‹ St. Jean Chrysostome et l'impératrice EudoxieChapitre 42 sur 93 · Ibi ludi populares ut moe est cclebrati... Socr., vr · texte numérisé non relu

Ibi ludi populares ut moe est cclebrati... Socr., vr

3. Plausus ob id ac publica saltatorum et histvionum spectacula, ■'^nt moris crat in regianun imaginum dedicatione. Soznm., xiri, 20,

chrétiens ne s'était montré plus sévère contre des divei'tissements où il voyait des pièges et des inventions du démon. La présence de ces pièges diaboliques s'étalant aux portes du sanctuaire lui parut une insulte préméditée h l'église et à lui-même. II paraît aussi que les cris des bateleurs , les sons de la musique, les applaudissements ou les clameurs des assistants, pénétrant par intervalles jusque dans l'intérieur de l'édifice , y venaient troubler ou le chant des psaumes ou les instructions du pasteur à son troupeau ^ Il se plaignit au préfet de la ville, demandant la répression du scandale. Le préfet, que l'on taxait de manichéisme, mais qui était bien plus sûrement un flatteur d'Eudoxie et un familier de sa cour, reçut assez mal les observations de l'archevêque*, a IN 'étaitce point là l'usage immémorial? Fallait-il faire pour l'impératrice Eudoxie moins qu'on n'avait fait de tout temps pour tous les césars, et punir l'enthousiasme que les sujets faisaient éclater envers leur souveraine ? Au reste, il en référerait à Augusta. » Telle fut la réponse du préfet, autant qu'on la peut induire du témoignage des historiens et du caractère des faits. Le lendemain de ses remontrances, l'archevêque crut remarquer que, loin de cesser ou d'être moins gênant pour l'église, le bruit n'avait fait que s'accroître avec le scandale; il y vit une bravade et une provocation

1. Plausus, choreae et saltationes |ibidem loci actse tumultum ot strepitum ciebant immodicum... et cantoribus frequentius interruptis divina mysteria non sinebant celebrari. Theophan., x.

2. Prsefectus autem urbi manichaeorum hsfiresi viciatus, et adhuc gentilîum ritibus addictus. Id.^ ibid.

non-seulement du préfet, mais du personna?:e plus f'ievé qui voulait lui marquer son dédain. Cédant à l'entraînement de la colère, il eut recours à son défenseur et à son juge habituel, le peuple de son église. Du haut de sa chaire, il tonna contre ceux qui prenaient part à ces jeux sacrilèges, contre le préfet qui les ordonnait, contre celle en l'honneur de laquelle on les célébrait, et qui dans son orgueil faisait profaner le lieu saint par des cris impurs comuie pour se mettre au-dessus de Dieu même^ Son discours ne fut pas recueilli; mais l'histoire énonce que jamais sa parole n'avait été plus incisive et plus amère, que les allusions aux femmes impies de l'Ancien et du Nouveau Testament furent prodiguées dans cette improvisation sans ménagement ni voile, et qu'il y fut encore question de la courtisane Hérodiade et de saint Jean- Baptiste-. On eût dit que Ghrysostome cette fois s'attachait à combler la mesure. Le soir, toute la ville fut en runieur. L'impératrice courut au palais demander vengeance; l'empereur lui-même, profondément offensé, déclara qu'il fallait en finir avec ce factieux. 11 y avait deux mois que Ghrysostome était rentré dans Constantinople , quand cette seconde guerre éclata, avec non moins de violence que la première. Les Marsa, les Castricia et Eugraphia, «la double folle, » comme la qualifie un historien ecclésiastique contem-

1. Porro Joannes cum ad conlumcliara ecQlesi» ista ficri censcrct, pristinam loquendi libcrtatcm resumeas, contra eos qni lisec agebant, linguam suam demio armavit. iïorr., vi, 18.

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