LAVERGNE DE GUILLERAGUES
fGabrel-Joseph, comte de), né à B< le 16 nov. 1628, d'une ancienne famille originaire de Monségur (Gir.), ayant fourni plusieurs mémo, au Pari, de B^ (V. son acte de naissance dans le XXV* vol. des Archives hist.de la Gir., p. 1^, mort d'apoplexie à Constantinopleen 1684 ou 16fô. D'abord premier présid. à la Cour des Aides de B>; M. de Conti, charmé de son esprit, l'attacha à sa personne en qualité de seci^taire de ses commandements; il sut gagner à la cour l'amitié de Racine et de Boileau, la protection de M<a« de Main tenon, et devint secrétaire de la chambre et du cabinet du roi; nommé en 1679 ambassadeur de France à Constantinople, il y doima une si haute idée de la puissance de Louis XIV que le
Srand-vizir lui accorda les honneurs u « sofa )> dans une audience solennelle (1684). Le comte de Guilleragues dirigea
LAV
LAV
quelque temps la Gazette de Paris ; on lui attribue une traduction des Lettres d'une relieuse portuaaise. On ssiii que Boileau lui a dédié sa V« épltre :
E«Iirlt nà pour U ooar et maître en l'eit de pl>!x«i Onllierefnee qui eaU et perler et te taire, ▲pprendcHmoi si Je doU ou me taire oo parler..
J'ignore si Guillei*afirues savait se taire, chose plus difficile qu on ne pense, mais à coup sûr il savait parler. Cizeron-Rival raconte le trait suivant : quand Guilleragues fut nommé ambassadeur à Constantinople. il alla prendre congé de Louis XI V et lui demander ses instructions. « Faites, lui dit le roi, tout le contraire de ce qu'a fait votre prédécesseur. » — « Sire, répondit-il, je ferai en sorte que Votre Majesté ne donne pas les mêmes instructions à mon successeur. > St-Simon le peint ainsi : (k gascon, » gourmand, plaisant, de beaucoup d'es- » prit et d'excellente compagnie.» (Meni., éait. Hachette, coll. des grands écrivains, t. III, p. 197.) B. de F.
V. Ambassait du comte de Guilleragues et de M. de Girardin auprè» du grand seigneur, Paris, 1687, in-i2; Relation de l'audience donnée sur le grand sofa par le grand-vizir à M. le comte de Guilleragues le 98 oct, 1684, dans les Curiosités historiques, Amstcnlam, (Paris), 1759,2 vol. in-12 ; Mém. de Cosnac, de St-Simon, de Choisy, de Sourche, etc.
LA VERONE (Fleuret-Jean-Baptiste, c^ de), né à La Vergne-Montezu (Aveyron) le 23 déc. 1807. Termina ses études à B>, où il suivit ensuite, sous la direction de MM. les SulpicienSj des cours de philosophie et de tnéologie iusçiu'en 1825, puis entra chez les H. P. Jésuites de cette ville dont il se sépara après les ordonnances de 1828 ; s'embarqua en 1830 pour la Martinique où il prit une part active et couronnée de succès à la pacification des noirs insurgés. Le calme revenu, il s'occupa d'explorations scientifiques qui avaient été le but de son voyage et réunit des matériaux sur la faune et la flore des Antilles. Rentra en Rouergiie en 1833, et s'établit à Paris en 1835 pour y surveiller Téducation d'un jeune fr«re et s'occuper de sciences et de littérature.
En 1841, il vint se fixer au château de Cantemerle (Médoc), terre-vignoble de la famille de Villeneuve de Durfort, se voua à la prospérité de ce beau domaine et à l'administration du vignoble de Morange qu'il possède en Médoc.
Lorsque éclata la révolution de fév.1848, il vint à B* s'incorporer dans la garde nationale et assister à la formation des comités et clubs où il affronta souvent les tribunes populaires, se déclarant légitimiste mais prêt à faire l'essai de la « républiçiue honnête », puis il forma, pour favoriser le développement des idées sages, le comité des corporations d'ouvriers réunies dont les candidats, ouvriers et chefs d'ateliers, obtinrent
aux élections des représentants du peuple, l'un 30,000 voix et l'autre 33,000.
Des agitations politiques de la ville, M. de La Vergne revint aux travaux des champs, fut élu maire de Macau, où il fit faire de nombreuses améliorations, et se retira en 1852.
La nouvelle maladie de la vigne arriva. Toute son activité fut dès lors consacrée à étudier l'oïdium et à propager par l'exemple, les brochures et les conférences, la pratique du soufi'age, pour laquelle il a inventé un soufllet modèle.
Rappelé aux fonctions de maire de Macau, il les a exercées de 1865 à 1870; memb. de la Soc. d'agriculture de la Gir. depuis 1845, il y a été longtemps présid. de la commission des vignes; présid. de la Soc. littéraire et artistique de 1865 à 1868, il a rendu de grands services à cette société; présid. du cous, d'adm. du Paro-Bordelais depuis 1868, il a concouru puissamment à la cession de ce domaine à la ville de B' en vue de le transformer en promenade publique; memb. du cons. d administration de la Soc. des agriculteurs de Fi-ance depuis sa fondation; memb. du cons. d'adm. de la Soc. d'horticulture de la Gir.; memb. corresp. de la Soc. nat. d'agriculture de France; ^ en 1867, sur la proposition du jury international pour son initiation dans le soufrage de ta vigne et services exceptionnels rendus à la viticulture.
Collaborateur du Journal de l'agriculture et du Journal d'agriculture pratique. On a de lui : Traité des bioliothèques paroissiales, Paris, 1836, in-8«; Mémoire sur les Sociétés d'assurances mutuelles contre la grêle, Paris, 18i7 ; Réflexions critiques sur les ouvrages de M. Housset, Paris, 1847; Mélanges littéraires, 1836; Méni, sur la maladin nouvelle de la viane avec pi., B*^- Lafargue, mars 1852, in-S»; Guide du soufreur de vignes, I^, 1857, in -8», avec pi., contenant l'étude scientifique de l'oïdium; Manuel pour le soufrage des viynes, É^, 1860, in-18; Rè^us du soivfraae de la vigncy B«, 1861, in-18.
Nombreux mémoii^es dans différents journaux ou revues scientifiques.
V. Annales de la Soc. d'agriculture de la Gir.; Annuaire de la Soc. des agriculteurs de France.
LAVERTUJON (Justin-André), né à Périgueux le 26 juillet 1827. Entré dans le journalisme en 1855, il fut appelé à la rédaction en chef de la Girotiae par son beau-frère, M. Gounouilhou, qui en était devenu propriétaire en 1854. Chacun sait quel développement prit aussitôt la Gironde dans toute la région du Sud- Ouest et même à Paiis. Aussi, dès 1857, sa polémique indépendante eut-elle pour résultat d*amenerle 21 juin de la même année Télection de M. G. Curé, contre M. Montané, candidat officiel (M. G. Curé
LAV
LAV
obtint 13,860 voix; M. Montané, 7,622.) En 1863, la démocratie bordelaise posa la candidature de M. André Lavertujon au Corps législatif; api^ès une lutte des plus vives, son concurrent, M. Gustave Curé, alors candidat ofllciel, fut élu à une majorité de quarante voix (13,384 contre 13^); dans Bs-Ville M. Lavertujon avait obtenu 2,665 voix de majorité. En 1809, il fut de nouveau candidat de Topposition à la députation et obtint 15,101 voix contre 16,675 données à M. N. Johnston, candidat ofllciel. En septembre 1860, le svndicat de la presse démocratique de Paris et des départements le choisit pour son président. Il prit en 1870 une part active a la propagande antiplébiscitaire comme membre ou comité central de Pai*is, où il marchait en étroit accord avec Gambetta et Jules Ferry. Elu en 1870 memb. du cons. gén. par le l*'' canton de B^, il ne put occuper son siège par suite des événements d*août et de septembre. Le 4 septembre 1870, il fut nommé secré* taire gén. du gouvernement de la Défense nationale et dut prendre la haute direction de V Officiel dés le 7 sept.; quelques jours plus tard, aprè5 la retraite de M. de Kéra« try. il se vit obligé d*as8umer la lourde tAche de président de la commission chargée de classer les papiers saisis aux Tuileries, dont il avait été précédemment vice-présid^ A la signature de Tarmistice, il fut délégué par Te gouvernement de la Défense nat., pour accompagner M. Jules Simon à B*, ce qui entraîna l'abandon de la direction politique du Journal officieL Quand le ffouvernement de M. Thiers se constitua, M.André Lavertujon fut nommé consul général à Amsterdam (avril 1871). Il donna sa démission dès le 24 mai 1873, jour où fut renversé M. Thiers. Rentré dans le journalisme, mais sans signer ses écrits (sauf quelques articles Variétét dans le Tenips)^ M. André Lavertujon s'y maintint jusqu^en 1880, époque où il fut nommé consul ffénéral a Anvers, d'où il passa avec le même titre à Naples. n fût nommé ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire près la République Argentine, poste qu'il n'accepta pas. Il remplit alors pendant trois ans les fonctions de délégué de Finance
Eres la (Commission internationale du lanube. En 1884, il fut nommé ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire a Mexico. Après quelques mois d'hésitation,- M. André Lavertujon, ne se décidant pas à partir pour l'Amérique, fut nommé ministre plénipotentiaire pr^ident de la Commiss. de aélimitation des Pyrénées»
poste qu'il a occupé jusqu'à son acceptation du mandat de sénateur, qu'il a reçu le 31 juillet 1887 des électeurs de la Gironde, en remplacement de M. Issartien, décédé, et qui a été renouvelé en janvier 1888. Il est ^ depuis juillet 1881. En dehors des nombreux articles qu'il
a publiés dans la Gironde et dans divers
Î'ournaux de Paris, entre autres la Trimne (1800), M. André Lavertujon a écrit : Monographie 'de* produite du département de la Gironde au Palais de VInduitrie. B>. 1856, in-12, 214 pp.; VAn i8ô9, br. in-8«, 1862; Lettre à M, le Préfet, B», 1863, in-««. Cette dernière brocnure eut un grand succès.
LAVIB. CSette famille, originaire du Béam, se ûxa à B> aussitôt après la conquête de la Guyenne par Charles YII. H est de tradition chez elle que sept Lavie restèrent sur le champ ae bataille de Mansourah en 1250. Un seul Lavie, resté en Béarn par suite de son jeune âgej fit de nouveau souche et prit cette devise : Po9t funera vivo, qui est encore celle des Lavie.
LAVIB (Noble Jehan de), jurât de B* en 1480, convoqué en 1401-ys au ban et arrière-ban de la noblesse de Guyenne.
LiVIE (Arnaud de), petit-fils du précédent, licencié es lois, procureur-syndic de la ville de B«, signa le 27 fév. 1533 le procès-verbal de fondation du collège de Guyenne. Entré au Pari, de B* en 1540. Les Lavie devaient faire partie de cette Compagnie jusqu'à sa suppression (1790).
LAVIE (Fortin de), conseiller du roi Henri IV, présid. aux requêtes du Pari, de Bs. Décédé à Tours le 21 août 1500, en se rendant à Paris où, d'après une tradition de famille, Henri IV Tavait appelé. Ce prince le tenait en haute estime. Fortin de Lavie eut deux fils : Bernard dont l'article suit et François qui entra dans 4a Compagnie de Jésus.
LAVIE (Bernard de), né à Dax le 31 août 15719. U épousa le l«nanv. 1604 Antoinette de CUunain, fille de Thibaud de Camain, cons. au Pari, de B>, et d'Eléonore de Montaigne. Présid. aux requêtes au Pari, de B<, il mérita le 27 oct. 1620 le brevet de cons. d'Etat. Louis XUI lui donna une nouvelle marque de la haute estime qu'il avait de son mérite en le nommant premier présid. du ParL de Navarre par lettres patentes du 23 juil. 1022. Le roi ayant jugé nécessaire de supprimer un grand nombre de charges de cons. d'Etat, maintint en 1634 celle de Bernard de Lavie en raison « de ses éininentes vertus, probité, capacité et expérience convenables à une si haute charge ».
En fév. 1643, Bernard de Lavie se démit de sa charge depremier présid. en faveur de son fils Thibaud, mais le roi voulut qu'il continuât à en remplir les fonctions
Cendant au moins cinq ans. Le 17 nov, 648, Louis XIV lui adressa les lettres les plus honorables.
Bernard de Lavie mourut à Pau le
LAV
LAV
6 oct. 1655 et fut enseveli dans le chœur de l'église de N.-D. de fiétharam. U laissa trais fils et trois filles : Thibaud dont 1 article suit; MaroÂntoine oui épousa Catherine de Lurbe et reçut 30,000 fr. de dot; Jean -Pierre devint ecclésiastique; Ëléonore mourut jeune; Jeanne entra aux Carmélites; Marie devint abbesse de l'ordre de St-Bernard.
LAVIE (Le P. François de), frère du précédent, jésuite, né à 6> en 1580, mort à Dijon le 4 oct. 1U50. Successivement prof, de philosophie à Pont-à-Mousson et à Verdun, pi^fet des études à Dijon, recteur à Metz, Pont-à-Mou8son et Dgon. Il prêcha dans Téglise St-Hemide B* l'avent de 1635 et le carême de 1636. On trouvera dans de Backer : Bibliothèque, etc., la liste des ouvrages du P. de Lavie.
B. de F.
LAVIE (Thibaud de), né vers 1606, fils de Bernard, neveu par sa mère de Tillustre Michel de Montaigne. Avocat très jeune au Pari, de Navarre, il se fit remarquer par une éloquence passionnée et une profonde connaissance des aifaires; avocat gén. à B> le 31 mars 1635, joua dans cette ville durant les troubles de cette époque un rôle important criticjué par divers historiens, mais sur lequel, (lit M. Communay , le jour n'est pas encore complet. Epousa en 1642 sa cousine Marguerite de Maillard, fille de Pierre de Maillard, cons. du roi, et de Marguerite d'Aulède^ qui porta en dot gOfOOCTfr. Si- • suèrent a ce mariage : dame V* Olive de Lestonnac, messlres Marc -Antoine de Gourgues, Jacques de Mons, Guillaume de Cursol, de Suduii*aut, de Tarangue, Henri de Montaigne, Guy de Monibeau^ Denis de Malet, de Montferrand, de La Toulade, J.4. de Tutoi, tous parents ou alliés.
Nommé en 1643 survivancier de son père, et le 15 fév. 1644 cons. d'Etat, pour reconnaître sa vertu, sa capacitéf sa fidélité et affection à notre service ; gratifié de nombreuses pensions et augmentations de gages, en 1654, pour son attachement au service du roi au temps de la Fronde* La princesse de Conti et son fils le duc d'Enghien ayant été reçus à B> au préjudice des ordres du roi, Thibaud de Lavie fut menacé de mort ainsi que sa famille. Le marquis de Sanvebeuf, quoique son ennemi, le sauva, mais il n'empêcha pas le pillage de sa maison et dut le faire s'échapper en bateau, jusqu'à Blaye. avec le cons. Mirât. Il succéda à son père, en 1648, comme premier pi^id. du Pari, de Pau et fut autorisé à conserver son office d'avocat gén. à B> ; pen* dant dix ans, il séjourna tantôt à Pau, tantôt À B>; en 1664, il consacra toute sa grande science judiciaire au Parlem. de Navarre.
Le 29 sept. 1684, il mourut subitement dans sa maison de campagne, près Pessac, â^é de soixante-seize ans, et non en it)85, a Pau, comme l'ont dit certains biographes. Son oraison funèbre fut prononcée à Pau, le 30 janv. 1685, par te P. Dupin et imprimée à Pau, chez Jean Deabarats, en 1685, et il fut enseveli dans l'église des PP. Jacobins de B*.
De sa nombreuse famille il ne laissa que trois fils: 1» Gabriel -Ignace; 2» Bernard-Fort ; 3" Gabriel-Maurice, qui seul fit souche. Huit autres enfants pour le moins embrassèrent l'état ecclésiastique ou entrèrent en religion.