‹ Splénalgie et Splénomégalie: Leur Influence sur la Température dans les Maladies InfectieusesChapitre 12 sur 23 · Autopsie à dix heur:s du matin · texte numérisé non relu

Autopsie à dix heur:s du matin

Poumon droit fortement congestionné en arrière ; poumon gauche, moins.

Epanchement pieurétique des deux côtés.

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Cœur. — Rougeur des valvules sigmoïdes, pulmonaires et aortiques ; myocarde décoloré ; couleur feuille morte à la coupe ; aorte rouge ; caillot fibrineux dans le ventricule droit, au milieu de caillots noirâtres et mous.

Foie. — Congestion légère.

Intestin. — Dans les 50 centimètres de la portion terminale de l’intestin grêle, trois ulcérations à bord saillant et noirâtre ; l'une est large comme une pièce de 20 centimes, les autres plus petites. Gros intestin : # ou 5 de ces ulcérations ; plaques de Peyer non altérées.

Rate.— Au moment de l’ablation de cet organe, il s'écoule une assez grande quantité d’un liquide crémeux, d'apparence caséeuse plutôt que purulente. Dimensions : 18 centimètres de baut sur 13 de large. On trouve sur les bords de l'organe plusieurs foyers (six), de distance en distance, analogues à celui qui a été ouvert au moment de l'extraction. Ce dernier était constitué par une excavation profonde contenant le liquide susmentionné et séparée de la substance saine par une membrane limitante très nette. Tandis que quelques-uns de ces foyers renferment un liquide analogue aux précédents; d'autres, de capacité inférieure, offrent, à la coupe, un aspect lardacé, caséeux (1).

Rien du côté des reins.

La parotide, imcisée, laisse écouler un liquide analogue à celui de la rate.

(1) L'examen fut demandé au laboratoire d'anatomie pathologique. On n'obtint pas de résultats en raison des altérations cadavériques dont la rate était déjà le siège.

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De cette observation, nous lirerons, dans la suite, en ce qui nous concerne, plusieurs enseignements.

Elle nous montrera, d'abord, que des lésions spléniques qui n'ont rien de commun avec l’impaludisme (les antécédents du malade sont muets à ce sujet) peuvent produire de larges oscillations de température.

Elle nous montrera ensuite combien ces oscillations de température d’origine splénique peuvent être modifiées : !° par l'influence de l'infection aiguë concomitante : fièvre tvphoïde (du 13 au 17 novembre, en effet, les oscillations sont réduites à quelques dixièmes); 2° par l'influence d'une infection aiguë intercurrente : parotidite {les oscillations sont supprimées pendant quelques jours).

S IL. — SPLÉNOMÉGALIE

La splénalgie, nous l'avons vu, peut manquer, et bien souvent l’on ne pourra diagnostiquer une lésion de la rate que par laugmentation de volume de cette dernière.

Normalement, la forme de la rate est, le plus généralement, celle d'un segment d'ovoïde, «dont l'extrémité postérieure est située dans le dixième espace, près du bord inférieur de la dixième côte, l'extrémité antérieure répondant à l’axe de la neuvième côte. Le bord supérieur répond successivement, en allant d’arrière en avant, au bord supérieur de la dixième côte, à la face interne de la neuvième, au huitième espace, à la face inférieure de la hui-

tième côte, et enfin presque au bord inférieur de la hui-

mor tième côte. Quant au bord inférieur, il répond à la face interne de la onzième côte, au bord inférieur de cette même côte, à la face interne de la dixième côte et très près de son bord supérieur, puis au dixième espace intercostal, et, enfin, à la face interne de la neuvième côte, au niveau de son axe » (Picou, 1896).

Or, la plupart des lésions spléniques aboutissent à une augmentation de volume de la rate.

Nous avons vu que la splénomégalie pouvait n'être qu'une simple dilatation mécanique de lorgane, produite par unegêne circulatoire dans la veine cave (lésion du cœur droit primitive ou secondaire ; lésion du poumon retentissant secondairement sur le cœur ) ou par unegêne dans la circulation porte (lésions du foie; lésions du système porte).

Mais l'hypertrophie de la rate, la mégalosplénie, se rencontre encore dans un grand nombre de maladies infectieuses aiguës, dans le typhus (Murchison), dans la fièvre récurrente et principalement dans la fièvre intermittente et la fièvre typhoïde.

Dans la fièvre typhoïde, elle peut se montrer dès le commencement de la maladie, mais elle apparaît ordinairement vers le milieu du premier septénaire pour atteindre son maximum à la fin du deuxième et diminuer ensuite.

Dans la fièvre intermittente, l'intumescence de la rate débute avec le frisson el le stade de froid et s'accroît pendant le stade de chaleur; puis elle diminue pendant la période de sueurs.

Dans les autres maladies infectieuses aiguës, par exemple, dans les fièvres éruptives et la fièvre puerpérale,

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la splénomégalie est moins constante; dans quelquesunes même, la rate est diminuée de volume (dysenterie, STIPDE...)

G.Jawein s'est demandé « pourquoi l’'hypertrophie de la rate est considérable dans une maladie infectieuse, moins dans une autre, et pourquoi, dans une troisième, le volume de la rate ne présente rien d'anormal » ; et ses expériences ont démontré « que l'augmentation aiguë et considérable de la rate marche parallèlement à la destruction des globules rouges dans le sang,que les hématies détruites sont absorbées par les cellules Ilymphoïdes de la pulpe splénique et que Pactivité exagérée de ces dernières (les globules rouges détruits étant des excitants spécifiques pour les cellules de la pulpe splénique) cause l’hyperémie active de la rate et l'hyperplasie de ces cellules ».

Dans ces diverses maladies infectieuses aiguës, lPhypertrophie de la rate, quand elle existe, est passagère, et, du jour au lendemain, on observe des modifications de volume considérables de l'organe splénique.

Aussi est-ce principalement dans les infections chroniques que la splénomégalie est plus facilement appréciable, parce que l'augmentation de volume de la rate devient alors persistante. Dans l’impaludisme chronique, en particulier, la rate présente une hypertrophie considérable qui a toute la valeur d'un symptôme; dans les différentes variétés de cirrhoses hépatiques, dans la syphilis, on observe, d’une façon moins accentuée, il est vrai, les mêmes phénomènes.

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