‹ Statistique médicale de Rochefort, Charente-InférieureChapitre 52 sur 125 · CAUSES DES DÉCÈS · texte numérisé non relu

CAUSES DES DÉCÈS

L'appréciation des causes des décès est d'une difficulté extrême. Les débats roulevés récemment à ce sujet, à l'Académie de médecine, témoignent des obstacles que rencontre la solution d'un tel problème. Il faudrait, en effet, pour arriver à une statistique satisfaisante, un accord parfait entre tous les médecins, n un -seulement sous le rapport du zèle et de la bonne volonté, mais encore sous celui de l'interprétation des faits pathologiques et même du choix des mots destinés à exprimer ceux-ci. Ces conditions sont difficiles , pour ne pas dire impossibles à remplir. On peut donc être assuré d'avance qu'on trouvera, dans le dépouillement général des registres nécrologiques, une foule de lacunes^ de désignations obscures, erronées, de déclarations incomplètes, et souvent même l'absence de tout renseignement.

J'ai constaté, chaque année, la confirmation de cette opinion dans l'énoncé du diagnostic porté par les médecins sur les bulletins de décès qu'ils remettent à la Mairie.

Dans la plus tendre enfance, par exemple, à cet âge où les maladies ne revêtent le plus souvent qu'une physionomie trompeuse, où l'affaiblissement général se prononce alors que le mal semble ne pas se localiser encore, les médecins hésitent à classer l'affection qui a causé la mort, et ils la caractérisent seulement par ce mot : faiblesse.

L'hydropisie n'est le plus souvent qu'un symptôme ; elle peut être le résultat d'une cachexie paludéenne, d'un obstacle a là circulation, d'une maladie du cœur ou des gros vaisseaux, d'une affection organique des viscères abdominaux, et sans tenir compte de ces diverses origines, c'est l'expression : hydropisie que nous trouvons consignée partout.

Une mort rapide, a la suite d'une maladie où l'on n'a constaté que des symptômes généraux, accusant un trouble profond dans le système nerveux et dans toutes les grandes fonctions, mais sans localisation décidée, est généralement rapportée, a Rochefort, à un accès de fièvre pernicieuse ; et, comme en ville l'autopsie n'est presque jamais pratiquée, l'erreur, en tant qu'elle existe, ne peut être rectifiée. Il est donc probable que le chiffre de ce genre de mort est Imp élevé ; mais je l'ai accepté dans sa totalité, parce que les preuves me manquaient pour le corriger. A l'Hôpital de la marine, il n'en est pas de même ; l'autopsie confirme ou infirme le diagnostic. Je me bornerai à en citer deux exemples frappants : Un jeune homme de vingt-deux ans entre à l'hôpital avec une fièvre intense qu'avait précédé, un frisson bien marqué ; il se plaint d'une violente céphalalgie, de douleurs dans les membres; les yeux sont brillants, mais sans changement dans la pupille; le ventre n'est pas rétracté; la tête n'est point renversée en arrière ; l'intelligence est intacte ; le malade est l'objet d'une surveillance incessante dans le but de saisir un instant favorable à l'administration du sulfate de quinine ; mais la fièvre ne tombe pas, la céphalalgie augmente ; et, avant que se dessine un seul signe caractéristique de la méningite aiguë , la mort survient quinze heures après l'invasion de la maladie. Sans

l'autopsie, qui a révélé une suppuration abondante à la surface des hémisphères cérébraux, on aurait été fondé à attribuer ce décès à un accès de fièvre pernicieuse. — Un enfant de troupes, malade depuis la veille, est admis à l'hôpital : il est dans un état d'abattement profond ; le pouls est petit et serré, comme dans les affections abdominales ; mais le ventre est souple, indolore à la pression, pas de vomissements ; rien à noter du côté des cavités crânienne et thoracique : le petit malade succombe le jour même de son entrée. La nécropsie montre une péritonite partielle suppures. Certes, en ville, on aurait classé ce décès dans la catégorie des causes inconnues, peut-être des fièvres intermittentes pernicieuses.

Il y a donc nécessairement des sources d'erreurs dans les faits que j'ai l'intention de grouper ici ; mais, d'un autre côté, il est une foule de maladies, pneumonies, pleurésies, fièvres typhoïdes, Sèvres éruptives, etc.,. etc., dont le diagnostic n'est pas douteux, et 1 on peut ainsi arriver à se faire une idée générale et complète de la physionomie pathologique du pays.

Fout faciliter les recherches étiologiques de la mortalité, j'ai cru nécessaire d'admettre les divisions suivantes :

1* Enfants morts par faiblesse et vieillards morts par sénilité ;

2* Maladies des nouveau-nés ;

3" Maladies internes à diagnostic bien établi ;

4* Maladies internes à diagnostic incomplètement établi ;

Tf Maladies chirurgicales, siège et diagnostic bien établis ;

0* Maladies chirurgicales, aiége et diagnostic incomplètement établis ;

7* Morts accidentelles, violences extérieures, suicides ;

(*• Morts sans aucune indication de causes.

{Voir let tableutix ckwln).

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1863 ! 1864 M. F.lîi. F.

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