X., avocat à la Cour d'appel
go* Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Hospice de Lisieux (Calvados), i8 novembre igio.
Je suis heureuse d'ajouter aux témoignages de reconnaissance déjà si nombreux pour S' Thérèse de i'Enfant-Jésus, celui de ma profonde et vive gratitude, car elle a exaucé mes prières en m'obtenant la guérison d'une tumeur que le chirurgien jugeait inopérable, et notre docteur ne pouvait même plus me soulager.
Il y a six ans (j'en ai 70), je commençai à éprouver de vives douleurs dans un côté de l'abdomen ; mais depuis quatre ans, les souffrances étaient devenues plus vives et continuelles.
Cette tumeur ', dont le docteur me disait atteinte, gênait plusieurs organes intérieurs, ce qui augmentait et multipliait les souffrances.
Au mois d'août 1910, je fis une neuvaine à S' Thérèse de i'Enfant- Jésus. J'avais d'abord reçu une relique de la petite Sœur; puis un jour, on me donna de la terre et des fleurs de sa tombe, je les mis sur moi, et je les portai et les porte encore avec respect et vénération.
Pendant cette neuvaine, j'éprouvai des douleurs terribles. Un jour même, en descendant l'escalier, elles redoublèrent de violence et je sentis quelque chose qui me torturait les membres à tel point que je tombai sur les degrés. Le docteur, appelé par notre Mère, ne put en aucune façon me soulager. Cependant je continuais à prier, ayant toujours confiance que, si c'était la volonté de Dieu, S' Thérèse m'obtiendrait ma guérison.
Mon espoir si grand ne fut pas trompé, car le 23 août, dernier jour de la neuvaine, je me sentis tout à coup complètement guérie et débarrassée de mon mal. Je pus faire un voyage et passer quelques jours chez ma nièce. Là, je me nourris de tout ce que l'on me présenta ; entre autres, je mangeai des tripes et du canard que je digérai très bien, tandis qu'auparavant je ne pouvais prendre que du lait, quelques potages, et l'estomac ne les digérait pas toujours.
Je ne cesse de remercier chaque jour ma chère petite sainte car, en plus de ma guérison, elle m'a obtenu de très grandes grâces spirituelles. Aussitôt que je me sentis guérie, j'éprouvai un bonheur inexprimable, une sorte de faim de prière. Il me semblait m'entendre dire : « Prie, prie sans cesse. » J'aurais voulu, je voudrais encore pouvoir le faire jour et nuit et être retirée dans un cloître afin de prier avec plus de recueillement.
Comment après cela, ma révérende Mère, vous dire mon affection et ma reconnaissance pour S' Thérèse de I'Enfant-Jésus ?... Je voudrais faire connaître partout la bonté et la puissance de ma céleste bienfaitrice et répéter sans cesse des paroles à sa louange. Si j'entendais dire quelque chose contre elle, jamais je ne pourrais le supporter.
S' M.-J., religieuse converse.
Suivent les signatures de la Mère Supérieure, de M. l'Aumônier de l'établissement et le ccrti(icat du docteur X.
> « Corps fibreux volumineux de l'utérus. Ce iibrome, par son volume, faisait obstacle à toutes les fonctions de l'organisme. » {Extrait du certificat du docteur X.)
Pluie de Roses. 9'"^
lia.
R.. France, 27 novembre 1910.
M.-M. L., dont les parents demeurent à P. (Côtes-du-Nord), était, il y a trois ans, chez les Sœurs Franciscaines de R., comme aide garde-malade.
Certain jour elle venait de la cuisine portant à bout de bras un grand plateau contenant le repas des malades, quand, à la descente d'un escalier de ciment dont les marches sont bordées de fer, elle glissa, tomba en arrière et se blessa grièvement aux reins et à la hanche droite. — Souffrant beaucoup de ces deux blessures, elle continua très courageusement son travail pendant cinq mois environ.
Elle rentra ensuite chez elle, à P..., pour aider sa mère chargée d'enfants. De plus en plus malade, elle fit ce qu'elle put, s'arrêtant ou marchant, selon le répit laissé par les crises. A ce moment on s'aperçut d'un commencement de claudication. Dix mois environ se passèrent en pareille alternative.
Alors il y eut aggravation du mal par une enflure de la hanche, par « une poussée du corps vers la gauche », comme dit la malade; enfin par un plus sensible rapetissement de la jambe droite.
N'y tenant plus, elle revint à R... le 24 juillet 1910. Malgré les soins des religieuses, la malade dut s'aliter le 3 août suivant, tant les souffrances lui rendaient la marche intolérable. Le 3 août, visite du médecin ordinaire de la communauté, le docteur B., qui diagnostiqua une coxalgie. Le 20 août, il ordonna la mise en gouttière. Les souffrances de la malade étaient passées entre temps à l'état si aigu qu'elle ne pouvait supporter, sans crier, qu'on la touchât aux parties malades : la hanche, les reins et le genou.
C'est à cette époque de douleurs intenses que lui vint l'idée de faire une neuvaine à la « petite sainte de Lisieux » ; cette neuvaine commença le 17 septembre 1910, pendant laquelle elle appliqua sur le mal une petite relique. Le 26 septembre, jour final de la neuvaine, aucun changement sensible. On décida de continuer les prières avec application de la relique.
Le lundi 3 octobre, commencement d'une nouvelle neuvaine. Le soir la malade est réveillée subitement par des douleurs atroces qui durèrent sans répit depuis 11 h. jusqu'à 3 h. du matin. A 3 h. elle croit entendre une sorte de craquement dans sa hanche; la souffrance disparait, elle s'endort. A son réveil, elle assure à la garde-malade qu'elle est guérie ; celle-ci ne veut pas le croire; alors la miraculée se lève et se jette dans ses bras.
La Sœur ne peut retenir ses larmes en voyant la réalité du prodige.
La malade était en effet complètement guérie.
{Récit de l'aumûnier complété par la miraculée à son pèlerinage d'action de grâces au tombeau de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus.)
Suit le ccnilical du docteur légalise à la mairie de R.
g 2* Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus.
S'-D. (Seine), 29 novembre 1910.
L'une de nos jeunes Sœurs novices était atteinte d'entérite mucomembraneuse, occasionnant de continuelles souffrances augmentées par des crises aiguës très fréquentes que le docteur déclarait être des crises appendiculaires. Les médecins, après avoir songé à une intervention chirurgicale, jugèrent plus prudent de ne pas la tenter à cause de la faiblesse du tempérament et prescrivirent un régime alimentaire très sévère qui débilitait la malade sans amener l'amélioration désirée. Elle y était condamnée depuis dix mois et ne pouvait d'ailleurs s'en écarter, ni se livrer à une occupation quelque peu fatigante, sans souffrir extrêmement.
La pauvre enfant se désolait dans la crainte fondée de n'être pas admise à la profession et de se trouver obligée de rentrer dans le monde, malgré son désir ardent de se consacrer à Notre-Seigneur. Lors du pèlerinage national à Lourdes, au mois d'août dernier, elle avait demandé et obtenu l'autorisation d'aller solliciter sa guérison sur la terre privilégiée de la sainte Vierge. Mais notre petite malade nous était revenue dans un état de souffrance qu'aggravait la fatigue du voyage.
Alors tout le noviciat implora avec une ferveur persévérante l'intervention de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont la vie offre naturellement à ces petites âmes désireuses d'aimer Notre-Seigneur un idéal bien capable de les attirer.
Jusqu'au i5 octobre, rien ne changea dans la situation de la malade. Ce jour-là, à 4 h. de l'aprés-midi, elle ressentit tout à coup de vives douleurs et crut qu'une crise plus violente que les précédentes s'annonçait. Mais après quelques minutes, dit la jeune Sœur, une sorte de secousse intérieure se produisit, et instantanément toute douleur disparut. Croyant à peine à son bonheur, elle le fit connaître discrètement autour d'elle et, le soir même, elle put prendre un repas plus substantiel sans éprouver aucune souffrance. Convaincue de sa guérison radicale, elle désirait se mettre immédiatement au régime commun ; nous ne l'y autorisâmes que peu à peu. Maintenant elle suit, sans aucune exception, la vie de communauté, elle prend sa part de travail et ne ressent aucun retour du mal qui a disparu avec toutes ses conséquences.
Cette guérison instantanée ne nous laisse aucun doute sur la douce et puissante intervention qui nous l'a obtenue.
Après une attente de plus de six semaines, nous regardons comme un devoir sacré de faire connaître cette faveur, selon le très vif désir de l'heureuse novice qui craint déjà de se montrer ingrate envers sa sainte protectrice. S' S'-V.,
Supérieure générale des religieuses de N.-D. de la Compassion.