PLAN DE L'ABBAYE DE SAINT -GERMAIN -DES- PRES AU MILIEU DU WV SIÈCLE
Le dessin original sur parchemin, reproduit à la planche X, est pianche conservé aux Archivés de l'Empire; il a été exécuté, en i54ii pour im procès qu'eurent à soutenir les religieux de Saint-Germain-des- Prés. On lit dans l'histoire de l'abbaye, par doni Bouillart, à l'année 1 54 1 , page 1 84, les détails de cette affaire : « Les religieux de l'ab- «baye, dont le terrain étoit fort resserré à cause des fortifications et « des fossés qu'ils avoient fait faire par ordre du roy en i368, vou- « lurent cette année ( 1 54 1 ) Taugmenter de sept arpens de terre « situés au bout de leur jardin. Lorsque les murs de clôture furent « commencés, le prévôt de Paris, à la rpquête du procureur du roy, a leur fit défense de les continuer, et ordonna même qu'ils seroient « démolis, sous prétexte qu'il y avoit un chemin public entre les sept « arpens et leur jardin, dont ils ne pouvoient disposer. Les religieux en « appelèrent au parlement, lequel nomma deux conseillers pour faire « une descente sur les lieux, et ensuite faire leur rapport à la cour. Le « procureur général intervint pour son substitut, et le prévôt des mar- « chands et les échevins pour la ville. Les commissaires, ayant entendu « les témoins de part et d'autre , reconnurent qu'il n'y avoit jamais eu
« de grand chemin dans l'endroit en question, et en firent leur rapport û à la cour. Le roy, dans le même temps , sollicité apparemment par «le cardinal de Tournon (alors abbé de Saint-Germain-des-Prés), « évoqua cette affaire à son conseil privé, et rendit un arrêt, le i®" mars ft suivant i543, par lequel il permit aux religieux de Saint-Germain « de rétablir la démolition et d'achever leurs murailles ; ce qui fut « exécuté la même année. » Le chemin, objet du procès, est marqué sur le dessin original de la lettre G, et il est tracé entre les fossés de l'abbaye et le clos marqué des lettres F. G. H. Sa longueur était de 30 perches; les divers côtés du clos sont marqués aussi par les mesures de longueur, ce qui était nécessaire pour éclairer les juges; enfin, siu* la légende, on a la confirmation du motif qui fit exécuter ce dessin, en y voyant ces mots : CCCC, le chemin sur les fossez, prétendu être royal par parties adverses.
Dom Bouillart a publié dans son ouvrage un dessin analogue à celui-ci, mais qui en diffère en plusieurs points; peut-être est-ce le même qu'il a fait modifier par son graveur. Il l'indique comme représentant l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, telle que l'abbé Richard la fortifia en i368. Il n'a pas remarqué, s'il a eu entre les mains le dessin reproduit à la planche X , qu'il a été évidemment exécuté pour venir à l'appui de la défense des droits de l'abbaye sur le chemin qui la séparait du clos vers Sainl-Père.
ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS