SOIS LE PORTIQUE
Aux vitraux lumineux de l'enceinte sacrée , J'ai vu briller la lampe aux aïeux consacrée , Et l'on dit que vos cœurs , mystérieux flambeaux , Avec elle en ces lieux veillent sur des tombeaux ;
Conduisez-moi, mon père, à ces parvis de larmes, Que je puisse y verser mes secrètes alarmes ; Y recueillir mon cœur à l'ombre de la croix Et rêver du néant sur la cendre des rois.
Je veux y demander , sur les dalles funèbres , Comment le jour se fait derrière les ténèbres ; Incliner jusqu'à terre un front découronné, Et dire comme Job : pourquoi donc suis-je né? Je suis venu poussé par un tourment sublime, Interroger plus bas le fond noir de l'abîme.
Et scruter de plus près dans mon cœur agité L'énigme de la vie et de l'éternité.
LE MOINE
Toi qui cherches la vie et son divin mystère , Au nom de qui viens-tu?
LE VOYAGEUR
Je viens au nom du Père.