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^8o CHAPITRE II.
£a examinant ce tableau ayec attention, on voit d^abord que la dépopulation causée par les désastres politiques a porté principalement depuis la naissance jusqu'à Tâge de trente ans ; quelle n'a afiecté en rien la classe des hommes faits qui n étoient pas appelés à la guerre, et qui avoient une force d esprit suffisante pour supporter avec courage les malheurs auxquels ils étoient en butte, mais qu elle a pesé sur les vieillards qui ont succombé sous le poids des chagrins, de l'inquiétude et de la frayeur.
Lorsqu ensuite la population revint à son état primitif, on remarque le même mouvement, mais dans un sens contraire. Le nombre des en&nts en bas âge s'accroît dune manière très sensible; il y a peu d'augmentation sur la classe de dix à trente ans, qui comprenoit les enfants au berceau et les jeunes ^ens appelés au service. Puis l'équilibre ancien se rétablit de nouveau depuis trente ans jusqu'à soixante-dix; c'est dans l'intervalle de trente à cinquante que l'augmentation se fait le plus sentir.
Quant à la classe des vieillards au-delà de soixante-dix ans, loin de se rétablir, elle diminue d'année en année.
Les malheurs publics ont eu leur inévitable effet. Tous les rangs de la vieillesse ont été dépeuplés. L'atteinte s'est fait même sentir d'une manière funeste parmi les hommes près d'y arriver. Ébranlés parla secousse générale, ils sont successivement tombés avant d'atteindre au long terme que la nature leur destinoit. Les hommes qui étoient dans toute la force de l'âge à l'époque des troubles , et qui ont su se roidir contre l'adversité verront, seuls prolonger leur vie dans un terme avancé ; mais avant qu'ils y arrivent, aucun exemple de longévité remarquable ne les y aura précédés.
Le tableau suivant indique les rapports des diverses classes dont nous avons parlé, avec la population totale, ou plutôt le nombre d'individus de chaque classe par milliers d'habitants.
TABLEAU exprimant les rapports entre le nombre des individus de chaque âge et la masse totale, le nombre de i ,000, représentant la masse tant pour chaque arrondissement que pour le département en entier.
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De 1789 a 1797.
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Les proportions qui sont données par cet état diflFferent peu de celles qu'on trouve dans les divers écrits où l'on a traité cette matière. On doit cependant observer que les cantons maritimes fournissent des enfants dans une proportion un peu plus grande que les cantons méditerranés : c'est une remarque qui frappe tous les voyageurs en parcourant le littoral. On voit sur les rivages de la mer une foule d'enfants dont le grand nombre paroît excéder les rapports ordinaires de la population. Cet effet tient sans doute à la manière de vivre des pêcheurs et des marins, au genre de leurs aliments, e t à leurs fréquents voyages.
On doit encore observer que la longévité dans le pays montagneux et sain
a»a CHAPITRE II.
exoéde ici les proportions déterminées pour la France, où on ne compte en général qu un vieillard de quatre^iogts à quatre-vingt-dix ans aur 480 habitants, tandis qu'on en trouve ici environ cinq par mille. Du reste^ cette proportion avantageuse ne se soutient pas au-delà de quatre-vingt-dix ans; car on peut observer que dans un temps de prospérité la proportion des vieillards de quatre-vingv<iix à cent ans n étoit que de 0,59 par 1,000, c est-à-dire un sur 1,700, tandis qu'en France on en calcule un sur 1,600. Cette proportion a bien changé par suite des malheurs de la guerre : elle se trou voit réduite à 0,32 , ce qui fait environ un sur 3, 100 individus.