CHAPITRE VI. — MARINE
Un arrêt, en date du 31 mars 1764, approuva cette délibération et cet ediâce devint dès lors VHÔtel de la marine. Il a toujours conservé cette destination.
Aujourd'hui, il est encore occupé par le commissaire général de la marine et les bureaux du commissariat de la marine, le tribunal maritime et l'école d'hydrographie.
Chantier du Roi. — Ce chantier servait en 1755 de dépôt aux approvisionnements en bois propres à la marine royale; en 1759, il devint un véritable chantier de constructions navales. A dater de cette année jusqu'en 1767, MM. Delaurier, Groignard et Quignac, ingénieurs distingués de la marine, vinrent y diriger les constructions de 4 prames de 24 canons de 36, de 4 petits vaisseaux : l' Utile, le Bordelais, le Ferme, le Flamand; des frégates : VAmphitrite, la Belle-Poule, la Tourterelle et la Dédaigneme,^\\xs\e\xv^ de ces bâtiments, montés en majeure partie par des marins de l'arrondissement* de Bordeaux, se sont fait une réputation glorieuse dans les annales de la marine française.
De 1793 à 1814, on a construit dans ce chantier quelques frégates ou corvettes et 120 bâtiments de flottilles, chaloupes, canonnières et péniches.
Le chantier du roi occupait en superficie 12,890 mètres; aujourd'hui, il p'en reste plus que l'emplacement sur le quai de Paludate, où existaient encore il y a quelques années les beaux chantiers de construction de MM. Guibert, Arman, etc.
Magasin des vivres. — Ce vaste établissement, construit d'après les plans de M. Teulère, ingénieur des bâtiments civils de la marine, occupe aux Chartrons une superficie d'environ 25,000 mètres carrés à l'angle de la rue de Lormont et du quai de Bacalan, à côté des Docks et du bassin à flot en construction qui ont pris au magasin des vivres environ 6,700 mètres carrés.
L'acquisition du terrain fut faite au nom du roi en 1785, pour la somme de 60,000 fr. Les travaux exécutés à cette époque furent adjugés à 245,633 fr. ^
Jusqu'en 1818 cet établissement eut pour unique destination celle pour laquelle il avait été créé : le service des vivres de la marine ; mais à cette époque l'administration y établit le magasin général de la marine.
En 1824, au milieu de l'une des vastes cours du magasin des vivres on construisit un atelier pour la conservation des viandes selon la méthode d' Appert. On doit l'introduction, à Bordeaux, des procédés d' Appert k MM. Curateau, inspecteur, et Rodel, commis principal, attachés l'un et l'autre au service des subsistances de la marine. Aujourd'hui, cette fabrication a été portée à Hoche fort et cet atelier sert de magasin et de tonnellerie.
Les celliers du magasin des vivres, organisés k quatre rangs de barriques, peuvent contenir 3,921 tonneaux de vin (de 1,000 litres). Ils en contiennent 4,707 quand on engerbe les barriques par cinq rangs. Ils possèdent en outre deux énormes foudres pouvant recevoir 100 barriques (25,000 litres). Ces foudres sont destinés k égaliser la qualité des vins par leur mélange dans un même vase.
Ses immenses greniers servent à emmagasiner des céréales^ des farines, du riz, des fèves, des boîtes de conserves et d^autres subsistances pour le personnel des ports, des vaisseaux de la flotte et des colonies. Enfin, en dehors et en face de Tédifice, sur une cale avancée, sont construits deux pavillons carrés qui servaient de boucherie et qui maintenant ont été transformés en dépôt de marchandises.
Le magasin des vivres et le magasin général occupaient autrefois 200 ouvriers, quand les travaux de conserves étaient une des spécialités de cet établissement; aujourd'hui le personnel ouvrier est réduit à 25 hommes environ.
Le personnel administratif du magasin des vivres dépend du eommissariat de la marine. Il se compose :
1 Agent comptable de la marine.
1 Commis de comptabilité.
1 Êcrivaia de comptabilité.
1 Magasinier.
1 Distributeur.
SrV. — INSCRIPTION MARITIME.
Non seulement tout marin français est sujet à Pinscriptiou maritime, mais la loi .y assujettit aussi les pécheurs, les bateliers dans les ports, rades et rivières; jusqu'à Pendroit où la marée peut remonter; les charpentiers de navires, perceurs, poulieurs, calfats, voiliers, cordiers et tonneliers établis dans les ports, villes et lieux maritimes. Les homme? de ces différentes classes sont, selon les besoins du service, requis à tour de rôle et tenus de se rendre où les appelle la voix de leur syndic, chargé de faire exécuter les ordres de Tadministration de la marine.
Les mouvements auxquels les expose leur inscription peuvent d^un
moment à Tautre les transporter de leurs foyers sur divers points du
globe; aussi est-il presque impossible de dire à une époque déterminée
quel est le chiffre précis d'une population aussi mobile. Les résultats
suivants ne peuvent donc êtr^ regardés que comme des données très
approximatives.
Capitaines au long cours et maîtres au cabotage 698 512
Pilotes lamaneurs et aspirants pilotes (station de Bordeaux) (*).. 30 25
ruM^^n^^A^ D^^A^^.,^ J Dragueurs et ouvriers dragueurs. 9 »
Quartier de Bordeaux. [QQi^iQ^^ mariniers, matelots et
mousses 3,393 3^368
Ouvriers et apprentis des professions (*} maritimes > 810
Quartiers réunis de Libourne, Langon, Blaye, PauiUac et La Teste 7,339 6.042
11,469 1ÔJ57"
La comparaison de ces deux totaux nous indique une augmentation
(1) Voir uu sujet das piloleâ lamaqours nolro livfo YlUt cUapitro du Port do Bordeaux. (>) Ne sont plus classés.