‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 75 sur 120 · TENTE · texte numérisé non relu

TENTE

men a 5 mètresdô longueur sur *W de largeur,

et 1 10 d'épaisseur. Celte masse énorme «st supportée par des appuis si minces qu'on pe hâte de sortir lorsqu'on s'est glissé par curiosité dans la cella; il semble qu'on va être broyé wus ce bloc monstrueux. En effet, qu'on suive sur le plan la position des supports verticaux, on vecra que la partie la moius large s'appuie, sur trois de ces supports pendant que le reste de la table qui dans cette partie L, al 40 d'épaisseur, n'est soutenu que par un très-faible support E, placé à l'angle du nord et qui n'a que 0 16 d'épaisseur.

Dolmen du Sud. Celui-ci, plus monstrueux encore, a été renversé et necouserve plusqu'unseul desesappuis verticaux. Il s'est fendu en tombant. Pour juger du poids de cette masse, ou n'a qu'à se représenter un cube dout la plus grande superficie en losange irrégulière a, entre les angles aigus, 6 40 et, entre les angles obtus, 4 mètres, et dont l'épaisseur est de 1 80.

10* Dolmen de la Garde.

Il 6e voit à quelques mètres du tumulus de la Garde, et dans l'alignement des pierres de la Pé-

roltf. Ses dimensions sont peu considérables. Dans ce pays riche en vignobles où le terrain est précieux , il est très probable , comme je l'ai insinué plus haut, que les habitants ont disséminé les terres jectisses qui recouvraient ce dolmen. Il a aussi dans la légende du pays son nom populaire : La pierre de la Vieille.

11* Dolmen db Tauzac.

On trouve ce dolmeu sur le chemin de Montembeuf à Massignac. C'est un cube grossier de silex; il est tombé sur ses supports. Voici ses dimensions:

Longueur 3 80.

Largeur 3 20.

Diamètre 0 80.

Comme la plupart des autres dolmens on l'appelle la pierre levée.

12° Dolmen de Chalignac, près de Barbezieux.

Ce n'est plus qu'un débris informe : aucun des supports n'a été conservé. La seule remarque intéressante qui se rattache à ce dolmen, c'est qu'en Touillant sur l'emplacement qu'il occupe, on a trouvé beaucoup de fragments de poterie.

13" Dolmen de Bcnzac. Il est à peu de distance des Deffcnds. Je ne fais que le mentionner, n'ayant pas ses dimensions, non plus que celles des deux dolmens suivants.

14° Dolmen de Gragoxnb, près de Bessé.

Il se trouve sur le bord de la voie romaine qui conduisait de Cassinomagus a Aunedonaco. On a déjà remarqué que ces monuments se trouvent plus fréquemment dans le voisinage des voies antiques.

15" Dolmen du Chatelabs, «ntre Manies et Saint-Ciers.

16° Dolmen de Soyaix.

M. Eusèbe Castaigne a découvert un petit dolmen renversé de dessus ses supports, dans la

MONUMENTALE i

commune de Soyaux, près d'Angouléme. En y faisant des fouilles, il a trouvé un trou, creusé en forme d'entonnoir, large de (0 80 environ à son orifice et profond de 0 60 à un mètre; il n'y avait dans ce trou ni cendres , ni ossements ; seulement il était plein de terre fine, quoiqu'il n'y ait que du roc à l'entour.

17° Dolmen de la Combe, entre Champniers et Brie, au nord du village de Viville. Ce dolmen si intéressant pour la science, que j'ai dessiné et décrit il y a deux ans, a été brisé l'année dernière. Le propriétaire du champ où il se trouvait l'a fait mettre en moellons de construction, eu sorte qu'il n'en reste pas le moindre vestige. Une rigole circulaire avait été creusée dans le contour de la table horizontale. Dans l'hypothèse que ce dolmen soit un autel destiné aux sacrifices, le sang de la victime coulait par celte rigole, vers l'orient, en raison de l'inclinaison de la table. Cette rigole avait 0 20 de largeur sur 0 25 de profondeur. Elle avait été taillée avec un instrument dont l'extrémité était arrondie, à on juger par les entailles que chaque coup a

Le dessus do la table était parfaitement uni, mais la surface était plus inégale. Elle était d'un calcaire assez tendre. L'explorateur qui avait cm transmettre son nom à la postérité en le burinant en grosses majuscules sur un monument qui lui paraissait impérissable, ne savait pas qu'il n'y a rien de sacré pour la cupidité humaine. Je puis offrir, en compensation, à cet homme avide d'être nommé des générations a venir, l'esquisse que je fis à la hâte de ce dolmen, sans me douter que ces caractères que je mettais là uniquement par un scrupule de fidélité archéologique, contenteraient un peu l'ambition fort innocente d'un visiteur de laisser son nom après lui. C'est un des grands instincts de l'homme : Non > Chacun rêve son immortalité.

Voici une esquisse de ce dolmen.

Les supports, de môme nature calcaire que la table horizontale, avaient été taillés et ressemblaient assez aux blocs aplatis qui sortent des carrières. Ils avaient 0 40 d'épaisseur; deux plus petits n'avaient que 0 30 ; leur hauteur hors du terraiD extérieur était de 1 55. Vers l'ouverture Est, la cella avait 2 10 de hauteur; elle était de forme losangée; l'entrée correspondait, à l'est, à la partie de la pierre où l'inclinaison était la plus forte. C'était par ce côté qu'elle avait été déjà brisée.

Nous ne pouvons que donner un regret stérile à ce curieux monument et appeler de tous nos vœux le jour où, par une loi formelle, la législalation déclarera propriété publique ce qui reste encore de ces pierres, seuls témoins des âges dont uul n'a écrit l'histoire.

18° Dolmen de Dirac

Ce monument ne m'est connu que par un passage d'une enquête sur les limites de la baronnic de Dirac formant partie du domaine de l'Êvôché d'Angoulême du 12 nov. 1572 : a Au long

« de la vallée ou combe par laquelle ou va au ■ puy de Grassais et jusques à y celuy puy de « Grassais, lequel puy est dessoubz l'église au - « près de Saint-Jehan de Grassais, et du dit a puy tirant au long de la dite combe jusques « à une grosse pierre qui est sur trois bourdons « de pierre, vulgairement appelée Pierre levade « et d'icelle tirant au village de la Cournière » J'ignore si cette pierre existe encore dans la forêt de Dirac. Elleest à peu de distance duchemin d'Angoulême à Villebois, passant par Frégeneuil, qui pouvait très-bien être la voie antique d'Angoulême à Périgueux.

19* Dolmen de Lage, près de Saulgond.

Ce dolmen touche le camp de Lâge,dont nous parlerons plus bas.

Je terminerai ce paragraphe en mentionnant te roc qui danse, situé dans la commune de Sers. Ce monument se voyait encore il y a peu d'années : il était formé de deux pierres superposées;

1 Arcb. Char, liasse 198.

1+H STATISTJQUE MONUMENTAL

mais celle du haut avait depuis longtemps perdu immédiatement sur les voies antiques comme ceson équilibre. Il ne reste plus maintenant que lui de Sainte-Sévère, ou a une faible dislance, et celle de dessous, qui est en silex rouge. Ce bloc c'est le plus grand nombre; en sorte que lestrainfonne conserve son nom populaire. ces d'un camp indiquent presque toujours le

voisinage d'une chaussée antique.

s 111 Pour nous reconnaître dans l'étude des camps,

Comp* amtiq»: n0 us allons suivre sur la carte monumentale la

Pour donner une classification intéressante des direction des voies, en rapportant à chacune d'elnombreux travaux de castramélalion que ren- les les camps qui l'avoisinent. Ce n'est pas une ferme l'Angoumois, il faudrait les placer par or- classifleation, mais un ordre géographique, dre de temps, indiquer ceux qui ont du servir Le nord-oît du département était traversé de ville de refuge aux populations gauloises, par une voie qui conduisait de Limoges à Poiéparses comme on sait en grands villages, et se tiers; et comme on le verra dans l'article suivant réunissant au moment du danger dans des en- qui traite des voies antiques, j'ai de fortes raisons ceintes où elles ser palissadaient, pour se mettre de croire qu'un embranchement parti de Chasà l'abri des coups de main : indiquer ensuite ceux senoo venait à travers la forêt de Brigueuil et la qui ont servi aux légions romaines, soit au mo- commune de Jfontrollet se joindre à cette grande ment de la conquête, soit pendant toute la durée voie. Plusieurs camps se trouvent sur cette voie de la domination de Rome sur les Gaules jusqu'à et sur l'embranchement: l'invasion barbare; décrire enfin ceux qu'on a 1° Le Camp des Hobadcaux, commune de élevés pendant les quatorze siècles de la monar- Monlrollct. C'est un carré long de 120 mètres chie, dans les luttes des Francs contre les Aqui- sur 94. Les talus n'ont pas beaucoup de hautains, durant l'invasion des Normans repoussêc teur; mais ils sont encore très-bien marqués par les barous pendant toutes les guerres an- ainsi que les fossés qui les entourent. Les angles glaises, et au X\T siècle, pendant les guerres de de ce camp et les deux suivante correspondent religion. aux quatre points cardinaux.

Je déclare ce travail au-dessus do mes forces; 2* Le Camp du puy Mérigou, commune de je serais exposé à commettre trop d'erreurs. Je Moutrollet. Les talus de ce camp ont été en parme Iwrnerai donc à une simple nomenclature tie abattus; il n'en reste que deux angles et un des camps antiques. Seulement j'indiquerai avec côte qui a 65 mètres de longueur, le plus grand soin tout ce qui pourra mettre le 3" Le Camp de la Faye, commuuc do Saintlecteur a même d'attribuer ces travaux, dont Christophe. Il est mentionné daus les notes maquelques-uns sont d'une grandeur étonnante, à nuscrites de M. de Yerdilhac; c'est un carré cède des époques historiques à laquelle il est long. A coté du camp se trouve un terrain que plus vraisemblable qu'ils appartiennent. Je ro- les paysans appellent le champ de la Sagne, (du cueillet ai surtout les traditions locales. Sans leur sang, sanguinis).

donner l'infaillibilité de l'histoire, il est rare V Le Campif Anglard, commune de Brigueuil.

qu'elles n'aient pas quelque côté par lequel elles Les retranchements de ce camp ont en cer-

approchent plus souvent du vrai que les habiles tains endroits jusqu'à 7 mètres d'élévation. Il

théories de la science. forme un carré long de ISO mètres sur 95. Les

Un fait qu'il est nécessaire de constater d'abord, habitants du pays donnent aux camps dont nous

c'est que la plupart de ces camps sont placés ou parlons le nom latin de Chastra {Castra}.

DE LA. CUABENTE. U9 6* Le Camp de la forêt de Brigueuil. Il est 1IL Sur la voie antique de Périgueux à Chasdans le voisinage d*uoe fabrique établie il y a senon on trouve, sur le territoire de l'Angoupeu de temps dans la foret» Il forme- un carré mois:

long dont les talus ont été en grande partie ni- 9" Le Camp de Pressignac, à peu de distance

velés. du bourg de ce nom. C'est un carré long de

6° Le Camp de Làge, commune de Saulgond. médiocre étendue.

Ce camp est fort bien conservé; on le trouve en- IV. Voie antique de Cbassenon à Cbarroux.

tre Saulgond et Etagoac. A côté du camp, à l'est, A cette voie se rapportent le camp de Benays

se voient les restes de fortifications qui ont dû et celui de Trallebost.

avoir de l'importance. Je conjecture que ce sont les restes d'un fort ceiut de murailles. Un dolmen se voit entre le camp et le fort.

II. Sur la voie antique A'Angoulême à Chastenon se trouvent à peu de dislance:

7° Le Camp de» Mottes, près du Liudois, entre la Courrière et Ecossas.

10' Le Camp de Trallebost. 11 est situé entre Châtain et Pleuvilie, sur la limite des départements de la Charente et de la Vienne. C'est encore un carré long.

1 1* Le Camp de Benays. Il ne reste plus qu'un seul côté du camp de Benays, que la tradition attribue a Charlemagne. Il est impossible par

Il est circulaire et assez bien conservé, quoi- conséquent de déterminer si c'était un carré

que les talus n'aient pas unebauteur considérable; long ou simplement un carré. 1^ talus qui se

il a 55 mètres de diamètre. voit encore a un grand développement et une

8* Le Camp de la Giraldie, entre le Lindoiset base considérable ce qui fait supposer que le

Rouzède. C'est celui dont fait mention Nadaud camp avait beaucoup d'étendue. Quoique les

dans ses manuscrits '. Il présente un carré long historiens de Charlemagne n'aient mentionné

de 120 sur 90, les talus compris. La partie mé- nulle part une bataille livrée à Benays par le

ridionale est complètement nivelée, peul-êlre grand empereur, il serait difficile de ne pas ac-

même n'a-t-elle jamais été achevée. Mais ce camp cepler dans toute sa valeur la tradition locale

était d'une force considérable au nord et à l'ouest; qui en a conservé le souvenir. Uu service annuel

le talus du nord a 20 mètres à sa base; à l'ouest avait été fondé à perpétuité dans l'église de Be-

trois redoutes allongées placées sur la même li- nays on l'honneur des Francs qui avaient péri

gne sont beaucoup plus hautes que le sol du dans ce combat, et nous avons rappelé plus haut

camp et le protègent en présentant un abri, que cet anniversaire fut acquitté chaque an-

comme si l'on avait voulu se défendre contre née par le prieur du lieu jusqu'en 1790. Des

l'altaqire de l'artillerie. Ce camp peut avoir été franchises furent données par Charlemagne &

fait pendant les guerres anglaises *; on y a trouvé Benays e» confirmées sous diflêrents règnes* Ce

de petits boulets. Il est situé à peu de distance de sont là des faits qui valent une page dans une

la voie de Cbassenon à Périgueux. chronique.

» Nadaud. Mas. loin, m, pago2C7.

* M. Vryrct, maire de Monu mliœiif et membre du conseil générât de lu Charente, qui m'a accompagné avec tant d'obligeance dans plusieurs de mes courses archéologiques, avait fait une élude particulière des travaux de caalramétation de sa contrée. Il m'a donné de précieuses indications sur une ligne formidable de défense, qui partant de Chassencuil et s'étendant vers Roussincs, coupait à angle droit

la chaîne de collines qui s'élèvent entre la Tardouère et la Bonnicure, rivières assez larges et asseï profonde» pour servir elles-mêmes comme d'un fossé naturel de circonvolution, derrière lequi-1 on pouvait observer l'ennemi. En jetant les wux sur la cane où sont tracés les camps de celte ligne, si l'on n'admet pas ce système, on sera forcé de convenir qu'il repose sur des données ingénieuses et qu'il est du moins tres-v

ISO STATISTIQUE 12° Le Camp du petit Mas-Dieu. Il est de forme circulaire et se trouve sur la colline opposée au chemin antique, en face du village de la Juricie ; je n'en ai pas relevé le diamètre.

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