MONUMENTS DU CIMETIÈRE
Planche Le premier monument reproduit sur la planche VII est celui qu'on
nommait le prêchoir; il était composé d'un soubassement carré, à chacun de ses angles s'élevait une colonne; les chapiteaux portaient une corniche saillante sur laquelle reposait im toit en forme de pyramide très-élevée , siumontée de fleurons en plomb et d'une croix en fer : un escalier et une porte donnaient accès à ce petit monmnent , dont les entre-colonnements avaient été bouchés avec des briques à une époque récente.
Le nom que portait cet édifice semble indiquer qu'aux époques où le cimetière se remplissait de fidèles, à la fête des morts, il servait de chaire en plein air pour les prédicateurs.
Le second moniunent dessiné sur la planche était une grande pyramide en pierre surmontée d'un christ en croix, et couverte de sculptures; à sa base s'élevaient quatre statuettes posées aux angles d'un piédestal carré, orné des armoiries royales; plus bas un second piédestal, portant des figures d'évèques, reposait sur quatre lions couchés; deux piédestaux superposés et portant des inscriptions et des bas- reliefs formaient la partie inférieure de ce monument, qu'on nommait la Croix glatine.
Le troisième édifice dessiné sur la planche était une tour octogone en pierre, surmontée d'une couverture pyramidale et d'une croix; un étage percé de huit fenêtres étroites et en ogive était posé sur deux soubassements élevés et en retraite l'un sur l'autre : une porte pratiquée à la partie basse permettait d'entrer dans l'édifice. Sur l'une des faces de ce monument était élevé l'auvent qui couvrait le squelette dessiné à la planche V, et sur la partie la plus apparente de la
même tour, un autre auvent couvrait im petit autel sur lequel était placée ime statue de la Vierge, couronnée par im dais de la Renaissance. Le moniunent avait reçu le nom de tour Notre-Dame des Bois : c'était probablement un ancien fanal du cimetière.
Les dessins de tous les ihonuments isolés publiés sur les précédentes planches portent chacun une lettre qui, reproduite siu* le plan général du cimetière gravé à la planche I**, permet de reconnaître la place qu'ils occupaient dans son enceinte.
COUVENT DES DOMINICAINS, DITS JACOBINS
PLAN GÉNÉRAL
Au milieu du xif siècle, l'hérésie des Manichéens se renouvela dans Planche le Languedoc; on donna le nom d'Albigeois à ceux qui la soutinrent; '*
saint Dominique, en ayant converti plusieiu^s, créa un ordre religieux destiné à la propagation de la foi ; en 1216, le pape Honorius III approuva cet ordre sous le nom de frères prêcheurs. Plusieiu^s de ces religieux étant venus à Paris en 1217, l'année suivante Jean Barastre, doyen de Saint-Quentin, leur donna, auprès des murailles méridionales de la ville , une maison et ime chapelle du titre de Saint-Jacques , d'où ils prirent le nom de Jacobins. Le chapitre de la cathédrale leur permit d'avoir une église , qu'ils commencèrent à construire en 1 2 2 1 ; saint Louis la fit achever, leur bâtit im dortoir et des écoles. Louis X leur permit de s'étendre au delà du mur d'enceinte de Philippe-Auguste; ils y eurent leur cimetière, l'infirmerie et un dortoir.
Le plan du couvent des Jacobins, gravé à la planche I**, en indique les dispositions générales; il était limité, à l'est et au nord, par les rues Saint-Jacques, des Cordiers et de La Harpe; au sud s'élevait une partie de la muraille de Philippe-Auguste avec cinq toiu^s militaires. L'entrée du couvent, l'église, le cloître, la salle capitulaire et quelques dépendances, étaient situés à l'est; au milieu du terrain occupé par l'ensemble des constructions, s'élevait un vaste réfectoire qui s'étendait au delà du mur de défense de la ville; les nouvelles écoles et
une infirmerie étaient, élevées depuis Fangle du réfectoire jusqu'aux environs d'une porte secondaire du couvent, ouverte sur la rue de la Harpe. Toutes les parties teintées en noir siu* le plan avaient été coeh servées jusqu'à l'époque récente du percement de la rue Sou£Sot et des modifications apportées dans les rues adjacentes.
COUVENT DES DOMINICAINS, DITS JACOBINS
Planche L'église des Jacobins, dont ime vue pittoresque est gravée sur la
'^* planche II, avait quatre-vingt-trois mètres de longueur: elle était di-
visée en deux nefs seulement; la plus grande, située au sud, contenait trois chapelles latérales pratiquées dans l'épaisseur du mur méridional ; un jubé communiquant avec le cloître divisait la grande nef en deux parties égales. La sacristie s'élevait au sud du sanctuaire. L'imique bas côté de l'église contenait la principale porte d'entrée à l'angle septentrional, et huit chapelles latérales régulièrement disposées occupaient le nord de ce bas côté. L'église des Jacobins contenait im grand nombre de tombeaux de rois, de reines, de princes et de princesses de la maison de France, parmi lesquels étaient ceux des chefs des trois branches royales de Valois, d'Evreux et de Bourbon; les historiens de Paris ont donné la nomenclatiu'e de ces tombeaux, qui, à l'époque de la suppression des monastères, furent recueillis au musée des Monuments français par Alexandre Lenoir; ils sont aujourd'hui, pôiu- la plupart, dans l'église de Saint-Denis.
Les détails gravés sur la planche au bas de la vue de l'éghse sont ceux des constructions qui étaient situées au midi du réfectoire et lui faisaient complément; elles furent retrouvées dans des maisons particulières lorsque l'administration de la ville de Paris fit exécuter la rue SoufiQot. Le plan indique l'ensemble de la salle , que six fenêtres éclairaient latéralement, deux portes y étaient aussi pratiquées; trois colonnes isolées occupaient l'axe de cette construction, dont deux dessins pittoresques , gravés auprès du plan , font voir l'intérieur et l'extérieur. Au-dessous du plan est tracée la face du mur méridional; deux
vastes cheminées et quatre niches , placées symétriquement à l'extrémité des nefs intérieures, décoraient ce mur; im pilastre et une colonne engagée étaient encore en place et indiquaient les hauteurs de deux ordres d'architecture qui supportaient la charpente; les chapiteaux de ces colonnes sont gravés en haut de la planche , auprès de la vue pittoresque de l'église.
COUVENT DES DOMINICAINS, DITS JACOBINS
L'entrée du couvent des Jacobins était située siu* la rue Saint- Planche Jacques, vis-àrvis la rue Saint-Étienne-des-Grès. Elle était composée, ' ^'
selon l'usage, d'une grande et d'ime petite porte, comme l'indiquent le plan général gravé à la planche l^ et celui qui est placé en haut de la planche III. Cette entrée, démolie il y a deux ans, était dans un état de dégradation qui permettait à peine d'en reconnaître l'ensemble et les détails; elle donnait accès dans im vestibule ou porche, d'où on entrait, d'une part dans l'église, et d'autre part dans une longue coiu* du couvent, convertie en passage dit des Jacobins, lorsqu'on lui eut donné im débouché sur la rue de La Harpe.
La grande porte, décorée dans le style du xv® siècle, est reproduite sur la planche. Un plan, divisé en deux parties, donne les projections des moulures inférieures et de celles qui surmontaient l'entrée. L'arcade de passage était de forme siu^baissée et encadrée de feuillages, au-dessus desquels se développaient des crosses végétales et trois piédestaux portant des statues couronnées de dais. Au miheu, dans ime des trois niches, était la statue de. la Vierge portant l'enfant Jésus; à sa droite le sculpteur avait représenté saint Pierre martyr portant une coiu^onne et une épée; à sa gauche s'élevait la statue de saint Dominique.
Des moulures délicates et découpées en trèiies encadraient l'ensemble de ces sculptures; deux niches, placées en dehors des ornements, étaient préparées pour recevoir des statues.
Les ruines de cette porte présentaient, vers l'intérieur du monastère ,
quelques détails de moulures et de bases qui, sur la planche, sont tracés dans le vide de l'arcade et se rapportent, par les lettres A et B, au plan dessiné plus haut.
COUVENT DES DOMINICAINS, DITS JACOBINS