AUS
Aiisoiiius avait composé plusîpui's ouvrages dont ies conteiiipoi-aiiis ont parlé avec clojçe, mais qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Marcellus Empiricus, dans la préface de son livre, le nomme parmi les {grands médecins auxquels il a emprunté les remèdes de son i*ecueil; au chap. xxv du même ouvrap^e, il le cite encore à propos d'un sf)écilique au'il avait découvert conti-e la goutte, et dont il donne la composition et le mode d'emploi. Ausone exerçait son art gratuitement pour les indigents; une tVadition recueillie par Jouannet «itlirme que son nom a été donné à deux fontaines auprès de Bazas, parce au'il avait coutume d'aller s'asseoir sous les arbres qui les ombrageaient pour donner ses consultations aux pauvres habitants des lariiles. Son fils l'a célébré dans ses ouvrages en vers touchants ; il lui fait diitî :
Nomen efroAtuoniiu non altimiM art* medcndi Et mca si nout« tcmpon primua cnun,
Viclnat vrbcB c )lui pntriaque domoqne
Vuatca patrU led Ure Dnrdlg«lam... etc.
h. de F.
AUSONE (Decius ou Docimus Magnus Ausonius), fils du précédent et de Jùnilia /Konia, son épouse; né à H« en 309; célèbre poète latin. Îa* rhéteur Arborius, son oncle, se chargea de sa première éducation et le confia ensuite aux soins de^i excellents professeurs que B» possédait à cette époque. Nous savons, par le poètîi lui-même, que Maciinus, Staphylius, Luciolus, Minervius, et<'..., lui donnèrent tour à tour des leçons.
Son éducation tei-minée à Toulouse, où son oncle Ai'borius était allé enseigner la rhétorique, Ausone débuta à son tour dans.renseigiioment, carrière qui menait à tout. Il professii avec éclat la grammaire à B^, et épousa Attusia Lucana Sabina, iHIe du sénateur AttusiusLucanus Talisius; il la pei'dit très jeune et resta fidèle à .sa niéiiioire; il en avait eu trois enfants, dont l'un, Hespérius, panint aux grands emplois. L;i renommée »rAu.sone grandissant, rem|M»reur Valentinien I"' l'appela à la cour, aloi-s A Trêves, et le nomma pi*écepteur de Gi-atien, héritier de l'empii-e. Elevé à la questui-e, ci-éé comte, comblé d'lionneui"set de dignit<''S, Ausone vit sa faveur augmenter encoie quand, en 37."», son impéi-ial élève arriva au pouvoir. Nommé préfet d'Afri({ue et iTIlalie, puis préfet des (laules avec Hespérius, il fut enfin revêtu de la première charge de l'empire en 379. Son consulat marque l'apogée de sa fortune : trois ans plus tard Gratien mourait et, malgré les bienfaits et les instances de Théodose, Ausone quitta la cour et revint jouir dans sa patrie des richesses et de la considération (|u'il av:ut acquises. H possédait tians les environs de B« le domaitie d(; Lucaniacus, qu'on place à
St-Georges-de-Montagne, arrond. de Libourne, et la Villula qu'il a chantée et dont M. Reinhold Dezeimeris croit avoir découveil l'emplacement à Loupiac, canton de Cadillac, arr. de B«. C'est dans ces ivsidences et au sein des lettres et de l'amitié que s'écoula sa paisible vieillesse; il mourut vers 394. Ausone fut lié avec tous les hommes éminents de son époque : Symmaque, Accius Paulus,Théon, saint Pau lin, pour ne citer que ceux-là, furent ses amis. Toute la vie de ce poète est dans ses ouvrages, qui foui^ nissent de précieux renseignements sur l'histoire et les mœurs de son temps; ses œuvres se composent de pièces consacrées à la mémoire de ses parents, des professeur bordelais, d'éloges des villes illustres, entre lesquelles il célèbre B« sa patrie; d'un discours à l'empereur Gratien, son élève, dans lequel il le remercie de son élévation au consulat; d'épitres, d'idylles et d'épigrammes oii il a mis le meilleur de son talent, et de quelques autres bluettes, jeux de société ou délassements de rhéteur que l'abus de l'esprit rend fatigants ; son poème de La Moselle^ le plus long de ses ouvrages, renferme de véritables beautés descriptives; sa gracieuse Idylle des Roseji (œuvre que les plus i-ecents crititiues considèrent comme apociyphe) et quelques-unes de ses spirituelles épigrammes ont été l'objet d'imitations innombrables de la part des poètes français. Ausone était cil retien, bien que la nature de ses inspirationsen aft fait douter quelquefois. Les éditions de ses œuvres sont tivs nombreus:»s. Citons lapremière de toutes imprimée à Venise en 1472 ; la magnifique édition in-4» donnée par Elie Vinet, à li*, chez Simon Millanges, en i,'>80, réimprimée en 1590 et en 1604; celle de l'aobé Jean-liiiptiste Souchajr, contenant des notes de Martin Despois, de B«, trouvées manuscrites à la suite d'un Ausone à la J^ibliothi^que royale et publiée à Paris en 1730, in-i»; enfin la meilleure de toutes due à Schenkl, prof, à l'Université de Vienne et publiée à I^rlin en iHKJ en 1 v«d. in^"; elle fait partie des Monniticnta irrn)iauiœ hialorica ! sans tloute à cause du poème sui la Moselle! Vnv autre vient de paraître à I^iiizig, 18H6, in-^^", donmV par M. Peiper. Nous avons deux trîuluclions de ses ouvrages. La première de notre compatriote, l'abbé Jaubert, inemb. de l'Acad. de B«, Paris, Delalainou Panckoucke,17t59,4vol. in-12, elle est médiocre et incomplète; la seconde, bien meilleure, et plus fidèle, due à Cornet, forme 2 vol. in-8«, lHi2, dans la colfect. Panckoucke, elle est précédée d'une excellente biographie d' Ausone et accompagnée de not«*s savantes. L'iinp.
Gounouilhou \ienl de faire paralti'e une éilit. critique avec ti'aduclion franç.'iise de La Mnselh*, annotée pai* M. de La Ville