‹ Statistique du département de la DromeChapitre 85 sur 234 · VIGNES · texte numérisé non relu

VIGNES

Le climat de ee > départem^it est éttinemmeqt favorable a la vigne (k y récolterait presque toujours des vinis eHcellens, si Ton s^aitaefaait mMS à la quantité, et si Ton choisissait de «ieilleurs plants et des expositions pbis heureuses.

On cultive de deux teanières> : en pi^ies basses j qa^on laisse ssns échalas, et £n vijgrmê haute f^ qu\on ^otmile ^édiamps , treilles ou hautains.

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Parmi les vins d^ordinaire, ceux de Donz^e^ de Roussas, de Montélimar , d^AUan , de SaintrPaul-trois-Chàteaiix ^ de la Garde-Adhémar , de Montségur et de Sain^Maurice, ont le phis de réputation* Ils s^exportent à Paris, Ljon, Grenoble, Gap, dans le Yelay et le Vivarais. Ils ne craignent pas le trajet de la mer , car du vin dç Donzère envoyé à Conslantinoj^e y a très-biea réussi ; les climats du nord leur C(mviaan>ent pourtant mieux.

II y a dans le midi du département , vers Rochegude , quelques vignes^ qui donnent du vin de Fespèce du Tinta ^ dnJCerès ou Ckerèsy et surtout du Grenache,

Les vins de Saillans et de Die soRt aussi fort estimés. On y fait un via blanc mousseux appelé clairette^ fort agréable à boire, et qui a quelque analogie avec le Chcanpagne,

Il est encore un autre vin de qualké supérieure : c'est celui de Brezème.' Il tire son nom du coteau situé au midi de Livron, sur les bords de laDrome. On en a mis jusqu'ici fort peu dans le commerce*

Cest près de Tain, et sur le territoire de cette commune, qu'on trouve le coteau de VHermiiagef le vin qu'ail produit , connu depuis long-temps , est certainement un de^ meilleurs qu'on récolte en France. Boileau le célèbre^ dans sa 3"" satire , composée en 1665 (1) ; niais il restait sans débouchés hors de France , et ce sont BfM. Mure et Jourdan qui , les premiers , lui ont ouvert ceux qu'ail a maintenant dans le nord de FEurope , en Angleterre et aux États-Unis.

Les autres vignobles de Tain , ceux de Gervans, de Croze, de Lamage et de Mercurol, produisent des vins qui, pour être inférieurs à celui de l'Hermitage, n'en sont pas moins très-bons, (ki les boit au bout de deux ans; mais les uns et les autres gagnent toigours jusqu'à sept ou huit ans.

(1) J'approuvais tout pourtant de la mine et du geste , Pensant qu*a« moins le tin dût réparer le tieste. Pour m'en éclaircir dooc^ j'en demande et d*dbord Un laquais effronté m'apporte un- rouge-bord D'un AuYemat fumeux qui, mêlé de Lignage, Se Tendait chez Crenet pour vin de VHermiiage, Et qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux, lï'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreux*

On cultive à rHermitagé deux espèces de raisins rouges : la petite et la grosse sjrms. La première ^ dont le grain est légèrement ovale , est la plus anciennement introduite dans ce vignoble ; die donne au vin plus de force et de parfum que la seconde , dont la forme est à la fois plus grosse et plus ronde. On en fait ordinairement, dans certaines proportions, un mélange favorable à la qualité du vin , en ce que la grosse syras atténue la violence de la petite et donne à MHermitage plus de moelleux.

On distingue quatre espèces de raisins blancs : la petite et la grosse roussarmej la petite et la grosse marsaruie. La première est une petite grappe dont le grain très-serré est presque rond ; elle fournit un vin blanc sec et très-spiritueux, et en la mariant avec intelligence à la seconde, on obtient un Hermitage blanc , parfumé , riche et moelleux , considéré à bon droit comme le premier vin de France.

. On ne cultive les deux marsannes que depuis une cinquantaine d^anoées. La petite forme une grappe ass^ longue , dont le grain n\ pas plus de volume que celui de la petite roussanne; la grosse est, pour la forme, pareille en tout à la petite. Si Ton se bornait à n^employer que cette dernière, le vin quelle produirait , sans avoir la force et le caractère prononcé de celui que fournissent les deux roussannes réunies , serait pourtant assez bon ; mais en mêlant à la petite marsarme une trop grande quantité de la grosse, on n^obtient qu'Hun vin faible , fadement liquoreux , dénué du véritaUe parfum de V Hermitage , continuellement en fermentation , et qui , en s^éteignant , laisse le liquide sans vigueur ^^ ^ns mérite ; oi^tr^e cela, il est toujours d^uoe couleur fausse et d^un jau^e désagréable.

Ces quatre espèces de raisins n^en forment , d^ailleurs , à vrai dke , que deux bien distinctes , dont les analogues sont des variétés.

Le journal de vigne contient 500 ceps, qu'ion plante^ avec un pal de fer, à deux pieds et demi de distance en tous sens, après avoir effondré le terrain. On ne trouve pas à THermitage de vignes hautaùtesj comme dans le reste du département : ce n^est partout que vignes basses, protégées par des échalas.

Lors de la vendange , plusieurs propriétaires égrappent le raisin ; les autres , qui tiennent plus à la quantité qu^à la qualité , négligent cette utile opération .

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Lorsque la vendange a été faite par un temps chaud , on ne donne aux raisins que sept à huit jours de cuve; si le temps est froid, il en faut davantage.

Le journal de 500 ceps produit, année commune, un barrai ( le barrai est de 27 pots et demi , ou 35 litres). Les tonneaux contiennent 240 bouteille environ.

Les mas ou quartiers appelés Méal et Greffieux donnent le meilleur vin rouge. Viennent ensuite, dans Tordre des crus, Baume ^ Réaucoule^ Muret et le Bessas. Le sol de tous ces coteaux est calcaire, marneux et couvert de cailloux roulés , excepté celui du Bessas, qui est presque unique*ment composé de détrimens de granit.

Les vins de PHermitage ne se mettent jamais qu^en tonneaux neufs. Ils ont beaucoup de corps et une belle couleur. On peut les cons^rer cinq ou svl ans dans les futailles , et plus de vingt ans en bouteilles.

On fait encore à Tain une espèce particulière de vin blanc, appelée vin de paille de VHermitage. MM. Mure et Jourdan en firent les premiers essais, il y a environ quatre-vingts ans , diaprés les procédés en usage sur le Rhin. Ils choisirent les meilleurs raisins, et les firent sécher, soit sur la paille, soit en les tenant suspendus pendant un mois ou cinq semaines , après quoi ils les ^grappèrent et les soumirent au pressoir. Cette tentative réussit parfmtement; cependant ces deux propriétaires bornèrent là leur premier essai : ils pensaient que les soins et les dépenses qu^exige la fabrication de «ce vin, outre tm déchet de près de moitié, s^opposeraient toujours à ce qu^il fut à ia portée à&& consommateurs.

M. Jourdan et quelques autres , ayant jugé différemment depuis , ont renouvelé la première épreuve plus en grand : elle a été suivie d^un plein succès , et le {^in de paille de VHermitage a été considéré dans plusieurs cours de FEurope comme Tun des meilleurs vins de liqueur connus.

Ce vin , dont la couleur est dorée et dont le parfum est analogue au goût du raisin séché au soleil, ne commence à fermenter que plusieurs mois après qu^il a été fait , de sorte qu^on peut dire que la première année ne compte pas pour apprécier son âge. Cette fermentation dure quelquefois six ans. Ce n^est qu^au bout de huit à neuf ans ( lorsque d^ailleurs il a réussi , ce qui nWrive pas toujours) qu^pp peut, san^ hésiter, |e livrer à lî> consommation t

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Si lie» ooCeaiax du Méal et de Greffieux prôdukent le meîUeiir nb ronge ^ ^eux. de 'Baunne , de Réanconle <tt <k Muret donnent lie premier vin Uaac. Le mas du Bessas est celui qui produit le vin blanc le moins bon«

Tous ces vins sont peetoraux et très— saiiifeaires dans les maladies qui proviennent de débilité d^estomae. Ils n^ont an<Hin goût de tisrpeir : c^est eoe erreur de dire , comme on Ta avancé dans quelques ouvrages de statistique, que le vin rouge ait un parfum qui af^rocbe de la framboise* Cette erreur A donné lieu à bien des supercheries : ^elques individus , spéculant sur la crédulité de Fétranger, ont introdok de Tessence de â'amboise, noaseulement dans XHermitagef mais encore dans les vins des environs, j£n de faire passer ceux-ci à Taide de la réputation du premier. On p^it assurer que le vin de THermitage est frelaté «ouïes les fois qu^on lui trouve un parfiim prononcé de framboise.

On sait que les Bordelais tirent la plus grande partie de ce via y qn^ik mêlent avec le l^ur , et surtout avec les premiers crus du Médoc. Us ont seuls le secret des proportions et des procédés de cet amalgame, qui a ordinairement lieu lorsque les deux vins sont nouveaux et sur letn* première lie* Une fermentation très-vive s^établit entre eux ^ et se termine par la ftision coMplèle 'de XHermitage dans le Médac , qm conserve seul son nom; à V étranger.

Il y a une très^-grande variété p«rmi les aMtres plants de vigne de ce ^partemttit. On put s'en convaincre en. 1804 , lorsque le miniatre de Fintéarsettr » M. Ghaptali, en demanda de toutes les espèces pour 1» p^iftière du LuoDenbourg, et que Fadministration en fit faire une sorte de recensement. Cettevariété serait prodigieuse, si, en pareil cas, la différence des noms emportait toujours la différence des choses. Le recensemoat offirit près de deux cents noms ; mais il est vraisemUable que le même plant fut présenté afv^e des noms di£fêrens sur des points opposés. II n^eut pas été sans intérêt de continMr et de fixer la synonymie que se proposait alors le wînistre.

La durée des souches est, en généra^ de soixante à qaatre*ving!Cs ans; il en est de plus de cent ans , et d^autres qui périssent avant soixante ans* Leur durée dépend du lerrain^, de Tcxposition et du plus ou moine de soins donnés à la cukure.

Une souche est en {dein rapport la cinquième oa sixième amiée : il en est ie pins précoces > mais elles font exception*.

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Le midi est Texposition la plus avantageuse ; le couchant vient ensuite. L^exposition du levant présente cet inconvénient , que la rosée recevant les premiers rayons du soleil, forme une grande quantité de prismes qui brûlent les plants.

On évalue à 24^000 environ le nombre d^hectares plantés en vignes. Lors de la création des droits réunis, ea 1804, la régie fit faire des inventaires de la récolte totale des vins. Elle les fit continuer en 1 805 , 1 806 , 1 807 et 1 808 , et il en résulta que la récolte avait produit , savoir :

En 1804 427,612»*^

En 1805 395,350

En 1806 291,107

En 1807 397,106

En *808 427,668

Total 1,938,833

ce qui donne , pour ces cinq années , une moyenne de. • • • 387,766

Et comme les plantations de vigne ont, depuis celte époque, éprouvé une augmentation d^un 30"* environ, en augmentant les produits de 12,234

on trouve pour la récolte d^une année moyenne, y compris 5 ou 6,000 hectolitres de vins fins de THermitage, Tain, Croze,

Laraage, Gervans, Mercurol,etc 400,000

La moitié des vins ordinaires sert à la consommation locale, et le surplus est Tobjet d'un commerce assez étendu, par les nombreux échanges et le nivellement qui s'opèrent entre les cantons du département et des départemeus voisins qui manquent de vin , et les localités de celui-ci qui en ont plus qu'^elles n'en coosomment.

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