de crabes de variétés nombreuses. On opère comme il suit : le sang, extrait au moyen d’une pipette chez plusieurs de ces animaux, est mélangé avec deux ou trois parties d’eau, soit, dans mes recherches, i5 centimètres cubes de sang de crabes pour 3o centimètres cubes d’eau, ou 20 centimètres cubes de sang de langouste pour 4o centimètres cubes d’eau). Ces liquides sont placés dans le vase supérieur, tandis que le vase inférieur est rempli par 3oo gram-

réduction de l’hémocyanine

mes d'eau, additionnée de 100 grammes d’alcool à 95° ; laissant la dialyse s’effectuer à une température de 10 à i5°, j’obtenais ainsi, après vingt-quatre heures ou quarante-huit heures, un dépôt bleu grisâtre ou brun verdâtre qui, après dessèchement, ressemble à de la gélatine colorée, se fractionnant eu paillettes minces, mais non cristallisables.

Jusqu’à présent l’hémocyanine n’a pu être obtenue à l’état de cristaux ; desséchée, elle se présente sous forme de paillettes brillantes, friables, et de coloration bleuâtre ou, plutôt, variant entre le bleu verdâtre très clair et la teinte neutre.

L’hémocyanine est une globuline ; elle présente les réactions de l’albumine, coagule lentement entre 69 et 66°. Mlle renferme du cuivre en quantité notable. Le cuivre de l'hémocyanine semble représenter le fer de l’hémoglobine.

Elle subit des modifications analogues à celles de l’hémoglobine réduite et de l’hémoglobine oxygénée ; en effet, l'hémocyanine, dans les vaisseaux des branchies et au cœur, est bleuâtre étant oxygénée ; au contraire, l’hémocyanine réduite est incolore ; ces phénomènes, existent non seulement dans les vaisseaux de l’animal vivant, mais peuvent être reproduits in vitro, par les agents réducteurs ou oxydants. En

SPECTRES DE l’hÉMOCYANINE

effet, l'acide carbonique, l’oxyde de carbone, le gaz d’éclairage, le monosulfure de calcium, le sulfkydrale d’ammoniaque enlèvent à l’hémocyanine, comme au sang qui la contient, la coloration bleuâtre due à l’action de l’oxygène.

L’hémocyanine réduite peut être de nouveau colorée sous l’influence de l’agitation avec l’air ou l’oxygène. Par conséquent, l’hémocyanine est une substance colorante bien déterminé à laquelle on peut assigner un rôle analogue à celui de l’hémoglobine.

Réactions spectroscopiques de V hémocyanine. — Suivant Frédéricq, Rabuteau, Mac-Munn et Halliburton, elle ne présente pas de bandes spectrales caractéristiques, mais une obscurité des deux extrémités du spectre, qui tranche brusquement sur le spectre. Ces deux zones obscures sont très diminuées ou disparaissent dans l’hé— mocyanine réduite. Dans l’kémocyanine oxygénée (bleue), elles laissent le spectre seulement légèrement obscur entre B et b ; puis, à partir de b l’absorption continue, augmentant progressivement, de b à F, pour s’étendre aux plages bleu, indigo, violet (Halliburton, p. 527)(4). (*)

(*) Halliburton. — Blood of crustacea. The Journal of Physiclogy. Vol. VI, n° 6, novembre i885, p. 3oi, p. 335.

IIEAiOCYANlNE

Si

Krukenberg, au contraire, aurait trouvé en outre une faible bande au niveau de la raie I). Halliburton ne l’a pas constatée chez les crustacés. J’ai, pour ma part, rencontré chez certains crabes, à sang brun verdâtre, une augmentation de l’obscurité du spectre, très notable au niveau de la raie D ; mais je la crois due au mélange de l’hémocyanine avec un autre pigment.

Le spectre le plus typique de l’hémocyanine que j’aie rencontré chez les crustacés est celui d’une grosse squille ou mante de mer, que je reproduis ici. Le sang était, après exposition n l’air, d’une coloration bleue pâle très franche.

On remarquera que sur une ombre générale du spectre se détache une large bande très obs-

Fig. S

Hémocyanine

cure commençant à peu près au milieu de l’espace D et E (vers 56o X) et atteignant rapidement son maximum d’intensité vers E. Cette bande s’étend jusqu’à F où elle s’allaisse trèsra-

Hksocqus — Spectroseopie des organes

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