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STATISTIQUE DE LHOPFTAL DE LA MARINE

le Bulletin officiel (numéro 9) du ministère de l'intérieur, a publié, en 1865, le rapport de M. Devergie sur les conditions hygiéniques des hôpitaux. Je tiens à présenter les principales conclusions de ce travail important, afin de mettre en regard de chacune d'elles la situation spéciale de l'Hôpital maritime <Je Rochefort. #

1" En principe, les hôpitaux les plus petits sont les meilleurs ; en •onséguence, les hôpitaux à construire ne devront plus dépasser en général 500 lits.

L'Hôpital de Rochefort contient 1000 lits ; mais on peut le considérer Brame composé de plusieurs hôpitaux, complètement isolés les uns des autres. 1 affecte, en effet, la forme d'un H majuscule. Le pavillon central, celui que igure la barre transversale de la lettre, est exclusivement consacré aux lépendances. Cest là que se trouvent : au rez-de-chaussée, les magasina généaux de la pharmacie, la pharmacie journalière, la tisanerie, la cuisine, la épense, la boucherie, la pannetorie, le salon et le réfectoire des sœurs ; le abinet de physique, le laboratoire de chimie ; au premier étage, d'un côté, la hapelle et le dortoir des sœurs, de l'autre, les salles, de 2 à A lits, pour les fflcters subalternes, et les chambres pour les officiers supérieurs. Ces salies et hambres sont exposées les unes au midi, les autres au nord , ce qui permet 'heureuses mutations de logement pour les malades, suivant la saison. Entre w deux parues de l'édifice, ht chapelle, à laquelle on arrive par deux grands waliers qui s'ouvrent sur le vestibule du res-de-chaussée; au deuxième étage, afin, à gauche, la lingerie; à droite, les salles des aspirante, écrivains de tarine, aides-médecins, étudiants en médecine, et le logement de l'aumônier, u médecin et do pharmacien de garde.

A chaque extrémité du pavillon central, existe un corps de logis élevé d'un [âge seulement et formé de quatre salles, deux au nord, deux au sud, avec irges fenêtres à l'est et k l'ouest. Les salles du rez-de-chaussée sont séparées une do l'autre par un espace libre de plus de 30 mètres de largeur; ceUes du romier étage a ont entr'elles aucune communication, pas même l'escalier. A l'extrémité des deux salles du rez-de-chaussée, s'ourruxt sur un immense

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jardin, s'élèvent deux élégantes rotondes, destinées aux leçons de cliniques médicale et chirurgicale.

La lettre H qui figure l'hôpital, n'a pas été achevée au nord ; elle est complétée au sud par des bâtiments latéraux, également destinés aux malades, composés d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage, établis dans la direction du nord au sud, et tout à fait indépendants du reste de l'hôpital ; ils donnent d'un côté sur la cour principale, traiffiftinnée en jardin, avec bassins et jets d'eau, de l'autre sur de magnifiques allées plantées de tilleuls et de platanes.

Deux autres pavillons, ayant leurs façades au nord et au sud, figurent le trait transversal des jambages delà lettre H. L'un est consacré: au rez-de-chaussée, aux bureaux du commissariat et à la salle des recettes; au premier étage, au dortoir et au réfectoire des infirmiers. L'autre est affecté à l'École de médecine navale, et il se compose de la salle du conseil de santé, avec deux salles d'attente pour les officiers et les soldats ou marins, du cabinet du directeur, de l'amphithéâtre des cours et épreuves de concours, de la bibliothèque médicale, de l'arsenal de chirurgie, des musées d'anatomie et d'histoire naturelle.

Un vaste promenoir couvert sert d'abri aux malades pendant la rigueur de> saisons.

L'établissement des bains, le laboratoire d'anatomie et de pharmacie, la buanderie, système Muller, avec séchoirs a air chaud, la matelasserie, les salta de dépôt sont adossés au mur d'enceinte.

L'hôpital, dont l'aspect est monumental, est clôturé sur la façade principal* 1

Eiar des fossés et une grille en fer ; à droite et à gauche de la porté d'entrée, sont e poste des soldats, le cabinet du médecin de garde et le logement du concierge

2° En principe, la commission considère comme un bienfait ta division des malades par catégorie de malades.

Cette règle est ponctuellement observée à l'Hôpital de Rocoefort ; il y a de* salles spéciales :

1° Pour les blessés ;

2* Pour les maladies des yeux ;

3° Pour les vénériens ;

4" Pour les galeux ;

5" Pour les enfants de troupe, mousses et apprentis ouvriers;

6° Pour les varioles ;

7° Pour les autres fièvres éruptives, rougeoles, scarlatines ;

8° Pour les fiévreux ordinaires.

Le nombre moyen de nos malades ne dépassant guère 350 à 400, chaque année toutes les salles sont évacuées, blanchies à la chaux, nettoyées a fond, et elles restent inoccupées, & tour de rôle, pendant 15 à 20 jours.

Ces précautions contribuent, autant que la division des malades, à assurer la salubrité de l'hôpital ; et c'est à elles- que nous devons eu grande partie te> résultat» heureux que nous aurons à mentionner. Et cependant, malgré ces conditions favorables, nous ne sommes pas toujours a l'abri de ces influence» mystérieuses qut déterminent l'explosion de certaines épidémies d'érysipite. de phlegmons diffus, de phlébites, d'angtoleucitas. Deux fois en quatorze aie. noua les avons vu apparaître, et notamment eu 1854. A. cette époque, la chirurgie et la médecine étaient désarmées : les opérations étaient interdites » peine d'accidents d'inflammation et de suppuration graves ; il fallait s'afasteuinli? saignées pour éviter une phlébite, de véatcatoires dans la crainte d'unétysinéle sérieux. L'unique remède à ces maux, heureusement placé sous 1* main, «lait l'évacuation prompte de la salle contaminée, et bientôt tout veatrait dan* l'ordre.

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