‹ Statistique monumentale de ParisChapitre 73 sur 263 · TOMBEAU DE SAINT GERMAIN · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE SAINT GERMAIN

Planche Saint Germain, évéque de Paris, mourut à l'âge de quatre-vingts

^^'* ans, le 38 mai 67 6; il fut enterré dans l'oratoire de Saint-Sympho-

rien, martyr, qu'il avait fait élever au bas de la basilique de Sainl- Vincent et de la Sainte-Croix, du côté du midi, et dans lequel il avait choisi sa sépulture. Son tombeau, placé au côté droit de l'autel, était fort simple; mais saint Eloi, suivant le récit qu'en fait saint Ouen, y déposa des ouvrages d'or et d'argent de sa façon pour le décorer/Les reliques de saint Germain furent transférées, en 7 54, en présence du roi Pépin, dans l'église abbatiale, et placées dans une châsse; mais le tombeau ou cénotaphe qui couvrait son cercueil fut conservé à la place primitive pour en garder le souvenir. On y scella la pierre commémorative de la donation de la terre de Palaiseau , faite

par Pépin à l'abbaye le jour de la translation des reliques , et publiée sur la planche I^. A plusieurs époques ce monument comménioratif de la sépulture du saint évêque fut réparé. Au xni* siècle, une longue dalle de pierre y fut placée; elle est figurée au bas de la planche VII avec rinscription gravée à cette époque; on y lit: « Hic fuit primo tu- « mulatus beatus Germanus. » Au commencement du xvi® siècle , un dais en marbre, orné de colonnes torses et de deux anges soutenant un cartel et portant les instruments de la Passion, fut ajouté à l'ancien monument; enfin, en 1690, dom Bernard Joli, sacristain de l'abbaye , fit rétabhr à ses frais le tombeau de pierre et de marbre tel qu'il est représenté sur la planche VII, en faisant entrer dans sa composition la pierre de Pépin, celle du xiii^ siècle et le dais en marbre du xvi® siècle. Ce monument a été détruit après la révolution de 1 789.

ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS

DESCENTE DE CROIX, PEINTE EN lAlO.

Le fond représente Tabbaye et le Louvre.

Le tableau reproduit sur la planche VIII était conservé dans la sa- piancbe cristie de l'église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés. Il fut recueilli ^'''•

au musée des Monuments français, après la révolution de î 789, par A. Lenoir; porté, en 1 8 1 7, à l'église de Saint-Denis, il en a été retiré pour être placé au musée du Louvre, où on le voit aujourd'hui. Ce tableau précieux de la peinture française au xv*^ siècle est ainsi décrit par dom Bouillart, historien de l'abbaye ^ :

« On voit dans la sacristie un ancien tableau qui a servi autrefois a dans quelque chapelle, où l'abbé Guillaume est représenté à genoux, « soutenant avec respect par-dessous les bras un Christ détaché de la « croix , accompagné de plusieurs autres figures assez mal dessinées , « selon la manière de ce temps-là, mais dont les tètes sont bonnes et

* Dom Bouillart, Histoire de V abbaye royale de Saint-Germain des-Prés , page 1 69.

« le coloris d'une grande fraîcheur. Ce qui est le plus à estimer dans « ce tableau , c'est le lointain où l'abbaye est représentée au milieu des « prés, environnée de tours rondes, de hautes murailles et de fossés profonds, comme Richard, prédécesseur de l'abbé Guillaïune, les « avait fait faire. Le Louvre avec ses grosses tours y paraît aussi de « l'autre côté de la rivière , dans le même état qu'il avait été cons- « truit par Philippe-Auguste. Le petit Bourbon, à présent le garde- « meubles du roy, y est dépeint de la même manière qu'il est encore a aujourd'hui, surtout du côté de la rivière. On voit encore, plus loin, t derrière ces édifices, la butte Montmartre, et au sommet l'ancienne « église avec le monastère des religieuses tel qu'il était pour lors. »

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