S III. — MUSÉES
Mnséum d'histoire naturelle de Bordeaux. — Le Cabinet ou Musée d'histoire naturelle de Bordeaux reconnaît pour son fondateur M. Joumu-Aubert, comte de Tustal, pair de France, mort le 29 janvier J 815.
Sa fortune, ses relations et ses goûts l'avaient rendu possesseur d'un des plus riches cabinets de France, remarquable surtout par son coquillier et par quelques oiseaux rares. Il en a fait don à la ville en 1802.
Les capitaines de navire du port de Bordeaux et plusieurs particuliers ont, depuis cette époque, enrichi de leurs dons ces précieuses collections. Le coquillier réunit maintenant presque tous les genres et beaucoup d'espèces très-remarquables, il est classé et étiqueté avec le plus grand soin, de manière à rendre réellement utile à la science cette curieuse collection. Il en est de même des mammifères, des oiseaux, des reptiles, des minéraux.
Dans la classe des oiseaux, le conservateur s'est procuré autant que possible les deux sexes et les divers 5ges.
Les reptiles comptent deux crocodiles rarissimes et très-curieux parce qu'ils constituent deux exemplaires types, dont un unique, ayant servi à Bory de Saint- Vincent pour la description de ces espèces. Ces deux crocodiles sont nommés : Crocodilus Jouniei (Crocodile de Journu); CrocodUus Gravesii (Crocodile de Graves).
On remarque encore dans ce musée une faune conchyliologique de la Nouvelle-Calédonie, très-complète, et qu'on peut considérer comme unique. Elle est due aux RR. PP. Montrouzier et Lambert, missionnaires apostoliques en Nouvelle-Calédonie.
Parmi les donateurs qui ont enrichi ce musée, nous devons encore citer : MM. Jouannet et J.-J. Dussumier, qui ont donné un grand nombre d'objets précieux.
Le Musée d'histoire naturelle de Bordeaux est situé au Jardin des Plantes; il est ouvert au public le jeudi et le dimanche, de 11 heures à 4 heures du soir du 1®^ dimanche de novembre au 30 avril, et de 11 heures à 5 heures du 1®^ mai au 15 novembre, et tous les jours aux mêmes heures pour les étrangers.
Les frais qu'entraîne ce musée, confié aux soins de M. le D' Souverbie, sont portes au budget de la Ville pour la somme de 10,300 fr.
Jardin Public et Jardin des Plantes. — L'origine de cet établissement remonte à 1726, époque à laquelle les jurats de Bordeaux créèrent un jardin des plantes dans Tenclos d^ Arnaud Guiraud. Nous avons vu, page 382, à propos du cours de botanique, les transformations successives de ce jardin, qui a été définitivement transféré au Jardin Public (1853-56) à répoque où les belles allées tracées par Lenôtre, et ornées d'arbres séculaires, ont été transformées en un délicieux jardin anglais, au milieu duquel a été placé le jardin botanique. Ce nouveau jardin, que l'on peut appeler à la fois jardin public et jardin des plantes, a été tracé et construit par MM. Fischer et Escarpit. Son premier établissement n'a pas coûté moins de 995,000 fr., et il figure annuellement sur le budget de la Ville pour une somme de 36 à 40,000 fr. (*).
Les belles serres du Jardin des Plantes, qui ont 90 m. 60 c. de long, sont divisées en cinq parties :
1° Un pavillon central, ayant 17 m. 50 c. de haut, 11 m. 25 c. de long, 11 m. 25 c. de large;
2° Deux pavillons latéraux, ayant 12 m. 25 c. de haut, 9 m. de long, 6 m. 25 c. de large ;
3^ Deux grands corps de serres, ayant 6 m. 90 c. de haut, 32 m. 70 c. de long et 7 m. de large ;
A» Deux corps de serres basses, de 3 m. de haut, 32 m. 70 c. de long et 2 m. 40 c. de large;
5® Un corps de bâtiment servant de dépendances et de logement, 7 m. de haut, 90 m. 80 c. de long et 4 m. de large.
Sa petite rivière, ornée de deux ponts en fer, d'un pont rustique, de cascades et d'oiseaux aquatiques, a 460 mètres de longueur, sa surface approximative est de 12,500 m. q.
Ce jardin, ainsi que les squares de la Ville, sont placés sous la direction de M. Saint-Cricq, qui a succédé à un botaniste des plus distingués, M. Durieu de Maisonneuve.
Ce bel établissement, qui peut être considéré comme l'un des plus beaux de France, présente une variété très-grande de plantes et d'arbustes qui le rendent aussi intéressant pour les botanistes qu'il est agréable pour les promeneurs.
Musée préhistorique. — Ce Musée, situé aujourd'hui au Jardin des Plantes, a été commencé, le 11 janvier 1872, avec 600 pièces, recueillies au musée d'armes de la Ville. Grâce aux nombreuses relations et aux efforts de son créateur, M. J.-B. Gassies, il présentait sept mois plus tard, lors du congrès de l'Association française, des spécimens de toutes les séries connues. Il contient aujourd'hui (1877) plus de 15,000 pièces se rapportant aux époques do la pierre éclatée, taillée, polie et du bronze.
Ce Musée est divisé en trois galeries : la première offre, dans dix vitrines, des objets de l'âge de pierre, 1^ éclatbb, âge du mammoutli et de l'ours des cavernes, avec le squelette de cet énorme plantigrade;
(1) Lo Janllu Public el les squares de la Ville tiguront sur lo budget do 1876 pour 51,800 fr.