‹ Station poétique à l'abbaye de HauteCombeChapitre 25 sur 43 · AVANT L'HYMNE · texte numérisé non relu

AVANT L'HYMNE

Or , quand ils furent tous assis sur le rivage , Exilés et comptant les longs jours du veuvage, Au triste souvenir de la patrie en pleurs , Commença d'éclater l'hymne aux grandes douleurs

La fille de Sion prit sa harpe plaintive , Et les chœurs répondaient aux chants de la captive , Et le jeune guerrier et le vieillard tremblant Maudissaient le vainqueur dans un verset brûlant.

LEÇON VI e .

STROPHE

Je pleure dans l'exil assise au bord du fleuve; Le nid de la colombe appartient au vautour.

Le sang a teint les eaux où ma bouche s'abreuve , J'étais épouse et je suis veuve ,

* La strophe est chantée par le coryphée du chœur des femmes (la fille de Sion) et Tantistrophe par le coryphée du chœur des hommes.

Et mes fils sont tombés de leur dernière tour !

LE CHOEUR

A la veuve qui pleure il rendra son amour.

ANTISTBOPHE .

Le conquérant a pris son glaive , Il frappe sur son bouclier, Son peuple de soldats se lève Et bondit comme le bélier.

Le vent mugit dans sa bannière , Son char vole dans une ornière De poussière et de sang humain ; Il marche , il dévore les mondes , Il marche , et la terre et les ondes S'agitent captifs dans sa main.

LE CHOEUB.

Mais tu l'attends, Seigneur, au bout de son chemin.

l'hymne des aïeux.

STROPHE

Sous le joug étranger nos têtes sont courbées , Le pain de l'esclavage est plein d'un sel amer; Les portes d'Israël devant moi sont tombées ,

Pleure, mère des Machabées!

Ta douleur est un fleuve et ton cœur une mer !

LE CHOEUR

La terre renaîtra plus belle après l'hiver.

ANTISTROPHE

Son glaive a soif! sa main terrible L'enivre au sang des bataillons ; Il passe l'homme dans son crible Comme le froment des sillons.

11 ravit au roi son royaume , Au laboureur son toit de chaume , Son épouse à l'adolescent ,

Au passant sa seule tunique , Au pâtre sa brebis unique, Son fils au vieillard impuissant !

LE choeur.

Il ne ravira pas la foudre au Tout-Puissant î

STROPHE

Mes yeux se sont éteints à pleurer ma misère; Mes pieds se sont brûlés aux sables du désert; J'ai marché tout le jour comme le dromadaire ,

Et mon voyage sur la terre Se voit au sang tombé de mon flanc entrouvert.

LE choeur.

Dieu connaîtra les siens à ce qu'ils ont souffert!

l'hymne des aïeux

ANTISTROPHE

Quand viendra le jour de colère

Où tu jugeras par le feu?

Quand éclatera ton tonnerre ,

Quand viendra ton heure , ô grand Dieu?

Le juste gémit en silence ,

L'impie a bravé ta puissance,

Il triomphe , et toi seul es grand !

D règne , et toi seul as l'empire !

11 chante, et l'opprimé soupire !

Il dort , et le juste est errant!

LE CHOEUR

Paix au roi selon Dieu, malheur au conquérant!

PRIÈRE

-aie»

Page 1