‹ Station de carême de 1888Chapitre 1 sur 26 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

De tous côtés nous avons entendu formuler autour de nous cette observation : Est-il possible que cette magnifique Station de Notre-Dame subisse le sort de toutes choses humaines, que le mouvement universel qu'elle a créé et que nos successeurs n'auront pas vu, soit perdu pour la postérité. Faudra-t-il leur redire encore :

“ C’est ainsi qu'ici-bas tout passe, tout s’efface, “ Hélas sans laisser d’autre trace !”

Sans doute les anges du ciel et la reconnaissance des consciences réveillées en garderont le souvenir ; mais ce n'est pas assez : quand nous aurons vieilli, il nous eut été doux de penser à ces grands jours, de revoir en souvenir notre église paroissiale pleine, des parvis jusqu’au faîte, d’auditeurs avides qui venaiont par dix mille écouter l’évêque missionnaire. Il nous eut été doux de relire à nos familles quelques fragments de son œuvre, d'imiter quelques-uns de ses gestes, des accents de sa voix et de leur dire les larmes aux yeux : “ J'y étais, que ce

fut beau ! ” ‘ Hæc olim meminisse juvabit !”’

C’est pour répondre à ce désir du public catholique que nous avons pensé à publier sous le titre de ‘ Souvenir de la Station de Mgr Soulé à Notre-Dame ”, les comptes-rendus les plus com-

Ë * plets que nous ayons pu nous procurer, soit par la sténographie, 2) soit par les analyses qui en ont été faites.

Nous n’ignorons pas quelle différence il y a entre la parole parlée et la parole écrite, la première, chaude impression de

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l'âme qui jaillit sous le feu électrique des regards de dix mille spectateurs attachés sur l’orateur qui le forcent à répéter son mot, à amplifier une explication, à oublier la correction même, pour populariser la pensée ; et dès lors quel tort nous faisons au talent de Sa Grandeur en le reproduisant ainsi sans les apprêts indispensables de la parole écrite.

Mais, nous croyons que l’apôtre de Dieu, à une semblable objection, répondrait comme saint Augustin : ‘“ Qu'importe que les grammairiens me reprennent, si les peuples me comprennent | ”

Et les peuples qui vous ont compris, vous comprendront mieux encore, Monseigneur, grâce à cet humble travail, nos enfants vous comprendront et vous entendront en jalousant le bonheur que nous avons eu de vous connaître |!

Toute la pensée de l’orateur nous a paru se résumer dans ce texte de saint Paul : ‘“ Je fais profession de ne connaître parmi vous que Jésus-Christ, et encore Jésus-Christ crucifié”’ C'est le crucifix qu’il contemple et qu'il fait contempler; les rayons qui partent des pieds, des mains et de la tête du Sauveur se prolongent jusqu'à lui : comme tous les grands disciples de la croix, il en fait sa lumière, sa force et son inspiration.

Nous aurions voulu, dans cet opuscule, pouvoir reproduire ce qu’il a dit du Gethsémanie, mais les limites de notre travail ne nous le permettaient pas ; nous n'avons réédité que ses sermons du dimanche et ceux de sa retraite dans lesquels il est revenu à la personne du Christ, d’une façon plus directe et plus intime. Jésus Tout-Puissant, Jésus principe de tout bien, Jésus père de la miséricorde, Jésus victime, Jésus principe de la vie, etc., etc., voilà les différentes pensées dont nous offrons l’admirable développement à nos lecteurs qui ont été ou qui auraient tous voulu être, comme nous ses auditeurs.

GONZALVE DESAULNIERS.

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MONSEICGNEUR SOUILÉ A L'ÉGLISE NOTRE-DAME

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