SACRISTIE
Sculpture du xvie siècle, avec traces de polychromie. — Vierge agenouillée devant l'Enfant Jésus, sous une arcature de forme arrondie, au-dessus de laquelle sont écrits, en caractères gothiques : « Voicy le bien et la sainte chapelle = de Notre- Dame de Bonne-Nouvelle. »
Vierge et Enfant. — Bas-relief, chêne, xive siècle.
1° Le Jugement de Salomon ; 2° Adoration des Bergers ; 3° Portement de croix ; 4° Crucifiement. — Quatre bas-reliefs sur marbre, dans leur cadre de la Renaissance, xvie siècle.
Plaque en argent ou cuivre doré, formant le plat supérieur d'une reliure entourée de baguettes d'argent, et représentant V Adoration des Mages, en relief. — Œuvre flamande de la fin du xvie siècle, remarquable par le style de la composition et la finesse de l'exécution. Cette plaque recouvre un missel bien conservé, sur le titre duquel est imprimé : « Missale romanum, ex otficinâ Christophori Plantini, 1572, » in-fol. Les lettres ornées, en grand nombre, sont coloriées avec soin*
Meuble en chêne, composé de parties appartenant au xvie et surtout à la fin du xvne siècle. Le soubassement et le fronton, qui sont de cette dernière époque, sont médiocres. Dans la partie centrale, deux saints, l'un tenant une colonne, l'autre une grande épée, représenteraient saint Pierre et saint Paul. Leur costume est celui du xvie siècle. L'influence flamande se révèle dans leur style. Sur la porte centrale a été appliquée une Vierge tenant sur ses genoux le Christ mort. — Groupe, en bois de tilleul. La Vierge rappelle le style de l'école florentine du xvie siècle. La sculpture du Christ est aussi mauvaise que possible.
Christ en bronze doré, de l'école, sinon de la main de Girardon.
Bon Pasteur. — Statuette en chêne, xvn© siècle. Vierge et Enfant debout. — Statuette en poirier, très médiocre.
Les Chanoines, les Vicaires et le Bedeau.
On trouvera d'assez nombreux détails sur les chanoines et vicaires de Saint-Urbain dans le travail de l'abbé Méchin (§ II à X). Les vicaires, d'abord au nombre de quatorze, furent réduits à huit en 1621 ; leurs ressources étaient de 232 1. 17 s. à partager entre tous. A la veille de la Révolution, où on les supprima en principe, il en restait quatre, qui touchaient 31 livres par mois chacun. On a vu que quelques-uns d'entre eux reliaient, raccommodaient ou enluminaient des livres.
Les chanoines eux-mêmes auraient été dans un état très précaire au xvne siècle. Beaugier évalue le revenu de la prébende de chacun d'eux à 150 fr. Cependant, en 1790, il fut constaté que les différentes sources de revenus du Chapitre lui donnaient 27.416 livres, de sorte que chacune des douze prébendes aurait rapporté 1.958 1. 10 s. 4 d. à son titulaire. Le doyen avait deux prébendes1; les autres dignitaires du Chapitre, le chantre et le trésorier, chacun une et demie.
4 Le doyen était élu en dehors du Chapitre (Voir Election d'un doyen de l'église Saint-Urbain, par Jacquot, Annuaire de l'Aube pour 1872, p. 1 à 6).
Le Chapitre ne paraît pas avoir eu de suisse ; mais, vers 1719, nous voyons apparaître un portier, qui porte une robe violette et dont la baguette de baleine est garnie de cuivre ou surmontée d'une croix à trois branches.
En 1790, le Chapitre devait 108 livres aux quatre enfants de chœur, 108 livres à l'organiste, 10 au souffleur et 18 au bedeau.
Les livres du Chapitre.
A partir de la découverte de l'imprimerie, l'acquisition des livres figure pour des sommes relativement moins élevées dans les comptes. Mais on se préoccupe toujours de leur conservation, on a toujours recours aux relieurs. En 1451, Jehan Lorat le jeune travaille à l'église quatre-vingt-douze jours, de la fin de juin à la Toussaint, moyennant 11 1. 10 s. « pour relier, nettoier, recoler et réparer la plus grande partie des livres. » On lui fournit des peaux de cerf et du parchemin. Plus tard, si l'on vend en 1550, à Jehan Collet, libraire, « de vieilles quelles de livres, » en 1568, Gillebert Moreau, relieur, reçoit 5 livres pour relier le grand légendaire et « le livre de la grant messe ; » il fait d'autres reliures et fournit trois enseignes. En 1597, Pierre de Villiers, marchand-libraire, reçoit 9 livres pour avoir relié deux missels, dont l'un, en parchemin velin, servait au grand autel. Le missel est posé sur un pupitre, et l'on se sert en 1675, pour tourner les pages, de tourne-feuillets. Nous trouvons encore plus tard des réparations de livres : en 1679 et en 1691, par le libraire Bouillerot; en 1686, par le libraire Febvre.
Notons aussi à la même époque : Reliure d'un graduel, 51. 10 s. (1674); reliure d'un martyrologue, à Febvre (1715). En 1756, un bas vicaire raccommode un psautier. Au xvn© siècle, ce sont d'ordinaire les libraires qui sont relieurs, comme la veuve Michelin en 1759.
En 1777, le Chapitre acheta pour 570 1. de livres d'église à Mme Hérissant, à Paris; il en fit relier à André, moyennant 200 livres, et les fit transporter à Troyes par ballots.
Sceau du Chapitre de Saint-Urbain.
Je dois à l'obligeance de mon collègue et ami, M. Louis Le Clert, le dessin du sceau et du contre-sceau de la Collégiale de Saint-Urbain, et la note explicative suivante, dont il a bien voulu l'accompagner.
Le sceau et contre-sceau du Chapitre de Saint-Urbain a été reconstitué d'après plusieurs exemplaires incomplets qui se trouvent aux Archives déparmentales de l'Aube, notamment :
1° Au bas d'uue charte datée de mars 1277, le premier mercredi après la Résurrection de N. S., contenant un accusé de réception des joyaux destinés à l'église Saint-Urbain par le cardinal Ancher, et que le doyen est allé chercher à Lyon. (10 G. 12, carton).
2° Sceau détaché, et par conséquent sans date, provenant de la saisie faite, au cours du procès Harmand, dans le cabinet de ce dernier.
Ces sceaux sont empreints sur cire verte et pendent par deux queues en parchemin. — H. 0,090. — L. 0,055.
Légende : S (sigillum) CAPITVLI . SCI (sancti) VRBANI . PAPE . ET . MARTIRIS . TRECENSIS.
(Sceau du Chapitre de la ville de Troyes, placé sous le patronage de saint Urbain, pape et martyr.)
Contre-sceau rond. — Diamètre 0,033. — Buste de pape vu de face, sous l'apparence d'un jeune homme. (Les saints, jouissant de la béatitude éternelle, ne vieillissent pas et conservent toujours l'aspect de la jeunesse.)
Le sujet qui se trouve au bas du sceau, dans l'arcature trilobée, est très fruste. On croit cependant y reconnaître un pélican s'ouvrant la poitrine pour nourrir ses petits. Sur le vêtement du pape et sur le tapis qui est placé sous ses pieds, on peut à la rigueur voir les roses qui se retrouvent sur le contre-sceau, placées de chaque côté de la figure du pape, entre deux fleurs de lis.
3° Autre sceau semblable (10 G, 8), appendu à une pièce datée de 1355, le vendredi dans la vigile de l'Assomption. — Semblable aux précédents.
Donation par Guillaume dit le Potencier, saunier à Troyes, et Marie, sa femme, de cinq quartiers de terre au finage de Chaufour, à charge d'anniversaire.
4° Autre sceau semblable (10 G, 8), appendu à une pièce datée de mars 1457 (v. s.).
Fondation d'une messe par François de la Garmoise, écuyer, et Henriette de Lintelles, sa femme.
Vues de Saint-Urbain.
On n'a commencé à dessiner Saint -Urbain que vers l'époque où l'on a su apprécier de nouveau le style gothique. La plus ancienne gravure que nous en ayons rencontrée date de 1835. Je ne parle pas de la silhouette 4e la flèche, qu'on peut remarquer dans quelques panoramas du xvne siècle.
Vues prises du Préau.
Troyes, gravure sur bois, par Merville. — La Seine et ses bords, par C. Nodier, 1836, p. 36.