PRÉPARATION DR LA BILIVERDINE
crafL et Scofield, par voie de réduction, e’esl-ddire par l’emploi d’un courant électrique.
La putréfaction des solutions de bilirubine, ou même de la bile, produit aussi la biliverdine par réduelion ; fait important à noter parce qu’il prouve que ce n’est pas seulement l’oxydation qui détermine les transformations de la bilirubine.
Hugounenq et Doyon (') ont indiqué un procédé rapide de transformation de la bilirubine en biliverdine.
On ajoute à la poudre sèche une petite quantité de bioxyde de sodium. On ajoute goutte à goutte de l'eau, puis de l’acide chlorhydrique dilué jusqu’à saturation complète. On verse l'acide jusqu’à l’apparition de la teinte vert franc. On lave le précipité sur le filtre, et le pigment vert est dissout dans l’alcool absolu.
Dastre et Fluoresco ont récemment (2) étudié l’origine des transformations de la bilirubine en biliverdine dans l’organisme, et ils ont établi
I*j HugorxENQ et Doyon. — Recherches sur les pigments biliaires. Arch. d * phys. norm. et path. t. VIII, n° 3, juillet 1896, p. 035.
(-) Dastre et Fi.uoresco. — Contribution à l'élude de la, bilirubine et sa transformation en biliverdine. Archiv. de phys. nom. et path., t.lX n<> 3, avril 189p. 484 à 4 SG.
BILIVERDINE
lli)
des conclusions fort importantes, et que je résume : La bilirubine n’absorbe pas spontanément l’oxygène de l’air pour passer à l’état de biliverdine ; cette absorption ne se produit qu'avec les sels alcalins de la bilirubine qui se transforment en biliverdinates, sous l’influence de quatre facteurs; l’alcalinité du milieu, la présence de l’oxygène libre ou dissous, la lumière, la chaleur. Le pigment vert qui se produit dans la vésicule biliaire ou les dernières voies biliaires, (particulièrement chez les herbivores), résulte de l’oxydation du pigment jaune préexistant. et l’on peut faire l'hypothèse que ce changement naturel est sous la dépendance de l’oxydation hépatique entraînée par la sécrétion biliaire.
La biliverdine se présente sous forme d’une poudre amorphe non crislallisable.
Elle est insoluble dans l’eau, l’éther et le chloroforme, mais soluble dans l’alcool et l’acide acétique, avec une coloration verte; les solutions dans les alcalis ont une couleur brun verdâtre. Elle précipite par les acides, la baryte, la chaux, les sels de plomb.
Elle ]>i»ésenle la réaction de Gmelin, avec l’apparition nette du bleu.
Traitée par l’amalgame de sodium, elle pro-
HILE VERTE
duit comme la bilirubine, de l'hydrobilirubine, qui ne peut être converlie à nouveau en bilirubine ; cependant Haycraft et Scofield ont obtenu la transformation de la biliverdine en bilirubine, par le repos de la bile verte et l’emploi du sulfhydrale d’ammoniaque.
La biliverdine n’a pas de réactions spectroscopiques caractéristiques différant de celles que produit la réaction de Gmelin, mais celles-ci suffisent à la distinguer des autres pigments ne provenant pas de la bile.
Elle ne se rencontre qu’accidentellement dans la bile normale, dans l’intestin ou dans les vomissements, et aussi dans divers tissus, tels que la portion périphérique du placenta des chiennes, dans les lests des mollusques et la coquille des oiseaux. C'est en définitive un pigment biliaire secondaire chez les vertébrés supérieurs, du moins à l’état normal. Chez l'homme, on l’observe dans certains états pathologiques, alors que la bile est verte.
C/iolohématme. — Mac-Munn a désigné sous ce nom un pigment biliaire qui se rencontre dans la bile du bœuf, du veau et du mouton et dont l’étude est des plus importantes au point de vue de la physiologie des pigments biliaires. La cholohématine n’est pas en quantité constante
CHOLOHEMATINE
clans la bile de ces herbivores, mais, quand elle y existe, la bile présente un spectre de quatre bandes, quelquefois trois bandes (fig. 10).
Les quatre bandes ont la position suivante :
iBC D E b F
Cholo hém a t i n e
Première bande centre à X 649 dans l’orangé.
Deuxième bande (centre) de X 6 1 3 à 585 dans le jaune orangé et le jaune vert.
Troisième bande de X 577,5 à 56 1, 5.
Quatrième bande de X 537 à 5a 1, 5.
En ajoutant de l’alcool absolu et quelques gouttes d’acide acétique, filtrant, puis agitant, avec chloroforme, séparant et filtrant l’extrait chloroformé, on obtient une solution colorée en bronze vert qui donne le même spectre à quatre bandes presque identique.
Première bande de X 654 à 636.
Deuxième bande de X 607 à 58o,5.
Troisième bande de X 572 à 56o.
Quatrième bande de X 536 à 5 16,
118 PRÉPARATION UE LA CHOCOHÉM ATINE
En dissolvant le résidu chloroformique dans l’éther, on obtient une solution colorée en vert montrant le même spectre.
Dans le sulfure de carbone, la cholohémaline donne quatre bandes un peu modifiées dans leur position.
La première bande de À 60o à 64o.
La deuxième bande de X 607 à 583,5
La troisième bande de X 56- a 556.
La quatrième bande de X 537 à 5 19.
Ces réactions représentent la cholohémaline examinée dans la bile, et elles se retrouvent d’ailleurs dans les solutions de celte substance. On peut préparer facilement la cholohémaline avec la bile fraîche de mouton, de veau ou de bœuf, alors même que tout à fait fraîche celte humeur n’est pas colorée en vert ou bronze vert, parce que la bile fraîche jaune brun alcaline peut prendre rapidement la coloration verte par l’action d’un acide faible ou par l’exposition à l’air. Le procédé le plus simple que j’emploie de préférence est le suivant :
La hile est extraite de vésicules biliaires de veau, de bœuf ou de mouton, aussi fraîches que possible, et mélangée avec partie égale d’alcool à 90° acidulé avec de l’acide acétique (trente gouttes pour 100 centimètres cubes) et filtrée.
CHOLOHÉMATINE TRANSFORMEE
La solution obtenue, dégagée du mucus, montre déjà nettement le spectre de quatre bandes ; elle est verdâtre foncé à la lumière solaire, diffuse et rouge par transparence à la lumière du gaz, c’est-à-dire dichroïque. Si on agite cette solution avec du chloroforme et qu’on laisse reposer dans un entonnoir à séparation, on obtient une solution chloroformique, d’où l’on peut extraire la cholohémaline par l’évaporation, sous forme d’une poudre amorphe résineuse à odeur de musc. La solution chloroformique sous une faible épaisseur, de 5 millimètres par exemple, pour une solution assez concentrée, ayant une coloration vert foncé, montre les quatre bandes caractéristiques décrites par Mac- Munn. Ce spectre ressemble à celui de la chlorophylle ; il n’en d i Hère que par la position des bandes, leur largeur et surtout les réactions chimiques. La cholohémaline n’est donc pas un produit direct de la digestion des matières végétales ; elle n’est pas non plus analogue à la biliverdine, car ses réactions avec l’acide nitrique sont di lié rentes.
La cholohémaline présente celle propriété des plus remarquables de pouvoir être transformée en hématoporphyrine par l’action de l’amalgame de sodium. Voici comment procède Mac-
CIIOLOHKMATINE
Munn pour obtenir celte réaction. Une solution alcoolique de cholohérnatine diluée est additionnée d'amalgame de sodium et chauffée doucement au bain-marie; au bout de trois à quatre heures elle devient très foncée, et si alors on la traite par l’acide sulfurique en excès, et qu’on la filtre, on obtient un liquide qui présente un spectre analogue à celui de l'hématoporphyrine acide.
On peut ensuite isoler la cholohérnatine au moyen du chloroforme, sous forme de poudre amorphe dont les solutions présentent des réactions spectroscopiques identiques à celles de l’hématoporphyrine. Ces résultats démontrent qu’il y a une relation intime entre la cholohérnatine et la matière colorante du sang ; pour Mac- Munn, ces caractères spectroscopiques sembleraient indiquer que la cholohémaline est un mélange d’hématine acide et d’hémochromogène.
Une application physiologique fort ingénieuse des réactions de la cholohérnatine a été faite par MM. Wertheimer et Meyer, dans le but de vérifier la possibilité de l’excrétion, par le foie, des matières colorantes de la hile introduites dans le sang (*).
f1) Wertheimer.
Archives de Bvovn- Séquard,
EXPERIENCES DE WERTHEIMER ET MEYER i 2 i
Ces expérimentateurs ont pensé que cette question controversée, malgré les expériences de SchilT, Vulpian, Beaunis, Vossius, Tarchanoff, Prévost, Pinet, Rosenberg et Raidi, pouvait être résolue par l’étude de la bile de cbiens auxquels on injecterait, dans l’appareil circulatoire, la bile du mouton ou du bœuf. En ell’et, la bile du chien, examinée au spectroscope, ne présente nullement des caractères qu'on puisse confondre avec la eholohématine de la bile du mouton ou du bœuf. L’expérience était toute indiquée.
La bile de mouton fut injectée dans la fémorale, et la bile du chien recueillie directement dans le canal cholédoque mis à nu et garni d’une canule.
Or, les conclusions furent formelles, et je les r ep rod u is i n t égra 1 e men t .
« Si on introduit dans le sang, chez le chien, de la bile de mouton, on peut voir apparaître, au bout de dix minutes déjà, dans la bile de l’animal en expérience, le spectre caractéristique de la bile étrangère.
« La présence de ce spectre qui appartient à la eholohématine, substance colorante propre à la bile de bœuf et de mouton (Mac-Munn), fournit la preuve indéniable que le foie est apte à rejeter immédiatement, et sans autre élaboration, les
HYDKOBILIRUBINE
pigments ki liai ros qui ont pénétré dans la circulation ».
HydrobilirUbine. — C3-II;4Azl07 (Mal)'). Ce pigment se prépare en faisant agir l’amalgame de sodium sur une solution faiblement alcaline potassique de biliverdine ou de bilirubine. L’hydrobilirubine contient moins d’hydrogène et plus d’oxygène que la bilirubine. On peut aussi l’obtenir par l’action de la putréfaction de celle solution potassique de biliverdine, sous forme d’un pigment, rose ou brun rouge, qui est un peu soluble dans l’eau, mais facilement soluble dans l’alcool, l’éther et le chloroforme.
L’hydrobilirubiue présente un spectre caractérisé par une bande obscure, entre H et F, avec une bande moins foncée située a droite et à gauche de D.
La dissolution ammoniacale additionnée de chlorure de zinc présente une fluorescence verte, et son spectre est composé de trois bandes.
L’hydrobilirubine se rencontre dans la bile humaine (Maly), et dans le sérum du sang du bœuf; elle présente cet intérêt physiologique qu’elle est considérée par certains auteurs comme identique à l’urobiline rencontrée par Jaffé dans Lurine des fiévreux, et aussi à l’urobiline pathologique de Mac-Munn, malgré quel-
EXCRÉTION DE l’hYDROBILIRUDINE
ffues différences secondaires dans les réaclions spectroscopiques. Enfin, elle semble, au point de vue chimique, être analogue à la slercobiline ; mais bien que les spectres de ces deux substances soient fort analogues, il y a dans les réactions des différences qui les font distinguer.
L’hydrobilirubine excrétée par les voies biliaires dans l’intestin peut être résorbée par l’intestin, puis excrétée par les reins sous forme d'urobiline. Mais elle peut être aussi formée dans les cellules de l’économie aux dépens de la matière colorante du sang ou de ses dérivés.
En définitive, à l’état normal elle doit provenir directement de la bilirubine, sinon être élaborée en même temps que ce pigment.
La formule suivante montre les rapports de ces deux substances entre elles.
Cs2H3CAz405 h- ILO -h H- = C32H40Az407
Bilirubine Hydrobilirubinn
Telle est la réaction qui se produirait en présence de l’hydrogène naissant obtenu par l’amalgame de sodium.
Les autres substances pigmentaires de la bile, telles que la bi I i fuscî ne, la biliprasine, la bilihumine, trouvées seulement dans les calculs biliaires, ne présentent, quant a présent, aucun