CHAPITRE IV. — PRISON DE BORDEAUX
La petite et la grande tour, restes de rancien Fort du Hâ, ne sont utilisées qu'en cas d'encombrement.
La construction première de ces transsepts ne comportait d'abord qu'un étage; mais l'augmentation du nombre des prisonniers nécessita l'élévation d'un autre étage, et plus tard, toujours pour le même motif, on fut obligé d'en transformer les cellules en dortoirs, afin de gagner de l'espace et pouvoir placer un plus grand nombre de lits.
Aujourd'hui, la prison pour hommes contient 150 cellules et 17 dortoirs qui, entre tous, peuvent recevoir 230 détenus.
Les ,cellules mesurent 18 mètres cubes d'air, et leur surface est de 9 mètres carrés. Elles sont munies d'une croisée de 0™70 carrés d'ouverture, et à 1"^60 du plancher. Les portes en sont pleines et en bois de chêne d'une forte épaisseur, munies d'un petit guichet vitré et d'une lentille dite Judas,
Il existe dans chaque cellule un siège d'aisance en fonte, dans lequel on place un vase de nuit, au moyen d'une petite porte extérieure, par laquelle se fait le service de propreté.
Par suite des transformations successives apportées dans ces divers bâtiments, on est arrivé à un système mixte qui, sans réaliser les avantages du régime cellulaire, présente tous les inconvénients du régime en commun. C'est ainsi que plus de la moitié de la population est réunie, tant au réfectoire qu'aux ateliers et dans les dortoirs oii elle est principalement livrée à elle-même, à défaut d'une surveillance que l'insuffisance des gardiens ne permet pas d'exercer d'une façon efficace.
La loi du 15 juin 1875 étant exclusivement favorable au régime individuel et cellulaire, le 'Conseil général a été saisi de l'importante question d'approprier de nouveau les prisons de Bordeaux, en vue de ce nouveau système pénitentiaire.
L'exiguité des locaux s'opposa nt a la réalisation de cette amélioration dans les b^ltiments du Fort du Ha, il était de toute nécessité de songer à une autre construction qu'on reporterait sur un point plus éloigné du centre de la ville. Cette construction occasionnerait une dépense fort élevée, que le Conseil général s'est refusé, jusqu'ici, à imposer au département.
Pour obvier à l'encombrement qui, à un moment donné, pourrait se produire dans la prison du Fort du Hâ, une prison annexe a été créée en 1871, à Bordeaux, dans la rue dite Labottière. Elle n'est pas cellulaire et peut contenir 110 hommes. Actuellement, on y envoie des condamnés à courtes peines, jugés pour la première fois, appartenant à des familles recommandables, et les détenus pour dettes envers l'État. , -
Quartier des femmes, — Le quartier des femmes, construit en même temps que la chapelle à laquelle il est contigu, fait face au cours d'Albret.
Cette construction se compose de trois corps de bâtiments parallèles entre eux et au transsept occupé par l'administration.
Le premier bâtiment ayant vue, d'un côté, sur le jardin du gardien chef, et de l'autre, sur un préau de prévenues, est composé d'un rez de chaussée et de trois étages.
Au rez-de-chau8sée se trouvent le rdfectoire des condamnées, celui des prévenues et accusées, et un atelier pour ces deux dernières catégt>ri». Au premier étage, un dortoir pour les femmes-nourrices, et deux chambres de sœurs disposées de manière k faciliter la surveillance de nuit.
Au deuxième étage, un dortoir pour les prévenues et accusées, avec deux chambres de sœurs.
Le troisième étage est scindé, dans sa longueur, en deux parties. iHms Tune sont établies 4 cellules de punition ; dans Tautre, un petit dortoir pour les femmes employées au service général, et une chambre de sœurs «
Le deuxième bâtiment, construit dans le genre du premier, en est séparé par un préau. Il a un rez-de-chaussée qui sert d^atelier aux condamnées, un premier étage où se trouvent ime salle d^infinnerie, la pharmacie et une chambre de sœurs. Le deuxième et le troisième étage sont affectés à des dortoirs de condamnées et k des chambres pour les sœurs.
Le troisième corps de bltiment, le plus rapproché du cours d^Albret et de la rue Dufau, comprend également un rez-de-chaussée et trois étages. Au premier étage se trouvent les appartements de la communauté des sœurs; le deuxième sert k la lingerie, et le troisième a des lieux de débarras. Au rez-de-chaussée sont des magasins pour les approvisionnements de vivres, de bois, etc. Un jardin, k Tusage des sœurs et servant aussi de chemin de ronde, sépare ce bâtiment du précédent.
Dans le prolongement nord-ouest de ce bâtiment se trouve la salle de maternité, dont rentrée est tout k fait indépendante du logement des sœurs, et dans une petite cour oii il y a une buanderie et une salle de bains.
Le corridor qui précède rentrée du quartier des femmes se continue k rintérieur, entra les deux premiers b*itiment3 : les préaux d'im côté, et de l'autre diverses pièces situées au-dessous de la chapelle. Dans Tune d'elles est établie une vaste cuisine oîi, sous la surveillance des sœurs préposées k ce service, sont préparés les aliments des prisonniers des deux sexes.
Personnel du fort du Hâ.
SEBVICB ADMINISTRATIF
Directeur de tre classe, adininistrant les maisons d'arrêt, de correction et les chambres de sûreté de la 3ôe circonscription pénitentiaire comprenant la Gironrlo et les Landes. ... 1
Grelliep comptable de 2^ classe l
Instituteur de h*e classe t
i^ERVlCEâ SPÉCIAUX
Aumônier catholique de 2« classe. . . 1
— protestant (traitemtfixe). l
— Israélite — l Médecin titulaire de 2® classe l
Médecin adjoint . . |
— dentiste 1
PKRSONNEL DE SURVEILLANCE (9«arfi«r 4w teaw»>
Gardien chef de 2o classe I
Premier gardien !
Gardien commis-greffier de 3* classe, t Gardiens ordinaires de lr<*, 1^, 3» ou
4e classe 1*2
PERSONNEL DR SURVEILLANCE (Qiarticr «m
Sœurs de l'ordre de Marie -Joseph, vivant en communauté dans la prison, rétribuées par l'Etat (7WK) — à la charge de l'entrepreneur.
Succursale de Labottière, t gardien chef de t^c classe; 3 gardiens et t commis greffier de 3* classo.
CHAPITltE IV. — PRISON DB BORDEAUX. 859
Les frais de personnel, d^entretien des détenus et autres dépenses accessoires à la charge de l'État, s^élèvent, pour ces deux prisons, à la somme environ de 140,000 francs.
loBnes Feaan
Population moyenne de l'année 1877 | Labofuèr^e^ ' ^7 » ^
Journées de détenliou î f^K fr."!' * ''if^ "^'"^
{ Labottière.. 6M0 »
Journées de travail : irT?,"."*-' ^Ïf
( Labottière.. 5,6a5
Produit de la ma.n-d œuvre , Ubotlièrc . . 1 .635 03
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Part des entrepreneur. ) ^£^ ■ '"'^^ ^
/^ . . f j i M k Fort du Hà . » hU
Gain par journée de travail ] j.^botiière.. . S8
^ u A' ' \ Fort du Uâ . 177
Nombre moyen d occupes (Labottière.. 15
Régime de vie. — Les condamnés sont astreints au travail. Us doivent garder le silence en tous lieux. Les infractions aux règles de l'établissement sont punies chaque jour au prétoire de justice disciplinaire présidé par le directeur assisté du gardien chef et de Tinstituteur.Xes punitions sont les mêmes que celles que nous indiquons puge 861 pour la maison de Cadillac. •
Les prévenus et accusés ne travaillent que sur leur demande, dans leurs cellules, et peuvent causer entre eux pendant les promenades.
Moyenne des malades par jour 5
Moyenne de la mortalité dans l'anuêu 4
La confection des espadrilles occupe le plus grand nombre des condamnés.
Quinze à vingt hommes travaillent à des ouvrages de serrurerie et de menuiserie.
Quelques vieillards étirent de vieux cordages et en font de Tétoupe à calfater.
Les femmes font de la lingerie pour une maison de Bordeaux; elles confectionnent aussi et entretiennent le vestiaire et la lingerie des prisonniers.
Maison centrale de détention pour les femmes à Cadillac.
— Cette maison, consacrée aux femmes condamnées aux travaux forcés, à la réclusion ou à Temprisonnement de plus d'un an, fut la demeure du fastueux duc d'Épernon.
Ce bel édifice, construit de 1580 à 1600, allait être démoli en 1816, lorsque le comte de Toumon, alors préfet du département de la Gironde, poussa le ministère de l'intérieur a l'acquérir pour en faire une maison