MITHOIS
Mithois, Minois,
L*église de Mithois se compose d'un chœur et d'une nef rectangulaires , qui me paraissent remonter, le premier au XIP siècle , la seconde au XIII*. Les modillons bizarres et variés qui garnissent l'enUbleraent du chœur, du côté du nord, paraissent en effet annoncer le XIP siècle ; je crois que la première moitié du XIIP est l'époque à laquelle la nef a été bâtie. Si l'ensemble de l'édifice remonte aux
576 STATISTIQUE MONUIltKTALE DU CALVADOS.
époques indiquées, il a, comme presque tous, subi dc^ Ghangetnenls. La porte occidenUle avec arcbîfokes à cannehires portées sur deux colonoes , et les feoétres-lanceties de la met (côté nord) oflEreot bien les caractères du XIII* siède; mais les fenêtres ont toutes été refaites au siècle dernier , du côté du sud. Les contreforts du cbceur ont été doublés» probablement pour résister à la poussée du mur. Beaucoup plus anciennement, au XY'ou au XYI« siècle, une grande fenêtre k plusieurs baies et à compartiments flamboyants avait été établie dans le chevet»
Ce qui est aujourd'hui le plus intéressant , c'est le portedocbe ï deux baies qui s'élève, comme à Lieurey » entre chorar et nef, sur l'arc triomphal Je l'avais signalé et décrit dès l'année 1827 ; en 1848, j'ai en la bonne fortune de le revoir, en compi^nie de M. Victor Petit auquel j'en dois un dessin (V. la page suivante). Ce clocher-arcade est de transition , c'est le plus ancien de ce genre que j'aie trouvé dans le départemeni.
L'arc triomphal qui porte ce clocher est du même style , c'est-^i-dire de transition ; l'archivolte n'offre pas de moulures, mais il repose de chaque côté sur trois colonnes romanes engagées , dont la plus saillante est plus forte que les deux autres.
J'ai relevé, non sans peine en 18/i8 et non sans laisser encore plusieurs lacunes, l'inscription de la cloche que l'on voit dans ce clocher-arcade ; la voici :
HACT Bf PVUBAIIT 6II«limOR ABDOV mOHAS FBAIIÇOU Ll SB» CI*'
snamnit HAwms m métros n patboii db hobaah iPWB mmoa .
BT AOtBBS LIBUX , LKBUTBRANT AD BteiMBIIT DBS . . • • •
caiVALIBB DB CORDBB BOtAL BT MILITAIRB DB S* LOUIS, COLOirBL D*1K-
FANTBBie BT PAB • . FBAlfÇOISB BLI8ABBTH DB niBIIBUB
VBUVB DB MBSSIBB CBABLBS BBBRABOIN DB MBSBIL VADgCIS DB KBBTItLB ET DAME DB PORTOLIR
CANTON DE SAINT-PIERRE-SlIB-DIVK.
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CLOCHE» ABCADK A l'ÉCLISI DX MITIIOIS.
M** ADMBII MAVMnmi. GUli
JBAN DOBOIS TRiSMIRK M CBAMB
ALEXIS LA YILLBTTB H*A PâlTB Blf 4776.
Il existe, dans le chœur, des tombes Hlisîbles par suite des mutilations qu*on a fait subir aux inscriptions à Taide d'un marteau, probablement pendant la RéTolution.
Une crédence à deux baies, du XIII* siècle , se voit dans le sanctuaire , du côté de Fépitre.
L'église de Mithois est sous TinTOcation de saint Genrais. L*abbé de St-Pierre^sur-Dive nommait à la cure. -
Mithois faisait partie de l'élection de Falaise, sergenterie de St-Pierre-sur-Dive. On y comptait 59 feux.
Manoir. — Le manoir de Mithois se compose d'un corps de logis dont ?oici un croquis. Il est entouré de fossés.
HAROm Nt HITBOIS.
Une tourelle carrée en saillie doit renfermer Tescalier.
Un château plus moderne existe à Mithois , à 600 mètres en? iron à Touest de Téglise.
CANTON DE SAlNr<P(BRRE-$Ull-0(YB. 579
L*ioscriptioa de la cloche nous indique quels étaient , au XVIIP siècle, les seigneurs de Nithois.
Léproserie, — Une léproserie avait existé à Mithois et les revenus en avaient été appliqués à rhospicedeSc-Pierrc-sur- Dive ; elle était située à Test -sud-est de Téglise, sur le bord d'un chemin allant vers St -Georges et montant la butte de Qneverne.
Bois de Queverue, — Le bois de Queverue est compris tout entier dans le territoire de Hithois. Ce bois renferme deux enceintes qui ont été regardées comme romaines.
J'ai décrit en 18^0 , dans mon Coun d'antiqmtés numtêmentales • l'un de ces camps que j'avais visité dans le bois , à quelques cenlaîoes de mètres du pavillon de M. Duchesne.
Ce camp est à peu près carré, entouré d'un pollum et de fossés peu profonds (d'environ /^ à 5 pieds) , mais bien conservés et tracés sans interruption (Y. la fig. 6 , pL XXXI de l'atlas de mon Cours d*anuquùés monumentales), M. Duchesne m'a affirmé, il y a trente ans, qu'on avait trouvé dans l'enceinte des fragments de pierres taillées (1). La dimension du camp est indiquée par le pian que j'ai levé et publié dans mon Cours.
D'autres retranchements existent dans le bois de Queverue, à 1 kilomètre de ceux*'ci. La hauteur du plateau de Queverue, au-dessus du niveau de la mer, est de 188 mètres.
De l'extrémité de ce plateau la vue s'étend, au loin, sur les
(i) M. DociieBne, propriétaire du bols de Qaeverue, avnit recneilK, il y a trente ans, dans le fossé du camp le plus voisin de son château , des débris de poteries failes au tour. Mais, comme les fossés ont dû être remplis d^eao pendant longtemps et qu*oD a dû y venir puiser de Teau après Toccupallon romaine , rien ne prouve que ces débris soient antiques, et j*ignore s*il en a été conservé quelques-uns qui puissent être examinés.
vallées du PaysMl'Aqge et sar les campagnes de Caen el de Falaise ; on dislingae , de là , les monts d'Éraîues, Montabar, Si-Clair- la-Pommeraye et, je crois, la batte de Campaodré, également couronnée par un camp retranché de la même forme.
Le camp, figuré dans mon Courte a été marqué sur la Carte de Tétat^major. Les autres retranchements que j'indiquais ont été marqués également sur cette carte. Cette seconde enceinte est à Touest sud-ouest de celle dont je ?ieiis de présenter la description. ( Voir la Carte de l'état-major. ]
J*ai interrogé dernièrement les ouvriers qui exploitent les silex pour l'entretien des rontes , à Tintérienr do camp ; ils m'ont dit n'avoir rien trouvé dans les excavations qu'ils ont faites depuis quelque temps.
Le bois de Qoeverue mériterait d'être exploré qufflid on y fait des coupes. Le chemin qui vient à Mithois de St- Pierre-sur-Dive , passe près de la Maladrerte et se dirige vers St-Georges , paraît très-ancien.
ESCOTS.
Escots , Escos^ Eeos,
L'église d'Escots, composée d'une nef et d'un chœur rec* tangulaires , paraît , si l'on observe quelques parties de ses mors, pouvoir remonter jusqu'au XIII* siècle, peut-être niênoe à la fin du XII'. On entrait autrefois dans la nef par une porte latérale, au sud, précédée d'un porche en bois : on voit encore les supports ou corbeaux de pierne qui portaient la charpente de ce porche. L'entrée actuelle est moderne. La plupart des fenêtres ont été défigurées et sont également modernes : j*cn ai remarqué seulement une dont la baie est surmontée d'un linteau trilobé.
La tour est conforme au type habituel dans le pays, c'esth-dirc une flèche à huit pans ^ en bois et très-aigoë , posée
CANTON DE SAlNT-PlËRRE-SUR-DIVE. 581
sur uDe tour carrée , égalemeat eo bois ; le tout recouvert d'ardoise.
Le matlre-autel cache un autel en pierre plus ancien , supporté par deux colonnes.
La cloche porte Finscripiion suivante , d'après les notes de M. Pépin :
L*AII 1717 UT ilà BémTB pas m* DBMS TOTTAIH CVBi DB CB LIBT BT NOMIfte MABIK AlflfB UOSB PAR H* ET P* 80' LOTIS PBANÇOIS DB THI- BOTTOT SIB DB Tliols .... MAHQTBVILLB BABON DOTTILLB LABITI^RB BT BABV . . . . BT ATTBBt UBTZ .... Ciblai AL M L'ABTILLBBIB DB nANGB, BBiaADIBB DBS ABMBS DU BOT GH*' DB L^OBDRB BOTAL MIUTAlAB DB «t LOVIS BT PAB HAUTE BT pt« dAMB MARIE ANlfB ROSE DB MONTGOMEBT .... ENTE PAB M DTONE DBST.OTS PATRONNE BONOBAIBE DB CB LIBT SON iPOfSB BT BBPBiSBNTà PAB M LEBLANC PABGLRTB INTENDANT AVOCAT BT DBMOnBLLB HABIB MAODBLEINE ANTOINE LBLBLANC
Les caractères sont un peu effacés, difficiles à lire, et quelques lacunes existent dans le texte de cette inscription, dont nous donnons les parties principales.
La sacristie , appuyée sur le chevet du chœur , porte la date 1775.
L'église est sous l'invocation de saint Remy. L*abbaye de Yignats nommait à la cure.
Dans le cimetière, M. Pépin a recueilli quatre inscriptions tnmulaires.
Les deux premières appartiennent à la famille de Mosges :'