‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 529 sur 701 · CHAPITRE I. — ORGANISATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — ORGANISATION RELIGIEUSE

le second cours Balguerie-Stuttenberg, dit cimetière des Étrangers; et le troisième rue Laville, le cimetière Maekarty, rue Saint-Louis, n'existant plus.

Le cimetière communal afiFècté au culte catholique est situé rue d'Ares sur les terrains des Chartreux; il a été inauguré en 1806. Lors de sa création, il occupait une surface de 16 hectares. Les plans furent étudiés par MM. Bonfin et Thiac, architectes. Sa forme était un carré à peu près parfait, traversé dans les deux sens par trois grandes allées; quatre grands carrés ou carreaux, comme on les appelait alors, servaient aux inhumations journalières, et les bordures étaient réservées pour la construction des sépultures privées.

Cette disposition était bien vicieuse, car les enfants et les adultes étaient placés à la suite les ims des autres ; il s'en suivait ime confusion très grande, alors surtout qu'il était nécessaire de procéder à des exhumations; aussi l'Administration municipale de 1809 s'occupa-t-elle de faire étudier im nouveau plan afin de séparer les en&nts des grandes personnes. Les délibérations de cette époque nous montrent combien on s'occupait du cimetière.

Deux. grands projets avaient été étudiés : le premier, pour l'établissement d'une vaste chapelle construite au-dessus d'un immense caveau, destiné à un ossuaire général ; le second était relatif à un monument en forme de pyramide, supportée par im large piédestal, devant contenir des chambres mortuaires, et dans le centre une grande pièce où devaient être placés des appareils pour brûler les corps; ce dernier monument devait occuper la place ou a été établie, plus tard, la grande pyramide surmontée d'une simple croix. A partir de cette époque, le cimetière fut entièrement livré à l'Administration des pompes funèbres, qui le garda jusqu'en 1845; cette année, la ville dut reprendre ses droits afin de faire disparaître certains abus.

L'augmentation toujours croissante de la population préoccupa vivement nos édiles, car le champ de repos devenait insuffisant ; l'agrandissement du cimetière fut donc projeté, et dès 1848 l'ancien établissement des Champs-Elysées fut acquis par la ville, à cet effet.

Cette opération fut faite sous l'administration de M. Gautier, maire de Bordeaux.

Le cimetière s'étend maintenant sur une surface de 24 hectares, et se trouve formé par cinquante divisions ou carrés, destinés aux enfants, aux adolescents et aux adultes.

n était à présumer que cet agrandissement de près d'un tiers de la surface devait suffire pour longtemps; mais le nombre incessant de demandes pour les sépultures privées, et les grandes parties de terrain dont on ne pouvait disposer à cause du rocher que l'on rencontrait dans les fouilles, démontrèrent bientôt que, pour cette fois encore, le cimetière était insuffisant.

L'Administration de M. Fourcand, maire de la ville, s'occupa de faire rechercher des terrains propres à cet emploi ; mais les recherches furent vaines, et il fallut recourir, à un nouveau projet.

De sensibles amélioratîoiis ont été apportées dans le seryiye des inhumations; les champs communs ont été remaniés en grande partie, et les fouilles faites pour les fosses sont tracées au cordeau dans les deux sens; les erreurs qui se commettaient ont, par ce fait, complètement disparu.

Des ossuaires sont affectés à chaque division, et, par suite du rapprochement des fosses, les familles peuvent espérer voir séjourner pour longtemps dans la terre les corps de leurs parents, les champs conunons ne devant être remis en service que tous les neuf ans.

Les nouvelles dispositions adoptées ont laissé certaines zones de terrain libres, qui sont livrées pour la construction des sépultures de familles.

M. Chevalier, adjoint au maire, chargé de la division de la police administrative, est Pauteur de ces améliorations, et c^est à son activité persévérante que la population doit la canalisation du cimetière avec les eaux de la ville, amélioration aussi utile pour les nombreux ouvriers qui y travaillent que pour les familles qui visitent ce vaste champ de repos.

Le nombre des caveaux s'élève h 11,000 jusqu'à ce jour, et les champs communs contiennent 42,000 fosses.

Le cimetière possède im magnifique dépositoire, contenant dans sa crypte 200 cases. Ce véritable monument est dû à M. Burguet, architecte de la Ville. Les constructions élevées dans cette nécropole sont simples et remarquables.

M. Mazois, architecte à Paris, a construit le caveau qui renferme le cœur du général Moreau, et le caveau de la famille Pierlot est dû. à rarchitecte Duban, membre de Plnstitut.

Le caveau Dupuy, rédacteur en chef du journal la Guknne, construit par M. Garros, architecte, est admirable de pureté et de simplicité. Ces grandes lignes de caveaux créées par les architectes de notre ville, font le plus grand honneur à leur talent.

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