DÉTAILS L^TÉRIEURS I)E LA CHAPELLE DE LA VIERGE
Planche Quclques détails de la décoration intérieure de la chapelle de la
XXXI. Vierge construite, à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, par Pierre
de Montereau, se voient encore dans la rue de l'Abbaye, qui fiit
percée, comme il est dit précédemment, dans la partie du monastère
où elle avait été élevée. Deux maisons de cette rue ont conservé ces
précieux débris, dont la réunion forme la planche XXXI. La partie principale de ces restes consiste en un fragment du mur d'enceinte de la chapelle, depuis le sol jusqu'au-dessous des grandes fenêtres. Ce fragment, gravé au milieu de la planche, et dont une partie, reproduite plus bas, est restituée d'après des détails qu'on retrouve, présente de légères arcatures en ogive , encadrées et couronnées de feuillage; au-dessus régnait une sorte d'attique formant l'appui des fenêtres. Les arcatures reposaient sur des chapiteaux ornés de crossettes délicatement sculptées; des colonnettes légères placées auprès du mur d'enceinte portaient les chapiteaux. Les travées de la chapelle étaient séparées entre elles par des groupes de colonnes portant les nervures de la voûte; ces groupes, en s'élevant du sol et en s'appuyant sur le mur d'enceinte, interrompaient les arcatures, comme on peut le voir par les fragments reproduits sur la planche. De nombreux profils et des projections horizontales complètent les dessins de ce firâgment, auquel sont joints tous les chapiteaux doubles et simples qu'on rencontre auprès de cette ruine d'un des monuments les plus célèbres de l'architecture du xiiï*^ siècle en France.
ABBAYE DE SAINT-GERMAINDES-PBÉS.
m ^ « FRAGMENTS DE LA VITRERIE.
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés était riche en vitrerie peinte , Piaudie et c'était particulièrement au xiii*^ siècle que ce genre de décoration ^^xn. avait été grandement employé dans les constructions que les abbés Simon, Hugues d'Issy et Gérard de Moret, avaient fait élever à cette époque* En effet, l'historien de l'abbaye, Dom Bouillart, mentionne les vitraux peints que l'abbé Simon fit exécuter, en 1289, pour décorer le réfectoire , dont il avait confié la construction à Pierre de Montereau. Ce célèbre architecte ayant été chargé, en i244, par l'abbé Hugues d'Issy, de construire la grande chapelle de la Vierge, terminée sous l'administration de Thomas de Mauléon, les quinze fenêtres de cet édifice remarquable furent closes avec de riches vitraux peints dans
le goùi du temps. En 1278, Tabbé Gérard de Moret faisant bâtir une grande salle du chapitre et un parloir qui lui était contigu , la vitrerie peinte orna les fenêtres de ces deux constructions nouvelles , et Dom Bouillart la mentionne. Indépendamment de toutes ces peintures sur verre, l'église elle-même devait en posséder, bien que l'historien de Talobaye n'en parle pas.
De toutes ces richesses produites par nos peintres verriers , à peine reste-t-il quelques fragments pour* indiquer avec quel soin et quel hixe de couleurs avaient été fabriquées ces nombreuses verrières. Elles ont été presque entièrement détruites en 1793. Quelques débris en furent réunis au musée des Mommients français par les soins d'Alexandre Lenoir, qui, le 5 frimaire an v, en reçut, en outre, huit panneaux des^ mains de l'abbé Roussineaux, curé de Saint-Germaindes-Prés. On en voit encore des restes dans une chapelle de l'abside de réglise. La planche XXXII reproduit quelques parties de cette vitrerie remarquable.
ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS