‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 643 sur 701 · CHAPITRE VII. — INSTITUTIONS CHARITABLES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — INSTITUTIONS CHARITABLES

cent à cette époque de la vie si difficile à traverser. Les Sociétés protectrices de l'enfance de France, et celle de la Gironde ep particulier, ont été fondées, pour la plupart, au lendemain de nos désastres, alors que tant de bons esprits se préoccupaient ajuste titre de la mortalité effrayante qui frappe les enfants du premier âge et cherchaient les moyens d'y porter remède; on peut donc dire que son but est à la fois humanitaire et patriotique.

Pour arriver à ces résultats, la Société protectrice de l'enfance de la Gironde a mis en œuvre les moyens suivants :

1° Service de la Commission des secours. — En 18T7 ont été distribués : 6,214 bons de pain; 4,588 bons de viande; 10,540 bons de lait. Des secours pécuniaires sont en outre accordés aux mères pauvres du département de la Gironde en dehors de Bordeaux.

2^ Service de Vinspection médicale, — En dehors des commissaires de chaque quartier qui visitent les enfants et distribuent les bons, la Société a organisé un service de médecins-inspecteurs qui donnent des renseignements sur la santé des enfants et la façon dont ils sont élevés. Les médecins- inspecteurs sont au nombre de 128, dont 22 à Bordeaux.

Sur la simple demande des familles, la Société se charge de faire inspecter les enfants placés en nourrice à la campagne et de fournir sur leur compte les renseignements désirés.

3® Crèches. — A l'instigation de la Société, des crèches ont été établies dans les quartiers ci-après de Bordeaux : Saint-Bruno, Saint-Nicolas, Saint- Michel, Sainte-Croix, et à Bègles. Toutes reçoivent une subvention annuelle de la Société qui est de 20 fr. par berceau et de 10 fr. par couchette.

4^ Bureau des nourrices. — La Société entretient une agence centrale oii les médecins-inspecteurs envoient des renseignements sur les nourrices. Cette agence se tient au siège de la Société (allées de Tourny).

5° Récompenses. — La Société distribue chaque année des récompenses aux mères les plus méritantes et aux médecins inspecteurs ou aux sa^es-femmes qui ont accompli leur tiche avec le plus de zèle et ùq dévouement.

La Société protectrice de l'enfance a son siège allées de Tourny, hôtel de l'Académie. Elle se compose en 1878 de :

70 Membres bienfaiteurs payant 30 fr. de cotisation annuelle.

466 — titulaires — 12 fr. ~

59 — associés — 6 fr. —

175 — participants (enfants) — 2 fr. —

Son budget s'est élevé en 1877 à 25,786 fr. 27.

£lle est administrée par un Conseil d'administration composé de 30 membres et un bureau composé de 8 membres.

i§ IV. — Société de Saint- Vincent-de-Paul.

T<ous n'entreprendrons pas la tâche aisée d'adresser de longues pages d'*éioges à la Société de Saint- Vincent-de-Paul. Tous nos lecteurs savent

que partout où sont établies ses conférences, les pauvres reçoirent Taumône matérielle, mais aussi l'aumône spirituelle et morale qui console, qui fortifie et donne la saveur au morceau de pain trop sec.

C^est là une aumône et Tune des plus belles, mais aucun chilfre ne peut l'exprimer. Nous devons la signaler et la placer bien haut avant d'entrer dans l'étude purement statistique que nous avons à faire ici.

La création des conférences de Saint- Vincent-de-Paul dans la Gironde eut lieu à Bordeaux en novembre 1839 dans la paroisse Saint- Paul.

Les chiffres ci -après extraits des rapports officiels nous indiqueront les progrès rapides de cette excellente institution dirigée, sous le patrona<?e du clergé, exclusivement par des laïques et qui a étendu en dehors de Bordeaux les bienfaits qu'elle distribue aux pauvres.

En 1870, 54 paroisses des départements de la Gironde, de la Dordogne, du Lot-et-Garonne, des Landes, des Basses-Pyrénées, formant la circonscription du Conseil central de Bordeaux, possédaient et possèdent encore une conférence de Saint- Vincent-de-Paul. Ce nombre étant devenu pi as considérable, il a été établi un Conseil central à Bayonne, de façon que celui de Bardeaux ne comprend plus que 49 conférences situées dans les départements de la Gironde, du Lot-et-Garonne et de la Dordogne.

Sur ce nombre la ville de Bordeaux compte 20 conférences.

Conférences de Bordeaux. — La première conférence de la Société de Saint- Vincent-de-Paul remonte k 1839, le nombre de ses allièrent^ se développa si rapidement qu'il fallut successivement la dédoubler. C'est ainsi que l'on compte a Bordeaux trois conférences en 1841; quatre en 1844; six en 1846; douze en 1856; quinze en 1866; vingt en 1877.

Les recettes de ces conférences suivent la progression suivante :

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