CHAPITRE II. — DIX-NEUVIEME SIÈCLE
occupaient à Bordeaux, cours Saint-Jean, le petit Séminaire y fut installé.
Depuis cette époque, rétablissement n'a cessé de prospérer. Il réunit aujourd'hui 400 élèves, dirigés par un supérieur, secondé par vingt professeurs.
M. Pabbé Lacombe a gouverné le petit Séminaire pendant trente-six ans jusqu'à sa mort (9 juin 1852). M. l'abbé Lataste, l'un de ses plus anciens collaborateurs, lui a succédé, et a dirigé pendant vingt-deux ans cet établissement, remis en avril 1874 aux mains de M. l'abbé Dénéchaud, qui en est devenu le troisième directeur.
Destiné primitivement à servir de Dépôt de Mendicité, le local du petit Séminaire de Bordeaux occupe un espace d'environ 30,000 in*Q* Il renferme cinq cours, un vaste jardin, des classes, salles d'étude et dortoirs parfaitement aérés, enfin une chapelle reconstruite entièrement sur les plans de M. Brun, de Bordeaux, et ornée de peintures murales dues au talent de M. Bordieu, artiste distingué de Toulouse.
Le corps de professeurs du petit Séminaire s'est toujours recruté parmi l'élite du clergé bordelais. De nombreux ecclésiastiques distingués sont sortis de cet établissement, qui compte aussi un grand nombre de ses anciens élèves parmi les membres les plus estimés de nos administrations.
Collège Saint-Joseph-de-TiToli. — Dans notre I«^ chapitre, page 344, nous avons esquissé l'histoire du Collège des Jésuites de Bordeaux, fondé en 1571, dans le prieuré de SaintJames, qui devint en 1762 le collège de la Madeleine, plus tard l'Hôtel-de-Ville de Bordeaux, puis caserne de cavalerie et d'infanterie, et qui est sur le point d'être agrandi et occupé par le Lycée de Bordeaux.
Le collège dont nous allons parler remonte à 1850, époque à laquelle, cédant à des instances réitérées, désireux d'ailleurs d'exercer parmi l'enfance l'apostolat chrétien, les Jésuites ouvraient, à l'ombre des ruines de la Grande-Sauve, un collège à la jeunesse catholique de la Gironde. Ce collège fut bientôt trop petit, et les Jésuites eurent la bonne fortune i'acquérir à Bordeaux le parc de Tivoli. A côté d'un gracieux château, Buvre d'art dont l'architecte Louis fut, dit-on, l'auteur, il s'éleva bientôt m magnifique b^^timent, mélange heureux de simplicité et de grandeur )ii la pureté de la ligne s'y remarque seule, et où les ornements sont l'un goût éprouvé.
Ce bel édifice, oîi l'air et la lumière circulent avec abondance, )resentera, lorsque toutes ses parties seront construites, la forme d'un H. ^s deux corps de bâtiments principaux et parallèles, dont un seulement st construit, auront 120 m. de long, 15 m. de large et quatre étages ; 3 bâtiment formant la barre transversale aura près de 100 m. de long et 5 m. de large; il en existe aujourd'hui la moitié, réservée à la chapelle rovisoire. En attendant la un de la construction de ce vaste et bel édifice, ui ne se fera certainement pas longtemps attendre, diverses dépendances nt été construites dans le beau parc de Tivoli, qui n'a pas moins de 5 ectares.
362 LIVUK Y. — INSTRUCTIOX PUBLIQUE.
C^esten 1860 que les élèves de la Sauve vinrent occuper le magnifique bâtiment que nous admirons aujourd'hui, et se joindre aux élèves de Bordeault, qui jouissaient déjà depuis quelques années des vastes cours et des beaux ombrages de Tivoli, invitant si bien aux exercices physiques de tout genre et aux ébats joyeux, compagnons du travail assidu, du bon esprit de famille et de la piété solide qui forment Papanage de Tivoli.
Ce bel établissement, où une quarantaine de religieux de la Compagnie mettent leurs soins à donner a la jeunesse du collège une éducation avant tout chrétienne, sans perdre de vue les besoins présents de la famille et de la patrie, réunit en moyenne 650 élèves, dont 300 pensionnaires, 300 demi-pensionnaires et 50 externes.
En 1875, 54 élèves ont été présentés aux baccalauréats.
Collège diooéBain de Bazas. — Ce bel établissement était, avant la liévolution, le grand Séminaire du diocèse de Bazas. En 1817, W^ d'Aviau y établit le petit Séminaire de Bordeaux, avec M. Lacombe conmie supérieur. En octobre 1828, sous Padministration du cardinal de Cheverus, M. Lacombe transféra son personnel d'élèves et ]de professeurs à Bordeaux.
La maison de Bazas fut constituée en Collège ecclésiastique sous la direction de M. Lacroix. En 1835, M. Martial remplaça M. Lacroix, et resta à la tête du collège jusqu'en 1870, époque a laquelle il fut nommé vicaire général, et remplacé par M. Tourreau, le supérieur actuel.
Ce collège occupe^ au centre de la ville de Bazas, une superficie de 1 hectare 50 ares; ses bâtiments, élevés de trois étages, forment un rectangle qui a 130 m. de long et environ 50 m. de large. Au milieu et à côté de ces bâtiments se trouvent quatre vastes cours et un jardin, où les enfants prennent leurs récréations, partagés en trois divisions; l'une de ces cours est consacrée à l'équitation.
Les élèves de ce beau collège, au nombre de 220 ('), suivent des cours d'enseignement classique ou des cours d'enseignement commercial, auxquels sont joints des cours d'arts d'agrément, de gynmastique, etc.
30 professeurs (21 ecclésiastiques et 9 laïques) sont attachés à cet établissement, où 10 sœurs de Saint-Joseph sont chargées des soins que réclament l'infirmerie et la lingerie.
Dans les vingt dernières années, le collège de Bazas a présente aux examens du baccalauréat 310 élèves; 283 ont obtenu leur diplôme, la plupart après la première épreuve.
Collège diooésain de Salnt-André-de-Gubzac. — En 1850, M. l'abbè Cluzan, prêtre du diocèse de Bordeaux, jeta les premiers fondements de cet établissement. Quelques années plus tard, il le céda à S. Bm. le cardinal Donnet, qui visait à en faire l'un des principaux collèges de son diocèse.
En 1860, la direction de cette maison fut confiée à M. l'abbè Amaudin, chanoine honoraire, qui le fit entièrement rebâtir sur un plan plus vaste.
Cet établissement s'élève au pied de la butte de Montalon. Son
1<) Ce nombre ne cesse d'augmenter : il était do 184 en 1856, et de 210 en 1806.