SPECTRES DE LA BILE
chez une tuberculeuse. M. Létienne n'en a pas déterminé la signification précise, mais il l’a décrit avec soin : « Outre l’extinction des couleurs « droites du spectre jusqu’au bleu, on comptait « une bande à gauche de D, dans l’orangé (85-<)i), « deux bandes assez proches l’une de l’autre entre « Det E, dans le jaune(i iâ-i2o) (124-129), et une « dernière bande à droite deE, dans le vert (i45- « 1 54), assez distante de lazone obscure terminale «. pour qu’on put apercevoir sur sa droite des « rayons verts légèrement assombris (') ». Ce spectre diffère de celui de la méthémoglobine et du spectre de la cholohématine ; il me paraît devoir être rapportée à l'hématoporphyrine. L’auteur n'a pu en déterminer la nature, mais il n’a pas contrôlé l'examen spectroscopique par les réactions chimiques qui caractérisent les dérivés de l’hémoglobine, .l’ai cité ces observations parce qu’elles servent de types pour l’étude spectroscopique de la bile de l’homme, dans laquelle on doit rechercher, non seulement tes pigments normaux, mais aussi les pigments qui s’y rencontrent accidentellement,
(!) Les chiffres indiqués correspondent à une notation spectrale, sur laquelle l’auteur ne donne pas d’autre renseignement, et qui est celle de la correspondance de la division 100 avec la raie D.
HILES COLORÉES
comme la matière colorai) le du sang et ses dérivés, l'urobiline pathologique, l’hydrobilirubine et même l’hématoporphyrine ou le pigment mélanique.
C'est principalement dans les biles colorées en vert, en bleu, en noir, en rouge que cet examen sera intéressant car, jusqu’à présent il n'a été fait que très peu de recherches spectroscopiques sur les causes de cette coloration. Cependant il faut savoir que la bile rouge peut être due à une coloration par l’urobiline aussi bien qu’à la présence du sang, que la bile bleue n’est pas due à la bilicyanine, et que la bile noire peut être due à des pigments dérivant du sang ou à la mélanose cancéreuse.
Dans tous les cas, il importera, non seulement de dessiner, de décrire les spectres, et d’indiquer les largeurs des bandes en longueur d’onde, mais aussi les modifications du spectre sous l'influence des réactions chimiques caractéristiques.
C’est ainsi que j’ai constaté la présence de l’hémoglobine et de la méthémoglobine dans la vésicule biliaire de lapins intoxiqués par le produit de la respiration de l’air confiné (').
O Archives de Physiologie, p. 438, iSSg, et Expériences de Brown-Séquard et d’Arsonval sur le poison