S8EMEN
Hvaas.
total.
i8,3oa 18,731 18,398
i6,i63 i8,Sa6 19,803
ii,9»5
37,057 39404 39,073 33,oo3
ia,86o i5,o88 i5,o33
io,i4o 10,368
io,o4i
IKverses observations se déduisent de ces calculs :
4"* Les naissances ont excédé les décès, du 8 octobre 1792 au 31 déc^nbre 1832, de 71 ,820, et comme les immigrations habituelles compensent, dans ce département , les émigrations , il est certain que la population s^est accrue de ce chiffire , moins toutefois les hommes morts aux armées , et dont les actes de décès n^ont pas été reportés sur les registres de Félat civil des communes. En retranchant du chiflâre total de la population actuelle cet excédant des naissances sur les décès , on trouve , pour la population du département, au 8 octobre 1792 • • • • • 227,736
En évaluant à 8,000 les militaires morts aux armées, et dont les actes de décès n^ont pas été reportés sur les registres de Fétat civil ( et ce nombre est bien suffisant, car il est plus du double des militaires que le département a maintenant sous les drapeaux , et suppose , pour la France entière , 1 ,000,000 d^individus dans cette catégorie ) , ci 8,000
on trouve un total de 235,736
ce qui est conforme au recensement fait en Fan VIII ( 1 800 ) , sous le goo- ^ vemement consulaire. t
Ce résultat prouve, en même temps, que les évaluations antérieures, qui avaient porté la population de 241 à 246,000 , ne s^étaiait pas sensiblement écartées de la vérité. On a même lieu de s^étonner qu^il n^y ait pas une plus grande différence, quand on considère que ces évaluations étaient plutôt des approximations que des recensemens faits avec soin , commune par commune , individu par individu.
Ce calcul se contrôle et se vérifie de la manière la plus satisfaisante pv Faugmentation successive de la population que constatent les recensemens régulièrement opérés depuis Fan VIII. Ils établissent que cette augmaitatioo
aété, de Fan VIII ( 1800 ) à Fan X( 1802), de . 6,860
De 1802 à 1806, de 11,155
De 1806 à 1820, de '. 20,139
De 1820 à 1826, de. 12,280
Et de 1826 à 1831 , de 13,765
Total à reporter 64,199
, Total d^autrç part.' . • . * - ^ .. * . . 64,199 En ajotltant à ce nombre les militaires morts aux armées, et dont les actes de décès n^ont pap été relevés sur les registres des communes ^ ..*.... . 8,000
on trouve • . - • • ••!.•. • ■•',•!,. .' •• . -1 ^ .- ••.;-4 •' •! .i • . 72,-199" nombire à peu près pareil ^ (selui 4e6 tables dè^ennides. . ^n-
2** La populatioù totale conàçio^fe à" îètenàue territoriale dobne 458^ individus par myriamètre carré, ou 1 ,000 hectares.
3** Si la population dti' département coilitïnuait d'augmenter dans là même proportion pendant un siècle, elle serait alors de plus de 500,000- individus, et celle de la France dé plus de 60,000 ,0(W>. Il est incontestable qtfil y aurait, dans ce cas, un excédant. qui pourrait' ain^bter- de grands embarras; cary quelques progrès que puisse faire encpre Tagriculture , le soi ne pourrait pas suffire à tant de besoins^. Mais qu^on se rassure : diaprés ses propres lois, le progrès s^arrêterà toujqurs au point eonvènable. Quand les produits dé la( terre et de Findustrie auront atteint leur dernier terme , et, certes,- nous enf sommes encore fort, éloigûés^, k populatîonf «detienfcfrâ statiôn^âîre, parce qtfelle est constamment en raison de Faisance générale , -et- qiïe dès Tinstaht où la participation dW trop grand nombre à des produits limités amènera quelque gêné , eHe s'arrêtera , sans rétrograder.
4** La population masculine du département excède d^un 13"** la population lemmme.
5" Les naissances d^une année sont' acttkellèinent'à ia population, totale comme 1 est à 33'1/4; les mariages', comme 1 est à lâ7 1/2, et les décès, coromel esta 42 172; : •' :
6** Les naissances dès enfans naturels sont Jun 11** 1/2 de la totalité des naissances de Tannée, savoir \ celles des enfans naturels' reconnus' d'un 29"* 1/4, et ceHes dès eti&ns naturels non reconnus d'un 18~ 3/4 (1). Au
(1) Diaprés les calculs du-Bùréan^ des loiigitude8> la txiojeûne fotit la France est cdle-cî :
Quand il natt un enfant naturel , 9 en naît il5,2 ou plus de IS légithnes; ceijtii revrenl à peu près à 10 enfans natureb pour 132 enfans légitimes.
moj^en d^ ces rapports , il jsuiBnait^ pour connaître approximativement la population 4^uiie commune, 4^qn dant<H», ou dW . arrondissement , de multiplier les ^ombres qui exprimant qes -rapports pai" celui des naissances, des *mawage§ ou des. décès. . . , ....
On peut aussi reconnaître le nombre des individus qui existent dans une localité, en multipliant par* 4 4/2 celui des cotes d^imposition personnelle. Dans ce département, les rôles cbntlenneilt 65^7!H cotes^^ et, diaprés la base prpposée, jon trouvât 295, 700 individus,, c^qui s^pproche fort de la vérité. • .
7** Los div4>rccs se sont élevés , tlu 8 xKJtobre 1:792 au24 septembre . ISOî?.,^. . .r. . . i , :....,.: 239
LçV^ n|o^re allait en diminuant à mesure que )e^ . ipassiotis pppulaires se caliiis^i^nt , que Tordre rei^aiss^it ^ que 1^ institutions utilefs se reconstituaient; aussi n^est-^il plu^,, da 22 septembre 1802 ^u 31 décembre 1812, sou» Tempire du Code civil et au in<>jen des modifications qu^il avait ^ppoorjLées à la loi du 20 septeiïibre 1 792 ,
qi|e de .......•..••....♦...,•.... 42
€;t du l""" janvier 1813 au 8 mai 1816,; date de la; suppression du divorce;, que de .....•>..•.... m • «... j. *.»... . 2
Total. 283
Tout cela prouve que le divorce n^est pas dans nos mœurs, et que cjuand même on le rétablirfiit , avec les restrictions sa^genient eons$(crées p^r le Co<k civil , il nY aui^it aucune peifturbation à redouter. Presque tous ces divorcfi ont été produits par la population agitée des villes :. celle des campagnes n'j a fourni, jdeloin en loin ,, 'que ^e faibles ,cpntingens.
. Les décès masculios surpassent les décès Sémiaios; les premiers étant représentés par 55, les autres le sont par 5A.
On compte un mariage pour 1M,4 ou iSi habitais, et pour Zî naissances un douzième ; on compte 3,8 ou presquie 4 ^^^^9^ légitimes par mariage.;
On con^pte un décès pour 39,7 ou AO habitans, et pour 1,23 ou une naissance un quart.
On compte une naissance «ur 3*2,2 haUtans, e( pour Û^Sl décès; c^.qoi revient à 10 naissances pour 8 décès.
Une observaiion qui domine toutes les autres, c^est qu^il est maintenant démontré, par les documens les plus dignes de foi, par le relevé le plus consciencieux des registres de Tétat civil, que la popidation est dans une progression toujours croissante depuis la révolution de 4789. On demandera quelles sont les causes de cet accroissement : les mêmes qui ont donné des résultats semblables sur tous les autres points de la France ^ ce sont les victoires que le temps a obtenues sur. les préjugés qui s^opposaient à Finoculation de la petite vérole , et plus récemment à celle de la vaccine ; Fobligation que les mères se sont imposée d^allaiter leurs enfans ; Tart de guérir mieux et plus généralement exercé ; une administration plus éclairée, plus active; la police sanitaire mieux observée; les épidémies et les disettes devenues plus rares; c^est Faîsance plus répandue dans les campagnes par la facilité que le papier-monnaie a donnée aux débiteurs de* se libérer; la division des propriétés opérée par la vente des domaines nationaux; le partage des biens communaux restés jusque-là sans culture ; la suppression des ordres monastiques; le progrès toujours croissant des lumières, de Tagriculture^du commerce et de Tindustrie; enfin, de meilleures lois et des institutions libres. Montesquieu a dit et Texpérience prouve chaque jour davantage que partout où se trouve une place qui peut faire vivre commodément deux personnes , il se fait un mariage.
Le recensement de 1831 a fourni à M. Henry, préfet de ce département , Poccasion de rechercher les proportions suivant lesquelles chacune de nos localités entre dans Faugmentation de la population. Il divise les cantons en trois zones, et constate, pour chacune, les causes actueUes de Faugmentation. Il recherche et constate aussi, pour chacune, les différences dans le progrès, et ses aperçus sont justifiés par des calculs fort dignes des méditations de Fadministrateur et de Fhomme d'état. Voici comment il s'exprime dans un rapport du 24 octdbre 1831 , en transmettant au ministre du commerce et des travaux publics le dernier recensement de la population :
« Ce travail, dit-il, a été exécuté avec conscience et avec attention par H MM. les maires eux-mêmes dans la presque totalité des communes, et par » des commissaires zélés et intelligens dans le petit liombre de celles qui *» étaient trop considérables pour que le maire pût Fexécuter seul. J'avais eu n le soin de faire savoir que le recensement devant servir à régler le nombre
278 chàpithe m.
ïè des électeurs commnnaiEX et celui des conseillers municipaux, il était » nécessaire de le faire avec la plus grande exactitude, afin de ne donner I» lieu à aucune plainte, ni même à aucun soupçon, de la part des citoyens. A II ne s^en est élevé de nulle part , et c^est avec une entière confiance que » je vous adresse les résultats de cette opération*
)> Elle porte le chifire total de la population du départem«[U' de la
» Drome à , 299,556
» En Fan X ( 1801 , 4802 ) , U avait été trouvé de 242,217
» En 1806, de. ... 253,372
1^ En 1820, de 273,511
i> Enfin, en 1826, de 285,791
» Ge dernier résultat n^ayant pas été donné par un recensement individud, )> mais bi^n par Fadditîon de Fexcédant des. naissances sur les décès aa » chiffire du recensement de 1 820 , je ne le comparerai pas au résultat da » recensement qui vient d'être fait, .rétablirai la comparaison entre ce
)» dernier, qui donne un total de 299,556
» et celui de 1 820 , qui avait donné 273,511
» ^augmentation pour onze années est de 26,045
» c'est-à-dire de 9 1/2 pour 100.
» L'augmentation moyenne pour toute la France , et pour le même laps n de temps, ne sera probablement que de 7 pour iOO au plus^ dV>ù il suit » que , dans le département de la Drome , Faccroissement de la populaticm » dépasse Faccroissement moyen d'un tiers aa moins.
)> Les causes de cette prospérité peuvent, être divisées 1* en causes générales » qui agissent dans toute Fétendue du département, et qui sont : la paix, k )f division des propriétés, le perfectionnement de toutes les cultures, rt » Fextension que prend encore journellement celle de la pomme de tenv; » 2"* en causes particulières qui n'agissent que dans quelques localités, fl » qui sont : la> production des vins de prix^ celle de la soie, Findustrie des » habitans , la fertilité du. sol , un climat qui permet de travailler à la terre » pendant presque toute Fannée, enfin des communications faciles et le » mouvement d^affaires, ainsi que la consommation causés par la navigation^ y par h rouluge et par Faffluence des voyageurs^.
D Dans les sept cantons de Saint-Vallier, de Tain, de Valence, deLoriol, » de Marsanne , de Montéllmar et de Pierrelatte , qui bordent le Rhône , et » qui sont traversés par la route royale de Paris à Antibes sur une étendue » de près de 30 lieues, toutes ces circonstances favorables se trouvent )> réunies; aussi leur population qui, en 1S20, n^était que de 84,208 >» est aujourd^ui de 95,176
» L^accroissement est de 10,968
>» ou de 13 pour 100.
n Dans les neuf cantons du Grand-Serre , de Saint-Donat , de Romans , « du Bourg-du-Péage , de Chabeuil , de Crest ( Nord ) , de Crest ( Sud ), » de Dieu-le-fit et de Grignan , qui forment une ligne contiguë à la » première et plus à Fest , le sol est déjà plus montueux et moins généran lement fertile ; dans quelques parties , les travaux de la campagne sont N interrompus pendant plus long-temps par la mauvaise saison; le vin est, » en général, d^une qualité commune et en moins grande quantité; le )» mûrier est moins généralement cultivé , et , enfin , cette zone ou bande » n^est traversée dans sa longueur par aucune grande route , mais seulement » dans sa largeur par celle de Valence à Grenoble , ainsi que par celles de )» Valence à Sisteron , par Die , et du Pont-Saint-Esprit à Briançon , par )» Nyons ; mais ces deux dernières , n^étant pas encore terminées , sont peu i> fréquentées. La population de ces neuf cantons, qui était, en 1820,
» de 107,896
» et qui est aujourd'hui de 118,220
>» ne s'est accrue que de 10,324
n c'est-à-dire d'un peu plus de 10 pour 100.
n Cet accroissement serait encore bien moindre sans la fertilité extra- » ordinaire d'une partie du canton du Grand-Serre, et sans l'industrie et n l'activité de quelques familles de Saint-Donal , de Romans , du Bourg- » du-Péage, de Crest et de Dieu-le-fit, qui ont réuni sur ces différens points » plus de moyens de travail qu'il ne s'en trouve dans le territoire plus favorisé >» de la première zone.
» Enfin , dans les douze autres cantons , qui forment la partie orientale et >» toute montueuse du département , on ne trouve presque plus que bois , » broussailles et pâturages : les vaUées seules sont cultivées ; il y a très-peu
280 CHAPITRE m.
» de vignes et de mûriers , peu ou point d^industrie, excepté sur un très-petit » nombre de points , tels que Saillans , Nyons et le Buis ; les communications » sont extrêmement difficiles , et , dans une grande partie , tout-à-fait imn praticables. Il n^est donc pas étonnant que la population de cette partie
» du département, qui était, en 1820, de 81,407
» ne se soit élevée qu^à 86,460
» ce qui présente une augmentation de 4 4,753
» c'est-à-dire d'un peu moins de 6 pour 100.
j> Le canton de Bourdeaux est le seul dont la population se soit trouvée M inférieure (d'environ 2 1/4 pour 100) à ce qu'elle était en 1820. Cette » diminution ne tient pas à l'insalubrité du pays , mais il parait que n ce canton montueux et peu fertile ne produit presque rien qui soit » susceptible d'être exporté, qu'il n'y a aucune industrie, et que les jeunes » gens en sortent pour s'établir dans les environs. La population de ce » canton, qui n'est, d'ailleurs, que de 4,219 individus, restera stationnaire » tant qu'il ne sera pas mis en communication facile avec ceux de Crest et » de Dieu-le-fit , entre lesquels il est situé.
» Ce défaut de communications est le grand obstacle à la prospérité da È » département de la Drome. Il est absolument nécessaire que les deux routes ; » royales de Valence à Sisteron , par Die , et du Pont*Saint-Esprit à Briançon, par Nyons , soient bientôt achevées : la première fera un jour une partie de la communication directe du centre de la France avec Nice , et Tautre conduira du Languedoc et du midi de la France à Turin , par Gap, Embrun, etc.; mais, en ce moment, ces deux routes n'étant établies qv jusqu'à peu de distance au-delà de Die et de Nyons , ne sont que des » impasses où il ne s'engage encore ni .voyageurs, ni roulage.
» Si la population du département de la Drome était répartie uniformémenl » sur tout le territoire , eUe serait de 458 individus par myriamètre carré, I» tandis qu'elle doit être en ce moment pour toute la France de 602.
» Ce rapprochement fait voir que le département de la Drome est encore )> peu peuplé relativement à son étendue , et , d'après la nature d'une grande )* partie de son sol, on ne peut pas penser que sa population arrive jamais )> au taux moyen de celle de la France. Cependant , si les deux routes dont » j'ai parlé ci-dessus étaient achevées , et fournissaient un débouché aux
POPULATION. 28 f
» produits des arrondissemens de Die et de Nyons , raccrorssement de la
» population, qui dépasse déjà d^un tiers celui de la France, serait bien plus
» rapide encore, et tendrait à effacer TinféricHté relative de la population*
» du département de la Drome.
I» Les mêmes causes qui ont empêché Faccroîssement de la popidation^ » d^être uniforme, ont réparti cette dernière d^une manière fort inégale, et, )• comme on devait sY attendre, elle est relativement plus considérable » dans les localités où Taccroissement a été le plus fort.
n Ainsi, dans les sept cantons qui forment la première zone, c'est-à-dire » celle qui borde le Rhône , et qui est traversée dans toute sa longueur par )> la grande route , on compte 705 individus par 1 ,000 hectares ; dans les )> neuf cantons qui forment la seconde zone, à Fest de la première, on »» en compte 571 , et seulement 259 dans les douze cantons qui forment » Farrondissement de Njons et presque tout celui de DiCé
» Le département de la Drome ne contient de villes un peu considérables >» que Valence, Romans et Montélimar, qui ont de population 10,406, ^ 9,285 et 7,560 individus : dans aucune autre commune elle ne s'élève à » 5,000. La population j est plutôt agricole que manufacturière, et s'il » est à regretter que les bénéfices de Findustrie j soient rares et peu )» considérables , au moins Fexistence de chacun j est assurée , et les effets » désastreux du manque d'ouvrage sur les grandes agglomérations d'ouvriers » y sont inconnus. »