CHAPITRE II
Nous rechercherons^ dans les sections sni-- Tantes :
r Quelle était la population ancienne àes Iles Britanniques ;
2"" Quelle est leur population actuelle ;
3" Quels sont les mouvements de cette population ;
^'^ Comment elle est divisée d'après les sexes, l'âge et l'état civil ;
&" Quel est l'agroupement de la population ;
6° Comment la divise la diversité des races ;
7* Celle des cultes ;
d^ Enfin quelle est sa division d'après les différentes conditions sociales.
4C POPULATlOir.
SECTION I
POPULATION ANOENNE.
L'Angleterre possède des notions curieuses sur sa population ancienne. On sait, par ses anciennes chroniques, que, du temps de i'Heptarchie Saxonne et jusqu'en Tan jo66, le pays était divisé en ^439600 hides de terre. Cinq hides devaient fournir un Céorle pour contingent à Tarmée ; ce qui ne Élisait que 4897^0 soldats. Si cette levée était le ôo* de la population , et on ne peut supposer une moindre proportion , le nombre des habitants de l'Angleterre ne devait être que d'environ q^36,ooo. Le territoire ayant 6^600 lieues carrées , quand on en distrait le Pays de Galles, il y avait tout au plus36o habitants pour chacune d'elles ; et Hume , qui n'avait certainement pas fait ces calculs , avait raison de supposer qu'alors l'Angleterre était trois fois moins peuplée qu'en 1 760. Turner, qui a examiné attentivement la question de l'ancienne population saxonne, l'évalue seulement à 1,700,000 personnes à l'époque de la conquête des Normands. C'était a6o par lieue carrée, comme en Russie et en Turquie.
En consultant les archives du royaume, on obtient les données suivantes sur la population ancienne du Royaume-Uni.
POPULATIOir.
1" iftcGLETERRE ET GALLES, 7,6oo lieues carrées.
377 Edouard III 570 Elisabeth.
688 Guillaume
10 Anne. . .
ao Georges !•'
3o Georges II.
4o id. .
5o id. .
60 Georges III
80 id. .
90 id. .
801 id. .
811 id. .
8a I Georges IV
1^353,000 habit. 38o(i)parl. c.
5,000,000 5,5oo,ooo 5^a40f00o 5,565^000 5,796,000 6,064,000 6,467,000 6,736,000 7,4^8,000 7,953,000 8,675^000 8,872,980 10,163,676 ">978>B75
ii4o
83i GuillaumelY. 13,894,674
a"* ECOSSE y l^jboo lieues carrées avec les lacs.
1698 Guillaume III . . . i ,oa5,ooo habit.
1760 Georges III i,a64,ooo
1801 id i,65o,ooo
181 1 id 1,860,000
182 1 Georges lY 2,093,000
i83i GuillaumelY.. . . 2,365,ooo
228 par 1. c.
3* lALAifDB , 5,000 lieues carrées avec les lacs.
1672 d'après Will. Petty. i,320,ooo habit. 260 pari. c. 1695 Gap. South i,o34,ooo 200
(1) Non compris le Pays de Galles, pour cette époque sealement.
48 POPIILATIOW.
17 12 Th. Dobs 2,099,000 4oo ^
1754 Colledeun d'impôt. 2,872,000 470
1767 îd 2yâ44>ooo 5oo
1785 td 2,845^000 5j5
1792 Doct. Beaufort. . . 4»o88,ooo 800
18 14 Gens incomplet. . . 6,937^000 1180
1821 Gens officiel . . . . 6,8oi^o>oo i36o
i83i Id 7>7^7>ooo 1763
4'' GRANDB-BRETÂGNE ET IRLANDE, l^^lOO 1. C.
1688 7^069,000 hab. 410 par 1. c.
1811 17,960,000 io5o
La Grande-Bretagne seule possédait la population suivante aux trois dernières époques.
D'après ce tableau, l'Angleterre, au xiv' siècle, sous le règne d'Edouard ni,qui tient la première place dans les Annales militaires de la Grande- Bretagne, n'était pas plus peuplée que laServie ou la Grèce actuelle , proportionnellement à l'étendue du territoire. Elle n'avait pas le cinquième d'fadbitantsqu^lle possède à présent. Au xvf siè-
cle, sous le règne sage et glorieux d'Elisabeth elle avait à peu près la même population qu'ont aujourd'hui l'Espagne et la Transylvanie. £ni 700, sous Guillaume d'Orange, l'heureux rival de Louis XIV^ la densité de sa population était comme celle de la Galice ou du Hanovre. C'est seulement sous Georges III, de 1770 à 178a, qu'elle commença à s'accroître notablement. A cette dernière époque elle avait, par lieue carrée, le même nombre d'habitants que les iles Danoises ou le Portugal. Enfin elle avait^ en 1801, 1178 habitants par lieue carrée, comme la France; en 1811, i32Ô« comme le royaume deNaples; et en i8ai ,1570^ comme les provinces Vénitiennes et les plus belles parties de l'Europe.
L'Ecosse ressemblait, il y a aoo ans, à la Russie ou à la Turquie, par sa population maigre et dispersée. Eu 1760, elle ne différait pas de la Morée, et en 1801 des provinces Turques du Danube. Aujourd'hui même, ses habitants sont épars comme les Dalmates et les Albanais.
La densité delà population Irlandaise n'excédait pas, en 167a ^ celle de l'empire Ottomanemais elle doubla en peu de temps, et s'éleva progressivement jusqu'au terme des contrées du midi de l'Europe les plus favorisées par leur sol et leur climat.
5o POPULA.TIOII.
En somme, les trois royaumes avaient , vers 1700 9 environ 7,000,000 et demi d'habitants, répandus sur 17,000 lieues carrées; c'était, pour chacune, moins de 45o personnes. En 1821, on en comptait a 1 millions , faisant près de 1 â5o par lieue carrée. Le premier terme exprime la densité de la population des provinces Turques; le second excède celui exprimant le rapprochement moyen des habitants de la France. En i83 1 , elles avaient 24 millions d'habitants, faisant 1 4oo personnes par lieue carrée, comme en Bohême et dans le Wurtemberg.
SECTION IL