CHAPITRE III. — SOCI^BS SAVANTES
trésorier. La Société a aussi un conseil d'administration, un conseil de famille et un comité de rédaction.
Son budget est établi par la cotisation des membres titulaires à 40 fr. par an, la vente des volumes des mémoires à 8 fr. par an, et par une subvention annuelle de 2,000 fr. accordée par la ville de Bordeaux.
Société médicale d'Émulation — Cette Société fut fondée, le 12 octobre 1832, par le D^ Boucherie, qui eut pour premiers collaborateurs les D**" Arthaud, Bermond, Blondeau, Cazenave, Chaumet, Sibadey.
Son but a toujours été de donner des consultations gratuites aux personnes affectées de maladies graves et insolites. Elle rend surtout des services aux malades de la campagne et aux indigents, en leur donnant gratuitement des conseils quMls ne pourraient se procurer autrement. A partir du l^' janvier 1833, le nombre des membres fut porté de 12 à 24.
La Société devait avoir des membres correspondants en nombre illimité Bt s^occuper de travaux scientifiques, et ses séances devait avoir lieu tous les mardis, à midi 1/2.
Aujourd'hui, le nombre des membres titulaires est de 20. Tout nembre titulaire peut devenir honoraire au bout de dix-huit aimées de jervice.
Le bureau, renouvelé chaque année, se compose : d^un président, d'un nce-président, d'un secrétaire et d'im trésorier.
Syndicat médical, composé de 37 médecins et de 3 médecins spéciaistes, donnant exclusivement ses soins aux sociétés de secours-mutuels. )haque sociétaire choisit son médecin parmi les membres du syndicat. )ouze Sociétés fonctionnent actuellement, suivant ce mode de liberté absolue iu choix du médecin par le sociétaire.
Il existe en outre un comité médical, fondé en 1864, pour le service en ommun des Sociétés mutuelles, au nombre de 14 pour 1876.
Société de Pharmacie. — Cette Société a été fondée le 1^^ septembre 834 par un petit groupe de pharmaciens, résidant tous à Bordeaux, et armi lesquels nous pouvons citer des praticiens et des savants distingués ui ont laissé un nom justement honoré, tels que Barbet, professeur à École de médecine ; Magonty, professeur du cours municipal de chimie ; avarret; Fauré; Guimard; Bruneau père; Ville-Suzanne; Rivière; ûisset, etc.
Depuis son début, cette Société s'occupe des intérêts généraux de la harmacie et des sciences qui s'y rattachent; plus tard ses travaux se )nt étendus à l'hygiène et à la salubrité publique et aux questions ratiques concernant les arts et les manufactures.
En 1854, cette Société a ouvert un registre d'inscription pour que les larmaciens et les élèves soient en rapport régulier, et des prix de valeur it, depuis, récompensé les jeunes stagiaires qui se distinguent par leur >nne conduite, leur travail et leur séjour prolongé dans la même officine, ette première œuvre, à peine établie, la Société pensa aux indigents, et 1 comité, pris dans son sein, fut chargé officiellement d'établir un tarif duit destiné à favoriser les bureaux de bienfaisance. Aux indigents iccèdent les Sociétés de secours mutuels, et un nouveau tarif philanthro-
pique est établi par la Société de Pharmacie de Bordeaux, qui a la satisfaction de le voir accueilli partout avec empressement comme le premier (1858).
En 1859, la Société crée un organe spécial appelé (la première année) Journal de Pharmacie, puis Ballet'ui des travaux de la Société de Pharmacie, Dès 1866, le Bulletin trimestriel ne suffit plus aux travaux des membres de la Société, qui réclament une publicité mensuelle.
L'un des derniers actes de cette utile Société est l'établissement d'un examen de capacité, franchement accepté, dès maintenant, par tous les jeunes gens sérieux, arrivés à la fin de leur deuxième année de stage (1874).
Elle décerne, quand elle le juge convenable, des récompenses aux auteurs des meilleurs mémoires qui lui sont adressés. Elle donne des consultations gratuites aux industriels pour les aider à vaincre les difficultés qu'ils peuvent rencontrer dans la prati(iue.
Nous voudrions pouvoir signaler ici les plus remarquables mémoires publiés dans les quinze volumes parus du Bulletin des travaux de cette Société, ainsi que les distinctions honorifiques accordées à ses membres ; mais la place nous manque, et nous devons renvoyer nos lecteurs k uii rapport de M. L. Périer, sur les travaux de la Société, publié dans le numéro de mars 1875 du Bulletin,
Cette Société compte actuellement (1877), 35 membres résidants, 42 membres titulaires associés non résidants ou honoraires, 37 membres correspondants; elle correspond en outre et échange son Bulletin avectrente sociétés savantes.
La cotisation est fixée chaque année en assemblée générale de janvier; elle est ordinairement de 30 fr.
Société Linnéenne. — Fondée en 1818 et approuvée dix ans plus tard par ordonnance royale du 15 juin 1828, cette Société cultive les sciences naturelles et agricoles.
Elle se forma de plusieurs jeunes botanistes qui suivaient leur maître dans ses herborisations et de quelques amis de la science qui voulurent être de ces excursions.
En 1812, M. Jean-François Laterrade était à la tête de ces promenades scientifiques. Il conçut, en 1818, l'heureuse idée de célébrer, avec cette jeunesse studieuse, une fête en l'honneur de Linné. Le jour fut ^^é au solstice d'été et la lande d'Arlac, près de Bordeaux, indiquée pour rende z- Yous. La réunion fut nombreuse; on convint de célébrer à pareil jour même fête tous les ans, et la Société Linnéenne se trouva formée. M. Jean François Laterrade, son fondateur, est resté à sa tête pendant 40 ans et 5 mois, comme directeur. M. Charles Des Moulins, qui a été 52 ans membre actif, a été souvent son président. Les de CandoUe, de Jussieu, Dumont d'Urville, Bouin, de Lamarck, ïhore, Grateloup, Desfontaines, Duby,Dunal, J.Gay, Gaudichaud, Boucherie, LéonDufour, d'Orbigny, etc., ont fait partie de cette Société.
Paris, Montpellier, plusieurs autres villes, même au delà des mers, ont à l'instar de Bordeaux fondé des sociétés linnéennes et adopté la fête
cîTAPrPBE III. — sociérés savantes. 40S
solstîciale, lien commun entre toutes ces Sociétés qui ont largement contribué au progrès des sciences naturelles.
La Société Linnéenne de Bordeaux a rendu de véritables services en faisant mieux connaître la flore et la faune de notre région, ainsi que la constitution de son sol. Ses hautes relations et les correspondants qu'elle possède à l'étranger, la publication de ses Acles, qui forment aujourd'hui 31 volumes composés de travaux souvent fort remarquables, ont donné à cette Société une notoriété universelle.
Ses séances ordinaires ont lieu le premier et le troisième mercredi de chaque mois. Elle tient chaque année une séance- solennelle, le premier jeudi après la Saint- Jean, à la campagne.
Son bureau comprend im président, un vice-président, un secrétaire ^rcnéral, un secrétaire adjoint, un trésorier et un archiviste.
Elle se compose : 1** de membres honoraires; 2** de membres titulaires; îl** de membres correspondants; 4® de membres à vie qui ont racheté leurs cotisations annuelles par une somme de 300 francs une fois versée. Le nombre total des membres est de 150.
Elle a une bibliothèque composée d'environ 8,000 volumes ou brochures d'histoire naturelle ou d'agriculture. Depuis longues années, elle a laissé la plupart des études pratiques d'agriculture à la Société d'Agriculture de la Gironde, qui prit, en 1831, naissance dans son sein. Son budget est formé par :
Subvention ministérielle 500
— du Conseil général de la Gironde 500
— de la ville de Bordeaux 500
Cotisation des 50 membres titulaires à 24 francs 1200
— de 40 membres correspondants achetant les Actes à 15 ft*. 450 Vente des volumes des Actes de la Société à 15 francs l'année
Plus des souscriptions volontaires pour subvenir aux frais des nombreuses planches que la Société publie dans ses Actes, ce qui permet d'équilibrer le budget
Société d'Agriculture de la Gironde. — La fondation de cette association agricole remonte k 1831. Elle acquit rapidement une grande importance, et dut, en 1835, changer son nom de comice agricole contre celui de Société d'Agriculture de la Gironde.
Son origine modeste fut l'œuvre d'un agriculteur distingué, M. Ivoy, qui a marqué profondémeut sa place parmi les hommes les plus utiles de son temps. Il fut secondé, dans cetie création, par M. Laterrade père, botaniste "dont le savoir égalait le dévouement à la chose publique.
Pour donner un aperru des services rendus par cette Société à notre département, il faudrait rappeler quel était, au début de son fonctionnement, l'état agricole de la Gironde; nous ne pouvons, faute de place, entreprendre ici cette étude rétrospective; nous nous bornerons à dire qu'il n'est pas une réforme utile ayant été accomplie dans la Gironde, depuis 1835, qui n'ait été inspirée par elle, propagée de proche en proche par l'appât des récompenses publiques et autres avantages qu'elle offrait aux agriculteurs.
Espèce d'académie close k son début, puisque le nombre de ses adhé-
406 LIVRK V. — INSTRUCTION PUBLIQUE.
rents ne pouvait dépasser 40 membres, elle devint, à partir de 1845, la grande association des propriétaires, des savants et des industriels intéressés aux progrès de l'agriculture. Exerçant son action dans toutes les parties de la Gironde, portant successivement dans chaque arrondissement ses grandes solennités annuelles, elle a contribué puissamment à la propagation des bons procédés de culture, à Tamélioration des instruments, à la multiplication et au perfectionnement de toutes nos espèces animales; elle s'est attachée surtout à éclairer les questions de viticulture ; elle a énergiquement concouru aux travaux de dessèchement, de colmatage et de drainage.
Dans la sylviculture, elle a été Pinstigatrice des ensemencements et de tous les progrès qui caractérisent Texploitation de nos forêts. Pour Tapiculture, elle a joué le même rôle ; elle a sorti de Tobscurité et de la routine, dans laquelle elle croupissait dans nos landes, cette belle et populaire industrie de la mouche à miel, au progrès de laquelle s^est dévouée ime nouvelle association dont nous parlerons plus loin.
Il suffit de jeter un coup d'oeil sur ses programmes de concours annuels pour constater que rien ne lui a échappé dans le domaine agricole et qu'elle a apporté partout sa bienfaisante lumière et son intelligente libéralité.
Elle décerne chaque année :
Une médaille d'or grand module à l'agriculteur dont VexploitatUm est la mieux dirigée et la plus propre à être offerte comme exemple.
Une grande médaille d'or, offerte par S. Exe. le ministre de l'Agriculture, au vignoble le plus remarguable et le mieux tenu.
Une médaille d'or à l'agriculteur ayant introduit d'importantes amélûr ratUme dans la culture de la vigne ou dans la vini/lcation, ou découvert un moyen sûr et économique pour combattre efficacement les ennemis de la vigne : oïdium, phylloxéra, etc., ou étudié et décrit mieux que ses prédécesseurs les diverses maladies de la vigne.
Des médailles d'or, d'argent et de bronze sont décernées à ceux qui se sont distingués dans la culture des céréales et des plantes commerciales, fourragères ou industrielles.
Une médaille d'or à l'agriculteur ayant montré le plus d'intelligence dans la fabrication et la conservation des engrais.
Des médailles d'or aux personnes qui se sont distinguées dans la pratique de la sylviculture, la sériciculture, V apiculture, la pisciculture.
Des médailles d'or ou d'argent aux personnes ayant apporté des améliorations remarquables dans les constructions rurales, dans la mécanique agricole ou dans les travaux du génie rural : irrigation, dessèchement, etc.
Une médaille d'argent grand module à l'agriculteur ayant résvmié les opérations de la culture d'un domaine par la comptabilité la plus claire et la plus simple.
Une médaille d'or et cent francs au cultivateur ayant le plus grand nombre d'enfants, possédant tous Vinstruction primaire et employés tous, s'ils ont Tftge, à la pratique agricole.
Une médaille d'or à l'instituteur primaire laïque ou i*eligieux ayant donné, dans son école, le meilleur enseignement agricole.
CBAP1TR& m. — sociirÊs swantss. 407
Une médaille d^argent grand module à Vélève de l'École normale ayant le mieux réponduaurles parties de renseignement se rapportantà Tagriculture.
Le personnel rural a été constamment l'objet de sa sollicitude ; depuis rhomme d'affaires jusqu'au plus petit valet, depuis le régisseur jusqu'au plus humble vigneron, toute la grande série des serviteurs a sa place marquée dans ses programmes et peut, suivant ses mérites, recevoir des encouragements ou des récompenses.
Pour subvenir aux dépenses nécessitées par son apostolat incessant, elle dispose d'un budget dans lequel figure, en première ligne, la cotisation de ses membres (20 fr. par an), la réception des nouveaux sociétaires (20 fr. d'entrée), et les subventions du départemcAt et du Ministère de l'agriculture et du Conseil municipal de Bordeaux.
Le concours général de boucherie, fondé par elle, reçoit diverses subventions spéciales du Ministère de l'agriculture, du Conseil général de la Gironde et de la ville de Bordeaux; il a lieu chaque année, la semaine qui précède la tenue des grands concours généraux de Paris, c'est-à-dire en février ou en mars.
Elle oiganise aussi, tous les ans, un concours départemental d'animaux reproducteurs pour les espèces bovine, ovine et porcine, où près de 3,000 fr. sont décernés, à titre de prime, aux meillejirs éleveurs.
La Société se composait, en 1877, de 376 membres actifia, 8 membres honoraires, 10 membres correspondants; leur nombre est illimité.
Pour être admis comme membre actif, il faut être propriétaire pu fermier d'un domaine rural ou s'être fait remarquer par des travaux ou des écrits utiles sur quelques branches de l'économie rurale.
Le bureau se compose d'un président, de deux vice-présidents, d'un secrétaire-général, de deux secrétaires-adjoints, d'un archiviste et d'un trésorier.
Depuis sa fondation, elle a été présidée par des hommes dévoués, par des agronomes et des savants que la reconnaissance nous oblige à nommer : Ivoy père, son fondateur, Richier, Ivoy fils, Sicard, Gout-Desmartres. Bonnet, de Longuerue, Ferd. Régis et L. Micé.
Le secrétaire général actuel, M. le D^ Plumeau, a remplacé en 1877 M. Dupont, qui avait rempli ces fonctions, sans interruption et par voie d'élection, depuis 1847, avec un dévouement sans bornes.
Quatre commissions permanentes, dans lesquelles sont répartis tous les membres selon leurs aptitudes, sont renouvelées tous les ans : commissions de grande culture, des bestiaux, de viticulture, d'économie politique et de législation.
Le siège de la Société est établi rue de la Merci, 7, à Bordeaux; c'est là qu'ont lieu les séances générales mensuelles, le premier mercredi do chaque mois, et les réunions de ses différentes commissions ; c'est là que vont se réunir les membres qui désirent se rencontrer ou lire les journaux spéciaux et les ouvrages agricoles qui forment une bibliothèque spéciale. La publication de ses travaux a lieu dans le journal d'agriculture et d'horticulture de la Gironde ou dans les annales de la Société, formant quatre fascicules par an ou un volume de 500 à 600 pages.
Gommisslon générale du phylloxéra. — Cette Commission, dont la création a été provoquée par la Société d'Agriculture de la Gironde, le 4 mars 1874, se compose de deux délégués du Conseil général de la Gironde, du Conseil municipal de Bordeaux, de la Chambre de Commerce, de chacune des Sociétés savantes ou Comices du département de la Gironde, de quelques notabilités spéciales et de tout le Conseil d'administration de la Société d'Agriculture de la Gironde. Son bureau est le même que celui de la Société d'Agriculture.
Cette Commission a déjà fait de nombreuses expériences chez divers propriétaires, qui ont mis leurs domaines à sa disposition, et le Conseil général de la Gironde a voté, en avril 18'77, l'achat d'un champ d'expériences et d'enseignement destiné aux travaux de cette Commission.
Comices agricoles du département. — Sous le nom de comices des sociétés, parfois assez nombreuses, s'occupent à peu près des mêmes questions que la Société d'Agriculture de la Gironde. Des comices existent à Créon, à Saint-Émilion, à la Réole et à Bazas.
Comice agricole de r arrondissement de Bazas, créé, en 1835, dans le but de favoriser le progrès agricole et d'encourager les agriculteurs de mérite.
Comme la Société d'Agriculture de la Gironde, dont nous venons de parler, elle accorde, «tous les ans, dans une fête solennelle, des prix et récompenses : P aux vignerons, aux laboureurs et aux résiniers qui se sont distingués dans des concours spéciaux ; 2** des prix et récompenses pour chacun des sept cantons de l'arrondissement, aux propriétaires qui se sont distingués dans l'amélioration de leur fonds, la culture des céréales, les soins donnés aux bestiaux ou aux essaims d'abeilles ; 3^ prix pour tout l'arrondissement aux longs services ruraux, aux élèves des écoles primaires qui auront le mieux traité, par écrit ou verbalememt, une question d'agriculture, aux agriculteurs qui auront réalisé, avec succès, des travaux importants de drainage et d'assainissement; à ceux qui se sont distingués dans la culture du tabac, l'arboriculture, etc., etc.
Un prix d'ensemble (médaille d'argent grand module) à l'agriculteur dont l'exploitation, dans son ensemble et dans ses détails, sera le plus propre à être offerte comme exemple.
Une exposition d'animaux de toutes espèces et des produits de l'agriculture et de l'horticulture a lieu le jour de la fête du comice.
Le comice agricole de Bazas compte aujourd'hui environ 300 membres. Toute personne admise à faire partie du comice est engagée pour trois ans. La cotisation annuelle est de 5 fr. Les membres honoraires ne payent pas de cotisation.
Le bureau comprend un président, deux vice-présidents, un secrétaire général archiviste et deux secrétaires adjoints, un trésorier, un trésorier adjoint, tous élus pour trois ans.
Il est choisi, dans chacun des cantons formant l'arrondissement, cinq membres du comice, qualifiés de commissaires-cantonaux, chargés d'exercer une sorte d'inspection de l'agriculture de leur canton et de représenter le bureau auprès des agriculteurs leurs voisins.
Le budget du comice agricole de Bazas est formé par les cotisations de$