TBINITE • AV • MOIS • DE
• nriN . 1700.
IBAX AtBBET
DE USIBVX
XA FAICTB.
Les trois autres cloches de la sonnerie datent de 1819 et
Hôtel-Dieu. — L'Hôtel>Dieu d'Orbec offre un intérêt toot particulier. Il date du XVI* siècle et on peut retrouver eacore ses dispositions primitives.
Malheureusement Tadministration municipale va porter la sape au pied d'une partie de ces curieuses constructions , ptnir mettre mieux en évidence une bâtisse neuve destinée à l<^er le personnel.
En dégageant Tédifice primitf des additions pratiquées aux XVIP et XVIII" siècles, on tronve une chapelle avec nef à double étage et une vaste salle qui s*appuie sur le mur latéral du nord. La façade se développe sur la grande me. Elle est construite en briques (V. la page suivante), butée par deux contreforts très-saillants. La porte est une ogive obtuse à deux voussures en retraite , biseautées. Un léger
CANTON D*ORBBC 7B7
encorbellement, an niveau du plancher de l'étage supé-
SPÉCIMBII DBS MUBS BN BBIQUBS.
rieur, a permis de placer une corniche sculptée en relief. Au centre s'offre un blason dont la forme accuse le XY* siècle. Il est parti au premier de deux fasces et d'une pièce ondulée en pointe; au deuxième peut-être d'un lion. A droite est un autre blason incliné sur le flanc dextre , soutenu par deux anges et sommé d'un casque à lambrequins. Il est meublé des mêmes pièces que la première partition du précédent. L'autre extrémité de la frise , fort dégradée ^ représentait des personnages en ronde-bosse , peut-être la Vierge Mèrede-Douleurs et un personnage debout
On a incrusté dans le contrefort du sud une autre composition en bas-relief, où j'ai cru reconnaître le baptême de Notre-Seigneur. Évidemment ces sujets ne sont pas à leur place^ et leur style indique une époque antérieure à la construction dans laquelle ils sont encastrés. Ce petit portail est couronné par un campanille garni de plombs repoussés, dont nous offrons un croquis fait par M. Bouet ( Y. la page suivante). Ce clocher a l'apparence d'un beffroi et peut-être en avait la destination. On voit que ces ornements portent les caractères de la Renaissance.
Yers le nord, adossée au portail que je viens de décrire^ se trouve la salle de l'Hôpital, bâtie également en briques. Ses fenêtres sont carrées, avec croisées de pierre. Une porte par-
CANTON D'ORBEG. 789
tîculière s'ouvre sur la rue dans le rez-de-chaussée. Le mur commun à la nef de la chapelle et à cette salle est percé d'arcades surbaissées, maintenant bouchées, mais dont on reconnaît parfaitement la situation. On les avait sans doute, dans l'origine, garnies de châssis ou d'une clôture mobile que l'on ouvrait pendant les o£Sces, afin de permettre aux malades et à leurs infirmiers d'assister aux cérémonies du . culte.
Gomme la nef est dans une proportion fort restreinte, on l'a partagée dans sa hauteur par un plancheir qui forme une vaste tribune ouverte sur le chœur , avec une balustrade à fuseaux au-dessous de laquelle règne une frise sculptée de rinceaux. Cette boiserie, d'une bonne exécution, peut remonter au règne d'Henri IIL L'escalier en vis qui y donne accès est construit en briques , il est curieux à étudier.
Le chœur , bâti en pierre de taille, se compose de trois travées ; la dernière en pan coupé , avec contreforts sur les angles et fenêtres à traceries flamboyantes. Les voûtes en pierre, à arceaux prismatiques, sont reçues par des faisceaux de colonnettes garnies d'un listel, mais sans chapiteaux. Ces faisceaux sont coupés par des niches avec consoles et dais gothiques, privés de leurs statues. En 1851, M. R. Bordeaux y avait vu des « statuettes peintes et dorées, qui étaient incontestablement supérieures à ces banales figures de plâtre blanc, aujourd'hui devenues de mode dans les églises » et qu'on finira probablement par y mettre. Deux des clefs de voûte portent des figures singulièrement groupées , où l'on reconnaît les instruments de la Passion.
Signalons enfin le bel épi en plomb ^ du XV* siècle , qui surmonte le poinçon du chevet (Y. la page suivante). On parle de changements notables projetés pour mettre
cette cUt)eUe intéressante plus en harmonie a?ec le noatel Hospice. Espérons qu'il n'en sera rien.
Dédiée à saint Renii ; la nomination dn titulaire appartenait à l'évêque de Lisieux.
Les fenêtres possèdent des débris de leurs anciennes Terrières. Deux Titres neuves , dans le style du monument , ont été tout réœmment exécutées par M. Duhamel^ d'Évreux.
Outre son Hôpital, Orbec possédait encore, au moyen-âge, une Léproserie ; mais j'en ignore l'emplacement.
Capucins. — Le couvent des Capucins a disparu aussi à peu près. Il fut établi en 16/i6 , grâce aux générosités de la maison de Melun , qui possédait le domaine de la Cressonnière.
A l'entrée de la ville, sur le chemin de Lisieux, ses beaux jardins en amphithéâtre servaient de gradins à la maison, construite,comme celle de Lisieux, avec un préau central entouré d'un cloître. Derrière se trouvait un vaste verger , puis un bois percé de belles allées , qui occupait le sommet du coteau. Ce vaste enclos était entouré de murs.
Augustines. — Le couvent des Augustînes a été divisé, et c'est sur une partie des terrains qu'il occupait que s'élève le nouvel Hôtel -de-Yille. L'église a été transformée en halle après la destruction de TédiGce affecté à cet usage. Nous allons
laisser, pour ^ de$cripUpo « la parole à M. Raymond BordeaujL ^ qui s'^^ju-imait s^imi il y a quelques années :
« Il eût fallu ceruinexnent comprimer nos insiipct$ d>rcbéologae pour ne pas faire le tour dç cette aocienpe église des ^ug|lst^les, dont le clocher d*ardoise et tes ogives effoQdrées attiraiept notre curiosité. L'architecture en est d'ailleurs fort simple ^t ^ns aucunes sculptures ; et, bien que les fenêtres soient ogivales, celte chapelle ne nous parut point remonter plus loin que les premières années du XYII** ^ècle.
« Ce fut dans cette église qu'on déposa les restes d'un des plus illustres jurisconsultes normands. Josias BérauU, né à Laigle, en 1563, avocat au Parlement de Rouen et conseiller à la Table de Marbre, vint habiter à la Yespière, village qui forme en quelque sorte un faubourg d'Orbec On dit qu'il y travailla à ses Commentaires fiur la Coutume de fformandie. Mort vers 16/i7, il eut pour dernière demeure cette chapelle des Augustines, où sa cendre repose peut-être encore sous quelque dalle effacée. )>
Les dames Augustines, sous l'invocation de saint Joseph, furent fondées en 1632, par M"*' Claude Alexandre, veuve de Jacques Le Portier de La Surière. Chassées par la Révolution, elles sont revenues à leur berceau après la tourmente, et elles possèdent de l'autre côté de la ville un pensionnat prospère.
Maisons. — Les rues sont encore bordées de vastes hôtels du XYir ou du XVIIP siècle, sévères comme les magistrats du bailliage auxquels ils servirent de demeure. Malheureusement, trop vastes pour les habitudes rétrécjes de notre époque, ils auront bientôt disparu. Leur description entraînerait loin, et exigerait, pour être complète, des détails historiques trop abondants pour entrer dans celte statistique.
Indiquons seulement, dans la grande rue, une maison de bois de la fin du XYF siècle : on y lit la date de 1568. Les entrecolombs^es sont garnis de tuiles inclinées ; les sablières étaient couvertes de fleurons , d'oves et de godrons, tandis que les poteaux se chargeaient de larges feuillages en consoles. La lucarne , aussi richement ornée , est aujourd'hoi découronnée. Sur un des poteaux comiers on voit une enseigne dessinée par M. Bouct» et représentant un apothicaire préparant ses drogues dans un mortier.
La maison voisine date du XY^ siècle. Elle est sans sculptures ; mais ses moulures, bien profilées , méritent un coup-d*œiL
Au bas de la ville, non loin de la route de Livarot et du point où les anciens plans placent le Bailliage , existe encore une tourelle de pierre octogone , ornée sous le larmier d'une frise de feuillages gothiques fortement fouillés. Des pinacles feuillages font contreforts sur les angles. Les baies^ largement ouvertes , sont carrées , entourées d*une gorge où l'on a ménagé des guirlandes du même genre. Le toit était pyramidal , couvert en ardoise. Cette tourelle , œuvre du XV* siècle , dépendait d'une maison en bois assez importante , qui s'est trouvée modifiée au XYII* siècle.
La ville d'Orbec n'a jamais été close de murs, c II jest vray, dit un ancien document, qu'en 153&, les habitants da lieu obtinrent permission du roy de faire des fossez... qu*ils
commencèrent à les fouiller ; mais ils en discontinuèrent bien tost le travail à cause que le seigneur d'Orbec dont re« lenent tous les héritages scituez dans les lieux qti*on auoit désignés pour les fossez et les remparts dod. bourg , em« pescha qu'on ne passast outre jusqu'à ce qu'il eust este in* denmisé des cens et rentes qui lui étaient deûs.. ... »
Des procès pendants, en 1657 et 1698, ralentirent le zèle des habitants pour un pareil objet, d'ailleurs peu utile.
« De là il suit qu'il n'y a point encore eu de fossez ny de remparts ny de portes au lieu d'Orbec. »
Par contre, il y avait deux ctiâteaux-forts : l'un entre les mains du seigneur, l'autre réservé aux apanagistes ou engagistes du domaine royal
Le château royal , le plus important, occupait le coteau au levant , au bout de la rue de Geôle. On en voit encore de notables débris. Il a déjà été décrit par M. Raymond ^ Bordeaux dans son excursion ï de 1851. Il était composé de | deux enceintes , comme tous 1 les châteaux du moyen-âge. S La plus vaste et la plus voisine de la ville était de forme
ovale et mesurait environ 45 toises à son plus grand diamètre , du nord au sud. Il subsiste encore£quelques pans de mur dont il est diflBcile d'indiquer l'époque.
La seconde enceinte, plus haut sur le coteau,||devait^contenir le donjon. C'est - une motte presque ronde ; on la nomme le Bonnet-Carré. Un fossé profond la séparait de la première enceinte.
Cette place a eu unç certaine importance. D*abord apanage de la maison d'Orléans, elle fut cédée, en 1355, au roi dç Navarre,, en échange du comté de Champagne. Les révoltes de ce prince amenèrent la destruction de ses places forlesde Normandie, vers 1378. Orbec fut réubli, car en 1418 le roi d'Angleterre en gratifia le duc de Çlarence. Conquis de nouveau en 1448, il rentra dans le domaine royal pour être, au XYII* siècle, engagé à la dame de Balagny. Enfin, par lettres-patentes du mois d'avril 1777, enregistrées au Parlement de Rouen le 14 novembre suivant, les domaines d'Orbec et de Falaise furent donnés par Louis XYI à Monsieur , son frère , depuis Louis XVIII, en remplacement de St-Sylvaîn, le Tuit et Âlençon.
Le château, que je regarde comme ayant appartenu aux barons d'Orbec, est situé à une petite distance de ta ville, sur la route de Lisieux, à peu près ea face de Bienfaite. On en voit encore quelques pans de murs qui couronnent le coteau au pied duquel passe la route.
Les seigneurs d'Orbec prétendaient tirer leur origine de Richard P', duc de Normandie. Richard de Clèt*e, seigneur d'Orbec et de Bienfaite, suivit le duc Guillaume en Angleterre. Ce sont ses fils qui désunirent les deui terres ; car on trouve dans la liste des compagnons de Robert II, pendant son voyage en Terre-Sainte, Jean de Bienfaite^ Guillaume el« Jean d'Orbec. On n'a pas la filiation suivie de cette famille, qui tint toujours un haut rang parmi les nobles de Normandie et s'aUia aux d'Harcourt, aux Giffart et autres malsons considérables. Du reste, ce n'est pas ici le 'lieu de s'en occuper : il suffit de citer les plus connus de ses membres. Saint Louis érigea la terre d'Orbec en baronnie. Confisquée par le roi d'Angleterre apr^^ son invasion de la Normandie, elle fut resMtuée le 9 octobre 1449 à Pierre d'Orbec; mais c'est alors vraisemblablement que fut démantelé le château
baroDnial , car Jean d'Orbec ayant épousé Marie de Bienfaite, vers le milieu du X\^ siècle, s'établit dans cette terre, où depuis lui presque tous les barons d*Orbec ont fait leur résidence. Sun petit«fils, Guy d'Orbec, suivit le roi Charles YIII dans son expédition d'Italie, et le 6 juillet 1495, à la bataille de Fomoae, il se comporta si bien , que le roi le fit chevalier de sa main et lui octroya un don de l,i(M^ livres, qui n'était pas une mince somme pour cette époque» Plus tard, il obtint du roi Louis XII la création de deux marchés par semaine et deux foires par an au boni^ de Bienfaite. A la fin du XVP siècle, Louis d'Orbec était bailli du grand bailliage d'Évreux. H se mit à la tête des huguenots du pays et il encourut la responsabilité des dévastations commises dans la ville et la ^thédrale de Lisieux , au mois de mai 1562.
En 1612, il ne restait plus que deux filles de cette puissante et antique maison : Louise et Esther d'Orbec. La première avait épousé en 1600 Jean du Merle , seigneur de La Motte ; Esther s'unit à Jean de Bouquetot, seigneur du Breuil. Les terres composant la baronnie furent divisées entre les deux sœurs, dont les descendants prirent conjointement le titre de barons d'Orbec. La famille du Merle en a joui jusqu'à la Révolution ; elle est encore représentée aujourd'hui par M. le comte du Merle, qui habite le château de la Vespière. Esther d'Orbec n'eut qu'une fille, nommée Louise par sa tante, qui épousa Henri de Chaumont, baron de Lecques, dont la descendance mâle subsiste encore.
Orbec a vu plusieurs fois des rois dans ses murs. Jeansans-Terre y séjourna du 5 au 6 décembre 1201, le 15 mars et le Z novembre 1203.
Louis XIII y coucha le 24 juillet 1620, dans ce voyage qu'il entreprit pour pacifier la révolte suscitée par la reinemère et Richelieu.
7M STÀTISTIQUfi llONUBIENTàLE DU GÂLYADOS. LA CRESSONMIÈRE (1).
La Cressonnière, Cressonerya; Cressoneria; La Crei^ sanere.
L'église de la Cressonnière , bâtie dans une contrée accidentée et pittoresque, à U kilomètres d'Orbec à vol d'oiseau, domine un frais vallon arrosé par une petite rivière qui doone son nom à la commune.
Cette ^Kse , qui porte le titre de Notre-Dame , présente peu d'intérêt au point de vue architectural. La nef date do XVP siècle. Elle est éclairée du côté nord par deux fenêtres sans caractère. Le mur méridional, construit en grand appareil, est percé d'une fenêtre cintrée, partagée en deux baies également cintrées par un meneau prismatiqDe. Des contreforts saillants butent les murs latéraux.
Le portail occidental est soutenu par quatre contreforts , dont deux moins élevés sont placés aux extrémités. La porte, de forme ogivale , est moderne et percée d'un oculus dans le tympan. Le linteau supérieur est formé de deux arcs surbaissés qui reposent sur un fleuron à leurs points de jonction.
Un clocher carré, en charpente, recouvert en essenie et peu élevé, forme saillie à l'extrémité occidentale de la net La cloche , dont le diamètre est de 62 centimètres , porte l'inscription suivante :
f l'an 1886 j*Ai été BiRiTB pab m' pibrbi le boucbbb COi<
d'OBBBG et ROMM^B LOUISE AHBBOISIITB PAB M' LOUIS PIEBEB BORATEM-
TUBB JOSEPH COMTE DU MBBLB ET M*'^* AMBB0I5IRB JEARRB PAULINE DE
NOIRTILLB.
F. COLLABD FORDBUB A FALAISE.
Le chœur, bâti en retraite sur la nef, offre des murs en (1) Notes de M. A. Panoier.
CANTON 0*OBBEG. 797
blocage récrépis. Uest édairé au midi par une fenêtre ogivale à meneau prisautique, partagée en deoxbaiesà arc surbaissé, et par une grande fenêtre carrée sans caractère. Une fenêtre ogivale à un meneau qui correspond à laprécédente^mais qui est d'un travail plus grossier, existe du côté nord. Le chevet, masqué par la sacristie, était percé d'une fenêtre ogivale.
Deux pierres tumulaires, avec inscriptions, sont placées dans le chœur. La seconde forte un blason chargé |de 7 besans ou tourteaux rangés ,3,2,1, avec la devise :
A QUI TIENS^JE î