‹ Station poétique à l'abbaye de HauteCombeChapitre 27 sur 43 · ENTRE LES DEUX HYMNES · texte numérisé non relu

ENTRE LES DEUX HYMNES

Ainsi chantaient les chœurs des vieillards et des veuves ; Ainsi retentissait le cantique des pleurs, Si sombre qu'il troublait les grandes eaux des fleuves , Si triste que les vents pleuraient de ses douleurs.

Or le Prince et les chefs des cités en ruines, Les débris de l'armée échappés au vainqueur , Ceux qui s'étaient battus sur toutes les collines , Dont le fer n'avait pas tari le sang au cœur.

Les forts entre les forts , sur la montagne antique , Avaient suivi le Roi sous les rochers brûlants , Et jusqu'au nid de l'aigle, humble troupe héroïque, Emporté leur épèe et leurs lambeaux sanglants.

Mais quel hymne a chanté la caverne sauvage?

O cité des douleurs, n'as-tu pas entendu?

Les échos l'ont porté jusque sur ton rivage , Et l'on dit que d'en haut la nue a répondu.

L'HYMNE DES AÏEUX

Page 1