EXÉCUTÉES SUR LE PARVIS NOTRE-DAME, EN
Planche Pendant l'hiver de 1 847, ^^® tranchée ouverte sur le parvis Notre-
^^''' Dame, pour l'établissement d'un égout, ayant amené la découverte de quelques antiquités, les fouilles furent étendues sur la presque totalité de la place, et de nombreuses constructions de diverses époques sortirent de ces déblais. Toutes celles qui , sur la planche XVII , sont teintées en noir étaient romaines; im gros mur de rempart, épais de 3°',63, formé de fragments antiques rassemblés, datait des bas temps de l'empire; la teinte qui lui est donnée sur le plan est moins noire que celles des miu^ romains d'ime meilleure fabrique; enfin des constructions élevées depuis l'établissement du christianisme se mêlaient aux édifices de l'antiquité, elles sont indiquées sur le plan par des teintes d'autant moins foncées qu'elles se rapprochent plus de l'époque présente.
Les constructions romaines se divisaient en deux groupes distincts : les unes, situées vers la rue Neuve-Notre-Dame, étaient composées de murailles de 92 à 98 centimètres d'épaisseur; les salles qu'elles limitaient avaient été spacieuses; là devait être un édifice public important. Un hypocauste était établi sous l'une de ces salles, marquée a sur le plan.
Le second groupe de constructions romaines était plus rappreché de la cathédrale; les murs y avaient moins d'épaisseur que dans les précédents édifices; on y a trouvé des escaliers intérieurs, des cours encore pavées, im puits, un hypocauste, des fragments de meules et de vases , et jusqu'à du blé noirci par un long séjoiu* dans la terre. Là étaient évidemment des habitations.
On reconnaissait que ces dernières constructions avaient été dé-
truites en partie pour élever im édifice qui en couvrait toute Tétendue et qui était d'origine chrétienne , à en juger par la manière dont était faite la maçonnerie. La grande surface occupée par ces murailles, lem* forte épaisseur, la régularité de leurs dispositions en quatre lignes parallèles, formant ime lai^e nef et des bas-côtés, précédés de fondations qui n'ont pu appartenir qu'à un porche et à ses distributions accessoires, tout contribuait à faire admettre que ces ruines étaient celles de la basilique élevée par Childebert; des fragments de la mosaïque de cet édifice, publiés à la planche XXI, des colonnes en marbre d'Aquitaine, de 70 centimètres de diamètre, im chapiteau qu'on verra plus loin, à la planche XIX, confirment cette attribution. La cathédrale de Maurice de Sully, qui remplaça, au xii* siècle, cette basilique, a été construite plus à l'orient. Quelques murs d'une teinte grise légère, mêlés aux précédents, étaient les substructions d'une fontaine qui lut élevée au parvis Notre-Dame, au xvn® siècle, et qu'on voit sm* les anciennes gravures qui représentent la cathédrale.
A l'angle nord du parvis, entre le bâtiment de l'administration des hospices et la rue d'Arcole, les fouilles firent connaître tout le plan des substructions de l'ancienne église de Saiq^hristophe, érigée en paroisse au xii® siècle. C'était un édifice sans bas-côtés, soutenu par des contre-forts dans tout son périmètre; il fut détruit en 1747. Un mur romain, teinté en noir sur le plan général de l'église, a été trouvé dans l'axe de cet édifice , vers l'entrée de la nef.
Les planches suivantes feront connaître tous les détails de ces découvertes importantes pour l'histoire des monuments de Paris.