FAU
1774 dans les chevau-léç^ere de la maison du roi. Durant les loisirs de la garnison, ils étudièrent le droit et se firent recevoir avocats ; en 1780, ils furent nommés ofT. dans un régiment de dragons et ils continuèrent à occuper leurs loisirs par la lecture des livres de sciences ou de littérature. C'est en 1789 c(ue nous les voyons entrer dans la vie politique : ils partent pour Paris partisans d'une sage réforme et dévoués aux intérêts du peuple; ils se lient avec Mirabeau, Bailly, Necker, etc., et sont nommés, en 1791 : César, président du district de La Héole et commandant des gardes nationales de la Gir.; Constantin, commissaire du roi et chef de la municipalité de La Réole. Ils rendirent de grands services lors des inondations et de la famine qui désolèrent la Gir. à cette époque. En 1793, lorsau'ils virent la République menacée par Vétranger d'un côté et les Vendéens de rautre^ ils formèrent le corps-franc d'infantene connu sous le nom de : les Enfants de La Réole, et qui fut dirigé sur la Vendée. Durant cette malheureuse guerre, ils coururent simultanément les mêmes dangers, furent blessés dans les mêmes circonstances et nommés ensemble généraux de brigade, après l'attaque victorieuse de la forêt de Vouvans, le 13 mai 1793. Les blessures nombreuses et graves qu'ils reçurent durant cette guerre les forcèrent à quitter le service. Girondins de naissance et de cœur, ils furent accusés de fédéralisme et traduits le l»"^ janv. 1794 devant le tribunal révolutionnaire séant à Hochefort; condamnés à mort, ils montaient résignés les premières marches de Téchafaud, loi*s-
3ue le représentant du peuple Lequinio onna l'ordre de surseoir a leur exécution ; leur procès fut revisé et quelques iours après ils étaient mis en liberté. Malgré l'état délabré de leur santé, ils ne tardèrent pas à être rappelés au service et dirigés sur l'armée du Rhin et de la Moselle, mais ils ne purent y prendre un service actif. Kléber, leur ami, écrivit à cette occasion : « Ils ne peuvent plus )» aller en avant; mais cju'on les place » comme pièces de position, cela leur » conviendra ; je les connais, ils n'aiment » point à aller en arrière. »
Le 3 avril 1800, Constantin fut nommé sous-préfet à La Réole et, le 15 mai 1800, César entra au cons. gén. de la Gir. En 1803, l'un et l'autre se démirent de ces fonctions et se livrèrent à des opérations commerciales où ils perdirent une grande partie de leurs biens lora de la faillite de la Bançiue territoriale. Ils se retirèrent alors à La Réole pour y vivre dans l'obscurité. Vers la fin de lSl4, appelés à Paris par des afl*aires particulières, ils s'y trouvaient encore en mars 1815, au retour de l'Empereur de l'île d'Elbe. Séduits par les promesses libérales de Napoléon,
Constantin accepta le titre de maire do La Réole et César accepta le mandat do représentant que lui ofl'rit le collège électoral de La Réole. Le 14 juin 1815, ils furent nommés ^ et envoyés comme maréchaux de camp à l'armée des Pvrénées-Orientales. Enfin, lorsque la fcir.
fut mise en état de siège, Constantin reçut le commandement des arrondissements de La Réole et de Bazas. Louis XVIII étant rentré de nouveau à Paris, ils abandonnèrent leurs fonctions le 21 ju il. 1815. Le lendemain, des soldats de passage insultèrent et renversèrent le drapeau royal. La ville ne prit aucune part à cet acte d'hostilité, cependant on en fit retomber la responsabilité sur les frères Faucher qui rurent conduits à B*, renfermés au fort du Hà, accusés, à leur grand étonnement, d'avoir résisté aux opdres du gouvernement; jugés sans défenseurs par le conseil de guerre permanent aSvSemblé au Château-Trompette, ils furent condamnés à mort le
24 .sept. 1815. Poussés par leur famille à se pourvoir en revision, cette fois, ils trouvèrent des défenseurs, ce furent :
M" Roullet, Denucé, Albespi, Emérigon et Gergerès. Six moyens de nullité furent présentés au conseil de revision qui simplement confirma le jugement le 26 sept. Ces deux hommes, qui avaient toujouis eu l'un pour l'autre un amour et un dévouement fraternels qui ne peuvent se comparer qu'à leur amour ot à leur dévouement pour la patrie, passèrent la nuit du 26 au 27 à prendre leurs dernières dispositions, se donnèrent un dernier baiser avant de sortir du cachot et marchèrent au-devant de la mort en se donnant le bras, avec le calme qu'ils avaient conservé depuis leur arrestation. Arrivéî» au lieu du supplice, ils refusèrent de se laisser bander les yeux, se mirent à genou, la poitrine découverte et la tôte haute; César commanda le feu d'une voix ferme et ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre le 27 sept. 1815. Ils furent inhumés dans le cimetière de la Chai>treuse, à B«.
Pour plus de détails, voir Biogr. gin.
HoEFER, et Mosaïque du Midi. — Clémence Robert, Les jumeaux de La Riole, G. Lévv, in-iî, 1 fr. — Travail de M. Gaidas, dans la Revue catholique de B% en 1888. — Casimir Facchrr, Procès des frères Faucher, B«, 1830, in-8% avec 2 portraits. — Procès des généraux César et Constantin Faucher, in Bibliothèque hist., t. VI, p. 169 à 498, avec 1 portrait double.
FAU6ËRE (Mathieu -Edouard), né à Grignols, arr. de Bazas, le 18iuin 1811, mort à Grignols le 4 sept. 1880. Notaire à Grignols du l" juin 1840 au 17 juin 1879, notaire hon. le 11 juil. 1881; viceprésid. de la chambre consultative d'agriculture de l'arr. de Bazas en 1858; adjoint au maire de Grignols du 19 janv. 1859 au
25 juil. 1861; premier suppléant du juge
F Ai-
de paix de Grignols du 16 mars 1850 au 18 déc. 1879; cous, d'arr. pour le canton de Grignols du 18 juin 1861 au 4 août 1867 : maire de Grignols du 23 iuil. 1861 au 25 mars 1881 et du 3 mai 1882 à 1888 ; cons. gén. du 4 août 1867 au 1" août 1886. Son éloge a été prononcé sur sa tombe
tar M. Deyres, notaire hon., et par M. le
aron de Brezctz.
FATJG£RE (Emile)f ingénieur civil, ne à Agen (Lot-et-Gar.) en 1832. Sorti de TEcole des arts et métiers d'Angere en 1851 avec un des premiers n°' ; de 1851 à 1870, successivement chef de section et chef de bureau dans les Compa^ies des ch. de fer d'Orléans et du Midi. Fixé à B^ depuis 1870, époque de son association avec M. Bernard, Tun des plus sérieux entrepreneurs de grands travaux
Ïiublics français qui, à ce titre, et après a construction par lui des bassins à flot de B>-Bacalan, a été nommé ^.
L'association Bernard et Faugère a entrepris depuis 1870, sans parler de tra\'aux moms importants, 750 kilom. de lignes ferrées actuellement livrées à la circulation ou dont l'achèvement se poursuit, savoir : Dans la Gironde, le ch. de fer de Nizan à St-Symphorien, avec prolongement de SoreàLuxey; l'achèvement du réseau des chemins de grande communication ; la ligne ferrée de St-Symphorien à Lesparre avec embranchement d'Hostens à Beautiran et de Lacanau à B*; le ch. de fer de St-André-de-Cubzac à St- Ciers-Lalande, passant par Blaye; dans le dép. des Landes : le réseau des ch. de fer d intérêt local du dép., 170 kilom. ; dans le dép. dç la Somme : les lignes ferrées d'intérêt local de ce dép., sur une longueur de 300 kilom. ; dans le dép. de Maine-et-Loire : le ch. de fer d'Angers à Noyant.
M. Faugère, devenu en 1884propnélaire du domaine de Laprade (pi*ès La Brède), a reconstitué de fond en comble cette ancienne résidence seigneuriale tombée presaue en ruines. En (quatre années, il a refait et agrandi le vignoble, l'emanié et mis en état de production les prairies et les cultures, transformé, en les rendant habitables et en les complétant, les bâtiments d'exploitation, et enfin édifié le magnifique château qui existe aujourd'hui. M. Jraugère est l'artisan de sa fortune, qu'il doit uniquement à son travail.
FAUGIËRES ou FOUGIÈRES (Jehan), né à B^ dans les premières années du XVI» s. Prof, au collège de Guyenne qu'il quitta pour se rendre à Paris.
FAULTE TN...), jurisconsulte distingué moit en 1740 à B^ où il était avocat. A publié en 1717 une édition estimée des Diverses ohsei*vations de droit de Mau-
rice Bernaixl; annotateur, en 1731, du Commentaire d'Arnauld de Ferron sur la coututne de B^; il a travaillé à la 4« édit. des Décisions sommaires du palais, de Lapeyrère. B. de F.