‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 101 sur 701 · CHAPITRE IV. — LES EAUX. — ANALYSE DES EAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES EAUX. — ANALYSE DES EAUX

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Marais.

Nous avons étudié page 45 la situation, retendue et Tétat du sol de nos marais; il ne nous reste plus qu'à parler de la nature de leurs eaux.

Ueau des marais est ordinairement colorée; sa saveur et son odeur ont quelque chose de particulier qui la décèle; Fébullition la trouble l^rement ; elle s'éclaircit par le repos en déposant de petits globules albomineux coagulés par la chaleur. Souvent, Faction de la chaleur suffit pour la décolorer et lui enlever son odeur et sa saveur; elle devient alors iîide, nauséabonde, et son évaporation complète ne laisse pour résidu que de la matière organique et une petite quantité de sels. Ces eaux ne peuvent être bues qu'après avoir été filtrées sur la poudre de charbon.

MARAIS DE BLANQÇEFORT

Eau puisée au moment de la pêche de la sangsue. Cette eau coutient par

litre :

Carbouate de chaux

Sulfate de chaux

Chlorure de sodium

Chlorure de calcium

Silwe et oxyde de 1er

Matière organique, albumine..

MARAIS OB UONTPERRAND

Eau puisée à l'époque de la pt^che, légèrement colorée eu brun. L'ébuUition est sans action apparente.

Carbonate de chaux 0,092

Sulfate de chaux 0,014

Chlorure de sodium 0,0")6

— de calcium 0,008

Silice et oxyde de fer 0,010

Matière organique extractive... 0,044

Eaux stagnantes proiondes.

Les eaux pluviales, retenues à peu de profondeur par les couches aliotiques et imperméables, qui forment le sous-sol de nos landes, y croupissent, se chargent des principes solublcs de Talios et forment ensuite cette nappe souterraine qui alimente les petits puits oîi nos Landais puisent une eau malsaine, à 1 m. ou 1 m. 50 c. de profondeur movenne, alors qu'ils trouveraient à une plus grande profondeur une eau potable avec des puits plus profonds et aux parois bien jointes.

Ces eaux ont une couleur jaune-brun plus ou moins foncée, elles sont presque entièrement privées de sels minéraux et chargées de matières organiques provenant soit de leur séjour sur l'alios, soit de la décomposition des végétaux; aussi portent-elles le germe de maladies trop souvent mortelles.

M. J.-J. Fauré a étudié avec un soin tout particulier ces eaux du soos-sol de nos landes et la couche aliotique sur laquelle elles séjournent.

Dès 1817, il annonçait à TAcadémie de Bordeaux que le tuf de nos landes n'était point, comme on l'avait cru jusqu'alors, une agrégation ferrugineuse, mais bien un amas sablonneux résultant de l'adhérence des molécules siliceuses,, liées entre elles par im sédiment végétal qui se durcit sous l'influence des rayons solaires; il ajoutait que cette matière extractive s'infiltrant dans l'intérieur des couches sableuses, s'y dessèche, s'y solidifie et forme ainsi un réseau imperméable qui retient les eaux pluviales et prend le nom d'alios. (Voir page 31),

Ces eaux .stag'nantes du sous-sol de nos landes ne sont pas toujours de même nature et varient suivant leur profondeur. La matière végétale

que contiennent celles qui séjournent à une profondeur de 3 à 4 m. a perdu ses qualités délétères parce que les diverses phases de la fermentation qu'elle a subies Tont transformée en une matière extractive en partie résinifiée; je nommerai ces eaux aliotigues, dit M. J.-J. Fauré, parce qu^elles ne paraissent contenir que la partie soluble de Talios.

Les autres, retenues à 1 ou 2 m. du sol, ont une couleur plus foncée, quelquefois légèrement verdâtre ; leur saveur et leur odeur ont quelque chose de marécageux ; elles se troublent par TébuUition, et bientôt après il se sépare un petit sédiment floconneux; je les nommerai eaux aliotigues albumineuses. Cette eau a beaucoup d^analogie avec celle des marais; filtrée au travers de la poudre de charbon ou mise en contact avec des copeaux de bois de chêne. Peau albumineuse perd comme par rébuliition raibumine qu^elle contient et avec elle son odeur et sa saveur marécageuses ; sa qualité est alors de beaucoup améliorée, et elle peut être bue sans danger.

Les cantons du département ou se trouvent les eaux aliotiques et albumineuses sont ceux d^Audenge, Belin, Captieux, la Teste, Saint Symphorien, Villandraut. Il faut y joindre quelques communes des cantons de Castelnau, de Saint-Laurent et de Saint- Vivien.

EAU DBS PUITS D AUDBNGB

Nappe à 2 ou 3 m. du sol.

Gaz acide carbonique 0.0020

Gaz azote 0,0035

Gaz oxygène 0,0005

Carbonate de chaux 0,056

Sulfate de chaux 0.007

Chlorupe de sodium 0,035

Silice et oxyde de fer...' 0.012

Matière organique, aliotique... 0,046

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