‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 26 sur 701 · S II. — SOL ARABLE · texte numérisé non relu

S II. — SOL ARABLE

Le département de la Gironde peut être divisé à ce point de Tue en

cinq grandes classes, et voici, toujours d'après M. V. Raulin, le nombre

d'hectares que l'on peut attribuer à chacune de ces natures de sol :

lo Sol siliceux 532,400 hectares.

2« Sol graveleux ou de graviers 223,800 —

3o Sol calcaire et marneux 40,000 —

40 Sol sablo-argileux 155,000 —

5o Sol d'alluvion et marécageux 30,600 —

A la 1'® classe appartiennent les dunes et les landes de la rive gauche de la Garonne et de la Gironde et quelques hauts plateaux du N. E. de l'arrondissement de Blaye, c'est-à-dire près de la moitié du département.

A la 2® classe, les croupes graveleuses de la rive gauche de la Garonne et de la Gironde et quelques points nombreux, mais peu étendus, dans l'Entre-Deux-Mers et sur la rive droite de la Dordogne.

A la 3® et à la 4^ classe appartiennent les coteaux, leurs pentes et presque tous leurs plateaux.

A la 5* classe les vallées et les vallons.

Ces divisions sont bien loin d'être nettement tranchées; souvent il arrive que la même commune présente toutes ces variétés; mais il ne s'agit ici que des généralités.

Nous diviserons ici l'étude des terrains de la Gironde en six catégories :

!• Dunes; 2*> Landes; 3® Graves; 4° Coteaux tertiaires, hautes plaines et plateaux; 5^ Vallées et vallons; 6^ Alluvions et marais.

1** Les dunes, formées des sables que l'Océan dépose sur toute la côte du golfe de Gascogne, depuis l'embouchure de la Gironde jusqu'à celle de l'Adour, occupent dans le département une zone de 120 kilom. sur une largeur moyenne de 4 kilom., c'est-à-dire environ Y,^ de la superficie du département. Jouannet a pu dire des dunes il y a quarante ans :

« Vues de loin, elles ressemblent à une longue ligne de nuages éclairés par le soleil. Leurs masses, groupées au hasard et découpées comme ces vapeurs mobiles que les vents amoncellent, prêtent à l'illusion.

» De près, ce sont des rampes sans verdure d'un blanc légèrement jaunâtre, nues et arides.

CHAPITHE in. — LE SOL, SES ASP'ECTS, SA NATURE. 2^

» C'est surtout quand on pénètre au milieu des dunes non boisées et qu'on les contemple de leurs plus hauts sommets, qu'elles se montrent dans toute leur aridité. Alors, dit Brémontier, « cette immense surface comparable à celle d'une mer en fureur, dont les flots élevés seraient subitement fixés dans le fort d'une tempête, n'offre aux yeux qu'une blan<^eur qui les blesse, une perspective monotone, un terrain montueux et nu, enfin un eff^yant désert. »

Aujourd'hui, cette description des dunes du littoral de l'Océan est a modifier, au moins pour celles qui se trouvent dans notre département. Toutes ensemencées, elles présentent de magnifiques forêts au sol très mouvementé et remplies de sites aussi pittoresques que sauvages et grandioses.

La hauteur des dunes varie beaucoup : au nord du département, elles forment près de Grayan un plateau ayant 10 à 12 m. d'altitude, tandis qu'au sud d'Arcachon et de la Teste on en trouve qui ont jusqu'à 87 m. d'élévation entre l'étang de Cazau et l'Océan; assez constamment les plus hautes sont celles du centre.

Les pentes de ces dunes sont très-douces à l'O., du côté exposé aux vents régnants, oii elles varient entre 10^ et 20^. A TE., les pentes sont aussi rapides que le comportent les talus d'éboulement du sable déversé par les vents ; elles atteignent jusqu'à 30^, Telle est la disposition d'une dune naturelle. Les études de nos ingénieurs sur la fixation des dunes les ont amenés à donner à la première ligne de dunes bordant l'Océan une forme fisu^tice dans laquelle la pente O. est très-rapide. Nous y reviendrons p. 34.

Nous empruntons à V Etude sur les diférents sols de la Gironde, publiée par

MM. A. Baudrimont et J. Delbos, les données suivantes sur le sable des

dunes.

Un kilogramme de ce sable sec, tamisé successivement dans deux

• tamis : l'un de soie et l'autre en fil de fer très-serré, s'est partagé en trois

parties.

lo Sable fin d'un diamètre de OmnSO à Ommss pesant Wlv 6

2o Sable moyen 0nini40 à OmnadO » 830 7

3o Sable grossier 0mm60 à l&moo » 86 7

l^OOOgrO

Un décilitre de sable des dunes pèse 162^. Si l'on en remplit les interstices avec de l'eau, il pèse 200^ 3; d'où il résulte qu'il a fallu 38^ 3 d'eau pour obtenir ce résultat.

Le décilitre ayant une capacité de 100<^., l'eau en représentant 38,3 il en résulte que la différence, ou ^V^*1^ représente le volume du sable en centimètres cubes.

Le poids du sable, 162^ divisé par son volume 61«î7 donne pour son quotient 2,625, nombre à peu près égal à la densité du quartz, 2,650.

En chauffant 10 grammes de ce sable avec de la chaux sodée, il a constamment donné de l'ammoniaque dont la quantité a été déterminée et qui indique qu'il contient 0^000,375 à 0^^000,625 d'azote.

30 Livre !««• — TôPoaïiAPflïB^.

^analyse des sables pris à la partie supérieure et à la partie inférieure de la dune qui est située en face et un peu sur la gauche du débarcadère du chemin de fer d^Arcachon, en lui tournant le dos, a donné les résultats suivants :

firtic nférieir* firllc iaMrfwrc

Humidité 0,3500 O.IOOO

w«»A V -f Kî« ) azote 0,0375 0,0625

Matière combustible { complément 1.1125 0.6375

Fer sesquioxydé 0,2260 traces

Chaux, magnésie,, manganèse, acide phosphorique

potasse et soude *. 0.5200 0,3100

Sal)le siliceux 97,7540 98,8900

Un échantillon de sable, pris à la partie moyenne de la dune, a donné exactement la même quantité d'azote que celui pris à la partie supérieure.

La chaux, la magnésie, la potasse, la soude et Tacide phosphorique ont pu être reconnus et séparés en opérant sur 400 grammes de sable.

400 grammes du sable de la partie supérieure de la dune soumis à âea lavages à Teau distillée bouillante, a donné un produit soluble qui recueilli par Pévaporation à une température peu élevée, pesait O^^ÔO. Ce produit était noir et contenait une quantité considérable de matières organiques. Par la calcination après avoir été repris par une dissolution de carbonate d'ammoniaque, le résidu, alors entièrement formé de matièies minérales, ne pesait plus que 0^048.

Ce résidu a été soumis à l'analyse, et, malgré son faible poids, il a été possible d'y reconnaître de la potasse, du phosphate de fer, de l'oxyde de fer et du manganèse. Il y avait peut-être de l'alumine, mais on ne s'en est point assuré.

Le sable de la partie inférieure de la même dune a donné des résultats fort distincts des précédents. 400 grammes de ce sable traités de la même manière que le sable de la partie supérieure, ont donné un résidu ne pesant que 06^095. Le résidu de la combustion ne pesait que 0^018, soit 24 fois moins que celui de la partie supérieure.

Les opérations qui viennent d'être signalées peuvent se résumer ainsi :

Produits solubles des sables des dunes pour 1 ,000 parties pondérables.

pirUc Nférinr* ^rtit iitérlMra

Matières organiques volatiles et combustibles... 0.6020 0,2195

Matières minérales 0.0480 0,0180

n résulte de ces faits que le sable de la partie supérieure des dunes est beaucoup plus riche en produits utilisables par les végétaux que celui de la partie inférieure. Les détritus des végétaux accumulés à la partie supérieure des dunes sont, à n'en pas douter, la cause de cette différence.

Pour donner une idée plus complète de la composition chimique du sable des dunes, MM. A. Baudrimont et J. Delbos ont analysé à diverses reprises et de plusieurs manières les cendres provenant de la combustion des végétaux qui croissent sur ces dunes, et ces analyses, dont on trouve

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