‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 12 sur 88 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

La crête de rApenuin, ainsi que les principaux contre-forts, sont essentiellement formés de roches serpentineuses, de roches micacées, et dun granit composé de feldspath et de quartz, dans lequel le diallage yerdàtre est quelquefois réuni au mica, ou le remplace entièrement.

Le porphyre proprement dit n a encore été observé que dans la vaUée du Tanaro, par masses isolées ; mais les roches que Ion vient de désigner ont tellement le caractère des roches primitives, quelles ont été considérées comme telles jusqu'à présent. On pourroit donc attribuer à celte formation la chaîne principale, notamment vers lest; car, à Fouest, les schistes et le caleaîre dooainent, et impriment à cette partie de F Apennin les caractères des terrains de transition, ainsi que nous aurons occasÎMi par la suite de le foire remarquer.

La partie du littoral qui* est bornée par la mer est coupée, du nord au midi, par de nombreux torrents, la plupart à ^ec pendant Fêté, à cause du peu d'étendue des bassins qui les alimentent, tandis qu ils forment des courants tumultueux durant les pluies abondantes de l'hiver. Ces torrents occupent, près de leur embouchure, des espaces souvent considérable^ et entassent le long du rivage des amas de galets qu'ils détachent et roulent du sommet des montagnes.

Les principaux torrents sont ceux qui passent par Albissola, Savone, Vado, Finale, Albinga, Oneille, et Port-Maurice.

Le terrain des environs d'Arenzano est généralement un micaschiste alteruBMt avec un schiste argileux plus friable, quelquefims noirâtre, qui se décompose facilement; il est alors très sujet aux éboulements, ainsi qu'on le remarque principalement sur la nouvelle route de Voltri, qui conduit à Gênes. Ses bancs sont fort inclinés, et s'approchent de la verticale, en présent tant des escarpements élevés et menaçants par les masses qui s'en détachent. La serpentine se fait jour par jJace à travers ce schiste, qu'elle pénétre, et auquel elle sert d'assise; elle se trouve ensuite en masse continue, si on s'élève vers le sommet de la chaîne.

3o CHAPITRE L

Au-dessous de la |)apeterie près de Voltri, le schiste est quelquefois très talqueux ou stéatiteux; et alors on voit dans ses joints de petites veines d asbeste amiante.

La vallée au-dessous du télégraphe abonde en mica d un jaune brillant, et qui forme une poudre dont on se sert dans les bureaux. Le ruisseau est traversé par plusieurs petits filons de quartz avec des efflorescences fibreuses, près desquelles on voit des débris d excavation, que Ton attribue à une ancienne exploitation.

En se dirigeant d'Arenzano à Cogoletto, la serpentine domine entièrement. Elle est dure et compacte, verte, à fractures inégales et coupantes, et dont les surfaces se recouvrent en peu d années d'une croûte blanche-jaunâtre, qui donne un aspect particulier à ce territoire aride.

Le calcaire compacte recouvre plusieurs monticules à Cogoletto, près de la mer, et donne lieu à une exploitation de chaux considérable, qui est presque Tunique ressource des habitants de cette commune.

Le torrent ParpigUo, à Test de Cogoletto, et qui alimentoit une forge actuellement détruite, fournit constamment de leau, quoiqu'il soit,' par la surface de ses versants, un des moins considérables du littoral. Ce torrent est encaissé dans la serpentine verte, compacte, admettant le diallage métal* lique, le quartz, et formant quelquefois, avec ces substances, une espèce de granit, mais dans lequel on ne remarque point de cristallisation régulière. ^

Ces pierres alternent avec des roches micacées, qui se prolongent jusqu'à Varazze. En s en rapprochant, et montant le torrent d'Alpialla, on rencontre successivement la serpentine et la roche granitique avec le diallage, semblable à celle de Cogoletto; la chlorite en masse, des roches talqueases renfermant dans leurs fissures de 1 asbeste amiante flexible et de Tasbeste rokie, ligniforme; et enfin le calcaire saccharoîde blanc, lequd est ensuite recouvert par des couches argileuses dures, renfermant une couche de lignite terreuse d environ un décimètre d'épaisseur.

Cette lignite est pulvérulente, et douce au toucher; elle se délaie facile^ ment dans Feau, et donne une couleur brune de bistre, qui pourroit servir è la peinture.

l^e terrain change à Varazze, le long de la mer; et 1 on n observe plus, jus-

TOPOGRAPHIE. 3i

qu'à Albissola, que d'immenses dépôts de galets, composés de roches serpentines, de gneiss, de cornéenne, et de granit, dont les couches alternent avec des couches de grès micacé, lesquelles reposent dans quelques endroits sur des bancs horizontaux d'argile grise, endurcie, stratifiée avec une argile bolaire rouge , que Ion remarque principalement près de Celle.

Ce poudingue contient accidentellement quelques pyrites, et des morceaux de lignite brune, qui ont encore conservé la teinture fibreuse du bois; tandis que le grès renferme assez fréquemment des vénules de houille lignite, dont la fracture est dun noir très luisant.

Les vallées formées par les torrents Riabasco et Sansobia, au-dessus d'Albissola, offrent plusieurs faits intéressants.

La vallée de Riabasco est généralement formée de gneiss; mais à la distance d'une lieue de la mer, on observe que ce terrain est subitement pénétré par une roche serpentineuse seinblable à un filon très compacte, d'un vert très obscurci, présentant dés parties polies et douces au toucher. Elle a été exploitée, il y a six ou sept ans, pour en extraire le sulfate de magnésie, que Ion obtient par la oalcination, le lavage, et la cristallisation. *

La même substance produit aussi du sulfate de fer et de cuivre, mais en petite quantité, et elle se retrouve à une certaine distance au-dessus du précédent gisement ( i ) .

On verra*par la suite que le département possède plusieurs gisements de roches susceptibles de fournir du sulfate de magnésie; et il paroit même qu elles doivent être fort communes dans tous les terrains à serpentine.

La vallée de Riabasco offre de fréquents indices de pyrites, notamment au Ueu dit Pian del Pero, où il existe quatre filons considérables de ce minéral.

En remontant la Sansobia, on passe au milieu du gneiss, qui souvent est semé de pyrites en eflflorescence, et traversé par plusieurs filons de quartz. Le terrain change à EUera, où le calcaire gris compacte se prolonge sur plusieurs milles d'étendue. On remarque dans ce calcaire des grottes considérables, mais d'un très difficile accès. Près de la paroisse Santo-Bernardo, commune de Stella, sont plusieurs bancs de chaux sulfatée, grenue, cristal-

(0 Une exploitation semblable est en pleine activité à Sestri, près de Gènes.

Une, blanche, dont Fexistence a été ignorée fort Iong«-temps, et dont on na reconnu les bonnes qualités que depuis près d!un an. Oh commence à exploiter ce plâtre avec avantage, et on lemploie dans la fabrication des modèles qui servent au moulage de la poterie.

En se portant à la Stella Saint-Jean-Baptiste, repartit la serpentine, affectant Taspect de Tasbeste roide, à fibres parallèles. Enfin, en montant la Stella Saint-Martin, jusqu'au site dit SteUa Santa^Giustina, qui occupe la partie la plus élevée près les sources de la Sansobia, se montre le terrain schisteux argilo-micacé, d'un jaune fauve, renfermant des pyrites globulaires, disposés en couches horizontales. Ce schiste alterne avec un grès dur, quelquefois tégulaire, mais plus ordinairement en couches épaisses, renfermant de nombreuses couches de houille sèche sulfureuse , dont les plus puissantes peuvent être évaluées à un demi-mètre. Le sol est recouvert d efflores^ cences salines, que Fon pourroit exploiter atec la plus grande facilité.

A ce terrain succède un terrain de grès stratifbrme, composé de couche^ d argile grise endurcie, semblable à celui qui recouvre la région nord du département. Il occupe la partie basse du col que Ion traverse pour aller à Sassello, tandis que la serpentine se reproduit sur les parties élevées environnantes.

Si Ion suit le rivage d'Albissola-Marina, pour se diriger vers Savone, on ne retrouve plus que des roches micacées, qui paroissent former la masse dominante de Montenegino.

Ces roches se présentent sous la forme de gneiss jaunâtre on grisâtre : les bancs sont très inclinés, et disposés en feuillets ou en mamelons ; ils admettent souvent lamphibole, mais en parties très divisées, qui communique à la pierre un teint bleuâtre. Ces roches sont stratifiées, vers la partie élevée ^ avec une sorte de granit composé de mica, de quartz, et de feldspath, agglo-* méré sans cristallisation distincte^ le quartz ne paroit souvent y être (ksséminé qu en nombreuses vénules, qui pénètrent la roche dans tous ses sens.

On a découvert, il y a quelques années, sur les bords de la mer, un petit fikm de pyrites en décomposition , offrant dans ses fissures beaucoup de petita cristaux de bleu de montagne : ces pyrites, grillées et lavées, produisent assez abondamment du sulfate de cuivre et de fer, et un peu de sulfate de magnésie.

Le terrain que l'on vient d'indiquer se prolonge au*delà de Savone, dans les vallées de Letimbro, de Lavanestro, et dans les deux vaUées au-dessus deVado.

La roche a une texture très contournée au lieu dit YArgentièrCy situé à environ un mille de la mer, près de la nouvelle route qui conduit en Piémont. Elle est pénétrée de grains de bleinde, de galène, et de pyrites : disséminée, dans la masse, sur une étendue ayant au moins 8 mètres en tout sens, cette roche affecte l'allure d'un filon dirigé du nord au sud. On y voit encore une excavation assez considérable, que l'on prétend avoir été faite par les Sarrasins.

Cette même roche micacée, susceptible des formes les plus variées, passe quelquefois au schiste luisant violâtre, tel qu'on l'observe notamment dans la vallée du Letimbro, au-dessus de Notre-Dame de Savone.

Quand le mica prédomine, la roche se délite facilement, et l'on peut en partie attribuer à cette décomposition les amas de terre argileuse grise et jaune déposée près du rivage à Albisola, à Savone, et à Vado, dont l'exploitation donne heu. aux nombreuses fabrications de briques et de poteries communes, formant une branche de commerce importante dans ce département.

Ces amas argileux sont disposés en monticules isolés près de la mer, et sont stratifiés avec des couches horizontales d'alluvions renfermant des coquilles.

Le sommet des Apennins, au col d'Altare, est essentiellement formé d'une roche cristalline composée Ae quartz, de feldspath blanc, et de diallage. Cette roche, quoique fort dure quand elle est récemment entamée, se délite en fragments plus ou moins volumineux, et donne naissance à une portion de terre rouge bolaire.

Un fait géologique vraiment digne de remarque, sont les amas de poudingue résultants des débris de la roche que l'on vient de désigner , et qui recouvrent, en formant plusieurs monticules, le terrain primitif près du sommet de l'Apennin.

Ces amas s'étendent depuis Cadaboni jusque près de Roviasca, et constituent le gisement d'une mine de houille actuellement en exploitation.

La couche de houille a un mètre et demi d'épaisseur ^ sa direction est du

nord au sud, et elle s'incline de treize degrés vers l'ouest, dans la partie actuellement exploitée.

Elle fournit une houille sèche de bonne qualité, et dont on commence à tirer un parti avantageux dans le pays.

Elle est séparée des dépôts de galène par un banc assez épais d^un grès micacé, dur quand on lentame, mais qui se décompose fecilement à lair en produisant une argile jaune.

Le toit de la mine est un schiste argileux gris noirâtre.

On n a point observé encore dans le grès, ni dans le schiste formant le toit du bois fossile, d'empreintes végétales ni de coquilles f on voit seulement dans l'intérieur de la houille quelques feuillets d'un schiste très bitumineux, qui suit la direction de la couche.

Nous nous sommes assurés que la houille reposoit, en plusieurs points, sur une roche micacée talqueuse, qui a la plus grande analogie avec certain gneiss.

Nous ne devons pas omettre de consigner un fait dont nous ne connoissons encore point d'exemple.

La mine renferme plusieurs dépôts d'ossements de quadrupèdes imbus de houille, et moulés au milieu de ce combustible; et nous avons lieu de croire que, dans la suite de l'exploitation, on en trouvera fréquemment. L'espèce des animaux auxquels ces ossements appartiennent est probablement différente de celle des animaux actuellement existants; mais ce fait atteste néanmoins que les bouleversements qui ont donné lieu au dépôt de la houille, et des masses roulées qui les recouvrent, sont d'une date plus récente qu'on ne l'avoit généralement présumé, et qu'ils ont dû être très considérables, puisqu'ils ont agi sur de grandes hauteurs, qui donnent moins de prise à l'af-^ fluence des courants extraordinaires auxquels on les attribue.

D'une autre part, l'absence des coquilles et la* présence des ossements semblent prouver deux circonstances de cette révolution : la première, que la cause qui l'a produite est venue du continent; et en second lieu, que cette révolution a été antérieure à celle qui a formé le terrain de sédiment et les immenses dépôts marins qui recouvrent toute la surface de l'extrémité nord du département, ainsi qu'une grande partie du territoire d'Alexandrie: car,

s'il en aToit été autrement, les débris de ce terrain eussent dû se trouver confondus avec le terrain formant le gisement de la mine.

Tout semble ici attester ces grands événements, et prouver qu'ils ont été suivis par d autres qui sont venus détruire ce que les premiers avoient produit. Nous ajouterons à lappui de ces présomptions l'observation suivante.

Pluiseurs sommets très élevés de cette partie de TApennin, tels que Montemoro, Cutre, Lavanestre, etLetimbro, le sommet de Montenotte, qui forme une des crêtes les {dus élevées de la chaîne principale, et enfin le revers mé« ridional du Monte Tremo, à lest de Notre-Dame de Savone, sont surmontés de piles de calcaire compacte, qui, dans cette circonstance, sont demeurées comme des. témoins des bancs de ce sel pierreux qui jadis ont recouvert tout le littoral, et que les courants ont, par suite des révolutions, successivement emporté avec les terrains de sédiment, dont il ne doit plus rester de même qu'une très foible poi*tion.

Mais, quoi qu'il puisse être de ces conjectures, nous avons cru pouvoir les hasarder pour fixer plus particulièrement l'attention sur cette partie intéressante de l'Apennin ; et nous croirons avoir rempli notre but, si de nouvelles observations donnent lieu à des explications plus satisfaisantes. Nous sentons qu'il n'est pas encore temps d'approfondir ces grands événements, et nous nous bornerons volontiers à fournir quelques uns des matériaux qui pourront y conduire un jour. t^

En remontant jusqu'à la source du Letimbro à Test, près du sommet de l'Apennin, au lieu dit Labaissa on trouve l'afïleurement d'une couche de houille, mais qui a à peine un décimètre d'épaisseur. Au-dessous de cette couche coule une fontaine imprégnée de sulfate de fer, et employée en médecine.

Toutes les vallées des environs de Savone sont métallifiées.

On a déjà indiqué un gisement de plomb sulfuré au lieu dit l'Argentière, dans la vallée de Lavanestro. La matière métallique, quoique rare dans la masse, se trouve cependant si généralement répandue, qu'elle pourroit former l'objet d'une exploitation j la seule difficulté qu'on y voit est l'emplacement trop resserré que la mine occupe aujourd'hui, à raison du voisinage de la nouvelle route.

En remontant le Letimbro , on observe, dans un petit versant dit la Pistula, de fréquentes pyrites cuivreuses éparses dans le gneiss, et un filon de quartz qui s'enfonce sous le lit du ruisseau, et qui renferme d'assez belles pyrites panachées. On vient de découvrir sur l'autre revers de la même montagne qui regarde le torrent principal, un second filon de quartz dans une roche micacée, brunâtre en décomposition. Ce filon renferme du cuivre sulfuré noir, très riche, et de légers faisceaux divergents de cuivre carbonate soyeux. Ce gisement est accompagné de plusieurs filons assez considérables de fer sulfuré arsenical.

La probabilité de l'existence d'une mine de cuivre dans cette vallée semble encore être augmentée par de nombreuses efflorescences vertes recouvrant les pierres avec lesquelles sont bâties plusieurs murailles au-dessus de l'hospice ; mais on ignore leur véritable gisement.

Les vallées de Vado se divisent en deux vallées principales, par les torrents de la Cassola et le Tracinto. La dernière de ces vallées seulement présente des indices de minerai.

On y a reconnu plusieurs filons de quartz et une roche serpentineuse avec pyrites en efflorescence , semblables à celles d'Albisola, dont on a recueilli le sel d'epsom ; elle affecte le même gisement.

Le versant Bonelli est traversé par deux filons de petites pyrites cubiques, semées avec profusion dans une roche chlcfritée verte.

Dans le lit du versant Piatolino existe un filon de quartz carié à sa surface, souvent micacé, recouvert d'efflorescence d'un gris noirâtre, et renfermant dans son intérieur une grande quantité de pyrites arsenicales jaunâtres.

De semblables filons se succèdent, presque sans interruption, au-dessus et au-dessous du lieu dit Cenin, en remontant, sur une loqgueur d'un mille, jusqu'à la Cataracte; mais ils sont pour la plupart recouverts par la terre végétale, en sorte qu'on ne peut guère en juger que par les amas des masses détachées gisant dans le torrent.

Les petites pyrites cubiques disséminées dans ces filons sont fréquemment unies à des grains de galène.

Ce minéral commence à se montrer plus abondamment près de la cona-

inune de Roviasca, au-dessous du pont, près de la papeterie, dans le lit du versant Faja ; et il donne les plus belles espérances près du pont de Martinet, oh il existe deux filons d environ 3 mètres de puissance, dans lesquels la galène se présente en veines assez fortes , compactes , à grains d acier exempts de pyrites.

Le terrain de gneiss est recouvert, au-dessus de Boviasca, par le calcaire gris compacte, qui se prolonge jusque vers le sommet.

Nous avons indiqué la nature, du terrain d'Albisola^ de Savone, et de Vado, en nous transportant de chacun d eux vers le sommet de TApennin.

Le terrain micacé et talqueux, coupé fréquemment par le quartes pyriteux, se prolonge encore à Fouest de Vado, et remonte jusqu'à Segno. Au-dessous de cette commune est un lieu appelé Pozzo d'Oro, c est-à-dire puits dor, où Ion prétend que Ion a fait autrefois des excavations; mais ou n'en voit plus la moindre trace; il est possible qu'elles aient été comblées par les pierres que le versant y a jetées.

Le sentier qui passe au-dessus est traversé par un filon de quartz carié, semblable au minerai de la Faja, et renfermant de même des pyrites et de la galène.

Plus en remontant au lieu dit Mont-de-la-Mine-de-fer, se voit encore une excavation considérable, dans les décombres de laquelle on trouve beaucoup de fragments d'hématite brune caverneuse.

On prétend encore que l'or a été l'objet de ces travaux; on y a même fait

quelques tentatives dans ces derniers temps, et on a assuré qu'on y a trouvé

de ce métal, mais en trop petite quantité pour mériter une exploitation suivie.

Le terrain touche au calcaire compacte, qui recouvre le primitif à l'ouest

de Vado.

Le calcaire forme des montagnes entières à Spotorno, où il est exploité par plusieurs fours à chaux établis sur le bord de la mer. Le rivage est creusé dans Les environs par plusieurs cavernes naturelles, dont une fort spacieuse. Les ûancs de l'Apennin se trouvent ensuite recouverts par le calcaire jusque près du sommet, vers la chaîne; mais il fait de nouveau place au primitif près de Noli.

A un demi-mille de la mer, en remontant le torrent qui passe par cette

commune, se voit un très beau filon de fer oxidé rouge, compacte, prësentant, dans certaines cassures, le luisant métallique, mais peu prononcé. Le filon s'élève verticalement, et se divise en plusieurs branches, en traver» sant une serpentine verte-brunâtre, qui lui sert de gisement.

Ce minerai, quand il est pur, ressemble beaucoup à Fhématite; mais il ea diflEëre par sa cassure, qui est unie, et qui na rien de strié ni de mamelonné : la serpentine lui a imprimé sa texture, et il semble, sur plusieurs points, se confondre entièrement avec elle.

On remarque dans cette serpentine des noyaux de quartz et de minerai de fer, et, dans le minerai de fer, des noyaux ou firagments de quartz et de serpentine, qui donnent à cette substance Taspect dune brèche fort extra* ordinaire (i).

Sur la rive ori^xtale du torrent, s enfonce verticalement dans le gneiss un filon considérable de quaiîz grenu, ayant toute lapparenoe du grès, dans lequel se trouvent des veines de la même substance, mais qui s'égrène facilement, et dont on se sert pour la composition des briques réfractaires et des poteries blanches de Savone.

de quartz s enfonce avec le gneiss sous le lit du torrent, où il est recouvert d une manière très tranchée par la serpentine et le minerai de fer. Le gneiss des environs est souvent traversé de veines de pyrites.

Plus à louest, à Saint-Clément, le terrain est composé d une roche blanche feldspathique, légèrement micacée en décomposition, et produisant une argile blanche quartzeuse , qui a tous les caractères du kaolin et des pétautzés.

Les mêmes matières se retrouvent près du château de Yarigoti. 11 est {m*o-

(i) Cette observation tendroit h prouver que la serpentine, dans la portion de l'Apennin que nous décrivons, est due aune formation différente du primitif, et que celui que nous avons énoncé comme tel, appartient au terrain de transition, que les minéralo^stes ont distingué récemment du terrain primitif proprement dit, ou de cristallisation.

Nous avons déjà cité plusieurs exemples où elle parott être contemporaine au gneiss, dans lequel elle s'enfonce. Il est donc possible qu'il en soit de même à l'égard des filons que nous avons indiqués jusqu'à présent; mais comme notre but n'est pas d'approfondir cet objet de discussion, nous continuerons de désigner à l'avenir ces divers terrains comme des terrains primitifs, avec lesquels ils ont d'aiUeurs les plus grands rapports.

bable que quand elles seront mieux connues, et quoh aura fait sur ces points des recherches conyenables , elles deviendront très utiles aux manufactures de Savone.

Le terrain est ensuite recouvert par le calcaire, le long^ de la mer, au lieu dit Malpasso; ce calcaire se prolongée jusqu'à Finale, et au-delà, en s'élevant de nouveau vers FApennin, jusqu'à Feglino, où reparott le gneiss : il présente alors de loin des escarpements verticaux, doù les pluies détachent des éboulements quelquefois dangereux, et qui comblent le torrent.

Le calcaire cependant fait encore place, le long du rivage, au schiste micacé et à des roches, mais qui n occupent que fort peu d'étendue.

On remarque principalement, avant d'arriver à Finale, de fort beaux faisceaux radiés d'arragonite , le long des escarpements de la mer, et peu au-dessus se distingue une roche actricoleuse, d'un beau vert semé de petites pyrites cubiques.

Les environs de Finale offrent plusieurs gisements de minerai. On cite principalement une mine de plomb argentifié^ ex|4oitée autrefois par les marquis de finale. Cette mine existe à Rialto, près de la source du torrent qui descend à Finale. On y voit encore plusieurs galeries profondes dans une roche tordue, micacée talqueuse, où le feldspath et le quartz dominent quelquefois. Le galène paroît être disséminé en veines dans une gangue de quartz.

A 1 ouest, près de Guistenice, on voit;^de même l'entrée de plusieurs gale** ries, mais presque entièrement éboulées, et que l'on prétend résulter d'une ancienne exploitation de mine d'argent. Le terrain est à peu près le même qu'à Rialto, et stratifié par une roche talqueuse, feuilletée, gris tendre, imprégnée de légères efïlorescences cuivreuses.

A l'ouest, le terrain est assez généralement formé d'une roche fissile, et d'ardoise, que l'on retrouve jusqu'à Carpe, au-dessus de Toirano.

Plus au nord-ouest de cette commune , à Balestrino, sont deux excavations creusées dans un terrain semblable au précédent, mais immédiatement recouvert par le calcaire compacte, attribuées à une exploitation qu'on assure avoir eu lieu en i4^^9 ^^ avoir produit un fer arsenical argentifié; mais les éboulements des galeries n'ont pas permis d'y recueillir des échantillons.

4o CHAPITRE r.

On a construit, il y a peu d années, une petite forge à Magliolo, au-dessus de la Pietra : cette forge est la seule existante sur le revers méridional de l'Apennin ; mais il patoît que les boi« des environs fournissent à peine à sa consommation.

Après avoir passé Finale, le terrain calcaire se prolonge le long de la côte, tandis qu'il laisse à découvert des terrains micacés et talqueux vers la partie élevée de l'Apennin.

A l'ouest, à un mille de Finale, le calcaire gris compacte se divise par petites portions inclinées vers le midi, présentant dans ses points des cannelures ressemblant à certaines empreintes de végétaux, mais que l'on ne peut guère leur attribuer, en raison de la continuité de ces cannelures, et de leur direction toutes dans le même sens.

Les bords escarpés de la mer sont creusés par deux cavernes placées l'une au-dessus de l'autre : la supérieure est ouverte à hauteur d'homme^ elle s'élargit ensuite, et s^enfonce de plus de soixante-dix pas dans l'épaisseur de la masse. Elle est intérieurement hérissée de stalactites pendantes; et les eaux qui s'infiltrent constamment déposent sur le sol des ii^crustations. d'albâtre qui reçoivent journellement de nouveaux accroissements.

Les deux cavernes se communiquent, et forment, par leurs diverses sinuosités, une espèce de labyrinthe.

Nous avons déjà eu occasion d'indiquer plusieurs de ces grottes. Il en existe encore à Noli , à Borgi , et à la Pietra ; mais les plus renommées sont celles des environs de.Toirano, dont une, appelée Sainte-Lucie, du nom d'une chapelle taillée dans la grotte, a plus de loo mètres de longueur.

Ces grottes renferment de nombreuses stalactites disposées en colonnes fort grosses, ou formant sur le sol des masses d'albâtre nuancées de zones, et de petites couches parsemées d'un brun rouge-jaune, ou d'un blanc pur, quelquefois translucides, d'autres fois opaques, qui ont mérité d'être employées dans les arts. Ces albâtres sont susceptibles de recevoir un poli très vif : on en a exploité à la Pietra , et ils sont connus sous ce nom dans le commerce.

Le terrain , sur tous les points que l'on vient de décrire , depuis Finale jusqu'à Loano, est formé de pierres calcaires, mais d'une nature différente du calcaire compacte qu'on a décrit précédemment.

TOPOGRAPHIE. 4i

Ces pierres sont exploitées par plusieurs carrières.

A Verezzi, près Finale, la pierre est une brèche poreuse, légère, formée de petits fragments calcaires enveloppés d une pâte rouge de briques, qui en constitue la matière prédominante , et qui communique sa couleur à la masse. Cette brèche est susceptible de recevoir un certain poli, qui, sans être vif, lui donne une apparence agréable. On lemploie quelquefois comme le marbre, mais plus communément dans les décorations extérieures. Elle est connue sous le nom de pierre de Finale. Les portes de la ville de Gênes en sont ornées. ^ ,

En examinant avec soin cette brèche, on y aperçoit les débris de coquilles marines à peine reconnoissables.

Cette brèche alterne avec d autres dans lesquelles les fragments de pierres et de coquilles sont très distincts.

Les couches les plus approchées de la surface renferment quelquefois abondamment de grosses coquilles, de Fespèce appelée Pettini^ parfaitement conservées, et disposées dans le même sens, en sorte que les empreintes concaves sont toutes dun coté, et les empreintes convexes de lautre.

Au-dessous de Verezzi, on trouve des terres bolaires grisâtres, bleuâtres, très fines et onctueuses.

On désigne encore le torrent de Finale comme très propre à fournir un sable quartzeux qu on poùrroit employer avantageusement dans la fobricatioh des cristaux.

Nous n aurons que fort peu de choses à dire sur le reste du littoral, à commencer de la vallée de Toirano jusqu au département des Alpes- Maritimes.

Le calcaire stratifié avec des schistes prédomine entièrement, à dater du mont de Sette-Panni, et la masse principale de cette partie de la chaîne qui se rapproche des Alpes paroît être formée de cette pierre.

Ce calcaire se présente sous diverses formes : on y remarque une brèche mêlée de débris primitifs, Ués quelquefois par un ciment sihceux, qui rend les brèches propres à foire des pierres meulières.

La vallée d'Albinga mériteroit d'être connue, pour y constater des accidents que semblant y présenter les termes.

La terre bolaire que nous ayons indiquée à Verezzi se retrouTe de nouveau à Zucarelk), situé dans la partie haute de la vallée d'Albinga^ ce qui indique encore le voisinage du terrain primitif. On distingue parmi eesterres bolàires la blanche et la noire. Les habitants se servent de la blanche poar les voûtes dont ils recouvrent leurs maisons, et pour empédber par ce moyen les infiltrations de la pluie. La plupart des habitatiofis de camtpagnesont construites de cette manière, à défaut de bois de charpente, et en raison de la grande facilité que Ion a de se procurer sur placée tons >les autres matériauM de construction.

On distingue, parmi les pierres des environs, un calcaire biano à cassure pétro-siliceuse, fort beau, et qui pourroit, jusqu'à un certain point, tendr lieu de marbre.

Nous ne connoissons encore, relativement anix*indieeside minéraux, q«e quelques veines de pyrites éparses dans une pierre caleaire grise foncée, veinée de blanc, que Ion a récemment observée près de la paroisse deCona, commune d^Andoza.

Tels sont les objets les {Jus frappants et les mieux connus que Ton a été à même de recmeillir sur le revers méridional d» TApenoin de: Afontenotte. Nous y reviendrons après avoir fait connoitre le rev«:* opposé.

On ne connoit point encore d'indices de minéraux dans lanondîssettient de Port^Maufice-, nous awrons cependant oceasÛMi de voir que plusieurs terrains calcaires fournissent, sur le revers opposé de rApeanin^ des ffêomçnts de minerai susceptibles d'acquérir de f importance: Le ra^roehement tend à prouver que le territoire que nous indiquons présentemenit n'en est point peut-être totalement privé , et qu il est possible d y faire dlienraiâes "découvertes^ si l^on met à cette recherche tous les soins nécessaires.

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