‹ Statistique monumentale de ParisChapitre 245 sur 263 · TOURELLE RUE HAUTEFEUILLE, W · texte numérisé non relu

TOURELLE RUE HAUTEFEUILLE, W

La rue Hautefeuille , qui contenait, au xv*^ et au xvi® siècle, des Planche habitations importantes, présente encore, aux n*** i3 et 2yf deux tourelles gravées sur la planche IV. La première s'élève à Fangle de la rue Pierre-Sarrazin ; son plan est un pentagone, des pilastres sont placés à chaque angle. La tourelle est divisée en deux étages par un bandeau orné qui porte encore le caractère du xv* siècle, bien que Fencorbellement et la corniche supérieure soient profilés dans le style de la renaissance; deux fenêtres dépourvues de décoration ont été percées à chaque étage.

La maison située au n^ 1 3 , dans la même rue , se termine par ime tourelle dont le plan est circulaire; elle s'élève sur un encorbellement; les profils indiquent la fin du xvi^ siècle; les fenêtres, dont les appuis reposent sur des consoles, sont cintrées par le haut et encadrées de chambranles ; un bandeau peu saillant divise la toiu* en deux parties; celle du haut est percée d'une fenêtre et coiu'onnée d'une corniche qui portait le toit aujourd'hui supprimé.

Auprès de la porte méridionale de l'église de Saint -Germain- TAuxerrois, dans la rue des Prêtres, s'élevait, au n® 20, ime maison dont l'angle portait une tourelle de la renaissance ; son plan circulaire reposait sur un encorbellement à moulures multipliées. La partie principale de la construction était décorée de trois pilastres doriques, dont une base et un chapiteau sont reproduits, auprès du dessin, sur une plus grande échelle; l'architrave , une frise exagérée par sa hauteur, et la corniche , surmontaient l'ensemble de l'architecture , que dominait un toit conique. Entre les pilastres, ime fenêtre et une niche encadrées

de chambranles étaient couronnées de frontons courbes; des fruits disposés en cercle ornaient le dessous des appuis.

Une tourelle du xvi® siècle occupe Fangle oriental que la rue de l'Ecole-de-Médecine forme avec Tancienne rue du Paon, aujourd'hui de Larrey; elle est divisée en trois étages par des bandeaux ornés de moulures qui séparent les fenêtres; \m groupe de consoles formant encorbellement porte Tensemble de la construction que surmonte un toit en pyramide ; une riche décoration en plomb occupe le sommet; elle se compose d'un chapiteau composite , sur lequel repose im vase orné de têtes et de fleiu's s'élevant sur une tige centrale.

La maison située au n^ 9 de la rue du Jardinet est décorée d'ime tourelle plus grande que la précédente et divisée comme elle en trois étages ; elle repose aussi sur un groupe de consoles formant l'encorbellement. Les deux bandeaux qui indiquent la hauteiu* des planchers séparent les fenêtres dépourvues de chambranles. L'étage supérieur, surmonté d'une corniche et d'im dôme, est éclairé par un œil-debœuf.

La dernière tourelle gravée sur la planche occupe l'angle d'une maison située rue Bar-du-Bec, n® 16. Elle est la seule dont le plan soit quadrangulaire; des consoles, dans le style de la fin du xvi® siècle, supportent l'encorbellement composé de fortes moulures. La construction est d'une grande simplicité; deux bandeaux la divisent en trois étages qu'éclairent des fenêtres sans chambranles; une corniche d'un profil assez compliqué porte le toit brisé qui couvre l'ensemble.

Les six tourelles gravées sur la planche ont été dessinées à la même échelle et portent les mesures de leurs divers étages ainsi que celle de l'ensemble de la construction.

FONTAINE DES INNOCENTS

Planche A l'angle formé par la rue Saint-Denis et la rue aux Fers s'élevait,

^' dès le xiii® siècle , une fontaine publique , appuyée contre l'église des

Innocents. En i55o, elle fut reconstruite par Pierre Lescot et Jean

Goujon , suivant les dispositions indiquées par la vue perspective et le plan ancien gravés au bas de la planche I. Cette fontaine, composée de deux arcades encadrées de pilastres corinthiens , vers la rue aux Fers, n'en présentait qu'une sur la rue Saint-Denis. Chef-d'œuvre de la renaissance, elle forme le plus heureux assemblage de l'architecture et de la sculpture; c'est le monument sur lequel le talent de Jean Goujon s'est élevé le plus haut ; les deux artistes la consacrèrent aux nymphes des fontaines; on y lit: Fontiam Nymphis. En 1689, ^^^ autre inscription, composée par Santeuil, y fut gravée; rétablie en 1819, elle a été supprimée depuis; elle était ainsi conçue :

Qaos duro cernis simulatos marmore factus Hujus Nympha loci credidit esse suos.

Lorsqu'en 1786 le cimetière et l'église des Innocents furent supprimés pour l'établissement du marché aux Herbes , on dut songer à conserver cette fontaine, la plus remarquable de Paris. Le sieur Six, ingénieur, proposa de l'élever au milieu du marché; Poyet, Legrand et Molinos , architectes de la ville , lui furent adjoints pour l'exécution de ce projet dont le plan et la façade sont gravés sur la planche.

La fontaine ne présentait originairement que trois arcades; pour l'isoler on fut conduit à en ajouter une quatrième ; les sculptures en forent confiées à Pajou, qui se rapprocha autant que possible de celles de Jean Goujon. L'Huillier, M ézières et Danjon exécutèrent les ornements.

En 1812, l'eau du canal de l'Ourcq ayant été amenée en abondance à la fontaine des Innocents, on supprima les bas-reliefs placés par Jean Goujon sur le piédestal dans la crainte de les voir détruits par l'humidité ; ils ont été déposés alors au musé# du Louvre ; ils devaient être remplacés sur le monument par des moulages en plomb , ce qui n'a pas été exécuté.

Une coupole couverte en cuivre surmonte la fontaine; l'eau est distribuée sur les quatre faces par une vasque placée au centre et par

ries lions qui occupent les angles du soubassement; des cuves placées plus bas servent de réservoirs à quatre mascarons qui répandent l'eau dans un grand bassin inférieur. Cette fontaihe , déplacée récemment , a subi des modifications dans le soubassement.

FONTAINE DES INNOCENTS

BAS- RELIEFS

Planche Chacune des faces de la fontaine des Innocents est composée

'^- d'une arcade surmontée de deux renommées et d'une clef portant le

dauphin et un trident. Des pilastres corinthiens encadrent l'arcade et se reproduisent plus loin aux angles du monument; les intervalles compris entre ces pilastres présentent, dans le piédestal, des cartouches, plus haut des figures de nymphes, et au-dessus des cadres portant les inscriptions. Des couronnes sont sculptées dans la hauteur des chapiteaux. Un entablement dont la frise est très-ornée surmonte Tordre corinthien; dans l'attique couronné d'im fronton sont placés un bas-relief et deux cartouches.

Un des trois sujets qui décorent l'attique est reproduit sur le dessin géométral gravé en haut de la planche I; il représente déjeunes enfants assis sur des coquilles ou siu* des dauphins et se jouant siu* les eaux. Les bas-reliefs des autres façades présentent une grande analogie avec celui-ci.

Les trois sujets sculptés par Jean Goujon pour décorer le piédestal de la fontaine, au-dessous des arcades, sont gravés sur la planche II; ils sont variés, et l'artiste y a déployé tout son talent; déposés au musée du Louvre, comme il a été dit plus haut, dans les salles consacrées à la sculpture de la renaissance, leur conservation est complète. %

Le premier bas-relief représente probablement la jonction de la Seine et de la Marne; l'une des figures, appuyée siu* un aviron» est assise dans une conque; un voile s'étend derrière elle; le fleuve, vu de dos, est coiffe de feuilles de roseaux; il se termine par une queue de

poisson sur laquelle est assis un jeune enfant ; auprès de la première figure, un autre génie des eaux s'appuie sur un dauphin.

Le second bas-relief est composé d'une nymphe assise sur une large coquille; des roseaux se mêlent à sa chevelure; de la main droite elle soutient son voile et s'appuie sur un aviron. Un génie monté sur im monstre marin la conduit sur les eaux.

Dans le troisième bas-relief, ime nymphe vue de face est étendue sur une coquille dont l'extrémité arrondie en spirale lui sert à s'appuyer; des deux mains elle retient son voile enflé par le vent; un génie, placé sur un cheval marin, la précède et la guide.

FONTAINE DES INNOCENTS

BAS-RELIEFS

La planche III présente plusieurs des figures de nymphes exécutées piandie par Jean Goujon entre les pilastres qui décorent les façades de la ï^ï-

fontaine des Innocents; les places étroites réservées au sculpteur entre ces diverses parties de l'architecture motivèrent de sa part les dispositions sveltes et élégantes de ses remarquables compositions.

La première figure , coiffée avec goût , porte un diadème composé de coquillages ; de la main droite elle soutient sa tunique , le bras est appuyé sur un aviron; l'urne d'où l'eau s'écoule est à ses pieds; les draperies élégantes qui couvrent cette nymphe sont disposées de la façon la phis heureuse, et leur exécution est d'ime finesse remarquable. '

La pose de la seconde figure est naïve; elle soutient des deux mains l'urne posée sur son épaule droite; l'eau tombe à ses pieds; elle est entièrement vêtue comme la précédente figiu^e , et son ample tunique est largement drapée.

La troisième nymphe est vue de profil; son voile pend verlicalement vers la gauche et sert de fond aux parties hautes du corps ; un riche vêtement relevé sur l'épaule et au-dessus des genoux laisse à dé-

couvert les bras et les jambes; la nymphe soutient des deux mains son urne qu'elle incline pour répandre les eaux.

FONTAIIVE DES INNOCENTS.

BAS-RELIEFS

Planche Une quatrième nymphe est gravée en premier sur la planche IV ;

'^ ' elle se présente dans une pose gracieuse; la tête est ornée de roseaux;

le voile pend à la droite ; les deux bras levés et nus soutiennent l'urne posée sur Tépaule gauche ; la jambe qui porte est en partie découverte et le vêtement très-ample s'étend sur le fond.

La seconde ligure tracée sur la planche a le bras droit nu et levé au-dessus de la tête; la main gauche soutient un aviron; im long voile sert de fond à cette sculpture dont le mouvement est très-prononcé ; les plis du voile se mêlent à ceux de la tunique.

La troisième et dernière nymphe gravée sur la planche est coiffée de roseaux et d'un voile flottant. Cette figure est la seule qui ait le sein découvert , une riche ceinture serre sa timique autour de la taille; le bras gauche entièrement développé est nu; les deux mains soutiennent l'urne d'où l'eau se répand aux pieds de la nymphe; un vêtement très -large enveloppe tout le bas du corps et s'y drape avec grâce.

PONT-NEUF

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