Nam ob modestiani animi, ac philosopbia; sludium
cachée entre elle, les pauvres et Dieu, c'était la vocation qu'elle s'était donnée. Le préfet Oplatus ent l'affreux courage d'aller chercher cette sainte fille dans sa retraite pour la forcer de renier son archevêque légitime et de communiquer avec l'intrus; il eut un courage plus affreux encore, celui de punir son refus d'une forte amende. C'était confisquer le pain des pauvres. Nicarète ruinée sut encore être charitable : elle se fit une vie en commun avec ses servantes, mangeant, s'habillant comme elles, et à force d'économies sur elle-même, elle trouva le moyen de guérir toujours des malades et de nourru* des gens qui mouraient de faim^ Sa charité finit par sembler trop factieuse, et les ennemis de Ghrysostome la firent exiler en Bithynie.
Ces événements se passaient à l'insu de Ghrysostome, tandis qu'on le traînait d'étape en étape aux extrémités de l'empire. L'absence de communications avec ses amis, l'incertitude et l'irrégularité de la correspondance furent pour lui peut-être le plus insupportable des maux de l'exil. Il ne savait que par ouïdire, le long de sa route, ce qui lui importait le plus, le sort de son église, celui de ses frères, le sien propre, et lorsque les faits parvenaient à sa connaissance par des lettres, ils étaient consommés, irrévocables, ou
latere studebat: ita ut nec honorem diaconissas unquam ainbierit, nec virginibus ecclesiasticis praeesse, licet Joanne sœpius eam hortante voluerit. Sozom., viii, 23.
1. Paucis sibi relictis, propter bonani ac prudentem dispensandi rationem, ipsa licet provecta jam aetate, una cum domesticis cuncta baberet et aliis abunde suppeditaret. Id., ibid.
Eï L'IMPÉRATRICE EUDOXIE. 327
I Tenaient le frapper à l'improviste comme des coups i de foudre. Avec un esprit tel que le sien, c'était le supplice de mille morts. Le bruit lui étant arrivé, entre Clialcédoine et Nicée, qu'on s'occupait à Constantinople de son remplacement, il s'était hâté de mander à \ Olympias qu'elle employât tout pour empêcher une I élection qui ne pouvait qu'être funeste dans les circon- ! stances présentes. « Si cette élection se fait, lui écri- I vait-il, il se passera deux choses non moins affligeantes pour moi que pernicieuses pour l'Église. D'abord celui qu'on me donnera pour successeur sera choisi par des hommes qui n'en ont pas le droit, et que l'Église coni naît déjà pour ses persécuteurs; ensuite, il est évident que ces gens-là n'ont pas le dessein de faire un bon choix. Or qui peut prévoir, au milieu du trouble des esprits, les conséquences d'une mauvaise élection? » Cette lettre nous révèle, avec les inquiétudes de l'exilé, l'autorité morale qu'exerçait en temps ordinaire la diaconesse Olympias dans le clergé, le peuple, et même [ près de la cour; mais la face des choses était changée, et Ghrysostome l'ignorait.
L'élection d'Arsace, lorsqu'il l'apprit plus tard, lui causa une indignation violente, et il s'en explique dans une lettre à uq de ses fidèles, l'évêque Gyriacus de Synnades. « On m'a rapporté, dit-il, ce qui s'est passé en la personne d'Arsace, ce radoteur imbécile, élevé par l'impératrice sur mon siège épiscopal*. J'ai su les i cruautés exercées par l'infâme contre nos frères qui
1. Allatum autem ad me est de deliro illo Arsacio, quem Imperatrix in throno collocavit. Chrys., Epist. 125 ad Cyriac.
n'ont pas voulu communiquer avec lui, et comment plusieurs d'entre eux sont morts en prison pour la défense de ma cause. C'est un loup sous une peau de brebis, un adultère sous un masque d'évêque ; de même en efiet qu'on appelle adultère la femme qui, du vivant de son mari, a commerce avec un autre homme, ainsi Arsace est un adultère, non selon la cliair, mais selon l'esprit, puisque, moi vivant, il m'a enlevé l'église dont je suis l'époux^ » Dans une lettre à Olympias, dont il comprend toute la douleur, il l'exliorte à ne point se laisser abattre par un tel événement, les bonnes causes et les hommes de bien étant soumis à des épreuves dont la providence de Dieu connaît seule le secret. « Barabbas, lui dit-il, n'a-t-il pas été préféré à Jésus? Et pendant que le peuple juif demandait la délivrance d'un voleur et d'un .meurtrier, ne voulait-il pas qu'on crucificit l'auteur même de son salut-? » Il lui disait encore dans une autre lettre : « Ne vous affligez pas jusqu'à l'abattement du cœur de ce que telle église est assaillie par des vagues furieuses, telle autre ébranlée par une tempête, telle autre encore frappée d'insupportables plaies; de ce que celle-ci a reçu cliez elle un loup au lieu d'un pasteur, celle-là un pirate au lieu d'un pilote, un bourreau au lieu d'un médecin; oui, pleurez-en , ressentez-en de la douleur, mais une douleur modérée, forte, courageuse, et n'oubliez pas, en face
1. Siquidem lupus ille, ovis speciem prae se ferens, etsi episcopi iarvam gerut, adulter tameii est. Ut enim mulier adultéra vocatur quoe vJvente viro alteri nubit : eodem modo hic quoque adulter est. Clirys., Epist. 125 ad Cyriac.