‹ Statique expérimentale et théorique des liquides soumis aux seules forces moléculairesChapitre 13 sur 43 · POLYÈDRES LIQUIDES · texte numérisé non relu

POLYÈDRES LIQUIDES

de voir, en effet, que, dans la petite portion de surface qui raccorderait les deux faces planes, les courbures principales seraient, d'une part, la courbure nulle suivant la longueur du fil, et, d'autre part, la forte courbure transversale en question; la première aurait conséquemment un rayon infini, et la seconde, à cause de sa forme concave, un rayon négatif; le terme dépendant des courbures dans la formule [IJ du § 1 se rédui-

rait donc à — ^— ^ , c est-à-dire représenterait (§ 20)

une succion, comme je l'ai dit, et, par suite de la petitesse de R, cette succion serait très-forte; le liquide alors franchirait l'arête, et s'accumulerait en plus ou moins grande quantité dans l'angle rentrant.

Aussi est-ce ce dernier résultat que montre l'expérience : quand on essaie de réaliser un semblable polyèdre, on rend aisément planes toutes les faces sauf les deux qui devraient former l'angle rentrant, et celui-ci demeure partiellement rempli par de l'huile qui y présente une surface courbe unique. Cette surface, qui doit déterminer la même pression que les faces planes, est nécessairement à courbure moyenne nulle, et, par conséquent, en chacun de ses points, les deux courbures principales sont égales, mais l'une convexe et l'autre concave (§ 2) .

§ 32. De même qu'avec nos lentilles d'huile nous avons réalisé l'effet d'une lunette de Galilée, de même un prisme triangulaire d'huile peut être employé à produire le phénomène de la dispersion : l'on obtient ainsi un beau spectre solaire à l'aide d'un prisme à faces liquides. Seulement, comme l'effet n'est dû qu'à l'excès de l'action réfringente de l'huile sur celle du liquide alcoolique, il faut, pour avoir un spectre bien étalé,

Page 1