C.Te' miocène
inO ( ^ Marnes à Néritines; calcaire d'eau douce gris, mi . . j j Calcaire à astéries supérieur (Ostre-a longirostrisj.
6 Calcaire d'eau douce blanc de Castillon.
5 Molasse du Fronsadais; calcaire d'eau douce de
Saint -Giron.
B. Terrain éocène...^ 4 Calcaire grossier de Saint-Estèphe.
3 Calcaire grossier de Blave.
2 Sable de Hoyan et cafcaire de Gordouan fOstrea
cymbula) .
A. Terrain crétacé.. | 1 Craie à ananchytes de Villagrains et Landiras.
(1) Gelto carie a été niis3 on vento par la Sjciélô do Géographie commorcialo do la GiiuDde au prix de 6 fr., à l:i librairie Fôrct ut fila.
G LIVRE Ff — TOPOGRAPHIE.
» Au bas de la carte se trouve une coupe dirigée de l'O.-S.-O. à l'E. N.-E., de la côte près de la Teste, par Bordeaux et Libourne, à Saint Christophe-de-Double; elle montre la disposition générale des assises que renferme le département :
» Les terrains de plus en plus récents se succèdent du N.-E. au S.-O. : la craie, qui forme une zone importante dans les départements cbarentais et de la Dordogne, n^apparaît que sous forme de relèvements accidentels en deux points de la lande ; le terrain éocène se rencontre à peu près seul au N. de la Dordogne et à PE. de la Gironde, et aussi dans les vallons du Médoc; le terrain miocène inférieur occupe la presque totalité de la surfp,ce de l'Entre-deux-Mers, ou pays entre la Dordogne et la Garonne dont le plateau porte toutefois un manteau diluvien de Saint-Macaire au Carbon-Blanc; le terrain miocène supérieur se montre seulement dans les vallons qui débouchent à la vallée de la Garonne, de Grignols à Blanquefort; le terrain pliocène ou sable des landes forme la plus grande partie de la surface du département sur la rive gauche de la Garonne et de la Gironde, recouvert qu'il est, ainsi que les terrains précédents, par les dépôts caillouteux diluviens de la vallée jusqu'à une grande distance (le la rivière. Les alluvions occupent les parties basses des vallées et le pied oriental des dunes, qui forment une large bande littorale.
» A l'aide de treize coupes publiées en 1848 et de diverses rectifications qui l'ont été en 1854, j'ai caractérisé les différentes assises reconnues dans le bassin de la Gironde et j'ai établi leur superposition d'une . manière aussi évidente que possible. Je vais maintenant passer en revue celles-ci, en allant des inférieures aux supérieures :
A. Terrain CRÉtACÉ.
» l^ Craie à ananchyUs, — En 1840, l'attention était appelée sur le vallon du Gua-Mort, par la découverte que M. Pigeon venait d'y faire d'un banc de csaie au-dessous du sable des landes, au Haut-Villagrains, à 30 kilom. au S. de Bordeaux. Au mois de mai 1848, en revenant de Villandraut à Bordeaux, j'eus la vive satisfaction de trouver, au S. de Landiras, dans le fond du vallon du Trussan au moulin de Perron, une nouvelle protubérance de calcaire renfermant les fossiles les plus caractéristiques de la craie. — Le calcaire de Villagrains alimente un four à chaux et fournit du moellon. Les fossiles recueillis jusqu'à présent sont les suivants :
Tragos pisifomu, Goldf.
Orbttolites média, d'Arch.
Cyphosoma Delaunai/i, Cott.
Salenia Heberti, Cott.
Echinoconus Raulini, d'Orb.
— subconictix, d'Orb.
— minimus, Cott.
Ananchytes ovata, Lamk.
— striata, Lamk.
— conica, Agass.
» Comme pour Roquefort et Saint- Justin, dans les Landes, les deux
Holaster pilula, Agass.
Uemiasler nasutulus, Sorign.
Asteriax stratifera, des M.
Lima Marroiiana, d'Orb.
Pecten Jacquoti, Raul.
Spondylus striatus, Defr.
Ostrea vesicularis, Lamk.
Terebratula carnea, Sow.
— strialula, Mant.
COIPITBB II. CONSTITUTION QlSoLOQlQUE. *ï.
protaberancea de Villagrains et de Landiras, formées par la craie supérieure de Saintonge, me semblent liées l'une à Pautre et constituer une nouvelle crête analogue à la précédente par dessous le plateau sableux qui les sépare. La longueur connue dépasserait 16 kilom., et la ligne qui réunirait la jonction des ruisseaux, à PO. du Haut-Villagrains, à Verduc, serait dirigée de l'O. 10» N. à l'E. lO» S. (La direction des Pyrénées est O. 18° N. à E. 18» S.)
B. Terrain éocBNE.
» 29 Sable de Boyan. — Les sables à Ostrea cymbula forment la partie la plus inférieure des terrains tertiaires du bassin de la Gironde; ils reposent sur la craie jaune de Saintonge, dont ils sont séparés par un banc calcaire qui renferme des échinides en partie identiques avec ceux du terrain à nummulites des environs de Bayonne. Les sables, dans lesquels on a trouvé des peignes et aussi des nummulites, n'existent qu'à PE. de Saint-Palais-sur-Mer, mais les calcaires inférieurs avec Qualtieria Oràiçnyana vont former le bas plateau de la tour de Cordouan, ainsi que le roc Saint-Nicolas ou d'Usseau, sur la rive opposée.
» C'est probablement à la partie supérieure de cette assise que se rattachent les argiles et sables vert-jaunâtre à Osùrea crepidula qui se voient sous le calcaire grossier à «Tollet, sur la route de Bourg à Saint-Genès, ainsi que la molasse grossière, friable, verdâtre de Générac au N.-E. de Blaye.
» d9 Calcaire grossier de Blaye. — Il n'existe guère que dans les alentours de cette ville, où il repose sur des argiles vertes. Les fossiles sont en partie identiques avec ceux du calcaire grossier de Paris, et ont depuis longtemps fait regarder ces dépôts comme contemporains. Les Orbitolites et les Miliolites y sont fréquents. Les animaux vertébrés qu'on y a rencontres sont le Manatus (Hippopotamus) dubius, Cuv., et des dents de CrocodUus. — Ce calcaire fournit de la pierre de taille et du moellon à Blaye et dans les environs. Les principaux invertébrés sont :
OrbiioliUs complanata, Lamk.
Echinolampas similis, Âgass.
— stelliferus, D. Moul.
Echinocyamus af finis, Desor.
JJebertia Gacheti, D. Moul.
Venus texta, Lamk.
Fimhria lamellosa, Lamk.
Ostrea cubitus, Desh.
Hipponix cornucopix, Lamk.
Verxthium giganteum, Lamk.
> 4<^ Calcaire grossier de Saint-Estèphe. — Il se rencontre dans le Médoc, de Soulac au delà de Pauillac, et aussi dans les alentours de Blaye. Ce sont des assises calcaires alternant avec diverses couches argileuses et marneuses et renfermant des myriades de miliolites et des empreintes de fossiles dont les principaux sont les suivants :
Echinolampas ovalis, O. Moul.
Echinapsis elegans, Agass.
Sismondia occitana, Desor.
Ikndraceis Gtrvillti, d'Orb.
Fimbria lamellosa, Lamk.
Calyptrœa trochiformis, Lamk.
Diasloina costellala, Lamk.
Rostellaria fissurella, Lamk.
> Cette assise fournit un peu de pierre de taille et du moellon dans
8 LIVRE rr — TOPOGRAPHIB.
diverses carrières peu importantes de Pauillac, Lesparre et leurs environs.
» 5^ Molasse du Fronsadais. — Elle forme, par dessus, un grand dépôt composé d'argiles et de sables gris-verdâtre et bleuâtre, sans fossiles marins, donnant par places des roches solides. Dans plusieurs localités elle renferme quelques animaux vertébrés identiques avec ceux des gypses de Paris, notamment à la Grave, commune de Bonzac, au N. de Liboume. Ce sont les Palœoiherlum Qirundicum, médium, crassum et minus. On connaît encore de cette assise des Emys, Trionyx et CrocodUus,
» Le calcaire d'eau douce de Blaje forme autour de cette ville, jusqu'à Saint-Griron, Qt sur quelques points du Médoc, notamment à Margaux, une couche subordonnée à la partie inférieure, séparée du calcaire grossier par des argiles vertes. Celui qui se trouve sur les bords de Tlsle à Bonzac, doit sans doute lui être rapporté, ainsi que les petites couches qui sont à la base du tertre de Fronsac, près de Libourne. — Ce calcaire fournit du moellon et de la pierre à chaux; au moulin de Lers, près de Plassac, il alimente un four à chaux hydraulique très-estimée et très-employée sur la Gironde.
» La molasse prend un grand développement en remontant la Dordogne et la Garonne ; elle se poursuit avec des caractères minéralogiques à peu près semblables, au S. d'une ligne partant de Blaye et allant passer par Coutras, Monpont, Bergerac, où des grès quartzeux purs, qui sont à la partie inférieure, donnent un pavé très-employé à Bordeaux. — Sur ' beaucoup de points, les molasses endurcies fournissent du moellon, et les argiles alimentent des tuileries et briqueteries.
» Au N. d'une ligne allant de Blaye à Bergerac, comme nous venons de l'indiquer, cette assise prend un faciès différent; les couches argileuses disparaissent en grande partie, et les sables presque seuls persistent; elle passe latéralement aux sables de la Saintonge et du Périçord qui sont grossiers, rougeâtres, alternent parfois avec des argiles de même couleur, et renferment les minerais de fer des bords de la Lémance.
» Au S. d'une ligne tirée de Blaye à Saint- André-de-Cubzac et Liboume, la molasse, d'eau douce qu'elle était, prend d'abord des fossiles marins, et bientôt après, sur les bords de la Dordogne, elle admet dans son intérieur les grands dépôts lenticulaires du calcaire grossier de Bourg, qui se montre aussi autour de Bordeaux, entre cette ville et Cadillac, ainsi qu'aux environs de Blanquefort, dans le Médoc. Les osselets à^Asterias sont très-fréquents dans ces calcaires, ainsi que des moules et empreintes de coquilles et de polypiers. On y a trouvé des dents de poissons placoïdes se rapportant aux genres Carcharodon, Oxyrhina et Lamna, — C'est dans ce calcaire que sont ouvertes, entre Blaye et Saint-André-de-Cubzac, les nombreuses et vastes carrières de la Roque et de Bourg; elles fournissent la pierre de taille de dureté moyenne, employée dans les constructions de Bordeaux et de tout le pays.
» 6^ Calcaire d'eau douce blanc de Castillon. — Il repose sur là molasse à laquelle il se lie d'une manière intime. Il ne paraît pas exister dans la partie N.-O. du bassin; mais, depuis les environs do Libourne, il se développe rapidement vers l'Ë. Ce calcaire d'eau douce forme ime
CHAPITBE n. CONSTITUTION oiOLOGIQUB. 9
grande lentille constituée par une simple assise calcaire de lO à 15 mètres d'épaisseur moyenne. Les fossiles, assez rares, sont rapportes aux Lymnœa îongiseata et PlanorbU rotundatus. Les limites suivent à peu près la ligne de séparation de la molasse du Fronsadais et des sables jaunes équivalents da Périgord. Partant de la Réole, sur la Garonne, il atteint Castillon, Villefranche-de-Longchapt, Bergerac, etc. — Il donne partout du moellon et quelquefois de la pierre de taille.