‹ Statistique du département de la DromeChapitre 182 sur 234 · NOB · texte numérisé non relu

NOB

CAES

Enfin , on voit dans Féglise , à gauche en entrant , un bénitier formé avec le fragment d^une colonne milliaire dont Tinscription est presque entièrement effacée.

SAUZET. — Il est à 8 kilomètres de Monlélimar, sur la route de Crest. Sa population totale est de 1,337 individus. 11 est placé sur une éminence, où Ton voit les ruines d^un ancien château. Un canal tiré du Roubion coule

à peu de distaBce^ et cette localité présente la tableau varié d^un s(d couvert de prairies , de beaux mûriers et de riches moissons^

Le château a été habité par les <x>inies de Poitiers , et plus tard par Louis XI , pendant le long s^our qu^il £t es Dauphiné. Plusieurs actes de ce prince sont datés du château de Sauzet. Il s^ créa une petite cour ; il j distribua des lettnes de noblesse avec une sorte de profusion , et accorda divers privilèges à des communes et à des particuliers*

Il se tient à Sauzet deux foires par an.

SAVASSE {Castrum Swassiœ). — Cest un village du canton de Marsanne, au revers et au midi de la montagne qui sépare la vallée de Roubion de la grande route de Lyon à Marseille. Il est dominé par les ruines d^un ancien château-fort dont il est souvent parlé dans Thistoire àes troubles civils et rehgieux. En 1271 notamment, le comte de Valentînois y soutint un siège contre les troupes d^ Alphonse , alors souverain du G)mtat-Venaissin«

Le village n^a qu^une seule rue et quelques culs-de-sac latéraux , mais Fancienne enceinte encore marquée , des ruines et de vieilles tours , attestent qu^il était plus considérable autrefois.

La population totale de la commune est de 1 ,335 individus*

On voit au nord-est de Savasse une église dédiée à Notre-Dame^e^ Gruon^ où un concours considérable de peuple va chaque année, vers le 8 septemlH*e , dans Fespoir d^obtenir des guérisons miraculeuses.

Le territoire s^étend à Touest jusqu^au Rhône. Le hameau de Derhières^ sur la grande route de Lyon à Marseille , dépend de cette commune. C'est le relais de poste intermédiaire entre Loriol et Montélimar.

SEDERON {Sederonum). — Dans une gorge resserrée entre les rochers de la Tour et du Crapon^ Séderon tsi sur le chemin d'Avignon à Orpierre, à 63 kilomètres sud-est de Nyons. Sa population est de 763 individus. Il est traversé par la petite rivière de Meuge , qui coule du midi au nord. Cest un chef-lieu de canton. Il y a un bureau d'enregistrement, une brigade de gendarmerie à pied et deux foires par an. Le territoire ne produit guère que du froment , de l'avoine , des pommes de terre et des noix.

Les habitans du pays disent que , bâti autrefois sur le rocher de la Totir^ le bourg dut son origine à une petite colonie qui, marchant à l'aventure, se

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fixa sur ce rocher, et quedulatia sederunt { ils s^arrétèreRt) est venu le nom de Séderon.

Sur la rive gauche de la Meuge, au nord et non loin du bourg, sont des prairies qu^on nomme le ChÀimp^de^-là^Bataille^ sans^ que f ien fasse connaître Tévénement auquel se rapporte cette dénomination.

Le climat de cette commune est beaucoup plus froid que cdui des villages voisins, parce que son territoire, d^où jaillisseat d'^ailleurs de nombreuses sources qui rafraîchissent sans cesse Fatmosphère, n^étant qu^un bassin peu étendu au milieu de montagnes très-élevées , il ne reçoit les rayons du soleil qu'une partie du jour. D^'un autre côté , les vents du nord s^engoulïrent facilement et presque constamment dans la gorge au débouché de laquelle Séderon est placé.

SOLERIEUX ( Solorinus ) . — G^est un village de Tancien Comtat , qui dépend maintenant du canton de Pierrelatte , au sud-est et à très-peu de distance de Saint-Paul-trois-Chàteaux. Sa populatioa est de 295 individus.

Le hameau de SairU^Rapha£l en dépend, et c^est là que se trouve Téglise paroissiale ; aussi cette commune est-elle connue indifféremment sous 500 ancien nom de Soiérieux et sous celui.de Scdnt^RaphaM y que portait d^ns le XIV"* siècle une maison de Templiers j dont le pape , à la suppression àe Tordre , Ratifia le chapitre de Saint-Paul-trois-Châteaux.

SOYANS. — Ce village appartient au canton de Crest (Sud) ; il est situé sur la rivière de Roubion, en tire Saou au nord et le Pont-de-Barret au midi. Sa population est de 780 individus.

On voit sur uii rocher escarpé les ruines d'un chàteau-fort qui soutint plusieurs siégeas pendant les troubles religieux. Il appartenait à la maison de Montauban , et le seigneur de ce nom ayant pris parti pour les protestans , leur livra cette place et celle de Mévouillon , en 1626. Lesdiguières en fit le siège ; la place se rendit, et Tannée suivante le château fut démoU par ordre de Louis XIIL

SUZE-LA-ROUSSE {Seusa). — Placée sur la route du Pont-Saint-Esprit aux Alpes, cette commune est distante de Nyons de 30 kilomètres, de Montélîmar de 34, et de Valence de 78. Sa population est de 1 ,668 individus. Son territoire est fort étendu. Légèrement montueux du côté du nord, il forme

DESCRIPTION 0ES COMBIUNES* C07

une plaine sur tous les autres points. Le village est dans une situation fort agréable, sur la rive gauche du Lez, qui en baigne les murs. Il existe à la porte du sud-est une halle ou place couverte , et à Textérieur une grande et belle promenade. Il y a des fabriques de soie, des fours à chaux, des tuileries et deux foires par an.

Suze est dominé par un château d^une architecture gothique , flanqué de tours , avec des fossés. A Test est un mamelon couvert de bois qui lui sert de parc. L^entrée du château est en face d^un ancien jeu de paume, construit, dit-on , sous le règne de Charles IX , qui passa à Suze lors de son voyage d'Avignon avec Catherine de Médicis, au mois de septembre 1563. Ce château fut respecté pendant les troubles civils , soit par sa position , soit parce qu'il était défendu par François delà Baume, un des meilleurs officiers du XVI"* siècle. Ce seigneur reçut un coup d'arquebuse au siège de Montélimar, en 1587, et alla mourir à Suze. On rapporte qu'en s'en retournant, il répétait souvent en parlant à sa jument : allons y la grise ^ mourir à Suze. On lit ces paroles au bas d'un tableau représentant ce guerrier blessé, placé par ses écuyers dans une litière.

Les hameaux de Saint Sac et de Sadnt^Torquat dépendent de cette commune. Le premier, qui est situé à l'ouest, en fut le chef-lieu j usqu'au. commencement du XIII ""• siècle, où le siège de la municipalité fut transféré à Suze, à la suite de violences exercées contre les habitans par des vagabonds armés connus alors sous les noms di aventuriers et de routiers».

Saint-Torquat tire son nom d'une chapelle qui y fut fondée , on ne sait à quelle époque , en l'honneur de Saint Torquat , quatrième évêque de Saint- Paul, qui a exercé l'épiscopat de 338 à 372. Il existe encore dans ce hameau une fort belle église d'un goût gothique, sous l'invocation de Saint Torquat.

On voit au quartier de YEstagnol un étang d'une assez grande étendue. On y voit aussi les ruines d'un monastère de Templiers. Si l'on en croit la tradition , lors de la destruction de l'ordre , un des religieux y resta caché , et porta long-temps, par ses apparitions nocturnes, l'effroi dans les environs; elle ajoute qu'un particulier de Suze , nommé André , qui osa l'arrêter , en fut généreusement récompensé.

En 1 751 , le comte de Suze fît fouiller dans les ruines du monastère , où l'on disait enfouis une chèvre et \\n chevreau d'or massif, restes, prétendait-on,

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du crime d^idolâtrie imputé am TanplierS'; mais le résultat de oes fouilles fut un crucifix et quelques pièces de momiaie.

Cest ce récit , contenu déjà dans ma première édition , et ce qui est dît de la princesse lépreuse du nom d^Héïèney à Farticle de Lach€unp , qui a inspiré à M. de Marchangj Fépisode si remarquable et si plein d^intérèt qo^OD Kt dans Tristan-'le-'Voyageur ^ tome VI, diap. LXXXIXet XC, page 10 et suivantes.

Suze est la patrie de Louis^rançois Ddisle de la Drevetière, mort en \ 756. Il travailh pour le théâtre italien à Paris^ et y fit représenter soceessivement un grand nombre de comédies , parmi lesquelles on dent distinguer Arlequin saui^ge et Timon le misanthrope. Plusieurs de ces pièces et quelques poésies fugitives du même auteur pnt été recueillies et publiées à Paris, in-12. On a encore de Delisle un poème intitulé : Essai sur VAmour^propreyihià.^ 4738, in-8**. Il avait donné en 1 732 et 1 738 une tragédie de Dana&s et une comédie des Caprices du- cœur et de V esprit^ qui n^eurent aucun succès.

M. Bignan ( Anne), né à Lyon en 1795, et dont le nom rappelle de nombreux et brillans succès académiques , appartient aussi par ses pèit» i Suze, oà il a pass^ lui-même la plus grande partie de sa jeunesse. Il esL auteur 4* d^un recueil de poésies puUié en 1827, renfermant des pièces très-remarquables sur ritalie, Venise, Pompeïa, le Lac^Majair, le Colysée, etc.; 2"" d'uae première édition de la traduction de Y Iliade en vers français, précédée d'^ua Essai sur V Epopée homérique } 21" à^nne seconde édition du mènie ouvrage entièrement revue et corrigée, 1834; 4* de VHermite des Alpes ^ nouvelle, 4'B29; 5* du roman intitulé : PEchq/aud^ 183i; 6** d'un autre roman ayant pour titré : Une Fahtaisie de Louis XI F^y2 vol., 4832, etc. Il a obtenu Vaccessit du prix dé poésie au concours ouvert p^ Tacadémie française en 4829, et dont le sujet était V Intention de Vimprimjçrie. En 4834 , il a remporté, à un autre concours ouvert par la même académie, le prix dont le sujet était là Gloire littéraire de la France. Précédemment et jeune encc^re, il avait été couronné par les académies de Toulouse , Avignon , l»yotà et Cambrai. Il est maître ès-arts des jeux floraux, membre de la société philotechnique de Paris et des académies de Cambrai et de Lyon.

TAIN ( Teffna). — Entre Valence et Saînt-Vallier, à 18 kilomètres de la première et 14 de la seconde de ces villes. Tain est placé sui* la rive gauche

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du Rhône, vîs-à-vîs de Tournon, dont il tfest séparé que par le fleuve. Cest là que se voit le premier pont en fil de fer construit en France.

La route de Lyon à Marseille qui traverse cette petite ville , et les eaux du Rhône qui en baignent les murs , en rendent la situation très-agréable. Sa population est de 2,340 individus. Cest un chef-lieu de canton ; il y a im bureau de poste , im bureau d^enregistrement , un relais pour la poste aux chevaux et une brigade de gendarmerie à cheval. Il s^ tient une foire le 15 novembre. Le territoire produit des grains, du vin, des fourrages, des noix et de la soie ; mais la principale de ses productions est le vin : il y est d^une qualité supérieure et forme la richesse du pays, où ce commerce, fait avec beaucoup de soin et de loyauté, a pris un grand accroissement. Cest la montagne qu'ion voit au nord et à peu de distance de la ville qui donne Fexcellent vin de YHermitagef elle fournit aussi le granit gris le plus beau et le plus dur qui existe en France. Le nom qu^elle porte vient d^un hermitage fondé en 1226 , qui a duré jusque 1790.^

On trouva dans le XVI °~ siècle, au sommet même de la montagne , un autel antique. Il fut placé , comme simple bloc , à la porte de Thermitage , et en 1724, des voyageurs anglais, qui allèrent visiter Fhermite, et à qui Fintérêt que présente ce monument n^échappa point , le lui achetèrent. IW s^étaient déjà mis en devoir de le faire conduire jusqu'^au Rhône pour le transporter en Angleterre, lorsque M. Deloche, lieutenant du maire, accourut avec quelques officiers de ville , et le retira des mains de ces étrangers. Cest le monument qu'ion voit au milieu de la petite place ou promenade qui longe la route. Il est carré et d^une seule pierre calcaire ; il a environ 4 pieds de hauteur , y compris la base et la corniche , et 2 pieds seulement hors d^œuvre. Sa largeur , prise à la corniche et à la base , est de 2 pieds 3 à 4 pouces ; son épaisseur est à peu près égale à sa largeur. Du milieu de la plate-forme partent deux canaux qui en embrassent une partie considérable, en décrivant, Tun et Fautre, une espèce de ligne circulaire. Distans d^abord de près de 18 pouces, ils s^éloignent encore un peu, se rapprochent ensuite, et finissent presque par se réunir sur le devant de Fautel , où ils sont ouverts et arrondis. A leur naissance, ils effleurent légèrement la surface : leur largeur et leur profondeur vont toujours en augmentant ; leurs* ouvertures sont larges de 9 pouces et profondes de 3. Dans le milieu de la face

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principale est une tête de taureau ; sur la face droite est sculptée une tète de bélier , et sur la face gauche le couteau victimaire. Voici ce qui reste de Tinscription placée sur la face principale , et partagée en deux par la tête du taureau :

I DOMWSQ DivI

NAE COLON COPIAE CLAVD AVG LVG

. . . AVROBOLIVM FECIT Q AQVIVS ANTONIA

NVS PONTIF PERPETWS

( Ici la tète du taureau. )

EX VATICINATIONE PVSONI IVLIANI ARCHI GALLI INCHOATVM XII KAL RiAI CONSVM ftlATlTVI VIIII KAL MAI L EGGIO MARVLLO CN PAPIRIO AELIANO COS PRAEEVNTE AELIO

C SACERDOTE TIBICINE ALBIO

VERINO

Cest Tautel d^un sacrifice offert à Cjbèle, en Tannée 184, pour la conservation de Fempereur Commode et de sa famille , et pour la prospérité de la colonie de Lyon. Il conmiença le 20 avril et ne se termina que le 23 ; il donna lieu à de grandes solennités et attira un nombreux concours. Ce qui ajoute singulièrement à Fintérêt qu^offire ce taurobole , c^est que le nom et les titres de Commode ont été effacés de Finscription , sans doute lorsqu^à la mort de cet empereur un décret du sénat prescrivit de faire disparaître des monumens publics tout ce qui pouvait rappeler le souvenir de cet autre Néron.

L^abbé Chalieu a longuement et savamment disserté sur ce taurobole , peutêtre unique dans son genre , et voici Finscription telle qu^il Fa rétablie :

MaTRI DeUM , M AGNiB IdEjE , PRO SALUTE IMPERATORIS CjëSARIS MaRU AURBLII

Lucii CoMMODi Antonini PII, domuusque divinœ^ cohrdœ Copiœ Claudice Augustœ Lugdimensis , tauroboliwn fecit Quintus jéquius Antordanus ,

ponûjkx perpetuus ^ ex ^^aticinatione Pusonii Julianiy ArchigaïU^ inchoatum XII kalendarum maii^ consummatum y II II kalendarum maiij Lucio Eggio MarullOf Cneio Papirio jElîano consuUbuSy prœeunte /Elio^ Cneio Paniriû , sacerdote y tibicme Albio Verino.

A la mère des Dieux 5 la grande déesse du mont Ida, pour la conservation de Marcus Aurelius Luclua Gommodus Antoninus, empereur^ césar, auguste, pieux, pour celle de sa maison divine, et pour celle de la colonie Copia Claudia Àugusta de Lyon, Quitus Aquius Antonianus, pontife perpétuel, a fait un taurobole, diaprés la prédiction de Pusonius Julianus, Archigalle : il a été commencé le 12 des calendes de mai et achevé le 9 des mêmes calendes, sous le consulat de Lucius Eggius MaruUus et de Cneius Papirius ^lianus, ^lius étant le dendrophore, Cneius Panirius le sacri6cateur, Albiuus Yerinus le joueur de flûte.

On voit encore à Tain , dans le jardin de M. Jourdan aine , une colonne milliaire trouvée en Pan V (1796), à 3 milles au-dessous de cette ville, dans le territoire de Mercurol. Elle a 6 pieds 10 pouces environ de hauteur et un pied de diamètre ; elle est ronde et de gypse grossièrement taillé. LMnscription qu^elle porte est également fort curieuse. Elle a treize lignes, mais ces lignes n'ont, comme on va le voir, que deux mots chacune, quelquesunes même n'en ont qu'un. Les lettres sont grandes de 2 à 3 pouces , mais inégales ; la distance des lignes Test aussi. L'inscription se présentait tout entière du côté du chemin , et les voyageurs pouvaient la lire sans se déplacer.

IMP CAES

LVC • DOM

AVRELIANO

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