DE CAUMONT
ARIRONDISSENENT DE LISIEUX
CANTON DE LISIEUX (i". section).
L'arrondissement de Lîsieux, placé dans les mdmcs conditions géologiques que celai de Pont-FÉvéque et soumis à la même juridiction épiscopale , nous offrira des types à peu près semblables à ceux que nous venons d'obsenrer.
Il y a 22 communes dans le premier canton de Lisieux , savoir :
BeovIUers.
I^ Vaux.
Bouttemont
MaroUes.
Cirfonuines.
Mesnil-GuiUauroe.
Courtonne-la-Meurdrac.
Noyaux.
Faoguernon.
Ouillie-du-BouUey.
Firfol.
Ouillie-le- Vicomte.
Fumichon.
Rocques.
GIos.
St -Hippolyte-de-Ganteloop.
HermivaL
St-Léger-d*Ouillie.
L'Hôtellerie.
St -Pierre-de-Ganteloup.
Le Pin.
Villers-sur-Glos.
La ville de Lisieux appartient aux deux cantons.
OUILLIE-LB-VIGOHTE (1).
Ouillie-le- Vicomte, OuilUya, eectesùi de MesniLlo-Vicecwnitis.
Les Romains ont laissé des traces de leur passage sur le territoire de cette paroisse. On y voit encore , sur la rive gauche de la Touque , un camp retranché dont il est fait mention en ces termes dans le Cours d'antiquités :
c Camp du Mont'Hélmy, sur la Touque. — Le petit camp d*Ouillie, sur le bord de la Touque, à une lieue de Lisieux , est construit d*après le même système que ceux de Gastillon et d*£scures , près Bayeux. C*est une pointe escarpée , entourée de vallons de deux côtés et défendue , du côté des terres , par un fossé et un retranchement assez élevé. On domine de là sur toute la vallée jusqu'à Pont -FÉvêque , et Ton ne peut douter que ce poste n*ait été établi pour surveiller cette fertile contrée , qui devait être exposée aux incursions des pirates. » ( Cours d'antiquités monumentales « t U, p. 323.)
Église. — On ne peut donc pas s'étonner de tronver à Ouillie une des églises les plus anciennes de tout l'arrondissement de Lisieux. En préciser la date est difficile : elle présente cependant des caractères que l'on retrouve aux églises de Savenières, près Angers, de Grenoux, près Laval, de St«- Martin d'Angers, que l'on regarde comme des VII*., VIIK ou IX'. siècles ; elle offre aussi de grands rapporta avec celle de VIeux-Pont-en-Auge , que l'on reporte à ces siècles reculés.
Cette église est située dans la vallée, sur les bords d'un ruisseau , non loin de la rivière de Touque. Elle fut assise
(4) Notes de M. Cli. Vassoar.
sor l'ancien chemin de Pont-rÉvéqae, qae Ton a quelques raisons de regarder comme étant d'origine romaine , et dont le chemin de fer a usurpé l'emplacement dans un grand nombre d'endroita
' Le plan fait voir sa disposition et ses proportions : la nef mesure 51 pieds sur 28 dans œn- Tre; le chœur, y compris l'arc triomphal , 25 pieds sur 18. Cependant , si l'on distrait de ce dernier l'arc triomphal et le grand bandeau on arc de décharge qui l'accompagne , on trouvera que la tracée du chœur forme un carré presque parfait II est bon de faire cette remarque, car il en est ainsi dans toutes les églises romanes réputées les plus anciennes.
Le mur du nord de la nef est reconstruit k neuL II avait perdu son aplomb par suite de la destruction des poutres de la charpente apparente. C'est le résultat auquel il fout toujours s'attendre en pareil cas ; nous en trouverons bien d'autres exemples. Cette destruction est fort à la mode parmi les curés, malgré ses conséquences déplorables. Le portail, le mur du midi et le chœur tout entier ont conservé leur appareil primitif : c'est un blocage irrégulier ; cependant on retrouve , dans la disposition des moellons , des réminibcences du petit appareil cubique des Romains ; quelques parties sont disposées en arêtes de poisson ; mais ce qu'il y a de lùen caractéristique « ce sont les nombreuses briques longues que l'on trouve dans tout cet appareil. Au portail et au mur la-
téral de la nef, leur emploi ii*est pas régulier; mais, au chœur , c*est par lignes horizontales qu'elles sont disposées, comme dans les monuments romains (Voir la page suivante). Si Ton veut supposer , contre l'antiquité de l'église , que ce sont des briques arrachées à quelque ruine du voisinage, il faut convenir néanmoins qu'à cette époque les ouvriers n'avaient point encore perdu les notions de construction introduites par les conquérants de la Gaule et que l'on voit continuées dans les grands monuments carlovingiens. Toutes les ouvertures sont modernes, excepté une petite fenêtre pratiquée dans le contrefort central du chevet, qui date de la construction primitive. La démolition de la sacristie, qui obstruait cette partie , a permis à M. fiouet d'en faire un dessin qui montre aussi le système bien caractérisé de la construction ( Voir la page suivante ).
Comme indice de haute antiquité, on peut faire remarquer aussi le peu d'inclinaison des toits. On suit encore sur les pignons les traces de ses triangles obtus. C'est une disposition évidemment originaire du Midi, qui serait une cause de destruction des édiGccs dans nos pays dont les pluies et les neiges abondantes requièrent des toitures plus rapides. Aussi celles-ci ont-elles été exhaussées par la suite , vers le XVI*. siècle, je crois.
Un porche considérable, de forme irrégulière, prot^ la porte d'entrée , pratiquée dans le pignon occidental au XVP. siècle seulement. Auparavant elle s'ouvrait à l'extrémité du mur du sud : on distingue encore dans la maçonnerie une partie des claveaux. Le porche est encore en partie pavé de carreaux émaillés.
Les fonts baptismaux , cuve octogone en pierre , datent du XV*. siècle; ils viennent d'être restaurés au moyen d'une subvention de la Société française d'archéologie.
Deux piscines sont pratiquées dans les murs : l'une date
CANTON DE LISIEUl , i''. SECTION.
du XIV^ siècle, l'autre du XVI^ Les trois autels datent de la fin du dernier siècle ; ils sont fort convenables , sans avoir rien d'artistique dans leur exécution. En signalant deux statues d'évêques, qui remontent au moyen-âge, un saint Lubin et on saint Firmin, on en a fini avec le mobilier (1).
Une arcade romane à plein-cintre fait communiquer le chœur avec la nef. Il serait bien intéressant de constater si ses claveaux sont formés de briques comme celles qui entrent dans la construction à l'extérieur ; mais l'enduit qui la recouvre empêche de faire cette constatation. Derrière se trouve un second arc , plus large et plus élevé , dont on ne s'explique pas tout d'abord la raison d'être : il est probable qu'il servait d'appui au porte-cloche qui a dû surmonter le gable. Le clocher , en charpente , se trouve encore présentetnent posé sur ce point, sans doute en souvenir de cette disposition primitive; car il ne me paraît dater que du XYII*. siècle. Cette arcade contribue aussi à donner un plan carré au chœur , qui est couvert par une voûte d'arête en maçonnerie. Cette voûte fait partie de la construclion originaire. C'est le seul exemple que l'on puisse citer daus l'arrondissement
L'église d'Ouillie faisait partie du doyenné ou chrétienté de Lisieux. Le patronage en appartenait au chanoine prébende de La Pluvière (de Pelveria). Elle est sous l'invocation de Notre-Dame; c'est l'Assomption qui est sa fête patronale.
Il y a une confrérie de charité , d'institution ancienne , dans cette paroisse ; elle possède une croix d'argent massif, d'un travail remarquable , qui date du XYK siècle. Son ornementation accuse la Renaissance avancée. Sur le revers, on
(1> Depuis la rédaction de ces notes, M. le curé d*Ouillie a enrichi son église d%in beau tombeau d*autel à statuettes, de la Renaissance, et du curipu! lutrin dont nous avons parié à Tarticle de Goqcaiiivillibrs
(U IV, p. &55).
CANTON DE LlSlEtX , i'*. SECTJON. 7
lit un nom : R. fovqvbs, et la date 1500. Le nom est celui de Torfévre anteur du travail. La famille Fouqaes était connue à Lisieox dès celte époque , et , depuis , elle a toujours exercé ce même art jusqu'à présent. Quant i la date , elle est erronée: il fout lire 1560 ou autre combinaison analogue, le style de la croix en fait foi.
Le beffroi porte deux cloches antérieures à la Révolution. Voici leurs inscriptions :
f BKNITB EN LBORHETB DB LA SAINTE VIBBOB ATB BBOINA ANGKLOBVM BBMITB PAI VAISTBB OLUTIBB ITVBL pt>r<>.
$^^^^ CTBB DB LA DITE PAKB0I8SB HOBBBT MABTIITT TBBSOBIER 1729. A ftlMOmiOT ■• BABBT ET A. DB LA PAU MONT FAITE.
f 1653 MS" ALBSANDBB DE FAISANT CHL' SO** BT PATBON DB BB LIBV ■A PAICT PAIBB
t^^^^ PIUPB DB MIBB EC' S' M» POKBS RT FLOBBNSSB DB BBBNARD DAME
S:S^ ueuuiM, -^ y
IBAN ATBBBT X
MA FAICTB.
Sur la panse est un blason chargé d*un sautoir.
Cette cloche vient de Téglise de Bouttemont, dont le territoire a été réuni à Ouillie par ordonnance du 22 septembre
Faits historiques, — La paroisse d'Ouillic parait tirer son surnom de Robert Le Vicomte, qui était en réalité vicomte de Lisieux en 1178, et qui parait être la souche de la famille Le Vicomte de Blangy. Toujours est-il que les Le Vicomte la possédèrent jusqu'à la un du XV*. siècle. £n UÔQ , Jacques de Rupierre, premier du nom« était tenant des fiefs d'Ouiller- U'Viconte, Courtanne, Mardilii , etc. Il avait épousé Jehanne Grente» fille de Jehan Grente et de Guillemctte Le Vicomte. C'est ainsi, je pense, qu'Ouillie entra dans la
maison de Rapierre. Elle y resta pendant quatre générations, jusqu'au commencement du XVIP. siècle. Gabriel de Rupierre ^tant mort en 1567, ne laissant qu'une fille, sa femme , Marguerite de Berreau , se remaria à Julien Le Forestier, qui se qualifia de seigneur de St -Lambert et d'OulUle. Quelques années plus tard, la famille de Bence était en possession de cette terre; mais je n'ai pu trouTer comment se Ht la transmission de propriété.
La terre seigneuriale d'Ouillie ne devait point être considérable , car le territoire de la paroisse était couvert de domaines ecclésiastiques. L'abbaye de St. -Désir, la Maison- Dieu et les lépreux y reçurent une donation de Raoul Le Carpenlier en 1217. 11 y avait trois prébendes du Chapitre de Lisieux : la Pluvière, à qui appartenait le patronage, le Vai-au -Vigueur, le Pré,
Je n'ai pu retrouver avec certitude h situation d'aucun de ces domaines , et l'on ne connaît aucun manoir ou constructions anciennes, si ce n'est un édifice assez singulier construit sur le bord de l'ancien chemin d'Honfleur, entre la ville et réglise« L'extérieur ne présente aucune ouverture ancienne; c'est un long mur construit en échiquier de pierres et de briques , jusqu'à l'étage supérieur qui est en bois. A l'intérieur, c'est-à-dire du côté du jardin , il se compose, comme le fait voir le dessin ( Voir la page suivante), de deux pavillons reliés ensemble par une galerie ouverte. Celte galerie comprend onze travées, soutenues par des piliers de bois taillés en forme de colonnes ioniques. Les pavillons sont en moellon au rez-de-chaussée , puis en bois avec tuiles formant dessins dans l'eotrecolombage. Sur l'une des lucarnes , comme à la pointe du grand comble , sont des épis de terre émaillée polychromes ; l'un d'eux se compose d'un vase de fiuits surmonté d'une colombe ; Tautre représente des guiriandcs et des bouquets de fleurs et de
fniits entremêlés de croissants. Sans attacher une trop grande importance à la présence de ces croissants , il est bon de remarquer cependant que cette construction parait dater du règne d'Qenri II ou d'une époque voisine. On ne lui connaît point de nom.
Des titres de 1595 parlent d*utte chapelle de SL -Catien située à Ouillie. Elle existe encore , mais sa construction ne date que de la un du. XVIIP. siècle. Elle est placée sur la rive gauche de la Touque , au haut des coteaux du MesniU Asselin.
BOUTTEMOXT (1).
Bouttemont, Botemom, Douttemonu
L'église et le château de Bouttemont s'élevaient sur la rive droite de la rivière de Touque , au pied du coteau sinueux qui circonscrit la vallée. L'église a disparu; on retrouve à peine quelques restes de son mobilier épars dans les églises voisines. C'était d'ailleurs une construction fort peu importante, car les pouiilés du diocèse ne la mentionnent que comme chapelle ; et , si elle eut légalement le titre de paroisse , ce ne fut que vers le XVIIP. siècle. Le patronage était laïque et appartenait au seigneur du lieu. L'église était sous la double invocation de Notre-Dame et de saint Lubin ; elle dépendait du doyenné de Touques : c'était , de tout ce doyenné , la plus rapprochée de Lisieux.
Comme circonscription civile, Bouttemont n'a pas non plus une grande antiquité. Aux W. et XYI*. siècles, c'était une annexe de la paroisse de Norolles; c'est encora au XYIII*. siècle seulement qu'elle figure comme paroisse, dépendant* de la sergenterie de IVloyaux , élection de Lisieux. On y compUit 24 feux. Elle a perdu de nouveau cette prérogative,
(!) Notes de M. Ch. Vasseur.
CANTON DE LISIEUI, 1^. SECTION. il
seulement c'est Ouîllie et non Norolles qui s'est accni de son icrritoire. Les Rôies de l'Échiquier de Normandie nous ont conserré les noms de Bugo de Botemont en 1180 , Wilielmus de Botemont [en 1195. Un sire de fioutemont avait suivi le duc Robert II en Terre-Sainte. Jean de Botemont est inscrit dans le Livre rouge de Henri If, comme possédant trois quarts de ûef de haubert à Lisieux (Joannes de Botemont, Zpart, m, in Lexov.). Suivant )e catalogue des seigneurs normands , publié par Dumoulin , Jean de Boutemont portait de noir à trois tourteaux d'argent (sic).
Les Olim du Parlement' de Paris relatent, à la date de 1258, le résultat d'une enquête relative au rapt d'une Mahelnie de Boutemont; mais je ne sais si cetle dame était bien de la famille qui nous occupe.
Château. — - Le château subsiste encore , du moins dans sa plus grande partie. Des fossés, qu'alimentaient autrefois les eaux d'un petit ruisseau, forment une enceinte à peu près carrée. Les bâtiments étaient distribués de manière à laisser une cour intérieure. Ceux qui garnissaient le côté voisin de la vallée ont disparu. L'entrée regarde le nord. C'est un gros pavillon dont la base est <^nstruite en pierre de taille ; l'étage supérieur est en briques avec chaînes de pierre ( Voir la page suivante }. Un pont de maçonnerie, jeté sur le fossé, conduit à la porte cintrée, qu'accompagne une petite poterne fort étroite. Ce pont a remplacé un pont-levis, et l'on voit encore dans les murs les trois enrayures destinées au passage des chaînes. Une fenêtre assez large , entourée d'un encadrement de pierre mouluré , occupe le centre du pavillon; au-dessous, une grande pierre portait un blason totalement bûché. Le toit rapide, qui surmonte une corniche à mâchicoulis, est couvert de tuiles arrondies vernissées, rouges et noires ; une lucarne en pierre , ouverte en forme d'oculus , éclaire l'intérieur du comble.
ENTREE DU CUATEAC DE BOUTTEMONT.
CANTON DE MSI EUX , i**. SECTION. 13
A droite et à gauche s'étendent des bâtiments moins élevés, coDStniits simplement en blocage sans ouvertures. Les angles sont occupés par deux tourelles cylindriques à toit conique.
La partie orientale, qui fait face au coteau, n'offre aucun vestige d'ornementation. Elle était longée autrefois par l'ancien chemin de Lisieux à Honfleur. La partie supérieure est eu bois. Toutes les fenêtres ont été refaites à la moderne , sauf une fort petite, qui a pu conserver ses plombs disposés en imbrications , présentant ce qu'en blason on appelle le papelonné. Derrière , s'ajuste ^^ un petit volet sculpté, de la {{ Renaissance, qui mériterait un dessin. Toutes ces constructions datent du WV, siècle.
Ce sont les bâtiments du midi qui, à l'extérieur, offrent le plus d'intérêt Ils paraissent plus anciens que les autres:
peut-être pourraient-ils remonter jusqu'au XY'. siècle.
Ils sont construits tout en pierre de grand appareil et font saillie sur le plan général.
Trois larges corbeaux suspen* dent, au milieu de leur hauteur, des constructions supplémentaires servant de cabinets d'aisance. Ces pièces ont leur entrée dans la grande salle du château. Les seules fenêtres ouvertes dans ce corps-de-logis regardent la vallée. Leurs appuis sont garnis de moulures prismatiques , et comme elles sont lai*ges et
élevées, il est vraisemblable qae des oieueaax de pierre les divisaient en croix. 11 n*en reste point de traces (Voir la page suivante ).
Les constructions qui complétaient ce côté du parallélograinme ont disparu , comme celles qui regardaient la vallée. Il en reste la petite tourelle d*angle , circulaire comme les deux premières et maintenant tout-à-falt isolée.
Les façades de la cour intérieure ont beaucoup plus sonffert de la diversité des modes introduites par la succession des siècles. U brique y domine , et le style accuse le règne de Louis XIV et de Louis XV. Seul , le pavillon d'entrée a conservé intact son aspect primitit Sa partie haute est en bois : les principales pièces sont sculptées de laides feuillages ou de pilastres d'ordre classique , conformément au goût de l'époque.
On retrouve, au centre de la cour, le puits, d'un diamètre considérable , avec son armature en fer. Sa margelle ronde est formée d'une seule pierre creusée au centre.
Outre les anciens seigneurs du nom de Bouttemont , qui vivaient aux XII*. et XIII*. siècles, j'ai trouvé deux familles qui se sont succédé l'une à l'autre.dans la possession de ce Oef : la première vivait dans le XVI*. et le XVII*. siècle; l'autre apparaît à la fin du XVIII*. Philippe Paysant, sieur de Bouttemont , fut anobli par le roi , en octobre 1522, moyennant 500'*'' par lui payée?. C'est un de ses descendants* dont le nom figure sur la cloche qui a émigré dans le clocher d'OuilUo'le- Vicomte. Il avait épousé damoiselle Florence de Bernard. La Recherche de 1666 inscrit, sous l'article de la paroisse St-Lubin-de -Bouttemont: Jean et Alexandre de Faisant t sieurs de Baudrouet; Louis de Faisant , sieur de Sl.*Martin et Lenfrand de Faisant, sieur de Boutemont, tous anciens nobles, fils de Alexandre de Faisant , dont le nom est sur la cloche.
Suivant Chevillard, la famille de Paisaut portait dCazur au sautoir d*or.
En 1751 , dans la déclaration de son bénéfice, suivant an registre des Archives du Calvados, le curé de St-Lubin-de- Bouttemont, M*. Anthoine Le Petit, reconnaît qu'il a pour patronne M*"*. Françoise-Gabrielle d'Abos , épouse de David Guéroult, écuyer, sieur de Villers et de Bouttemont, et 1* Armoriai manuscrit de d'Hozier donne le nom de dame Catherine Le Maire, veuve de Henri-Siméon Guéroult, sieur de Bouttemont, qui portait d'azur au chevron d'argem chargé de trois glands de sinopie.
aOCQUBS (I).
Rocques , ecclesia de Roquiis.
L'église de Rocques est située dans un vallon sauvage , au milieu de collines boisées. Deux chapelles en transept donnent à son plan la forme d'une croix. Les parties les plus anciennes remontent au XIII*. siècle ; ce sont les murs en blocage du chœur, tant au nord qu'au midi , les murs de la nef, seulement du côté du nord , et la tour carrée qui forme avant-corps à l'occident. Cette tour est fort massive et peu élevée ; elle est couronnée par un clocher en ardoise qui date du XVI*. siècle. Les antres parties, comme toutes les ouvertures , datent aussi de ce dernier siècle. Cependant on peut les diviser en deux catégories : le style gothique et la Renaissance. A la première appartiennent les deux grandes et belles fenêtres flamboyantes qui éclairent les pignons du transept Toutes les autres fenêtres sont cintrées , avec moulures en forme de doucine , et rentrent dans la seconde période , la Renaissance , excepté les ouvertures du chœur que leur
(1) Notes de &f. Cb. Vasseur.
CANTON De llSieUI • !'•. 8ECTI0M. il
forme et leur laideul* font bien recoanaiire pour inodénies (1).
Deux porches juxta-posésd'uoe maDÎère singulière, comme le fonl foir le plao ci joint el le dessin, p. 18, précèdent
PLAN DE l*éGLlSB DB HOQCE».
la porte d*entrée. Cette position s^explique difficilement Le premier, qui est le moins orné, a dû occuper primitivement la porte du cimetière. L'autre, qui adhère à la construction, a sot principales pièces sculptées de délicates torsades , d'im-
(1} Ces fenêtres étaieot primitivement carr^ avec linteau en bois;
M. le Curé a cherché à les rendre moins laides en leur donnant une
arrondie. Ce travail est tout récent.
18 STATiSTIQQB MONUMENTALE DU GALTADDS.
<«sn'.v'imi
PORCHES A L'éCLISB DB nOQCBS.
CANTON I>E LiSIEDX, i'*. SECTION. 19
bricaLioos avec rageurs ou eogoulemeots aux extrémités. Les deux pieds-droits portaient des écussons , dont un montre encore une bande avec une crosse posée en pal derrière Técn. On reconnaît par là les armoiries du cardinal Le Teneur , qui portait fP argent à la bande iCazur chargée de trais croisettes iCor. Le cardinal Le Veneur occupa le siège de Lisieux entre les années 1505 et 1543. Combinant ce blason avec Ténorme salamandre qui se détache du poinçon an milieu du gable , on ne trouve plus que 28 ans de latitude pour fixer la date de la construction de ce porche. On sait que la SaUmandre est remblème adopté par François I*^» qui commença à régner en 1515.
L'inventaire de Tintérieur est rapidement fait : deux autels dnXYIII*. siècle dans les chapelles ; un misérable rétable sans intérêt , au fond du chœur : voilà l'ameublement Ce dernier retable n*a été posé qu'en septembre 1854. Celui dont il a pris la place, sans être une œuvre d'art, datait du règne de Louis XIIL Le centre éuit occupé par un tableau , dont le cadre était orné, aux angles, de légers rinceaux dorés , dus certainement à une main habile. Au bas on lisait : ce