XI.VI
le mal soit plus apparent que réel. Supposons en effet que l'estimation de la population soit tout à fait fautive et qu'elle se trouve réellement double de ee qu'elle semble être: alors on compterait 1 décès par §3 individus; et I naissance par H : ce qui mettrait la Russie dans la condition la plus favorable et la placerait à côté de l'Angleterre , de la Suède et du Danemark. On voit de quelle importance est ici I estimation de la population : l'exactitude de ce résultat, à défaut d'un bon recensement, pourrait se vérifier jusqu'à un certain point au moyen de la liste des âges pour les morts, si oh la possédait '.
Il est important de connaître la nature de 1 accroissement d'une population, car les chiffres des naissances et des décès, sans faire intervenir le chiffre de la population même , sont insuffisants. Il est évident que si , pendant dix à vingt ans, le nombre des naissances l'emporte constamment sur celui des décès, cet état de choses ne peut avoir lieu qu'avec un accroissement réel de population: mais l'accroissement peut se faire de différentes manières : il est dès lors intéressant de connaître sa nature. A quoi servirait en effet d'avoir vu naître, chaque année, dix mille enfants de plus, si, chaque année, ces enfants doivent succomber avant d'avoir pu se rendre utiles ? ce serait évidemment une charge fatale. Tout ce que l'on peut dire en général, c'est que la valeur du rapport des naissances aux décès peut demeurer la même dans les circonstances les plus différentes.
Il devient donc nécessaire de savoir le chiffre de la population ou au moins les âges au moment du décès. Ce double but est évidemment atteint par un recensement exact de la population.
Quand un peuple est entièrement formé et que ses productions sont au niveau de ses besoins, on peut dire en général que l'état stalionnaire forme son étal
1 Je suppose , par exemple, plusieurs pays où l'on compte également 3 décès sur 4 naissances: peut-on dire que ces pays sont dans des conditions également heureuses? Je suis loin de le penser. La Russie a donné, pour 1858, une naissance pour 20,5 hahitants, et un décès pour 26,(>; ce qui forme à peu près le rapport f. La Belgique également a donné ce même rapport: car, pendant les années de 1851 à 18G0, elle a compté moyennement 35,0 décès par an et 44,25 naissances. Mais les significations des rapports sont bien différentes, quoique les valeurs mathématiques soient les mêmes : cette dernière science en effet ne voit pas de différence essentielle entre les deux fractions |§)| et f*~ qu'elle considère comme sensiblement égales à |; mais le statisticien a égard à la nature des nombres, et il ne confond pas les âges utiles de l'homme avec les âges de l'enfance. Du reste, il y a des raisons de croire que la population lusse n'est pas encore suffisamment connue : si elle augmentait dans le rapport de 7 à 11 ; elle serait à peu près identiquement, sous ce rapport, de même nature que la notre; et, si son augmentation était de 7 à 12, elle se trouverait incontestablement en première ligne, du moins au point de vue où nous nous plaçons.
\l \ Il
normal: dans la fraction - le numérateur devienl égal au dénominateur, et
le coefficient vaut l'unité. I);ins l'étal contraire, la population sera -ou croissante ou décroissante, c'est-à-dire que le nombre des naissances dépassera plus ou moins relui des décès, ou que les productions seront plus ou moins grandes <|iie le-- besoins. Ainsi qu'on l'a déjà dit ailleurs, l'activité qui règne aujourd'hui dans les pays civilisés fait que la population est partout croissante, et tend à prouver les bienfaits produits par les inventions nouvelles, parla facilité des échanges el par une inimité d'autres causes: tous ces accroissements cependant pourraient être numériquement égaux, sans avoir la même valeur.
Nous commencerons par indiquer le rang des populations, d'après l'accroissement total, en n'ayant égard qu'aux naissances et aux décès.
PAYS
d'observations.
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NAISS4>CBS.