‹ Sr Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte FaceChapitre 17 sur 75 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Voyage de Rome. — Audience de S. S. Léon XIII.

Réponse de Monseigneur l'Evêque de Bayeux.

Trois mois d'attente.

ROIS jours après le voyage de Bayeux, je devais en faire un beaucoup plus ong : celui de la Ville cternelle Ce dernier voyage m'a n^ontré le néant de tout ce qui passe. Cependant j'ai vu de splendides monuments, j'ai contemplé toutes les merveilles de Tart et de la religion ; surtout, j'ai foulé la même terre que les saints

94 Sœur Thérèse de l' Enfant-Jésus.

Apôtres, la terre arrosée du sang des Martyrs, et mon âme s'est agrandie au contact des choses saintes.

Je suis bien heureuse d'être allée à Rome; mais je comprends les personnes qui supposaient ce voyage entrepris par mon père dans le but de changer mes idées de vie religieuse. 11 y avait certainement de quoi ébranler une vocation mal affermie.

Nous nous trouvâmes d'abord, ma sœur et moi, au milieu du grand monde qui composait presque exclusivement le pèlerinage. Ah ! bien loin de nous éblouir, tous ces titres de noblesse ne nous parurent qu'une vaine fumée. J'ai compris cette parole de l'Imitation : « Ne poursuive^ pas cette ombre que l'on appelle un grand nom '. » J'ai compris que la vraie grandeur ne se trouve point dans le nom, mais dans Tâme.

Le Prophète nous dit que le Seigneur donnera un autrk NOM à ses élus - : et nous lisons dans saint Jean : « Le vainqueur recevra une pierre blanche, sur laquelle est écrit un NOM NOUVEAU quc nul ne connaît, hors celui qui le reçoit '. C'est donc au ciel que nous saurons nos titres de noblesse. Alors chacun recevra de Dieu la louange qu'il mérite ^, et celui qui, sur la terre, aura choisi d être le plus pauvre, le plus inconnu pour l'amour de Notre-Seigneur, celui-là sera le premier, le plus noble et le plus riche.

La seconde expérience que j'ai faite regarde les prêtres. Jusque-là, je ne pouvais comprendre le but principal de la réforme du Carmel; prier pour les pécheurs me ravissait, mais prier pour les prêtres dont les âmes me semblaient plus pures que le cristal, cela me paraissait étonnant! Ah! j'ai compris ma vocation en Italie. Ce n'était pas aller chercher trop loin une aussi utile connaissance.

' Imit., I. II!, c. XXIV, 2. — - Is., lxv, i5. — ^ Apoc, ii, 17. — * I Cor.,

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