V. Larousse, Grand Diciionnaire
MILLANGES (Simon), né à Boi*t dans le Limousin vers 1540, mort à B< vers 1023, fut d'abord prof, de belles-lettres
au collège de Guyenne. «C'était, dit )» l'abbé tiellet, un des plus habiles gram- «mairiens du roi^aume; avec la langue » latine, il possédait la langue grecque en 1» perfection, la jurisprudence, la philoso- )»J)hie, la rhétorique et la poésie. » Le 17 juin 1572, Millanges acquit de l'imprimeur protestant Pierre Haultin, de la Rochelle, l'un des premiers typographes du ro)faume, deux presses avec tout leur matériel, 12 sortes de caractères latins, texte et italiques, et même, chose très rare dans le Sud-Ouest, des caractères grecs. Il fonda à B'' une imprimerie de prem. ordre qui jouit bientôt d'une grande célébrité. Les jurats le gratifièrent de 400 livres tournois pour l'aider à s'établir^ lui octroyèrent des lettres de bour- Seoisie et l'exemptèrent, ainsi que ses escendants, de toutes les charges et impositions qui pesaient sur les habitants de B*. Nommé imprimeur du roi en 1576, Millanges imprimait encore en 1620.
Pour la correction du texte et la beauté de l'impression, certains des livres sortis de Toflicine de Millanges peuvent rivaliser avec ce que l'art typographique du xvi* s. a produit de plus parfait. Ce savant impiimeur a publié un grand nombre d'ouvrages; nous nous contenterons de citer les suivants, renvoyant le lecteur à la liste des principales impressions de Millanges, dressée par L. de Lamothe dans le Ù. R. de la Comm. des mon, h'ist. de la Gir,, 1848, pp. 32 et suivantes, en le prévenant que cette liste, fort incomplète, renferme en outre quelques erreurs; l'auteur n*y cite que 80 ouvrages, tandis ou^un bibliophile bordelais qui s'est occupe de Millanges possède dans ses notes plus de 250 titres de livres imprimés par le grand typographe bordelais.
Nous ne pouvons donc citer ici que quelques-uns des plus remarquables: Vineti Èlim de logica libri très, 1573, in-8o; Elie ViNET, L'antiquité de Bourdeaux et de Bourg, 1574, in-^; Mcrcurii Trimegisti Pimandras utraque lingua restitutu^ D. Frnncisci Flussatis Candallss industria, 1574, in-4o; les caractèi'es grecs de ce vol. sont de la plus grande beauté ; Poèmes de Pierre de Bracu, bourdelois, 1576, ia4»; i" partie des sonnets exotériques de G. M. D, /. Gérard (Marie Imbert), pet. in-8o, 1578; Les Essais de Montaigne, 1580, in-8o, 1^" édition; les mêmes, 2« édition, 1582, in-8<>; Ausonii opéra, edente Vineto, 1580, in-4o avec 2 planches, représentant les ptliera de Tutelle et le palais Gallien, réimprimé en 1500 et 1604; Les commentaires de Monluc, lôflQ, in-(^, et Svolumes pet. in-8o, l'édition in-f* de ces célèbres mémoires constitue l'un des plus beaux livres du XVI» s.; Chronique bourdeloise, de Gabriel de Lvrbe, 1594, in4o; Traité de la sagesse, de Charron, 1601, pet. in-8o, 1™ édition; Cleomedis meteora grece
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et latine, 1605, în-4«, chef-d'œuvi^e de typogi-aphie, etc.« etc.
M illanges avait entra autres deux marques dont les devises se rapportent à son nom comme celle de son contemporain Langelter. La prem. est un fleuron carré qui olîre Tirna^e de Dieu assis sur un arc-en-ciel, les pieds appuyés sur une sphère céleste entre le soleil et la lune ; à 1 entour paraissent des tètes d'anges avec cette légende tirée de Daniel : c Millia tnilUum ministrabunt ei » ; dans les quatre angles du fleuron, figurant les animaux s^-mboliques des évangélistrs.
La seconde consiste en un cartouche ranfermant deux an^es portant des palmes; à leurs pieds on ht : « Aêsequetnurlabore et studio ^^eik l'entour: tAiigelis suis mnndavit de te Deus ». Une grande pai^ tie des nombreux ou>Tagcs sortis dos
I)rassc8 de Millanges ont pris place dans a Bibl. de B>; mais plusieui-s sont très rares, et nous n'en connaissons pas de liste complète. Ne se tit)uvera-t-il pas dans notra Sud-Ouest un bibliophile qui. soucieux d'élever à la mémoire du grand imprimeur bordelais un monument dans le genre de ceux que Renouard a consacra à ses émules du xvi* s. , les Aide et les Ei^ienne, publiera, à son tour, les Annales de l'imprimerie de Millanges 1 Le nom de Millanges a été donné à une rue de D^ dans le quartier St-Pierre.
B. de F.
MILLAN6B8 (Jacques et Guillaume), flis de Simon, continuèrent à impiimer après la mort de leur père, mais ne se maintinrent pas à la hauteur où celui-ci s'était élevé. Ils ont néanmoins produit un ffrand nombre de livres. En 1626, Guillaume Millanges eut pour successeur Jacques Mongiron, son neveu, qui ajouta à ses noms celui de Millanges. B. de F,
MILLARDBT (Pierre-Marie-Alexis), né à Montmirey (Jura) le 3 décembre 1838, reçu D' en méd. en 1868, D»^ es sciences naturelles en 1860; chargé en 1871 du cours de botanique a la Faculté de Nanc)[ et en 1^6 titulaire de la chaire de botanique à la Fac. des sciences de B''; memb. de la Soc. linnéenne et de In Soc. des sciences physiques et naturelles de B*, meinb. coiresp.de la Soc. linnéenne d'Edimbourg, de la Soc. ci-yptogamolo-
f^ique italienne, de la Soc. allemande de botanique et de la Soc. des naturalistes de Moscou. Chev. de l'ordre du mérite agricole ; ^ le 27 avril 1888; memb. de TAcad. de B* le 17 mai 1888; memb. corrasn. de l'Âcad. des se. (section botanique), 1888; a pris une part considérable aux efforts tentés avec succès en vue de la reconstitution des vignes détruites par le phylloxéra.
Parmi ses travaux, citons: Hecherches sur les moui^enients périodiques de la sensitive^ Strasbourg, 1868, gr. in-4»;
Le prothallium mâle des cryptogames vasculaires, Strasbourg, 1869, in-4*; Etudes sur les vignes américaines qui résistent au phylloxéra, 1876, in-4»; La question des vignes américaines, B^, Feret et fils, 1877, in-8»; Etudes sur quelques espèces de vianes sauvages de VA' mérique du Nora, 1879, in -8» (épuisé); Notes sur les vignes américaiftes, B^, Feret et fils, H«1, in-8«»; Essai sur le Mildiou, B», id.j id., in-8*; Histoit^ des principales variétés et espèces de vignes d'origine américaine qui résistent au phylloxéra, B«, id.,id., 1878-1884, in-4^, publié en 4 liv. avec belles pi.; De la reconstitution des vignobles par les vignes américaines, B«, id., 1884,2» édit.,l885; Traitement du Mildiou et du Rot par le mélange de chaux et sulfate de cuivre, B», id., 1886; Notes sur les vignes américaifies, série II, l>,id., 1887; Nouvelles recherches sur le développement et le traitement du Mildiou et aeVAnthracose, B», id., 1887; Considérations raisonnées sur les divers procédés de traitement du Mildiou par les composés cuivreux, suivies d'une note sur le traitement de la maladie de la pomme de terre et de celle de la tomate, B>, id., 1887, ce dernier en collaboration avec M. Gayon; Notes sur les vignes américaines, série III, B«, id., 18».
MILLAUS (Moïse), banquier, né à B* le 27 août 1813, mort à Paris en iHli. Fils de petits commerçants Israélites, il fut d'abord clerc d'huissier, puis directeur de l'Athénée de B> et fondateur d'une feuille locale le Lutin, Venu à Paris en 1834, il créa plusieurs journaux de chronique, de tribunaux^ de théâtre ou d'affaires, se fit une réputation de très habile journaliste et fut en 1848, comme fondateur de la Liberté, dont le tirage atteignit jusqu'à 125,000 exempl., Tun des plus puissants auxiliaires du bonapartisme. Il acquit à la même époque, avec Mirés, le Journal des chemins de fer qui devint bientôt une autorité en matière de bourse. Créa en 1849 la Caisse des actions réunies et prit part, toujours avec Mirés, à la fondation de la Caisse des chemins de fer.
Sous les auspices de M. de Lamartine il créa le Conseiller du peitple, puis avec Mirés le C(vi/i«aeeiif- et le Pat/s. En 1853 il ouvrit une maison de banque dont les entreprises furent des plus heureuses. En 1K36, il transformait Doc^en Joumaldes actionnaires ; présida à la création de la Caisse générale des actionnaires et se rendit propriétaire de la moitié plus une des actions de la Presse; il quitta la direction de ce journal en 1859 et ne s'occupa plus que d'opérations financières; mais son étonnante activité le poussa de nouveau dans le journalisme. En 1863 il fonda le Petit Journal, premier type pratique du journalisme à cinq