CHAPITRE m. — LE SOL, SES ASPECTS, SA NATURE
lon^ des digues traversent des alternats de terre de marais et de lits de coquilles marines déjà très-altérés.
Sur cette ligne, les communes de Jau, Dignac et Loirac, figurées comme des îles dans les anciennes géographies, sont maintenant loin du fleuve.
Devant Bordeaux, la plaine dite des Queyries fut également une île. Pour j forer des puits, il faut traverser les touches suivantes :
1** 3 met. d'un terrain paludéen mêlé de débris végétaux ;
29 7 met. environ d^alluvions tourbeuses mêlées de branches et de troncs de pins, de saules, de châtaigniers, de chênes en partie décomposés ;
29 Des graviers et des sables d'où jaillissent des eaux.
En 1806, dans le domaine de M. Jonas John, on découvrit dans cette dernière couche la carcasse d'un navire dont les membrures étaient comme carbonisées, au point que la quille seule, de dimension beaucoup plus forte, put être débitée comme bois à brûler.
De l'autre côté des Queyries, au pied du coteau qui les borde, les foreurs de puits rencontrent ordinairement, à environ 7 m. de profondeur, d^ pierres de lest semblables à celles dont les barques bretonnes composent encore le leur. Ce fieiit confirme la croyance traditionnelle qu'un bras de la Gironde baignait jadis le pied du coteau de Cenon.
Nous pourrions ii;i multiplier les exemples ; mais ceux que nous venons de citer suffisent pour donner une idée de l'importance des alluvions de nos grandes rivières, de la rapidité de leur envahissement et du colmatage naturel qui s'est produit à toutes les époques.
Ce que la nature, livrée à elle-même, aurait mis plusieurs siècles à réaliser, eUe l'a accompli en quelques années, sur plusieurs points de la rive gauche de la Garonne, sous l'impulsion et avec l'aide des forces et de rinteUigenec humaine. On peut voir à Blanquefort, à Parempuyre et à Ludon, au milieu de marais tourbeux et pestilentiels, des dépôts d^alluvions qui ont atteint souvent, depuis peu d'années, près d'un mètre de hauteur, et qui sont couverts des plus belles récoltes. Ces travaux de colmatage accéléré formeront l'objet d'un article spécial de notre livre Yl.
Lies marais du département de la Gironde, autrefois très-considérables, étaient dans plusieurs parties de notre département la source de fièvres et de plusieurs maladies pernicieuses. Aujourd'hui, ils sont presque tous desséchés, assainis, et au lieu de donner la mort, ils donnent la vie ; car rîndostrie agricole en a fait la source de revenus considérables. Â la. place de la bauge, des joncs ou des sangsues, nous trouvons aujourd'hui de Tastes champs de froment, d'avoine ou d'artichauts, et de bonnes prairies.
Les marais du département ont une superficie de 45,455 hect. 52 ares et se trouvent dans un état de dessèchement plus ou moins avancé, ainsi que l'indiquent les tableaux statistiques suivants, que nous devons à Tobligeance de MM. les Ingénieurs du service hydraulique du département.
Espérons qu'avant longtemps nous pourrons écrire à cette place que tous les marais de la Gironde sont en parfait état. Rappelons aux propriétaires que les fonds qu'ils déboursent pour arriver à ce but sont placés à gros intérêts, et remercions MM, les Ingénieurs du département du zèle qu'ils ont apporté dans la direction de ces travaux depuis quelques années.
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CHAPITHE m. LE SOL, SS ASPBCTB, SA NATURE.