‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 101 sur 120 · TRAVAUX DU MOIS · texte numérisé non relu

TRAVAUX DU MOIS

I n Homme tenant une laucille a la main .

Une Femme lave la lessive, t'n Homme bat une gerbe avec un halo» levé au-dessus de «on f-paule.

Un Vendangeur qui a devant lui uo tonneau.

l u Homme abat le gland.

a manger à un porc.

Uu lii-mmc a table. On voit ses jambe*, ta nnppe tl les plats : mai» le buste est brisé.

La nef a deux bas-côtés. Elle est d'un travail fort remarquable. Les bases des colonnes i chaque pile no paraissent pas, parce que le sol de l 'église a été exhaussé. Les chapiteaux sont presque tous décorés de feuillage ; très-peu sont

parfums- (Même On lit quelques inscriptions lumulaircs sur les piles :

STIC IACEKT ROKLU PEEMKK ABKALDTS DE PKTRA ET HABIA Dt HOBACO M Vf TXOD ET MB ES ■«VXI ET atABIA DE FATOL* EIT* rtATRI» VXOB OVI OWIVSt AK« D*I H*

J'ai découvert la suivante sous une

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Les autres sont à l'extérieur sur un contrefort gothiqu* au nord :

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be fyan flaniïltt (ttarcÇât

frqtwC tvepeffa

te bou^ (oui* be ma?

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On lit sur ce même contrefort :

Dtum timt Paupru f ama Çftmento fimf

Et cette parole si naïve :

fîauxa\ aucune loie en<f*t monbe

l.a façade est d'un travail fort remarquable. Elle est toute de la même époque, si ce n'est un arceau de rétrécissement de style ogival, Lâti dans la porte.

Celte farade se divise ainsi : Au rez-de-chaussée, un étage et un fronton. Le rez-de-chaussée a trois arcades : celle du centre forme le portail; il est richement décoré comme ceux de toutes les belles églises do l'époque. La voussure la plus étroite porte à son sommet l'agneau dans un médaillon, entouré de deux anges à longues tuniques al aux ailes déployées. Au-dessous, des animaux symboliques. La deuxième voussure est une suite do gracieux enroulements dans des feuillages, au milieu desquels se voient des hommes et des lions.

La troisième est une succession de feuillages palmés.

Enfin, l'archivolte représente deux branches entrelacées avec leurs feuilles. La voussure au-dessus des chapiteaux n'a pas moins de grâce de dessin. C'est une suite de colombes paisibles qui se becquettent elles-mêmes, et forment •m s'inclinant les courbes les plus gracieuses. Les chapiteaux sont chargés de monstres dans des enroulements de feuillages. Le premier, à droite, sous la voussure la plus étroite, représente un monstre quo deux vautours vont déchirer au cœur, sujet que nous avons retrouvé déjà plusieurs lois. Un encorbellement considérable par la saillie couronne le rez-de-chaussée. Les modillons ont beaucoup de développement, et quelques-uns sont traités avec vigueur, t'n Satan dévorant une âme décèle déjà la sculpture du XIII' siècle. Un autre modillon représente un homme assis et tenant une cruche à la main. L'étage au-dessus est partagé par des colonties qui s'élèvent jusqu'au sommet de la façade.

Le centre est occupé par la fenêtre : elle a, de chaque côté, deux saints en demi-relief, dont les têtes ont été brisées.

La partie à droite est une arcade auprès de laquelle une fenêtre simulée est éclairée dans le haut par un oculus. De chaque côté de cette fenêtre, deux autres statues de *ainis, mutilées comme les précédentes.

La partie de gauche est une immense arcade, dont renfoncement est considérable.

Elle est occupée par une statue équestre en relief et par une statue de femme en bas-relief.

Cette statue équestre est du même style que celles de <:ivr«ù, d'Aubeterrc, etc.

Voici celle de Chàteauneuf :

Bien loin quo ces statues, comme l'ont cru quelques écrivains, et comme l'a insinué M. Mérimée, «oient une imitation de quelque ouvrage antique; bien loin qu'elles ia)tpcllenl, comme ils le disent, le cheval de Caligula, le manteau de Trajan, l'épée de Dioclétien, elles ont le costume rigoureux des hauts barons du XII' et du XIII" siècle. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à comparer celte statue équestre de Chàteauneuf avec les sceaux équestres de nos comtes et de nos seigneurs de l'Angoumois aux mêmes époques, et l'on verra toute la ressemblance, la forme des selles relevées derrière et devant le cavalier, la robe tombant à plis sur le(Ianc(pl. m des sceaux, n' 5] du cheval, jusqu'à l'attitude (pl. III, n. 9 ter ; pl. IV, n. 14), sont autant de traits caractéristiques qui doivent frapper.

A Chàlcauneur, le seigneur n'est pas seul représenté ; son épouse est en face de lui; elle a les cheveux tombant en deux longues tresses nattées de chaque coté de la poitrine. Quoique sa tête et ses bras soient mutilés, le reste du costume est très-bien conservé; elle a la longue robe, la chaussure, le manteau ouvert, et tout à plis derrière elle. Or, c'est ainsi que sont représentées dans leurs sceaux, les comtesses d'Angoulême.

Puis, la présence de cette femme. Elle n'est pas une sainte, car elle n'a ni le nimbe, qui serait derrière la tête, sculpté sur le mur, ni les pieds nus; c'est donc une statue historique. Voyez, pl. I des sceaux , le manteau e la robe d Ysabel la comtesse-reine {n. 3 et i], dïolant pl. IV, iu 11| la robe serrée à la taille n'esl-elle pas la même dans la planche sigillaire et dans le dessin monumental? Et si les deux statues n'étaient pas civiles, baronnales, elles seraient symboliques ou agiograpbiqucs? Or, quel symbolisme attacher à ces statues équestres? Le châtiment d'Héliodore? C'est une puérilité. Quel saint voir dans ces statues» Un saint George ou un saint Martin? Mais

saint George, dans les peintures et bas-reliefs où il est représenté, terrasse toujours un dragon sous les pieds de son cheval. Ici, rien de cela. Mais saint Martin coupe son manteau pour en couvrir un pauvre, comme on le voit au portail méridional de Notre-Dame de Paris. Puis, ce sont des statues en bas relief, et non pas des statues isolées.

D'ailleurs, un homme, l'homme du seigneur, son vilain, est étendu devant le cheval, et le pied gauche est levé pour l'écraser , cruelle flatterie de l'art qui a eu plus tard toutes ses représailles de la part du peuple; mais fait constaté. On voit très-bien la main de l'homme renversé à terre. Le reste a été cassé avec intention ; mais on a eu beau vouloir effacer ce triste reste de représentation d'un pauvre main-mortable, il en est resté assez de sculpture pour qu'il n'y ait pas à en douter. D'ailleurs, ce signe de féodalité avait été sculpté jusque dans les églises à la même époque. Voici un chapiteau de l'église de Feuillade qui n'a subi aucune mutilation.

Le seigneur a la couronne sur la téle ; il regarde eti ricanai) t ; le pied de son cheval se pose sur l'épaule de l'homme tombé devant lui.

Il ne peut donc y avoir de doute pour moi sur la signification des statues équestres placées sur les façades des églises. Elles sont la représentation des fondateurs. Très fréquemment, ils étaient enterrés sous l'arcade simulée de gauche, à côté du portail. Il en a été de même à CbaleauneuL Quelque effacée que soit l'inscription gravée sur le mur de celle arcade simulée, elle dit évidemment trois choses : que lu personnage avait fait construire l'église : opère gralum ; qu'il est enterré là : Aie nquimit; et qu'il avait fait en cela une œuvre agréable à tous : «/>probatum,

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Quel malheur que celte inscription soit ainsi mutilée! Elle nous donnerait une solution définitive. Telle qu'elle est, cependant, elle a une grande valeur.

Inutile de combattre l'idée populaire qui appelle cette statue équestre la statue de Chartemagne. On a tout attribué au grand homme du moyen âge ; comme nos édifices des XIII* et X1V« siècles ont été attribuésaux Anglais, commiun jour le peuple ferait honneur de tous nos monuments à Napoléon, si l'imprimerie ne rectifiait constamment les traditions, portées à s'égarer par ce sentiment d'admiration exagérée qu'on accorde à tout ce qui a joué un grand rôle sur la scène politique du monde.

Le couronnement de cette façade, qui pourrait être de la construction primitive, n'est pas un fronton triangulaire comme dans la plupart des autres façades romanes. L'arcade centrale est seule couronnée d'un fronton. Ensuite, les deux lignes, en partant du sommet, se brisent, devienncut perpendiculaires, et reprennent la direction inclinée. Dans de grandes façades, on évitait ainsi le nu d'un large tympan et la forme d'un pignon vulgaire.

QwuJMMl -MODnn. Il ne reste qu'une partie des murs latéraux de celte église. La façade elle-même a été reconstruite; le portail seul a été respecté. C'est un do nos portails de style roman fleuri les plus intéressants.

Il se compose de deux voussures légèrement ogivées, surmontées d'une large archivolte. Ce qui est très-rare parmi nos monuments, c'est que la plus étroite est fermée par un tympan. Là ce tympan est occupé par un médaillon entouré de deux anges, sur lequel est sculpté l'agneau portant la croix. La première voussure est orné*d'un enroulement de feuillages. La seconde est très curieuse. Au sommet est une main divine appuyée sur une croix, et bénissant à la manière latine.

De chaque coté sont sept anges. L'un porte le calice, l'autre le voile, le troisième la grande hostie, le quatrième et le cinquième vis-à-vis l'un de l'autre, deux hosties plus petites, et les deux derniers les deux burettes contenant le vin et l'eau du sacrifice.

Au-dessus d'eux , deux saints nimbés : à droite, l'un lient un livre de la main droite et un baguette de la gauche: on lit sur le nimbe : MOÏSES- L'autre tient de la droite un bilon pastoral formé d'une simple volute- La main gauche est étendue et appuyée sur la poitrine; on lit sur le nimbe : S. NICOLAVS.

Au-dessus de l'archivolte, le premier rang de pierre présente des débris du reste de la façade. Ce sont 1° une longue tête barbue; î* trois sirènes. Deux s* donnent la main et de l'autre tiennent leur queue de poisson ; le iroisièmequi tient aussi d'une main sa queue de poisson, porte de l'autre une croix fleuronnée; 3° un saint personnage assis et montrant du doigt le ciel. Devant lui sont un liomn-e qui coupe un pain rond; et une femme qui lient unepe-

DE LA CHARENTE. «tt Ce portail est d'une bone conser- sanctuaire carré long de siyle ogival, prenant deux travées

ii(e boateille à la main t anon. U doit être de la fin du XII* siècle.

CUALAAS. L'église a été presque toute démolie. U n'en reste que la façade, et encore horriblement mutilée. Cette façade était un précieux morceau d'architecture. Mais elle a doublement souffert et de la main des hommes el de celle du temps, qui a attaqué la pierre dont le grain est friable. Ce M* façade avait, comme celle d'Aubelerre, dans uoe grande arcade, une statue équestre qui n'existe plus. Elle était placée A gauche, comme à Aubeterre el à Chaisauneuf. Malgré les mutilations, le portail

j.er («osées :

La première, la plus étroile, est une découpure à six lobes, comme à Aubetorrc, Montmoreau, Cbastres, etc. Cette l'orme délicieuse est commune en Aogoumois- Js ne l'ai pas trouvée dans les autres provinces;

La deuxième est décorée de quatre feuilles sur la face extérieure et a son intradoe.

La troiwème, du losanges et de demi-losanges à l'intrados, même sur les portes.

La quatrième est une suite de nombreux médaillons qui contiennent des animaux, des groupes de personnage». Ces médaillons sont trop frustes pour qu'on puisse en avoir l'idée symbolique.

La cinquième est ornée de quatre feuilles, profondément touillées et d'une belle exécution. Outre ces dessins qui .«uvrent chaque voussure, de petites «mes également sculptées les séparent.

Deux arcades latérales à doux. voussures sont de chaque roté du portail. Celle de droite a dans son tympan une sculpture intéressante mais considérablement mutilée. Ce sonllessainlesfemmesquiscrendentau tombeau de Jésus- Cbrist, tenant A la main des vases de parfums, sujet charmant que nous avons déjà signalé à l'église de Cognac.

Plusieurs colonnes du portail de Chalais ont le fût décoréde moulures en losanges, cequi est rare en Augoumois. où les fûts des colonnes sont toujours lisses.

CUASTRES. L'abbatiale de Chastrcs est une des belles églises à coupoles de l'Angoumois Voyez pour la partie historique, Armor. et Hist. des Villes, Abb. cl Fiefs de l'Angoumois, art Ciustbes . Ce qui reste est d'une parfaite conservation. Sa façade surtout est si bien conservée <|u'on la croirait élevée il y a à peine un demi-siècle.

Cette église a la forme d'une croix latine. Elle se compose de quatre parties qui rayonnent autour d'une cou|K)Ic wntrale : la nef, qui a trois coupoles, les transsepts! voûtés m ogive romane (le transsept nord aétédémoli), l'abside, primitivement circulaire , et maintenant remplacée par un

de voûte. Malgré celte triste adjonction d'un ■ que el la-suppression du transsept nord , cette église est encore un monument irts-remarquable. Le cœur saigne quand on entre sous ces belles coupoles, de les voir, toutes fraîches d'architecture, s'élancer si aériennes sur de faibles pilastres et des deroi-oolonnee à peine en saillie sur les murs, et de penser que le tout ne peut plus servir qu'Aune ignoble grange.

La façade est un morceau d'une grande beauté. Ostre la transition qu'eue commence A indiquer entre le plein «ntre et l'ogive, elle est travaillée avee une délicatesse admirable. On peut s'en taire ut» idée par le dessin que nous en donnons. C* desâio, eau forte d une médiocre exécution, est d'une grande fidélité archéologique. On y remarquera l'art avec lequel l'architecte a sa donner uns grande variété non-seulement à la disposition <te ses arcades, mais encore a chacun de ses détails d/Omemen talion. Quoi ds plus délicat que ces corniches A feuilles recourbées! Que de richesse dans toutes ces archivoltes ! Quelle gracieuse simplicité dans ce portique A quatre voussures dont In première est découpée en lobes! Quel beau feston de chapiteaux et de frisas sculptées qui sépare les colonnes et les arcades! Il faut le reconnaître, un art qui a preJuit de telles merveilles peut avoir des admirateurs. Le premier étage a deux colonnes, l'une rubanée en spirale, fautre à feuilles imbriquées. Je n'ai rien va d'aussi délicat dans le slyle ogival le plus perfectionné.

FLEAC. C'est une petite église a coupoles des premières années du Xll* siècle, qui n'a reçuaucun changement dans son architecte ne. Le plan est une nef A trois coupoles terminées par une abside.

C'est la forme la plus simple de ces basiliques, sont d'une grande solidité et en même temps d'une i jeaté imposante.

Les églises de syle ogival, plus élancées, plus aériennes, tau les à jour par leurs fenêtres découpées, sont évidemment plus gracieuses : mais, quoi qu'on en di-.e, elles n'ont pas la. valeur chrétienne des édifices romans, elles ne font pas l'impression saisissante qui rappelle quelque chose des catacombes. Si l'art ogival a créé la magnifîcenoe du temple catholique, l'art roman, avant lui, a donné le type éternel- do temple chrétien.

La coupole, qui précède l'abside, est sous le clocher ; elle est plus basse que les autres, el au lieu d'être séparée comme elle des grands arcs el des pendentifs par une corniche, ce qui donne beaucoup de grâce, elle se trouve ue faire qu'un avec 1 coupoles cstl

GEXSAC. L'église de Gensac a deux époques, ou plutôt présente deux églises soudées l'une à l'autre.

La nef est une église romane à quatre coupoles. Le sanctuaire est ogival, en deux travées à nervures, beaucoup plus large que la nef.

La nef a coupoles est ornée d'une galerie au moyen de laquelle on passe d'une coupole a l'autre. Ces coupoles, détruites ou endommagées pendant les guerres religieusep, /urentrelcvéessucccssivcmentou restaurées en 172 », 1738, 175», 1740.

La façade romane est fort remarquable. Elle a un rezde-chaussée composé de trois arcades, un premier étage de cinq arcades, un second éloge de six arcades. Cet étage est couronné par un entablement orné de modillons , au-dessus duquel s'élève un fronton triangulaire. Le tympan du fronton est décoré d'une croix en relief dont chaquo bras forme une seconde croix. C'est un modèle de fronton qui pourrait f ire suivi dans la restauration des fa rades du XII' siècle qui ont perdu le leur.

LAN VILLE. Vasle église conventuelle d'une magnifique construction. Coupole centrale. Nef qui a eu autrefois Irois coupoles. Elles ont été remplacées par trois travées de voûtes ogivées à nervures, ce qui ôte au monument son unité. Pour le reste, l'édifice a son beau cachet roman. Rien de majestueux comme cette large coupole autour de laquelle rayonnent l'abside, le transsept et la nef, comme le nimbe de la croix sur lequel se place laièle du Christ. Ici comme a Chasircs, à Cherves, à Dourg-Cbarentc, l'architecte s'est affranchi des lourdes piles à l'intérieur pour soutenir sescoupoles. Un pilastre, et unedemi-colonne pour porter les grands arcs cl les arcs doubleaux, voilà tout ce qui se détache des murs latéraux et encore avec peu de saillie. C'est au sol constamment humide qu'il faut attribuer l'abaissement de6 murs de la nef et par suite la chute des coupoles. 11 est probable que, pendant les guerres rehgieusesdu XVI' siècle, délaissée , comme elle l'a été à une époque récente , les murs ne tardèrent pas à être envahis par les eaux, dont l'écoulement n'était plus ménagé. Ce qui est suilout remarquable a Lanville c'est la jolie ab-

1 Objet, aujourd'hui, de la sollicitude d'un magistral intelligent, signale* par l'autorité religieuse comme un monument qu'elle voudrait conserver à une population nombreuse, cette église commence à sortir de l'état d'abandon dans laquelle on ta voyait nagu.iv\ Onu reiaration précieuse a laquelle la Société française pour lo conservation des monuments a voulu contribuer , procurera l'écoulement des eaux par un canal qui fera le tour de l'église. Si ce travail eal exéuilé avec intelligence, et c'est la simple affaire d'un bon nivellement, les fondements ne seront plus : les eaux et ne faibliront plus sous le poids de* voûte*.

il seulement décorée a l'intérieur et à l'extérieur par un rang d'arcades. Les chapiteaux de cette abside et des colonnes qui soutenaient la coupole sont du travail le plus délicat.

Une importante observation à faire au sujet de l'ulside de Lanville, c'est que son axe est incliné sur l'axe de ta nef de près d'un mètre cinquante centimètres, de telle sorte qu'au lieu de correspond rc-au milieu de la fenêtre centrale de l'abside , le prolongement de l'axe de la nef va joindre la première colonne à droite de l'arcade sous laquelle est celte fenèlre. Cette déviation de l'axe incline le chevet de l'église vers le nord. Et cette inclinaison est assez sensible pour qu'on s'en aperçoive sans aucune opération de mesurage.

Nous donnons ici les belles proportions de cette église ' les transsepts ont la longueur de la nef, l'abside a le tiers de la nef, la coupole le tiers, chaque transsept le tiers, chaque absidiole la moitié do l'abside ' . La façade est sévère et d'un beau style. Elle présente trois rangs d'arcades superposées ; celles du haut sur lesquelles s'appuyait le fronton ontélé abattues jusqu'à la corniche des chapiteaux.

Vous remarquerez que les Iranssepts et l'abside ont élé fortifiés au XV* siècle. Les mâchicoulis et les parapets, percés de meurtrières, se voient encore.

L'abside conserve à l'extérieur un grand nombre d'inscriptions tumulaires : ce sont les noms des moines de Lanville au XIII* siècle.

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Longueur totale de l'église.

Longueur des transsepts. Largeur.

Longueur de la nef.

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Largeur des absidiolw.

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Ces inscriplions relataient les anniversaires ; elles demandaient, à tel jour, un souvenir devant Dieu : voilà tout. Que peut-on mettre de plus sur une tombe? Une date, un nom, la tache qu'on a eu à remplir sur la terre de passage, quelquefois encore, le lieu de la patrie.

Le prieur qui fit bâtir le pilier butant au milieu de la nef, du coté du midi, y fil sculpter son écusson.

Écu pointu appuyé sur un bâton priera) ;

Pièces du blason : un chevron écoté, un lambel & deux pendants en cime et un croissant en pointe. Je ne connais pas de famille en Angoumois qui ait ces armoiries.

LICHERES. L'église de Lichèrcs est un monument bien remarquable. Le plan est très-beau.

Mais l 'église a souffert de notables mutilations. Le transsept nord a été démoli; les voûtes de la nef et la coupole ont été abattues. Telle qu'elle est , c'est encore une des belles églises romanes de l'Angoumois. Elle est construite en calcaire compacte d'un grain très-fin, ce qui prête merveilleusement au fini des sculptures. L'abside est décorée avec soin d'arcades au dedans et au dehors. Les arcades qui supportent les voûtes de la nef reposent sur de simples colonnes [de 82 cent, de diamètre); c'est le seul exemple de ce genre que nous ayons en Angoumois. Les deux bascôtés sont extrêmement étroits ; ils n'ont qu 1 m. 21 c.

Le portail est décoré do pilastres. Deux colonnes sont en saillie de chaque côté du portail, et, au-dessus de leur chapiteau, elles ont un simple socle destiné probablement à une statue.

Ce portail, richement sculpté, est assci curieux. Il n'a qu'une seule arcade en plein cintre encadrée dans une archivolte feuillagée. Mais un tympan coupe cette arcade. Le dessus de la porte, légèrement cintré, est décoré d'une bande feuillagée. L'espace laissé entre celle bande et l'arcade plein-cintre est rempli par un médaillon portant l'agneau divin.jla tète sous le nimbe CTUcifère, et tenant l'Évangile sous un de ses pieds do devant. Deux anges aux ailes étendues, aux légères tuniques,aux pieds nus, tiennent l'encadrement circulaire. Deux autres anges n'ont que la téle aux angles du tympan. Les chapiteaux et les pilastres du portail sont chargés de riches enroulements de feuillages.

Un personnage , vêtu d'une longue tunique , percede sa

HARENTE. 301

lance la tète d'un dragon ailé dont il tient le cou aous un de ses pieds et le corps roulé en nombreux anneaux sous le genou ; mais, en même temps, un autre dragon placé derrière lui cherche à de dévorer. A côté , et formant l'angle du chapiteau du pilastre, est un personnage nu. la tête en bas et se tenant les jambes de chaque main.

Dans le transsept méridional, une fenêtre est formée par une longue pierre, découpée à jour, destinée i recevoir les verres. Seul exemple de ce genre.

LtNARS. L'église est sans valeur archéologique. 11 n'en est pas de même de la façade qui est fort remarquable. Quatrecolonnesla partagent verticalement. Le rw-de-ebaussée est décoré de trois arcades. Celle du milieu reçoit la porto. Dans le tympan est le Christ bénissant d'une main et do l'autre tenant l'Évangile. Deux anges sont autour de lui. Au premier étage est un rang de sept arcades, et par-dessus la corniche un fronton triangulaire. Au milieu de ce fronton est un encorbellement triangulaire formé par trois tête» plates qui supportent deux corniches.

Ce que je veux signaler particulièrement, ce sont quatre monstres en buste, s'élevant au-dessus des chapiteaux des colonnes. Ce sont probablement des lions symboliques placés comme les sphinx de l'antiquité pour veiller a l'entrée du temple, ou peut-être les quatre évangélistes.

LA COURONNE. Quoique l'église de l'abbaye de la Couronne ne soit plus qu'une belle ruine, il en reste assez de débris pour retrouver le plan primitif. Les grandes proportions de l'édifice, la noble sévérité du style, plus encore des dates certaines de construction , du moins pour la partie romane, qui est la plus considérable, tout fait de cette église un monument de premier ordre qui réclame une élude spéciale.

Lorsque le bienheureux Lambert eut transporté le petit monastère de Saint-Jean-de-la-Palud dans le lieu appelé d'abord Coronelle, CoroiuUa, ensuite la Couronne, Corona, en raison de la forme arrondie du terrain qui s'élève au milieu d'un marais , il construisit une petite église entre 4118 et 1124. Mais le nouveau monastère ayant pris, à celte époque de ferveur religieuse, un immense accroissement, l'église fut trouvée trop petite 1 . On se détermina à en construire une plus vaste , une plus magnifique; c'est celle qui subsiste aujourd'hui et que nous allons décrire.

La fondation eut lieu en 1171. La première pierre fut posée dans le fondement de l'autel de la Vierge Elle

< Cette église est appelée, dan* la chronique de la Cou mime, l'église vieille. C'est à son chevet, dans une crypte construite au dehors, que fut enterré le B. Lambert. Celle vieille église occupait le cW méridional de l'église actuelle.

t Elle «t ainsi décrite dan» la chronique : A chique angle et

fut bilie en vingt-quatre ans, dit la chronique, les murs, les colonnes, les voûtes, excepté deux travées de voûtes du cùlé du midi qui ne pouvaient èlre construites qu'après qu'on aurait détruit la vieille église. Pendant deux ans on acheva le clocher icampanarium). On pavaautour des autels ainsi que lochœurdesfrèiesclercset les transsepts. Ce fut alors que le service religieux y commença.

C'est ù Jean-de-Saint-Val , v abbé de la Couronne , cl plus tard évéque d'Angou lente, qu'est due celte construction. Il eut le bonheur de la voir finir et de la consacrer.

L'allié Robert fil terminer celle partie méridionale (Chron., p. 48)... attamen partent <jtun ptrficienda remontrai.

Ainsi l'église fut entièrement achevée l'an 1101, trcnledeux ans après qu'elle avait élé commencée, jam ipsa eedftia per l)ei graliam conucrala. (Citron., p. -49.)

L'abbé Adhémar fit achever le dortoir, le cloître, les aqueducs; il plaça dans l'église les candélabres, l'image de la Vierge, le reliquaire de la vraie croix.

On construisit une chapelle aux portes de l'église sous le vocable de saint Nicolas aux frais d'Isabel. Elle y fil enterra son père Adémar.

au mure est un polii cercle gnué en creux avec ce mot pas me. I reste de la pierre porte l'iiistripliou luivante : ak.io a* l.v-

• LUUXMHn DOMI.M MIILKIMO CEITMIMO «EPTVACESIMO PRIMO IlOMXO Al nillH" PAPA TERTIO APOSTOLICO PREilDEBTZ ET

ii<»j>ro pRTno Etcoii5Mi:"i«i episcopo ltdotico rese rrtAico-

EVM ET BEAIICO 1E6R A1GLORVM ET DVCB AQWTAMORVM POW- TV* UT PRIMV» LAPI« I!» FT.XDAMRTTO ALTARI* BEATS MARIE

i>« coroxa. (Cftron., p. La première piem: du grand autel Hieniment découverte dîna le» fouilles des rainas de lu Couronne i un carré long d« 3 pied», 3 pouce» i/i et de ï pied» 5 pouces .!,• largeur. Elle a un petit cercle à chaque coin. Voici l'inscription :

AÎISO Al I» IfMIll'M. DM M C LXX llll IDl'S MAI EOO PET- ■'• EJC0UME1»U ET ECO pli»"

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MVMC LAP1DEM I* EDIFITIO HWS ALTARI» AD I.ATDEM ET CLAM OMP- ÎI ïî ET I* H0T10HS BEATE Dl CEX- ITRICI» »EMP TIEOINIS MARIE

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