‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 112 sur 120 · I. I. benavld r. (prêtre) cvbe dvmt Lier · texte numérisé non relu

I. I. benavld r. (prêtre) cvbe dvmt Lier

Une rose a compartiments trilobés édaire celte nef.

CONFOLENS, SAINT-MAXIME. Église à deux nefe, de bon style ogival. Les nervures retombent sur des colonnescentrales. Mais par respect pour un vieux clocher sans aucune valeur comme travail d'art, l'église esl inachvviV. et cnite lourde masse en dépare tonte la beauté. On pourrait, à peu de frais, abattre ce clocher, je le répète, fort insignifiant, et terminer l'édifice ogival, qui formerait alors un édifice intéressant.

Le portail de celte église esl fort curieux : il esl évidemment d'une époque antérieure a l'église du style ogival. Il appartient au style de transition du XIII* siècle. Comme celui de Brigueil , il esl de l'école architecturale limousine .

CONFOLENS, Coibumdebii du Saikt-Espbit. Elle est du même stylo que Sainl-Maxirae ; la pierre qui sert de clef de voûte porte la croix de l'ordre du Saint-Espnt.

Plusieurs jolies pierres tombales servent do dalles à cette petite église, devenue aujourd'hui un magasiné fourrages.

Une de ces tombes porte l'inscription suivante :

(IM0.1 EOVBEIT COMMANDEV* DE L BOJPtTAL DV $AtSI-E*NUT DE COXfOLAXT.

LA COURONNE. La chronique de La Couronne s'arrête à 1283 ; elle garde nn profond silence sur la partie de l'église construite en style ogival. Il esl évident que l'architecture de ce prolongement est trop avancée pour lui assigner une date antérieure à 1283; la forme des nervures prismatiques, l'absence des chapileaux, une archivolte d'ogive en accolade, placée au-dessus d'une porte qui conduisait à la galerie extérieure du portail; les nervures des voûtes se croisant aux angles,àleur naissance, dans le bascôté gauche, comme on le voit à la tour ronde du château d'Angouléme et au sanctuaire de Longré, qui est de i 480, les formes végétales sculptées et profondément fouillées des voussures de ce portail, tout indique le XV' siècle. Je ue crois pas me tromper en assurant que cette partie du monument a été construite par Pierre Bouchan, qui fut abbé de 1462 à 1499. C'est à ce même Bouchait que te comte Jean-le-Bon écrivit pour demander le secours des charrois de ses terres, lorsqu'il construisait lechàteau d'Angouléme.

Quoique massif et lourd, ce morceau important d'architecture ogivale est encore, A en juger par ce qui subsiste, ce que nous avions de ce stylo de plus grandiose en Angoumois.

On peut voir, sur le plan donné plus haut, qu'il occupe deux travées de la nef, et qu'il change la croix grecque primitive rayonnante autour de la coupole, en une croix la-

tine. La portail se compose d'une série de moulures en «vasement. La première et la plus large est une moulure en creux sur laquelle se détache, profondément fouillée , une vigne qui serpente avec ses feuilles et ses grappes.

Lu deuxième, une suite d'arcatures trilobées.

La troisième, des moulures. .

La quatrième, une grande moulure encreux, présentant une série de feuilles de renoncules évidées.

La cinquième $c compose de buit niches surmontées de dais, dont les arcades ont pour générateur l'ogive un peu en accolade, destinées a recevoir des statues.

La sixième, moulure en creux, sur laquelle est sculptée une série de feuilles de renoncules.

La septième, des moulures.

La huitième enfin, l'arc surbaissé formant la porte.

Tel est le plan et l'ornementation de ce portail. La rosace a huit fleurons irilolwte est séparée du portail par une large corniche dont la moulure en creux est décorée d'une guirlande végétale de feuilles de chardon profondément fouillée ; on aperçoit au milieu de la guirlande un chien qui poursuit un bélier : il ne reste rien du couronnement de l'édifice, La rosace elle-même est en partie détruite, ainsi que la moitié du portail. Les artistes se consolent de la démolition d'une grande partie de celte église : elle préprésente ainsi a leur crayon un effet de ruine qu'il est difficile de se figurer plus grandiose et plus saisissant. Le monument existant serait moins imposant que ce vaste champ où l'on se promène à ciel ouvert, que ces murailles du

de voûtes rendues éternelles par la dureté de leur ciment.

LA ROCHEFOUCAULD. Grande église en carré long ; à la clef de voûte d'une des travées est l écusson de La Rochefoucauld entouré du cordon de l'ordre du Saint-Esprit. Ce n'est qu'une reconstruction de voûtes; elle eut lieu après les ravages des Protestant** qui les démolirent presque toutes.

Ce qui est remarquable dans cette église, c'est son beau clocher a flèche octogone dont les angles sont ornés do croc li vis; la tour qui porte la flèche s'élève carrément; quatre petits clochetons foi t élégants occupent les angles de la base carrée à la naissance de la flèche; une très-belle rose placée au-dessus du portail éclaire la nef. D'après le mémoire de J. Pillard, le portail, sans doute démoli ou mutilé par les Protestants, fut reconstruit en 1577.

MALA VILLE. Quoique des premières années du XVI' siècle, eclts église n'en appartient pas moins au style ogival

i Us. Mémorial de J. Pillant, prttre -chanoine d« la collégiale de La Rochefoucauld, 1S81-JJ83.

du XV* siècle. C'est une jolie construction .ogivale; mais ce monument n'est pas d'une seule époque : soit économie, soit respect, on a conservé une partie des murs de l'ancienne nef; mais le sanctuaire en voûte ogivée à buit nervures est d'une grande beauté ; il est éclairé par une trèsbelle fenêtre è deux meneaux, dont les compartiments sont polylobés et du style flamboyant.

En dehors, une archivolte est supportée par un aigle d'un excellent travail ; le portail , surmonté d une petite rose a six fleurons, est d'une belle exécution ; la porte est carrée, mais l'arcade d'ornementation est d'ogive en accolade, elles dernières moulures supportent une série de crosses végétales ou choux frisés.

Ce qui est intéressant pour nous, c'est que deux inscriptions viennent nous donner la date de cette construction et le nom de l'artiste qui l'a sculptée.

hoc tAXVn rviT fositvm m

MC S ■ ASXO D. M QV161X IESIMO VSDEJIBO

La seconde inscription porte :

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FAIT SK DATKU DS BCLUE fA« ■or UICUKL NATVM

Parmi les détails de l'intérieur de l'église, je citerai une jolie crédence à niche trilobée, décorée de moutures et de pinacles, et deux chapiteaux ; sur l'un, un chasseur armé d'une arbalète et ayant un chien devant lui qui poursuit un cerf ; sur l'autre, un homme, l'épéc au côté, saisissant par la gueule un animal, peul-êlrc un lion ou un ours.

SAÏNT-CLAUD. Sainl-Claud est l'édifice gothique le plus complet de l'Angoumois. Il reste d'un édifice primitif seulement quelques parties du mur de la nef du côté du nord: tout le reste est du même temps et du même style. Une inscription gravée en creux sur la base du pilier qui sépare le sanctuaire delà chapelle du midi porte le millésime :

fan mitcccc çCiç

Le caractère qui domine, ce sont les nervures prismatiques ; elles s'étalent sur les piliers qui supportent des chapiteaux au-dessus des tailloirs; elles vont se continuer dans les voûtes.

Dans ce style, il n'y a rien toutefois, sauf les moulures. 1a forme des fenêtres à un meneau, qui rappelle les grands

édifices de style ogival. La nef centrale n'est pas éclairée au-dwsosdPShM-côtès perde larges leuôïrts: c'est toujours la charpente romnnequi est conservée ; la décoration seul* a changé- Au lieu du plein-cinlre, c'est l'arc ogivé *t les meneaux ; au lieu de la colonne à demi engagée et des larges chapiteaux, ce sont des nervures plus légères; mais l'ensemble du plan a peu varié.

A Sainl-Claud. la décoration est très-soignée; les sculr. turcs sont laites avec goût ; quelques-unes sont grossières, mais d'autres ont du mérite.

Même remarque que pour Challrgn'ac ; le symbolisme « st devenu profane et satirique. Il y a des scènes de séduction uù les deux personnages ont le costume dn temps. Bien de grave, rien Vie religieux. L'artiste parait : il fait île la fantaisie, presque de la caricature. Les artistes toi sont maîtres de l'église et la font sur le grossier modèle de leur vie licencieuse. Dins d'autres temps, c'était l'église • lui avait l'idée, qui exerçait sur l'artiste sa puissance et lui donnait l'inspiration hiératique.

Dès le XV siècle, tout est changé : une révolution s'est aite dans les moeurs ; tout languit, tout meurt sons l'atmosphère brûlante que toute Ame respire. On demande le souille rafhlcbissant qui renouvelle le monde.

La crypte est fort remarquable ; quoique construite après l'édifice, elle ne lui est pas beaucoup postérieure. Elle est placée sous le sanctuaire qui se trouve ainsi avoir une grande élévation au-dessus du sol de la nef.

Le tombeau de Saint-Claud est décoré d'une sculpture à jour, formée de trois arcades pol y lobée» dont les meneaux ont été brisés. Deux anges tiennent au-dessus de l'arcade centrale l'écusson aux armes de France ; une fleur-de-lyg est au-dessus de chacune des au très arcade* ; derrière celte pierre sculptée est un sarcophage en pierre blanche calcaire très-poreuse, a parois très-minces; il n'existe pas en entier, soit qu'il ait été mutilé, soit qu'à raison du peu d'épaisseur des parois, on [ne l'ait pas eu entier quand on le pl.iça dans la crypte. Le fragmentqui reste a 1~,35 de longueur, 42 cenlim. de largeur à la lète; les parois ont 8 cenlim. Il forme un carré long, rétréci aux pieds.

L'ornementation végétale est fréquente dans l'église de Saint-Claud : les choux frisés, les feuilles de trèfle, les feuilles d'épinard, les chardons, composent la Dore murale du monument.

Une statue mutilée de saint Claud est dans l'église : Is tetc a élé brisée en partie. On voit cependant que le saint était représenté avec une longue barbe et assis. Ce bloc informe est dans un coin et noirci chaque année par les cierges tiue les bonnes femmes font brûler sur sa téle, sur ses

épaules, sur ses genoux, vieille coutume dans le monde :

Le portail est travaillé avec beaucoup de simplicité et do goilt. Les moulures sont profilée* avec finesse sur la pierre calcaire compacte d uo grain presque aussi fin que celui du marbre. Sur la moulure extérieure est une suite de crasses végétales qui se tiennent par on fleuron. Un écusson nu, supporté par deux sauvages armés de massues, devait recevoir les arm.-s des La Hochi'foucauld, possesseurs de la baronniede Saint-Claud. Le même écusson, mais avec SCS pièces, est sculpté sur une fenêtre des tours du château de La Hocbefoucauld.

L'extérieur de l'église contient quelques autres écossais. L'un, au-dessus de l'inscription qui donne le millésime : un lion hissant sur un champ semé d'étoiles, qui est Cu~ huit; un autre a la fenêtre du sanctuaire, do La Rochefoucauld, un autre avec les armes de France; un quatrième, parti, dont un coté est nu et l'autre a une face ; ce dernier est à l'intérieur de la fenêtre de l'ouest. Le clocher n'a

De très-joues crédenees en partie mutilées avaient été sculptées, l'une destinée au maître-autel, avant la construction de la crypte ; elle sst cachée aujourd'hui par les escaliers qui conduisent au sanctuaire. Les deux autres so voient aux chapelles latérales.

vuras nombreuses se réunissant a des clefs dont quelquesunes son penuanies. Le plan en est irréguliar. La première travée est une «un; ote, la seconde une voûte à huit nervures se joignant au sommet. t.a se lit l'inscription suivante : ax parais Ti'auLO rato bfctom aastaco. La troisième travée a plusieurs nervures réunies i cinq clefc. La quatrième, qui forme le sanctuaire, a plusieurs nervures et neuf clefs pendantes. Celle du centre a le monogramme de Jésus ÇJ; il est à l'une des clefs de la troisième travée, et celui de la Vierge HM, a la ciel correspondante. La porte a été refaite en 1BB8. Une vieille partie romane, sous laqueil* est un charnier, a été conservée à droite de la première travée. Très-jolis chapiteaux i feuillages. Joli retable d'ordre corinthien, orné d'arabesques, ayant pour date 1628

Fenêtre do sanctuaire à deux arceaux k compartiments flamboyants du travail le plus délicat.

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